GUERRE D'IRAN - 92% des Américains veulent que la guerre s’arrête

Ce que révèle la réaction de Donald Trump à la « guerre du gaz » dans le  Golfe | France Inter

Selon un sondage CBS News / YouGov de ce 22 mars, 92% des Américains souhaitent que la guerre s’arrête. Un résultat transpartisan sans appel, puisqu’aussi bien la base MAGA de Trump que les électeurs démocrates manifestent une quasi-unanimité. Trump est donc au pied du mur : il s’agit pour le locataire de la Maison-Blanche de trouver fissa une issue de sortie, sauf à prendre de front son électorat, de provoquer une débâcle du parti à l’éléphant aux Midterms de novembre prochain et de perdre sa majorité à la Chambre des Représentants ou au Sénat. Trump sortirait alors de l’histoire dans la piètre posture de figurant. Sa cote d’approbation dans le pays est déjà tombée à 39%, au plus bas depuis l’assaut du Capitole en 2021.

Les Américains craignent, à juste raison, que si cette guerre continue plusieurs mois, la situation économique de l’Occident, Etats-Unis inclus, n’en pâtisse. Ils sont aussi conscients du fait que le grand gagnant de cette guerre est la Russie.

La guerre a provoqué une flambée des prix des hydrocarbures, ce qui profite directement à l’économie russe, très dépendante des exportations pétrolières. Le baril de brut russe a bondi de plus de 6 % dès le début du conflit, atteignant des niveaux records, ce qui a permis à Moscou d’engranger des recettes budgétaires supplémentaires estimées à 150 millions de dollars par jour

Selon le CREA, la Russie a déjà réalisé 6 milliards d’euros de ventes supplémentaires de combustibles fossiles depuis le début de la guerre, ce qui renforce sa capacité à financer son effort de guerre en Ukraine

La guerre en Iran a par ailleurs détourné une partie des ressources militaires et diplomatiques américaines et européennes de l’Ukraine, offrant un répit stratégique à la Russie. Les États-Unis, en particulier, voient leurs stocks de missiles intercepteurs (comme les Patriots) sollicités au Moyen-Orient, ce qui réduit leur capacité à soutenir Kiev.

La Russie profite aussi d’une baisse de la pression internationale sur son invasion de l’Ukraine, alors que l’attention se concentre sur le Moyen-Orient.

La Russie a condamné fermement les frappes américano-israéliennes, renforçant son image d’opposant à l’unilatéralisme occidental dans les pays du Sud global et au Moyen-Orient.

La perturbation des flux pétroliers depuis le Golfe a rendu le pétrole russe plus attractif pour des pays comme l’Inde et la Chine, qui augmentent leurs importations depuis la Russie.

La Russie en profite pour contourner les sanctions occidentales et renforcer ses partenariats avec des pays en quête d’alternatives énergétiques.

Trump n’a que quelques mois pour redresser la situation et limiter la casse

D’autre part, selon plusieurs sources américaines et israéliennes, les stocks de missiles intercepteurs des États-Unis sont sous forte pression et pourraient atteindre un niveau critique si le conflit avec l’Iran se prolonge. The Times of Israël (20 mars 2026) écrit « Environ un quart du stock américain de missiles intercepteurs THAAD aurait été utilisé au cours de cette guerre. À l’instar d’Israël, la pression sur les stocks américains semble avoir poussé Washington à accélérer ses efforts de réapprovisionnement »

Les cadences de production actuelles (96 THAAD et 600 PAC-3 MSE par an) sont jugées insuffisantes pour un conflit prolongé, et les réserves pourraient s’épuiser rapidement si les attaques iraniennes se maintiennent à un rythme élevé

Les États-Unis ont déjà utilisé des années de stocks en quelques semaines, ce qui pose un défi logistique et stratégique

Israël dépend en partie des systèmes américains (comme le THAAD et le Patriot) pour sa défense, mais aussi de ses propres systèmes (Arrow-3, Iron Dome). Une pénurie aux États-Unis pourrait limiter les livraisons ou le soutien logistique à Israël

Si les stocks américains s’épuisent, Israël pourrait se retrouver en première ligne face aux salves iraniennes, avec une capacité réduite à intercepter tous les projectiles, ce qui augmenterait les risques de dégâts et de victimes sur son territoire

Les experts soulignent que la pression sur les stocks pourrait forcer Israël à privilégier la destruction des lanceurs iraniens plutôt que la défense passive, ou à chercher une issue diplomatique pour éviter un épuisement total

La situation semble critique : les États-Unis et Israël doivent soit neutraliser rapidement les capacités iraniennes, soit trouver une solution politique, faute de quoi leurs défenses pourraient être submergées.

Trump, contraint et forcé, a proposé un plan de paix aux Mollahs qui, s’ils l’avaient accepté, se seraient empressés de ne respecter aucun des 15 points de ce plan. Le régime iranien n’a même pas cherché à jouer à ce petit jeu et a balayé ce plan de paix d’un revers de main. Trump a alors menacé l’Iran de « déclencher l’enfer ». Sans doute avant de proposer de nouvelles négociations. L’homme est capable en 24 heures, de dire tout et son contraire.

Les Iraniens ont apparemment des ressources de missiles et ils ont jusqu’à présent évité l’irréparable : frapper les installations pétrolières et gazières des pays du Golfe, ou leurs usines de dessalement, absolument vitales. Ils peuvent aussi frapper le centre nucléaire israélien de Dimona, provoquant une catastrophe écologique majeure pour Israël, mais aussi pour tous les pays du Golfe, eux compris. Mais on sait que l’un des piliers de l’islam chiite est la fascination pour le martyre. Les Mollahs iront jusqu’au bout de leur logique mortifère. Ils en ont malheureusement les moyens.

Henri Dubost

Date de dernière mise à jour : 26/03/2026

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