Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure appelle les Insoumis à réfléchir au rôle de Jean-Luc Mélenchon.
Alors que Boris Vallaud critique les alliances du PS avec LFI, Olivier Faure reporte la faute sur le chef des Insoumis.
Le chef des députés socialistes Boris Vallaud a critiqué lundi «le manque de clarté» de la direction du PS au sujet des alliances avec LFI aux municipales, une critique rejetée par Olivier Faure qui a mis en cause «le boulet qu’est devenu Jean-Luc Mélenchon» pour expliquer les défaites à Toulouse ou Limoges.
«Pour ceux qui se posaient la question, nous avons une réponse. Oui, les alliances avec la France Insoumise n’ont pas fonctionné. Oui, la France insoumise nous a fait perdre», a jugé Vallaud sur RTL. «Beaucoup de Français n’ont pas compris quelle était la ligne» du PS dans l’entre-deux-tours, a déploré Vallaud, selon qui «la clarté est demandée avec force et par une majorité au Parti socialiste» dans une critique implicite du Premier secrétaire Olivier Faure.
«Il n’y a plus de place pour l’ambiguïté stratégique parce qu’il reste l’ambiguïté et ça ne fait pas une stratégie», a-t-il insisté, rejoignant les critiques de François Hollande et Raphaël Glucksmann contre Olivier Faure.
« Une tambouille qui ne fonctionne pas »
Le très probable candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann (Place publique) a estimé en effet lundi que «la tambouille ne fonctionne pas». «La clarté, c’est une stratégie politique autant qu’une affaire de morale», a insisté l’eurodéputé sur France Inter, assurant que «les urnes viennent de nous donner une leçon». Il a ajouté que «la bataille de la France a commencé», appelant la gauche à conclure «un nouveau contrat patriotique» pour la présidentielle de 2027.
Sur BFMTV/RMC, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a esquivé ces critiques, défendant les alliances «de maires qui, en conscience, ont fait des choix» que «j’ai compris» car «je ne suis pas un dictateur». Il a renvoyé la responsabilité des défaites des alliances LFI-PS sur Jean-Luc Mélenchon qui est «devenu le boulet de la gauche».
Des villes, comme Toulouse et Limoges, auraient été gagnées lors des élections municipales sans ses «outrances» et «dérives antisémites». «Ceux qui étaient candidats insoumis devraient se poser la question de Jean-Luc Mélenchon parce qu’il les a privés d’une victoire qui était accessible», a-t-il jugé.
Mélenchon fera perdre la gauche
Regrettant le «plafond de verre» que fait peser, selon lui, sur la gauche Mélenchon, Faure a estimé que tant que les Insoumis «subiront le leadership de Jean-Luc Mélenchon, ils ne pourront pas progresser» dans les urnes. Mélenchon «ferait perdre de manière absolue» la gauche face à l’extrême droite au second tour de la présidentielle, a encore assuré Olivier Faure.
De son côté, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a rejeté sur le PS l’échec des alliances dans des villes tenues par le PS comme Clermont-Ferrand et Brest. «La vérité, c’est que dans les villes où cette alliance n’a pas réussi à gagner, la ville a été perdue par le score historiquement bas des maires issus du Parti socialiste», a jugé Bompard sur Franceinfo.
«Les maires sortants ont subi un désaveu populaire d’une telle ampleur que les Insoumis, au second tour, malgré leur mobilisation, n’ont pas réussi à compenser», a-t-il argumenté.
Antoine Colvert