La France libérée

Aux origines de la "trêve des confiseurs" instituée en 1874

En fin d'année, l'actualité politique connaît une période d’accalmie. Cette pause dans la vie politique française est dénommée "trêve des confiseurs". Elle fut décrétée par les parlementaires au XIXe siècle, à l'époque où la troisième République était encore menacée.

En décembre 1874, les parlementaires décident de mettre en sommeil leurs débats et leurs querelles afin de laisser les Français profiter des fêtes de fin d'année. "On convint de ne pas troubler par nos débats la reprise d'affaires commerciales qui, à Paris et dans les grandes villes, précèdent toujours le jour de l'an", écrit dans ses mémoires le duc Albert de Broglie, figure de la droite monarchiste de l'époque.

TRÊVE DES CONFISEURS

Une trêve dans l'affrontement entre républicains et monarchistes

Les confiseurs profitent particulièrement de cette période de fêtes mais c'est la presse satirique qui popularise l'expression pour se moquer de l'embonpoint des responsables politiques. 

Si, trois ans après la défaite de la France face à la Prusse, dans un pays économiquement en pleine reconstruction, la nécessité de ne pas entraver la bonne marche des affaires a été avancée par certains, il semble que les raisons qui ont conduit à décréter cette trêve étaient essentiellement politiques. 

A cette époque, la France vit sous un régime institutionnel provisoire. il n'y a plus qu'une chambre au parlement et les Républicains y affrontent les monarchistes et les bonapartistes. Le Second Empire est tombé en 1870 et le régime qui lui succédera fait l'objet d'âpres débats politiques.

Les républicains, en position de force, exigent le débat sur la future constitution mais les monarchistes et les bonapartistes cherchent au contraire à différer les discussions.  

La République s'est installée, l'expression est restée

Le 24 décembre 1874, les républicains exigent qu'on reprenne les travaux parlementaires au plus vite, le 28 décembre. Les monarchistes, eux, proposent le 11 janvier. Finalement, c'est le 5 janvier qui sera retenu. 

Par la suite, les débats parlementaires conduiront à la victoire des républicains avec l'adoption, fin janvier, de l'article fondateur de la IIIe République, l'amendement Wallon, qui stipule que "le président est élu à la majorité absolue par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée Nationale". 

Les années suivantes verront s'institutionnaliser cette trêve au cours de laquelle on laisse les fêtes et les affaires prendre le pas sur la vie politique. Stéphane Robert

 

 

  • 1 vote. Moyenne 4 sur 5.

Ajouter un commentaire