
Au cours de l’histoire, les pires des régimes furent ou sont encore des Républiques. A Rome, le droit est égal pour tous, mais tous les citoyens n’ont pas les mêmes droits et seuls votent les plus riches pour choisir les magistrats. La Rome victorieuse adopte des pratiques institutionnelles qui donnent une allure aristocratique à sa constitution. Cette république des nobles constitue pour les contemporains un modèle idéal et marque son arrogance par son refus des réformes.
Les conquêtes ont transformé à Rome les conditions de la vie privée et de la vie publique. L’aristocratie s’est enrichie démesurément des dépouilles du monde, et le peuple s’est appauvri. Il n’y avait plus que des riches et des pauvres. La plèbe n’avait plus aucune des traditions de l’ancienne Rome. Peu lui importait la grandeur de la patrie et le souci de sa dignité.
Puis, entre 133 et 90 avant Jésus-Christ, la République romaine connut une politique bouillonnante d’idées neuves. Mais elle ne réussit pas à opérer les transformations de l’Etat et les tensions politiques aboutirent à deux accidents très graves : la mise à mort de tribuns de la plèbe réputés dangereux, et le recours à l’homme exceptionnel en tant qu’arbitre politique.
Les hommes d’Etat cherchèrent à trouver un remède. Les uns, comme les Gracques voulurent refaire une classe moyenne. Les autres, les aristocrates, ne voulurent pas abandonner leurs privilèges et comprimèrent par la force les appétits de la plèbe. Il en résulta une série de luttes entre la plèbe que menaient les ambitieux et l’aristocratie que défendait le Sénat.
La noblesse avait tout et ne voulait rien céder. La plèbe voulait sa part des jouissances de la vie. Les deux, opposées d’appétits et d’intérêts, recoururent aux moyens violents pour les satisfaire. Ce fut la fin de la République. L’histoire de Rome devint celle des ambitieux qui se disputèrent le pouvoir par les armes. Les uns comme Sylla et Pompée, pour sauvegarder les privilèges injustifiés de l’aristocratie égoïste dont ils étaient membres. Les autres comme Marius et César, pour se pousser à la première place en paraissant servir la démocratie. Tous des dictateurs.
La guerre civile succéda au désordre. Cette épreuve de dix-huit ans inclina les esprits à accepter le pouvoir d’un monarque. L’Empire se substitua à la République.
Du XIIIe au XVe Siècles, à Venise et à Florence, deux Républiques italiennes, des commerçants immoraux faisaient du commerce avec les Turcs.
Venise, ville de marchands était restée une République, mais d’un caractère aristocratique. Seuls ceux qui étaient inscrits sur le livre d’or, c’est-à-dire sur le registre des plus anciennes familles commerçantes, pouvaient participer au gouvernement. Le pouvoir se trouvait ainsi concentré entre les mains d’environ deux cents familles privilégiées.
Le gouvernement était exercé par des conseils. Le Grand Conseil, le corps de la noblesse vénitienne, qui élisait aux fonctions publiques, le Sénat, chargé de l’administration, des finances et de la politique étrangère. Le chef du gouvernement était le doge, élu à vie au milieu de cérémonies magnifiques. Le Conseil des Dix pouvait enquêter sur tout et sur tous, et prononcer, dans le plus grand secret, des sanctions dont l’exécution immédiate entretenait une sorte de terreur.
Venise était la capitale européenne du commerce maritime. Les marchands de Venise avaient des comptoirs à Anvers et à Jérusalem. Ils n’avaient rien contre l’Islam, rien contre les marchands arabes qui faisaient des razzias à travers toute l’Afrique afin de trouver des esclaves.
Au XVe Siècle, Venise s’est heurtée à la puissance turque. Venise a fait la guerre, puis la trêve. Elle a composé avec l’Islam, commerce oblige, y compris commerce immoral.
Florence devait sa richesse à l’industrie de la laine, à la fabrication des draps de luxe, et au commerce de l’argent. Les banques florentines avaient des représentants ou facteurs sur tous les principaux marchés de l’Europe.
Florence était une République aristocratique. L’organisation politique de la ville reposait sur deux corporations : les arts majeurs, ceux de la laine, de la soie, de la banque, des épices, et les arts mineurs, ceux des charpentiers, menuisiers, boulangers … Seuls les prieurs ou chefs des arts majeurs constituaient la Seigneurie, c’est-à-dire le gouvernement de Florence.
Mais il existait à Florence une plèbe remuante. Les arts mineurs cherchaient à arracher le pouvoir aux arts majeurs. En s’appuyant sur ces éléments populaires, la famille des Médicis s’empara du gouvernement.
A Florence, capitale européenne de la Finance, les compagnies de marchands proliféraient. Les Médicis commerçaient avec les chrétiens d’Orient et avec les Turcs. Ils exerçaient des activités bancaires, industrielles et commerciales. Les commerçants de Florence avaient des rapports avec l’Islam, y compris pour le commerce immoral des esclaves.
Les riches Médicis de Florence entretenaient les Humanistes. Ces Humanistes gravitaient à la Cour des Médicis, autour de Cosme l’ancien, puis de son petit-fils, Laurent le Magnifique. Les Humanistes de Florence étaient des hermétiques et des néo-platoniciens, donc des gnostiques, donc des kabbalistes, et par suite des anti-occidentaux. Parmi ces Humanistes, Marsile Ficin (1433-1499), hermétique et gnostique néo-platonicien, complice des ennemis de l’Eglise, Pic de la Mirandole (1463-1494), kabbaliste qui plaçait la Kabbale avant la Genèse. Les Médicis finançaient l’Académie de Florence. Mais l’argent Médicis était sale. Une académie hermétique et néo-platonicienne. Cosme et Laurent étaient des despotes sanguinaires, et les historiens officiels fermaient les yeux … et les ferment toujours.
Sous les Médicis, la Renaissance devint ouvertement philosophique. Elle rompit avec le Moyen Age chrétien. La Renaissance est l’éternel retour au tellurique, au terrestre. L’Humanisme est la divinisation de l’Homme, ou plus exactement la divinisation des hommes supérieurs, en l’occurrence les philosophes qui sont illuminés.
Et cet Humanisme inspire la philosophie moderne des loges maçonniques. La franc-maçonnerie a élaboré la « religion universelle » des droits de l’homme, fait la Révolution, puis imposé le laïcisme. Il y a une filiation entre la Kabbale et la philosophie des droits de l’homme, entre la Kabbale et le laïcisme, arme anti-chrétienne instrumentée par les loges contemporaines. La Kabbale est aussi à la source de l’œcuménisme de Marsile Ficin et de Pic de la Mirandole. La folie œcuménique ouvre l’Occident à la Kabbale par le biais de l’Islam. L’Eglise conciliaire, issue de Vatican II, confond œcuménisme et laïcisme, parle au nom des droits de l’homme, comme la maçonnerie. Il y a donc eu infiltration ennemie dans l’Eglise. Cette infiltration ne date pas du XXe Siècle, mais de la Renaissance italienne. L’Académie de Florence est hermétique et plotinienne, c’est-à- dire néo-platonicienne.
Les Humanistes de Florence intronisent une religion œcuménique universelle kabbalistique, sont des ennemis de l’Occident chrétien et païen. L’œcuménisme et le laïcisme servent les intérêts des initiés compromis avec la Finance apatride. Les uns et les autres accomplissent les vœux des kabbalistes.
En Angleterre, au XVIIe Siècle, le roi Charles Ier Stuart (1600-1649), gouverna sans Parlement, en souverain absolu, et commit le « crime » de s’allier à Rome. Après une guerre civile, un procès et l’exécution du roi, en 1649, un tronçon de Parlement, le Croupion, abolit la royauté et proclama la République.
Le gouvernement se composa du Parlement Croupion et d’un Conseil d’Etat de 41 membres. Cromwell faisait partie du Conseil d’Etat. En fait, une oligarchie militaire et religieuse, une minorité détenait le pouvoir par la force et allait le garder pendant quatre ans.
Cromwell reprit la guerre anti-catholique d’Elisabeth 1ère, la meurtrière Tudor, la reine de la Renaissance et de la victoire protestante et puritaine, la complice de l’Islam aussi. C’était toujours le combat Rose-Croix, et aussi le combat de la Kabbale.
Puis Cromwell dissolut le Parlement par la force. Le coup d’Etat eut lieu le 30 Avril 1653. La République devint une dictature, un régime despotique, arbitraire, militaire, et triste. Pendant cinq ans, Cromwell fut un dictateur tout-puissant (1653-1658). Il imposa au peuple une austérité toute puritaine, les théâtres londoniens furent fermés.
Pour Thomas Hobbes, philosophe anglais, le despote est la force et la justice, la main droite et la main gauche du Géant, le Grand Tout démocratique. Le despotisme de Hobbes est donc « démocratique ». Son instrument est la République voulue par les Rose-Croix. Pour obtenir la paix, Hobbes place un despote à la place de l’Etat ou chose publique, Commonwealth, mot qui désigne la République, régime dirigé par Cromwell, mais qui doit être secrètement entre les mains des Rose-Croix. Andréa et Bacon avaient conçu ainsi la République. Rousseau confirmera que le peuple doit avoir des « guides ». Voltaire « éclairera » le despotisme.
Le Léviathan de Hobbes va servir à justifier au nom de la paix toutes les dictatures modernes, des despotes « éclairés » du XVIIIe Siècle, aux révolutionnaires modernes, jusqu’aux dictateurs communistes et mondialistes. Hobbes est le père putatif de Robespierre, Lénine, Hitler, Macron, Mélenchon … tous révolutionnaires, républicains, et démocrates.
Jean Saunier