
«… Mes idées sont trop originales pour susciter l’adhésion des masses bêlantes ataviquement acquises aux promiscuités transpirantes et braillardes inhérentes à la vulgarité du régime démocratique imposé chez nous depuis deux siècles par la canaille régicide… » (Pierre Desproges)
Plus le temps passe et plus j’ai l’impression d’être un étranger, un Patagon, dans mon propre pays : je n’en comprends plus les coutumes, la langue, les traditions, les pseudo-valeurs (ripoux-blicaines). Cet attachement aux sacro-saints droits-de-l’homme ; cette hystérie qui consiste à défendre bec et ongles un État laïc (imposé par les Loges) alors que nous sommes imprégnés par 2000 ans de culture chrétienne ; ce goût masochiste pour la repentance et l’auto-flagellation ; cette détestation de la race blanche au profit d’une faune allogène et bigarrée qui refuse nos lois et brûle notre drapeau. Ce délitement moral et mental s’est accéléré avec Macron. François Mitterrand avait beaucoup de défauts mais je lui reconnais quelques qualités : il a été Action Française dans sa jeunesse ; il fut un garde des Sceaux inflexible à l’égard des tueurs du FLN ; mais surtout, il a laminé le Parti Communiste qui, depuis la Libération, obtenait des scores impressionnants à chaque élection et noyautait les institutions du pays dans l’espoir de l’avènement d’un « grand soir » rouge.
Macron, avec sa repentance, son allégeance à Bruxelles, sa haine du « mâle blanc » hétéro, et ses caprices d’enfant gâté, aura réussi à faire naître chez nous une gauche plus à gauche que la pire des gauches. Une gauche haineuse, violente, agressive, revancharde, robespierriste, prête à tuer tous ceux qu’elle aura rangés sous l’étiquette infamante de « fascistes » ou de « nazis ». Le lynchage à mort du jeune Quentin Deranque en est la triste illustration. Pour moi, les premiers responsables de ce crime odieux sont les nervis de la « Jeune Garde » – fût-elle dissoute ! – les SA de Mélenchon, mais Macron a, lui aussi, sa part de responsabilité. À force de n’avoir qu’une cible, toujours la même, mais qu’on désigne à la vindicte populaire sous des vocables différents (tantôt « populiste », tantôt « nationaliste », tantôt « identitaire » ou « fasciste »), on agite le chiffon rouge devant des individus violents qui ne rêvent que de renverser le système. Mélenchon, qui n’est pas un imbécile, a bien compris qu’il peut arriver au pouvoir, par les urnes ou par la rue, et je suis persuadé que Macron, ce pompier-pyromane, est content car tout ce qui affaiblit la France renforce ses visées européistes (et mondialistes). Mais, le « privilège rouge », selon l’expression de Gilles-William Goldnadel, n’est pas imputable qu’à Macron. Sans remonter à la Révolution, au cartel des gauches de 1924, au « front populaire » en 1936, aux purges des communistes lors de l’épuration, ou à leur complicité avec les gaullistes après la Libération, contentons nous d’un marqueur idéologique revendiqué à gauche : les « acquis de mai 1968 ». Le bilan est désastreux ! Les « accords de Grenelle » sont grandement responsables de notre désindustrialisation. La libération des mœurs, (que les cuistres appellent le vagabondage sexuel) aura provoqué la propagation du Sida, puis la reconnaissance des invertis, puis les revendications des féministes qui veulent toutes « balancer (leur) porc ». Mai 1968, c’est une bénédiction…pour les fabricants de préservatifs, et les avocats spécialisés dans le divorce. Mais pour le vulgum pecus, c’est un tsunami moral, une véritable catastrophe !
Les anciens combattants de mai 68 – Cohn-Bendit, Alain Krivine, Serge July, Romain Goupil et quelques autres – étaient régulièrement invités sur les plateaux télé pour raconter « leur guerre », mais on évitait de parler de nos vraies guerres car il ne fallait pas que les enfants de soixante-huitards soient fiers de l’héroïsme de leurs aïeux. Vous aurez remarqué que chez nous, quand on évoque 14-18, c’est toujours pour parler des mutineries de 1917, des fusillés pour l’exemple, de la chanson de Craonne, ou des fraternisations entre communistes français et allemands (1). Et il est impératif de ne pas dire un mot – c’est l’omerta totale ! – sur celui qui mit fin aux mutineries en améliorant et en humanisant le sort des poilus, le général Philippe Pétain.
Je suis passionné d’histoire et de littérature, et je note que ceux qui ont écrit les plus belles pages, les plus émouvantes, les plus humaines, sur la Grande Guerre sont presque TOUS des gens qui adulaient leur patrie ; des gens que l’« extrême-centre », la « droite-cachemire », la « gauche-caviar » et les islamo-gauchistes de Mélenchon, traiteraient de nos jours de nationalistes ou de fascistes.
14-18 a inspiré quelques grands romans qui ont marqué la littérature du XXe siècle.
Je pense aux « Croix de bois » de Roland Dorgelès, à « ceux de 14 » de Maurice Genevoix, à « La main coupée » de Blaise Cendrars, et, naturellement, au « Voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand Céline. Du côté allemand, la moisson aura été aussi fertile avec, notamment : « Orages d’acier », d’Ernst Jünger et « À l’ouest rien de nouveau » d’Erich Maria Remarque. Mais, pour moi, un autre grand roman mérite d’y être associé, « Les réprouvés » d’Ernst von Salomon. Un roman écrit par un nationaliste, que j’ai découvert en 1970, deux ans à peine avant la mort de son auteur.
Ernst von Salomon, né en 1902, fut trop jeune pour connaître l’enfer des tranchées. Pour autant, son patriotisme n’admettait ni la défaite de l’Allemagne, ni le chaos de la jeune République de Weimar. Le personnage principal de son livre lui ressemble comme un frère, comme un clone. Il y a, chez ce protestant prussien, un kantien qui ne sommeille pas. L’action qu’il va mener lui sera donc dictée par le devoir qui, non seulement sera désintéressé, mais lui coûtera cinq années de prison. C’est l’illustration, caricaturale, de son idéal moral ! Ernst von Salomon s’engagera dans les Corps- Francs dont beaucoup ignorent l’existence (2) tant cette période des années 1920 outre-Rhin reste nébuleuse aux yeux des Français. Au sein des Corps-Francs, il combattra les Spartakistes à Berlin et les Bolchevistes – c’est ainsi qu’il les nomme – dans les Pays Baltes, en Haute-Silésie. Il rejoindra même quelques mois, faute d’avoir trouvé un étendard germanique sous lequel servir, les rangs des Russes blancs. Il était révolté par le mépris total dans lequel la « populace rouge » et la bourgeoisie, préoccupée par son confort, tenaient les combattants revenus du front. Le 24 juin 1922, il ira jusqu’à participer au complot qui aboutira à l’assassinat du ministre des affaires étrangères Walter Rathenau. Par facilité intellectuelle, on pourrait attribuer cet engagement radical d’un garçon de 16 ans à un goût pour l’aventure romantique. Ce serait une erreur, car d’autres clés de lecture s’imposent, deux notions fondamentales de la culture allemande de son époque. Tout d’abord la théorie géopolitique du Lebensraum, définie par Friedrich Ratzel (3), et qui dessinait les frontières du Reich incluant l’Alsace-Lorraine à l’ouest et de nombreux territoires à l’est (Autriche, Pologne, Tchéquie, etc.).
Cette vision pangermaniste nourrissait, depuis la fin du XIXe siècle, l’imaginaire de beaucoup d’Allemands. Elle survivra à la défaite de 1918 et elle servira, plus tard, de prétexte aux visées expansionnistes d’Adolf Hitler. Ensuite, il faut prendre en compte la « masculinité » de la culture allemande (4). Une masculinité qui aurait pu s’accommoder d’une « défaite honorable », mais qui ne pouvait accepter l’humiliation imposée par les Alliés (dommages de guerre colossaux, occupation du territoire, désarmement, etc.). Ce sentiment demeure, pour nous Français, difficile à comprendre ; il s’exprime pourtant, inconsciemment, dans les mots de nos langues respectives : notre représentation symbolique de la France est une figure féminine, « Marianne » ou la « Mère-Patrie ». D’ailleurs, dans ses mémoires, De Gaulle ne l’imagine pas dans une statue de Vercingétorix ou de Charlemagne, mais dans « la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs ». À l’opposé, le patriotisme allemand fera référence au « Vaterland », symbole résolument masculin qui tient à la fois de la « terre du père » et de la notion de « Père-Patrie ». Ces deux paramètres, négligés par le traité de Versailles, feront le lit du nazisme. Pour autant, Ernst von Salomon n’adhérera pas au parti nazi et se tiendra éloigné du conflit. « Les réprouvés » n’est pas un roman historique. L’histoire lui sert juste de toile de fond. L’auteur s’y dévoile dans un texte magnifique, noir, sans illusion, parfois cynique. Il y exalte des valeurs viriles d’une manière qui déroutera parfois le lecteur. Les nationalistes européens en a fait leur livre de chevet mais la bonne littérature doit échapper aux classifications partisanes.
« Les réprouvés » appartient au très grand genre littéraire. Le style d’Ernst von Salomon s’impose, exceptionnellement pur, puissant, habité, saisissant même. Bien évidement, les imbéciles qui, par idéologie politique, voudraient occulter l’œuvre de Charles Maurras ou les pamphlets de Louis-Ferdinand Céline, ne recommanderont pas la lecture de ce livre. Et les mêmes n’admettront jamais que la brutalité, comme l’antisémitisme, sont passés à gauche.
Charles Maurras disait à ses « Camelots du roi » : « Nous devons être intellectuels et violents » à une époque où les nationalistes osaient encore se défendre des attaques des rouges.
Depuis la seconde guerre mondiale, la droite rase les murs. À sa décharge, dès qu’elle pointe le bout de son nez, la Ripoux-blique lui tape dessus à bras raccourcis. Citons, juste pour mémoire, « Jeune Nation », mouvement dissous le 15 mai 1958, …/… à la suite du coup d’État du 13 mai 1958 qui marqua le retour au pouvoir de De Gaulle; « Occident », dissous le 31 octobre 1968; ou encore la dissolution d’« Ordre Nouveau » que j’ai vécu (de loin) : c’était lors d’une réunion, à la Mutualité à Paris le 21 juin 1973, sur le thème « Halte à l’immigration sauvage » (Oui, nous en parlions déjà en… 1973 !), les gros bras de la LCR (5) d’Alain Krivine ont attaqué les forces de l’ordre. Dès le 28 juin, le pouvoir a dissous la LCR, et en même temps, comme dirait Macron, « Ordre Nouveau ». Quand le gouvernement se décide à taper sur un groupuscule gauchiste, il ne peut pas s’empêcher d’en dissoudre un autre à droite. Macron, en visite en Inde, n’a rien trouvé de mieux que de renvoyer dos à dos l’extrême-droite et l’extrême-gauche.
Je suis « à l’automne de ma vie », comme disent les poètes et les cuistres, et j’ai connu une époque, au début des années 1980, où, avant la création de son propre service d’ordre, le « Front National » faisait appel aux paras de l’« Union Nationale des Parachutistes » qui était encore dirigée par des « soldats perdus » de l’Algérie française et ne cherchait pas, par un apolitisme assez ridicule, à ne plus être cataloguée à droite. Dans ma région, J’ai assuré la sécurité de meetings de Jean-Marie Le Pen, Roger Holeindre et Bruno Gollnisch. Le gabarit imposant et la mine patibulaire des camarades qui m’accompagnaient suffisaient à calmer les velléités belliqueuses des gauchistes. De nos jours, la rue appartient aux antifas, aux Black Blocs, aux écolos-terroristes, aux autres brutes fanatisées.
Quant au RN, à force de vouloir laver plus blanc que blanc, d’épurer ses rangs d’adhérents ou de candidats jugés sulfureux, dans l’espoir – illusoire ! – de se dédiaboliser et de faire enfin partie de l’arc républicain, il se tire une balle dans le pied. Le moindre mail, tweet, SMS, ou article, jugé raciste ou homophobe par les ayatollahs de la bien-pensance – Mediapart ou Libération – suffit à faire virer de vieux militants. Le camp d’en face ne s’embarrasse pas de ces pudeurs de rosière.
Qu’on me comprenne bien, je ne suis pas belliqueux (je suis même assez pétochard), mais il existe une violence légitime, un droit de manifester dans le calme et de se défendre en cas d’attaque. Arrêtons de tendre la joue gauche quand on nous gifle sur la droite. Revenons à l’ancien testament : « œil pour œil ; dent pour dent ! » et puis, si nécessaire, allons plus loin : « Pour un œil, les deux yeux pour une dent toute la gueule ! ». Je rappelle que ce slogan un brin provocateur était celui de la « Gauche Prolétarienne ». Je suis plutôt un non-violent mais j’avoue sans la moindre honte que je préfère l’exaltation des valeurs viriles d’Ernst von Salomon aux marches blanches pleurnichardes de notre France dégénérescente.
Éric de Verdelhan