
Le coordinateur de La France insoumise demande l'interdiction de la marche qui doit avoir lieu samedi à Lyon.
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a appelé vendredi à l’interdiction de la marche d’hommage au militant nationaliste Quentin Deranque prévue samedi à Lyon, estimant qu’elle représente une «véritable démonstration fasciste» et une «menace pour les habitants».
«La marche prévue samedi à Lyon est loin d’être seulement un hommage à la victime. Elle est prévue pour être une véritable démonstration fasciste dans les rues», a-t-il écrit sur X. «Plus de 1000 néonazis de toute l’Europe sont annoncés dans une volonté de vengeance mortifère», ajoute-t-il.
LFI est attaquée par ses adversaires, un assistant de son député Raphaël Arnault ayant été mis en examen pour «complicité» dans l’agression mortelle du jeune homme.
Ne pas associer le RN
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a de son côté recommandé de ne pas se rendre aux rassemblements d’hommage au militant nationaliste Quentin Deranque prévus samedi ni «d’y associer» le parti, selon une lettre à ses cadres consultée par l’AFP vendredi.
«Nous vous demandons, sauf situation locale très particulière et strictement encadrée (hommage rendu par une municipalité, par exemple), de ne pas vous rendre à ces rassemblements ni d’y associer le Rassemblement National», écrit-il dans ce message, estimant que les organisateurs de ces rassemblements sont «multiples, incertains» et que les proches de Quentin ne sont a priori «à l’initiative d’aucun d’entre eux».
« Dispositif policier extrêmement important »
Laurent Nuñez a lui affirmé vendredi qu’il ne «demand(ait) pas l’interdiction» de la marche prévue samedi. S’exprimant sur RTL, le ministre de l’Intérieur a ajouté que cette marche qui devrait rassembler, selon son estimation, «2 à 3000 personnes» appartenant à «l’ultradroite», sera encadrée par un «dispositif policier extrêmement important» pour assurer la sécurité.
Alors que le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet réclamait l’interdiction de cette marche, évoquant «des risques avérés de troubles à l’ordre public», Laurent Nuñez a fait valoir qu’il était «ministre garant de l’ordre public» et se devait «de protéger la liberté d’expression «. «Je ne peux interdire une manifestation que lorsqu’il y a des risques majeurs de troubles à l’ordre public et que je ne suis pas en mesure de les contenir».
«Donc, a-t-il poursuivi, je ne demande pas l’interdiction de cette manifestation qui se déroulera encadrée. Mon rôle c’est un équilibre entre le maintien de l’ordre public et la liberté d’expression. Pour l’instant la liberté est plus importante que l’inquiétude.»
Comme on lui demandait si Quentin Deranque avait été victime d’un «guet-apens», le ministre a répondu «qu’à «titre personnel», il ne «le croyait pas». «C’est, a-t-il dit, une rixe entre deux groupes qui s’est terminée par un homicide volontaire (...) par un lynchage qui est absolument abominable».
Aldegonde Gallard - La France Libérée