
Alors que le ministre des Affaires étrangères a annoncé la préparation de la France dans « opérations défensives », Jean-Noël Barrot se tiendra en meeting pour soutenir une candidate aux élections municipales de Châtillon (Hauts-de-Seine). L'évènement a fait un tollé sur les réseaux sociaux.
La venue du ministre ne fait pas l'unanimité. Sur ses réseaux sociaux, dont X, la candidate centriste, Carole Guillerm, pour la mairie de Châtillon, à annoncé la présence du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot lors de son meeting qui se déroulera ce mardi 3 mars 2026. Relayé sur compte Instagram, le ministre confirme sa venue. « À demain ! », a-t-il commenté, ajoutant un emoji "flamme".
En pleine guerre au Moyen-Orient, internautes et journalistes dénoncent un moment mal choisi : selon eux, l’heure est à l’action, non à la représentation. Les réactions ont aussitôt afflué.Un meeting « inadmissible »
Un meeting « inadmissible »
« Inadmissible que le ministre se déplace actuellement au vu de la situation en Iran », exprime un internaute. « Franchement, c’est du plus mauvais effet ce type de communication. J’espère que notre ministre a d’autres priorités en ce moment ! », commente un autre utilisateur.
Cette maladresse dans la temporalité lui a également été reproché par des journalistes, comme Thomas Bonnet, journaliste CNEWS :
« Le sens des priorités du chef de la diplomatie française en plein embrasement mondial…»
Depuis, des personnalités se sont exprimées. « On croit rêver...», une décision jugée « hors sol » par Bruno Pomart, maire de Belflou (Aude).
Dans le maintien de ce déplacement, certains y voit comme une « mauvaise communication », un mauvais message envoyé aux Français, pouvant être préjudiciable au camp présidentiel pour les élections présidentielles de 2027.
Une candidate à l'origine de plusieurs polémiques
Plusieurs difficultés et revirements ont entaché la campagne de Carole Guillerm. Après une annonce relativement tardive de sa candidature (deux mois avant les scrutins), des frictions internes ont valu le départ du chef de file. Annoncé sur les réseaux sociaux, ce retrait a immédiatement privé la candidate de plusieurs appuis, dont « un soutien structurant, une caution politique à droite et un argument central de crédibilité », selon Chatillon Actu.
Déjà en difficulté, réunissant les sensibilités du Modem, de l'Union des démocrates et des indépendants (UDI), d'Horizons et des Républicains (LR), une annonce concernant l'entrée de Carole Guillerm à la députation attendue le 26 mars 2026 replonge la liste dans l'embarra.
En effet, « dans les prochaines semaines », selon Chatillon Actu, Carole Guillerm, pourtant en campagne pour les municipales 2026, remplacera Jean Didier Berger, député de la 12e circonscription des Hauts-de-Seine, quelques jours après le sort des municipales.
En plus de créer des zones d'ombres sur les compatibilités juridiques de ces fonctions, l'annonce crée des incompréhensions sur ses ambitions réelles, risquant ainsi de plonger les habitants dans l'instabilité en cas de victoire.
« Je ferai un choix après les élections municipales quand je serai maire de Châtillon »
En réponse aux polémiques, Carole Guillerm annonce qu'elle fera un choix après les élections. Une prise de parole qui interpelle et qui amplifie la peur de l'abandon des châtillonnais au profit de l'Assemblée nationale.
Ainsi, entre la visite du ministre à Chatillon et les préférences personnelles de la candidate municipale, le camps présidentiel poursuit ses impostures et ses mauvais coups de communication.
Ayant une cote de popularité de 11% auprès des Français, le déplacement de Jean-Noël Barrot lui sera-t-il préjudiciable ?
Julien Cohen - Frontières