
Deux hommes ont été condamnés en appel à six et sept ans de prison pour association de malfaiteurs, contre seize ans en première instance pour complicité d’assassinat
Colère et incompréhension. Au lendemain du délibéré du procès en appel de quatre hommes, la mère de Samuel Paty a exprimé ce mardi sa douleur de voir les peines de deux des quatre accusés être réduites. Les deux hommes avaient véhiculé l’assassin de son fils. Ils l’avaient également aidé à se procurer des armes avant son crime en octobre 2020.
Condamnés en première instance à seize ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov ont été jugés coupables en appel d’association de malfaiteurs. Mais sans que son caractère terroriste ne soit retenu. La cour d’assises spéciale de Paris a prononcé des peines de six et sept ans de prison. Les deux hommes pourraient être rapidement libérés.
Si elle n’a pas encore rendu ses motivations, la cour semble cette fois avoir été convaincue par Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, qui ne présentent pas le profil d’islamistes radicalisés. Ils ont assuré qu’ils ne savaient rien des intentions djihadistes et du projet criminel d’Abdoullakh Anzorov.
Avant d’être abattu par la police, celui-ci avait tué et décapité le 16 octobre 2020 le professeur d’histoire-géographie parce qu’il avait montré des caricatures du prophète Mahomet dans son cours sur la liberté d’expression au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).
« Une chape de plomb nous est tombée sur la tête »
« Comment voulez-vous comprendre, entre le premier et le deuxième procès, ces écarts ? », a demandé sur RTL Bernadette Paty, « très en colère ». « La cour l’a abandonné encore une fois », a déclaré la maman.
Accompagnée de son époux, elle était venue déposer à la barre le 3 février et n’avait pas voulu assister à la suite des débats pour ne pas entendre « les dénis des accusés ». « Depuis hier soir, j’ai l’impression qu’on a une chape de plomb qui nous est tombée sur la tête », explique-t-elle, convaincue qu’il n’était « pas possible » que Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov n’aient pas été « au courant de ce que voulait faire Anzorov ».
Le verdict « n’est que l’application d’un principe simple et fondamental : il n’y a pas de crime si on n’a pas eu l’intention de le commettre », ont réagi les avocats de Naïm Boudaoud, Hiba Rizkallah et Martin Méchin.
Selon Bernadette Paty, la famille est en revanche « tout à fait satisfaite » des condamnations à dix et quinze ans de réclusion du père d’élève Brahim Chnina, 54 ans, et du militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans. La campagne de haine en ligne des deux hommes ne s’était arrêtée qu’à la mort du professeur. « On espère que cette condamnation va faire réfléchir pour que plus jamais on assassine un professeur parce qu’il a fait un cours qui a déplu. »
La Rédaction