
La gauche résiste, notamment à Paris et Marseille, le RN progresse, notamment à Nice, LFI échoue à Limoges, mais gagne Roubaix… La carte politique se redessine pour 2027.
La participation pour le second tour est estimée à 57 %, quasi stable par rapport au premier tour. À 20 heures, la participation atteignait 61,3 % à Paris, en hausse par rapport au premier tour. Lyon enregistre la plus forte mobilisation avec 66 %, et Strasbourg affiche 60,1 %. C’est un signal de regain d’intérêt démocratique, même si l’on reste loin des niveaux de 2014.
Ce scrutin était aussi clairement perçu comme un thermomètre avant la présidentielle de 2027. Ce sera en tout état de cause la dernière journée de vote au suffrage direct avant le premier tour de l’élection présidentielle.
Les grands enseignements politiques
La gauche résiste dans les grandes métropoles, portée notamment par des fusions PS/LFI parfois controversées. Bruno Retailleau, président des Républicains, estime néanmoins que l’objectif de la droite a été « atteint » en remportant « le plus grand nombre de voix et le plus grand nombre d’élus ».
Le RN progresse, mais échoue sur ses cibles principales. La droite a revendiqué la victoire à Clermont-Ferrand et les Écologistes ont reconnu leur défaite à Poitiers. Mais le RN rate ses grandes conquêtes urbaines. LFI marque quelques victoires symboliques, mais enregistre aussi des déceptions. LFI échoue à Limoges, mais gagne à Roubaix.
Paris : nette Victoire de la gauche socialiste
Emmanuel Grégoire (PS) s’est largement imposé avec 53,1 % des voix face à la LR Rachida Dati (38 %) et l’insoumise Sophia Chikirou (8,9 %). La droite, malgré la fusion entre Rachida Dati et le centriste Pierre-Yves Bournazel, n’aura pas réussi à reprendre la capitale. C’est un échec personnel pour Dati, qui était présentée comme la candidate la plus capable de faire basculer Paris à droite pour la première fois depuis 25 ans.
Marseille : Benoît Payan réélu, le RN barré
Benoît Payan, candidat de la gauche hors LFI, l’emporte largement avec 54,6 % face au RN Franck Allisio (39,1 %). Sa liste de gauche hors LFI a résisté confortablement à la menace du Rassemblement national. Le scénario d’une conquête historique de Marseille par le RN ne s’est donc pas réalisé, malgré un premier tour inquiétant.
Lyon : Doucet en duel serré avec Aulas
À Lyon, le maire sortant écologiste Grégory Doucet remporte le second tour avec 37,3% des suffrages devant Jean-Michel Aulas (divers droite, 35,4 %). Doucet avait conclu une alliance avec la candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi (10,4 %) pour le second tour.
Toulouse : La gauche unie tente de renverser Moudenc
À Toulouse, le second tour voit la victoire du maire sortant Jean-Luc Moudenc (divers droite, 50,3%). Le représentant de la gauche recomposée, François Piquemal, s’incline avec 47% des voix. LFI avait fusionné avec le PS (François Briançon, 24,99 %).
Nice : Ciotti tombe Estrosi
Éric Ciotti (UDR-RN) l’emporte très largement avec 47,7 % des voix. Le maire sortant Horizons Christian Estrosi est battu avec 37,4 % des voix. C’est un séisme local : la stratégie d’Estrosi, qui refusait toute alliance avec le RN, est sévèrement sanctionnée. Ciotti, lui, avait porté une stratégie d’union droite-extrême droite qui s’avère gagnante.
Bordeaux : L’écologiste Pierre Hurmic battu
À Bordeaux, le maire écologiste sortant Pierre Hurmic est battu de peu (49,05% des voix) cédant la place au député macroniste Thomas Cazenave (50,95%). Le retrait de Philippe Dessertine, arrivé troisième au premier tour s’est désisté en faveur de Cazenave. Pierre Hurmic, lui, a refusé de s’allier avec le candidat insoumis, arrivé 4e avec 9,4 % des voix.
Strasbourg : Trautmann l’emporte
À Strasbourg, le second tour donne lieu à une triangulaire : Catherine Trautmann remporte la compétition du second tour avec 37,31% des suffrages face au maire sortant Jeanne Barseghian , écologiste (32,63%), qui a fusionné avec LFI. Catherine Trautmann s’est alliée à Pierre Jakubowicz (centre, 5,10 %), une alliance qui lui a valu le retrait de son investiture par le PS. Jean-Philippe Vetter (DVD) se classe troisième avec 30,07% des voix.
Nantes : Rolland mise sur l’union de la gauche
La maire sortante socialiste Johanna Rolland qui a conclu une alliance avec LFI pour affronter Foulques Chombart de Lauwe candidat de la droite et du centre, aurait remporté l’élection avec 36,1% des voix contre 31,5 à son concurrent.
Les nouveaux contours politiques
Ce second tour dessine plusieurs tendances lourdes à retenir avant 2027 :
Paris et Marseille restent à gauche, ce qui consolide les bastions socialistes dans les deux premières villes de France.
Le RN rate ses grandes cibles urbaines (Marseille, Toulon), confirmant que les métropoles lui résistent encore, même si Nice (via Ciotti) illustre la porosité croissante droite/extrême droite.
LFI s’impose comme faiseur de rois, avec des fusions décisives à Toulouse, Nantes, Lyon ou Strasbourg — mais le parti de Mélenchon ne parvient pas encore à gagner seul les grandes villes.
La vague verte de 2020 reflue : Bordeaux, Strasbourg et Besançon sont en danger ou perdus pour les Écologistes, qui ne semblent pas avoir su convaincre au-delà de leur premier mandat.
Nice marque un tournant : Ciotti prouve que l’union droite-RN peut l’emporter contre un sortant modéré, un scénario que beaucoup observeront avec attention en vue de 2027.
La Rédaction service Politique
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