SOCIÉTÉ - La loi sur l’euthanasie symptomatique de notre civilisation inversée

L'Euthanasie

Vendredi 20 février 2026. Dans le cadre de l’examen en deuxième lecture de la proposition de loi d’Olivier Falorni, les députés ont approuvé l’article 4 de la proposition visant à créer un droit à l’aide à mourir. Les cinq critères d’éligibilité pour accéder à l’aide à mourir sont ainsi formulés :
1- Être âgé d’au moins dix-huit ans.
2- Être de nationalité française ou résider de façon stable et régulière en France.
3- Être atteint d’une affection grave et incurable, sans espoir de guérison, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée, caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ou en phase terminale.
4- Présenter une souffrance physique ou psychologique liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsque celle-ci a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter de recevoir un traitement. Les députés ont refusé d’exclure de l’aide à mourir une liste précise de pathologies psychiatriques ou handicaps mentaux.
5- Être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée. Etre capable de discernement libre et éclairé jusqu’à la réalisation du geste ultime.

Une clause punit « l’entrave » à l’accès à la mort de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. Interdiction à quiconque de conseiller le malade. Tous les amendements sont rejetés.
Jean-Louis Touraine, médecin progressiste, franc-maçon du Grand Orient de France, dévoile les rouages de la mécanique et la stratégie d’infiltration, une stratégie assumée, pensée et discutée : légaliser petit à petit, monter le feu doucement sous la casserole, normaliser, étendre et démocratiser l’option. Autrement dit, faire accepter un premier texte « acceptable », limité, ciblé, puis l’élargir régulièrement. « Il faut obtenir le plus possible dans la première loi, et surtout, une fois qu’on aura mis le pied dans la porte, il faudra revenir tous les ans ». La loi n’est qu’un cheval de Troie. Finalement, la mort devient un choix administré. L’exception devient la norme.
Il suffira d’agiter le drapeau de l’égalité, le langage des droits, l’appel à l’émotion, la promesse du bien pour faire avaler la suite par étapes : les mineurs, les maladies psychiatriques, la maladie d’Alzheimer… « Ce n’est quand même pas normal » que certains malades y aient droit, et d’autres non. Mais la « fin de vie digne et choisie » promise est une formule hypocrite.
Le plan est tellement méthodique, évolutif, mécanique, que les résistances culturelles finiront par céder. Une vision froide, hautaine, implacable, et technocratique de la fin de vie se profile.
Derrière ce projet, une élite militante, satanique, issue des cercles maçonniques, impose son calendrier. Une minorité « éclairée » et initiée, autoproclamée supérieure, pilote les « avancées sociétales » au nom du progrès, ou plutôt du progressisme, sans jamais consulter le peuple.

Le vote solennel de la loi aura lieu mardi 24 février 2026. S’il est adopté, le texte repartira en deuxième lecture au Sénat. Puis une commission mixte paritaire essaiera de mettre d’accord députés et sénateurs. Cette commission ne devrait pas être conclusive. Alors, il faudra une troisième et dernière lecture à l’Assemblée. Macron a pour objectif de faire adopter le texte avant la fin de l’année. Nul doute qu’il y parvienne, tant les députés ont choisi une voie progressiste.

Et le progressisme émane de quelques postulats des Lumières. Une nature « mal définie et toute puissante n’est plus l’œuvre du créateur mais de l’élan vital de tous les êtres et de l’homme en particulier ». La raison individuelle peut arraisonner cette nature (d’après Paul Hazard 1878-1944).
On pourrait reconstruire la société en raison, afin de respecter les droits naturels des hommes. Pour ce faire, il faut libérer l’homme de ses croyances anciennes, des superstitions, il faut affranchir l’homme de la religion, donc de la morale chrétienne. Ainsi, grâce à sa capacité à penser par soi-même, l’homme deviendra créateur de lui-même, créateur de la société idéale.
Avec ce mouvement d’auto-construction de l’homme et de la société, l’humanité marcherait vers le progrès illimité. Il faudrait toujours détruire, avancer, et changer. Le mot moderne prend un sens positif par construction. Ainsi, l’idéologie du genre, la sexualisation des enfants, l’eugénisme, l’avortement, l’euthanasie, sont des progrès, des progrès, indiscutables, incontestables.

Un nouvel « Ordre moral » a commencé à se constituer après mai 68. En fait une immoralité pure et simple. Le basculement de l’Occident dans cette immoralité a été paré de couleurs chatoyantes : on a nommé éthique une morale démissionnaire qui aboutit à la dégénérescence totale des élites, dégénérescence observée sinon approuvée par un peuple formaté.
La morale s’accompagne de normes, de règles de conduite à respecter, dont la validité est irrécusable. Les Romains parlaient de « morale ». Les Grecs parlaient d’ « éthique ». Les deux termes renvoient à des devoirs dont il faut s’acquitter.
En 1956, le petit Larousse donne cette définition de la morale : « L’ensemble des règles qu’il faut suivre pour faire le bien et éviter le mal », règles qui permettent au bien de prospérer aux dépens du mal. Ces termes se rapportent à la nature humaine, la nature étant un donné objectif, en tous les temps et en tous les lieux.
« Etre moral », c’est respecter les dimensions élémentaires de notre nature. Première dimension : la dimension familiale, ou domestique. La vie humaine doit assurer biologiquement sa génération, sa survie, et sa reconduction. L’homme n’est pas l’auteur de son existence. II la reçoit, il est tributaire d’une communauté. D’où un devoir à l’égard de la communauté domestique.
Deuxième dimension de l’homme : la dimension politique, son éducation, sa protection et sa culture supposent une nation dont le bien prime sur le bien de ceux qui la composent. L’État protège l’homme, et l’homme a des devoirs envers l’État. D’où un devoir à l’égard de la Cité, qui permet la croissance et l’achèvement de cette vie.
Troisième dimension : la dimension spirituelle, ou religieuse. Quelque chose transcende l’homme, qu’il qualifie volontiers de divin. D’où un devoir à l’égard de l’Absolu, l’Absolu duquel la Cité tire sa source.
La morale ainsi comprise a connu une longue carrière. Des normes immuables président à la conduite de la vie. Jusqu’aux années 1950, on parle encore de « moralité ». Moralité « qui ne commence qu’avec le désintéressement, l’attachement à autre chose que soi-même », selon Émile Durkheim, sociologue français (1858-1917).
La post-modernité a sonné le glas de cette morale dès les années 1960. Un immoralisme banal remplace « la morale de nos pères » de Jules Ferry, et devient chez beaucoup d’individus une seconde nature. L’anti-morale est devenue naturelle aux individus.
Les théoriciens de cet immoralisme relèvent du néo-libéralisme américain, avec John Rawls (1921-2002), ou de l’École de Francfort, avec Jürgen Habermas, né en 1929. Une éthique subjective se substitue à la morale traditionnelle. Il n’y a plus d’autres biens que des biens optionnels élevés au rang de valeurs : « C’est mon choix ». Conséquence : un immoralisme de masse.
L’homme en rupture de moralité, âme déviante, ne refuse rien à sa convoitise, puissance passionnelle facile à satisfaire. Les valeurs appelées à un devenir sont les valeurs du matérialisme. Le matérialisme se manifeste par le primat accordé au bien-être, au confort, aux joies de la vie. Résultat : une croissance générale de l’immoralité. Appétit de jouir sans réserve de la vie. Développement de l’hédonisme de masse.
L’hédonisme ruine la culture humaine. Le matérialisme technico-économique engendre un sous-homme qui détruit ses trois fonctions de base : l’animal domestique, l’animal politique, l’animal rationnel et religieux.
La Nature, dont Dieu était l’Ordonnateur suprême, a perdu tout crédit. Pour l’homme de 2026, il n’y a plus d’ « ordre naturel », il n’y a plus de donné naturel fixe, stable et permanent. L’Absolu, c’est du passé. La science montre que les limites réputées infranchissables n’existent pas.
Et cet immoralisme collectif douceâtre étale une obsession sécuritaire. Parmi les exigences de sécurité, figure la revendication de quiétude devant la mort. Je peux demander la mort si je souffre trop ou si je ne suis plus apte à vivre.

Le moralement correct justifie et légitime le droit à l’aide à mourir, c’est-à-dire l’euthanasie. Ce mot désigne l’opération. Pourquoi s’embarrasser de formules hypocrites, sinon pour cacher les véritables fondements de l’entreprise ?
Dans un livre publié en 1976, Pierre Simon, Grand Maître de la Grande Loge de France, explique :
« Depuis 40 ans, le combat que nous menons a été le même : contraception, libéralisation des comportements sexuels, avortement, homosexualité et euthanasie… ». Avec l’euthanasie, le combat des francs-maçons arrive à son terme. Mais leur combat a-t-il un terme ? Pierre Simon ajoute : « La vie sera un matériau qui se gère ».
Puisque l’homme n’est plus qu’un matériau, la liberté fondamentale est le suicide, suicide direct ou indirect. Quand ce matériau est obsolète ou détérioré, il faut s’en débarrasser. Des machines à tuer permettent d’éliminer la vie lorsqu’elle est insupportable ou économiquement coûteuse. La métaphysique n’existe plus. Tout se réduit à la matière.

La transgression, la subversion, l’inversion des valeurs, mettent en oeuvre ces théories. Transgression des lois de Dieu et de l’Église. Négation des lois de la Nature. Négation du catéchisme qui enseigne le surnaturel. Censure des connaissances fondamentales.
Le lobby franc-maçon et anticatholique veut faire sauter le verrou de la défense de la vie à tout prix. Il exhume l’un des derniers lambeaux qui nous reste de la civilisation catholique : la protection de la vie à tout prix. « L’homme est l’union d’une âme et d’un corps ». S’il n’existe que des matériaux, l’homme tel que nous le connaissons n’existe pas, Dieu n’existe pas. Tout ce qui va dans le sens de la création de l’âme par Dieu doit être occulté. L’homme malade ou inutile ou trop vieux peut être euthanasié. On gère les personnes âgées comme on gère les marchandises.

Jacques Attali, né en 1943, justifie la suppression des bouches inutiles par l’euthanasie : « Dès qu’il dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte alors cher à la société… Il est préférable que la ma chine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures ». Quels sont les autres instruments ? Le vaccin ? La malbouffe ? La guerre ? …

A l’aspect moral de l’euthanasie, Attali greffe un aspect économique. On met en avant la nécessité de l’euthanasie selon une fatalité libérale. On nous fait passer le droit à mourir dans la dignité pour une extension de la logique libérale. On transfère une régression civilisationnelle dans le cadre d’un progrès de la liberté et du choix individuel. Les personnes âgées coûtent cher et ne rapportent rien. Elles vivent trop longtemps, elles sont trop nombreuses, elles dépensent tout leur argent dans les cinq dernières années. On a les moyens techniques et médicaux d’assister les personnes malades en difficulté, mais on ne veut pas déployer les moyens économiques. Le libéralisme et le moralisme dictent et programment cette vision de la mort. Un libéralisme dans toute sa froideur et toute sa violence. Un moralisme progressiste en fait régressif.
La députée LR Justine Gruet a déposé un amendement qui voulait interdire l’aide à mourir dans des structures privées lucratives. Amendement rejeté en trois minutes. Éric Mercier, infirmier, commente : « Il sera possible de tuer, d’euthanasier avec une approche strictement lucrative. On ouvre le business de la mort dans la toute légalité ».
Dans les Ehpad, « plus le lit tourne, plus il est occupé, plus c’est rentable ». L’aide à mourir payée, mise en scène, objet de commerce et de corruption, s’inscrit dans une loi qui ouvre toutes les portes, y compris la porte du prélèvement d’organes. L’euthanasie d’Eva, une adolescente belge de 16 ans, a duré 32 heures. Les médecins l’ont maintenue en vie le temps de prélever ses organes.
Alors, le sujet revient de façon récurrente dans les médias. Les médias mettent en place l’idéologie de la liquidation des vieux, l’habilitation, le consentement de l’euthanasie. Les médias nous montrent des gens qui rêvent qu’on les débranche, des gens qui veulent mourir. En réalité, c’est l’inverse. Ceux qui veulent être débranchés constituent l’infime minorité. Les médias nous mentent. Les trois quarts des personnes âgées malades, très fragilisées, ont très peur qu’on les laisse mourir et qu’on les débranche. Ce sont les statistiques réelles de la profession médicale.

Grégor Puppinck résume : « La philosophie du texte, c’est vraiment de faire du choix de la mort une liberté individuelle que quasiment rien ne peut arrêter ».
« À partir du moment où l’heure de la mort est programmée, on bascule dans une société totalitaire car on perd notre liberté vis-à-vis de la mort ».
Il voit une « économie de la mort : 1,4 milliard d’économisés par an, c’est le prix de 100 000 vies sacrifiées ».
Louis Fouché parle d’ « eugénisme décomplexé. On nous vend des choix, mais dans un système hospitalier exsangue, le choix sera vite fait ».

La décision de mourir est un choix individuel. La personne qui a envie de mourir se suicide, il n’y a aucun problème. Elle absorbe des médicaments doux et elle meurt. On n’a pas besoin de légiférer là-dessus. La loi actuelle fonctionne assez bien. L’État n’a pas à s’introduire dans notre vie intime.
Mais nos dirigeants, nos députés, conditionnés à l’immoralisme ambiant, fascinés par la transgression, frappés par la révolution, charmés par le conformisme, abusés par le satanisme environnant, aimantés par l’appât du gain, francs-maçons pour nombre d’entre eux, adhèrent pleinement à la culture de mort et se préparent à voter la loi sur l’euthanasie.

L’affaire Epstein, l’affaire Quentin, les réformes sociétales, éclairent la chute vertigineuse de notre société dans les abîmes de la perversion et de la haine.

Jean Saunier

Date de dernière mise à jour : 24/02/2026

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