La France libérée

DOSSIER CORONAVIRUS

●●● En 1918, la grippe espagnole venait… de Chine

Mobilisées face au coronavirus, la France et la Seine-et-Marne luttent contre une nouvelle épidémie, qui n'est pas sans rappeler celle de la grippe espagnole de 1918.

Entre 1918 et 1919, la pandémie de grippe espagnole aurait provoqué environ 408 000 décès en France. À l'échelle mondiale, elle aura entraîné la création du Comité d'hygiène de la Société des Nations (SDN), ancêtre de l'OMS

 Entre 1918 et 1919, la pandémie de grippe espagnole aurait provoqué environ 408 000 décès en France. À l’échelle mondiale, elle aura entraîné la création du Comité d’hygiène de la Société des Nations (SDN), ancêtre de l’OMS (©Bibliothèque et Archives Canada)

Elle reste pour l’instant l’une des pandémies les plus meurtrières de l’histoire, causant la mort de cinquante à cent millions de personnes en moins de deux ans. Entre 1918 et 1919, la grippe espagnole a profité de la fin de la Première Guerre mondiale pour décimer entre 2,5 % et 5 % de la population mondiale.

À l’instar du coronavirus, elle serait partie de Chine avant de faire ses premiers morts aux États-Unis (Boston) en septembre 1918, pour arriver en France un mois plus tard et se développer au cœur des tranchées.

Cette grippe, particulièrement virulente, était de souche H1N1. Elle s’est vue accoler l’adjectif d’« espagnole » car l’Espagne, pays non engagé dans la Grande guerre, fut à l’époque le seul à communiquer publiquement sur l’épidémie en cours.

Propreté minutieuse des mains…

Le virus est mentionné pour la première fois dans La République de Seine-et-Marne le jeudi 26 septembre 1918. Dans la rubrique « Protection de la santé publique », votre journal cite J. Salmon, conseiller général et maire de Montereau : « Une épidémie de grippe ayant fait son apparition à Montereau, M. Salmon a cru devoir donner quelques conseils aux habitants », écrivent nos collègues de l’époque. Parmi les recommandations de l’élu, des gestes de bon sens encore en vigueur aujourd’hui :

Propreté minutieuse des mains, qu’on ne doit pas négliger de savonner avant de prendre ses repas ; désinfecter les chambres et en particulier celles des malades ; ne pas visiter les malades atteints de grippe, c’est une très mauvaise coutume », ou encore « éviter les lieux où sont rassemblées de nombreuses personnes.

Certains conseils symbolisent par ailleurs les conditions de vie de l’époque : « Bien se garder d’utiliser l’eau des puits et, pendant la période critique, boire de l’eau bouillie ; mettre les aliments à l’abri des mouches, désinfecter les crachats et les déjections à l’eau de chaux ou à l’eau de Javel. ».

D’autres, enfin, font même sourire. Contre la grippe, le maire de Montereau propose en effet « un lavage soigneux de la bouche et des dents », la répétition de « gargarismes au moyen de solution désinfectantes telles que la liqueur de Labarraque, à la dose de 40 grammes par litre d’eau bouillie », ou encore de « faire usage de l’huile mentholée ou goménolée dans les narines »…

… mais gargarismes à l’eau de Javel !

Alors que l’épidémie prend de l’ampleur partout en Europe, La Rep aborde de nouveau le sujet dans son édition du 7 novembre 1918. Un article intitulé « Contre la grippe » semble prendre enfin la mesure de l’événement, le comparant à deux des plus grandes maladies de l’époque :

Contrairement à certains bruits qui courent, l’épidémie de grippe qui sévit actuellement et fait tant de victimes dans certaines régions n’a rien de commun avec la peste et le choléra.

Et de citer cette fois-ci une source scientifique : « Tel est du moins l’avis de M. le professeur Vincent de l’Académie de médecine, l’éminent directeur des laboratoires de l’Armée, au Val-de-Grâce : ‘Il s’agit uniquement de la grippe, dont les caractères cliniques sont incontestables. Elle offre cette particularité d’être la plus épidémique de toutes les maladies infectieuses’. »

Le praticien y va aussi de ses recommandations : « La désinfection systématique et réitérée des cavités qui ont pu servir de réceptacle aux microbes (en premier lieu les fosses nasales), et le savonnage des mains, des yeux et du visage. »

Avant de sortir l’artillerie lourde, aux effets sûrement pas si bons pour la santé : « Des gargarismes avec de l’eau tiède additionnée d’un peu d’eau de Javel. Il suffit que ce mélange ait un goût faiblement chloré pour être extrêmement antiseptique. » Vous m’en direz tant !

Reste qu’à l’époque, si le numéro 15 n’existe pas encore, la notion de confinement était déjà présente pour éviter une contamination plus importante. Le professeur Vincent écrit :

"Dans les circonstances actuelles, il y a lieu d’insister pour que tout malade qui se sent grippé se couche et laisse venir le médecin. Traitée dès le début, la grippe est, en effet, dans la plupart des cas, beaucoup moins grave."

 

●●● BEREZINA - Macron au pied du mur

Voilà un article de Michel Onfray qui mérite d’être lu … et relu. Comme d’habitude, le philosophe analyse la situation actuelle avec une grande clarté, sans aucune ambiguïté.

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cet article sur son site internet www.michel.onfray.com

Pierre Reynaud

MACRON AU PIED DU MUR

PHASE 1

Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que, la Chine ne passant pas pour très économe de la vie de ses citoyens, le confinement de l'une de ses villes de plusieurs millions d'habitants par les autorités communistes témoignait de facto en faveur de la gravité de cette crise du coronavirus. Je l'ai pour ma part fait savoir sur un plateau de télévision fin janvier. Ce pays, dont il est dit qu'il prélève dans les prisons les condamnés à mort qu'il exécute afin de vendre leurs organes frais au marché noir des transplantations partout sur la planète, n'est pas connu pour son humanisme, son humanité et son souci des hommes concrets. C'est le moins qu'on puisse dire... En prenant ces mesures, il disait à qui réfléchissait un peu qu'il y avait péril en sa demeure, donc en la nôtre. Qui l'a vu ? Qui l'a dit ? Qui a compris cette leçon ? La plupart ont vu et dit ce que les agents de l'État profond disaient qu'il fallait voir et dire.

Mais, comme pour illustrer la vérité de la sentence qui dit que le sage montre la lune et que l'imbécile regarde le doigt, il y eut quantité de prétendus sachants pour gloser sur le doigt et oublier la lune: c'était une gripette, elle ferait moins de morts qu'une vraie grippe, la véritable épidémie, c'était la peur des gens -et les intellectuels et les journalistes du régime libéral en profitaient pour rejouer la scie musicale du peuple débile et de la sagacité des élites...
Pendant que la populace achetait des tonnes de papier toilette, ce qui permettait d'avouer qu'elle avait, disons-le comme ça, le trouillomètre à zéro, les comités de scientifiques invisibles chuchotaient à l'oreille du président ce qu’il convenait de faire entre gestion de l'image présentielle et santé publique, proximité des élections municipales et mesures d'hygiène nationale, situation dans les sondages et décisions prophylaxiques. Un mélange de Sibeth Ndiaye et de docteur Knock fabriquait alors la potion infligée par clystère médiatique au bon peuple de France. Nul besoin de préciser qu'il s'agissait d'une soupe faite avec une poudre de perlimpinpin aussi efficace qu'un médicament commandé sur internet... en Chine !

Quel était cette position magique? Une grande admonestation libérale, un genre de leçon de chose prétendument antifasciste. Il s'agissait de montrer aux abrutis de souverainistes la grandeur de l'idéologie maastrichienne: plus de frontières, libre circulation des hommes, donc des virus! Les chinois étaient contaminés mais ils n'étaient pas contaminants: nous étions immunisés par la beauté du vaccin de Maastricht! Pendant qu'ils fermaient leurs frontières, nous ouvrions les nôtres plus grand encore -si tant est que cela puisse être encore possible... Nous nous offrions au virus.
Voilà pourquoi, sur ordre du chef de l'État, le gouvernement français s'est empressé d'aller chercher sur place les expatriés français qui travaillaient en Chine. On n'est jamais mieux servi que par soi-même: si l'on devait se trouver contaminés, qu'au moins ce soit en allant nous-mêmes chercher le virus sur place et le ramener en France. Mais pas n'importe où en France, non, pas à Paris, bien sûr, ni au Touquet, mais en province qui est, en régime jacobin, une poubelle ou un dépotoir dont on se souvient toujours dans ces cas-là. Une première livraison s'est faite dans le dos du maire d'une commune du sud de la France, une seconde en Normandie où nous avons l'habitude des débarquements.

La mode à l'époque, nous étions dans le premier acte de cette histoire, consistait à rechercher le client zéro: celui qu'il aurait fallu confiner chez lui pour que rien n'ait lieu, un genre de bouc émissaire à traire. C'était chercher la première goutte du raz-de-marée avec le projet de l'enfermer dans une bouteille afin que la catastrophe n'ait pas lieu.

Il fut dit que, peut-être, ce numéro zéro serait à chercher sur la base militaire d'où étaient partis les soldats français missionnés pour aller taquiner le virus chinois sur place avant de rentrer chez eux. Que croyez-vous qu'il advint à ces militaires ayant été au contact de gens immédiatement mis en quarantaine après leur retour de l'empire du Milieu? Ils ont été renvoyés chez eux en permission... Pas question de les mettre en quarantaine ! Quelle sotte idée c'eut été! Qu'on aille donc pas chercher aujourd’hui le client zéro car il se pourrait bien qu'on puisse obtenir des informations qui nous permettraient demander des comptes au ministre de la défense et au chef des armées auquel il a obéi.

PHASE 2

L'acte deux a été guignolesque: le tsunami arrivait et on lui avait creusé des voies d'accès sous forme de canaux à gros débits, et ce avec l'aide du génie militaire français. S'y est ajouté le génie du chef de l'État. Le grand homme qui se prenait pour de Gaulle et Gide en même temps, mais aussi pour Stendhal (on est beylien ou on ne l'est pas) nous a délivré la parole jupitérienne: il fallait se laver les mains, éviter la bise et éternuer dans son coude -j'imaginais qu'anatomiquement il était plus juste d'envoyer ses postillons dans le pli de son coude car je me suis luxé l'épaule en essayent d'éternuer "dans" mon coude... Du savon, du gel et un coude: nous étions prêts, comme en 40, le virus n'avait qu'à bien se tenir.

Il a continué à progresser bien sûr. Et le pouvoir a fait semblant d'estimer que le plus urgent était toujours de savoir qui avait postillonné le premier. Il n'y avait pas de foyers d'infection mais des clusters, ce qui changeait tout. Il s'agissait en effet de ne pas donner raison aux benêts qui estiment, comme moi, qu'un peuple n'est pas une somme d'individus séparés, comme les monades de Leibniz, ce qui est l'idéologie libérale, mais une entité qui est elle-même une totalité. Aller chercher le virus en Chine c'était une fois encore estimer que la minorité (d'expatriés) pouvait imposer sa loi à la majorité (du peuple français). Que périsse le peuple français, mais les maastrichtiens n'allaient tout de même pas donner tort à leur idéologie alors que le réel invalidait déjà leurs thèses dans les grandes largeurs !

L'élément de langage maastrichtien fut: le virus ignore les frontières -comme Macron et les siens qui les ignorent tout autant... La plume du chef de l'État lui a même fourbi la formule adéquate: "Le virus n'a pas de passeport"- on dirait un titre de San-Antonio.

Tous les pays qui, comme Taïwan ou Israël (dont on n'a pas parlé, un pays qui, lui, a le sens de son peuple), ont décidé la fermeture des frontières, sont passés pour des populistes, des souverainistes, des illibéraux, des passéistes qui n'avaient rien compris à la grandeur nihiliste du progressisme.
Or, ces faux progressistes vrais nihilistes n'aspirent qu'à une seule chose: le gouvernement planétaire d'un État universel où les techniciens (les fameux scientifiques, comme il y en aurait au GIEC ou dans ce comité invisible qui conseille (!) Macron) gouverneraient le capital en faisant l'économie des peuples.

Le coronavirus leur donne une autre leçon politique: la suppression des frontières c'est la possibilité pour tout ce qui menace contamination de se répandre à la vitesse de la lumière... Le virus n'ignore pas les frontières, mais les frontières savent et peuvent le contenir.

PHASE 3

La preuve, le troisième acte décidé par... Emmanuel Macron lui-même. Dans un premier temps, le Président tire une salve pendant un long monologue d'une demi-heure: fermeture des crèches, des écoles, des collèges, des lycées, des universités, réduction des contacts avec autrui, en priorité les personnes âgées. Et puis, bien sûr, le coude et le savon, le gel et la bise, des armes de destruction massive.

Or, qu'est-ce que ce confinement sinon l'invitation à fabriquer autant de frontières qu’il y aura de Français ? La frontière nationale n'est pas bonne, mais la frontière qui sépare de son prochain est présentée comme la solution, la seule solution nous dit-on. Le virus qui ignore les frontières se trouve donc tout de même contenu par les frontières pourvu qu'elles soient érigées par chacun contre son prochain pensé comme un contaminateur potentiel. Ce qui marcherait pour les monades ne marcherait donc pas pour les États! Étrange paralogisme ...

Il faut donc radicalement éviter les contacts et les brassages, il faut donc remettre ses voyages et ses déplacements, il faut donc rester le plus possible chez soi, mais mais mais: le premier tour des élections municipales n'est pas reporté! Comprenne qui pourra ! On dit que Gérard Larcher, président du Sénat, se serait opposé au report des élections: mais qui est ce monsieur auquel le président de la République mange dans la main ? Quel est son pouvoir ? Des dizaines de millions d'électeurs sont donc invités à se ruer en direction de lieux confinés, les bureaux de vote, dans lesquels, tout le monde en conviendra, on évite les contacts et les brassages et on montre qu'on doit préférer rester chez soi pour éviter les promiscuités.

Le lendemain, quelques heures après la prise de parole présidentielle, le Premier ministre est envoyé au front pour enfoncer le clystère plus profond: fermeture des cafés, des restaurants, des boîtes de nuit, des musées, des bibliothèques, de tous les lieux publics, etc. Mais, toujours: maintien du premier tour des élections municipales. On se lavera les mains avant et après, on respectera une distance d'un mètre avec son voisin, puis on mettra son bulletin dans l'urne. Il faudra bien empoigner le rideau à pleine main pour l'écarter afin d'entrer dans l'isoloir, mais aucun risque - le savon veille... Magique !

Que s'est-il passé le lendemain du jour de la décision de ce presque couvre-feu ? il faisait beau, dans les rues de Paris, des gens ont fait leur footing, d'autres se sont un peu dévêtus pour prendre le soleil près du canal Saint-Martin, certains faisaient du vélo ou du roller, de la trottinette aussi. Ils transgressaient la loi ? Et alors. Pas un seul policier n'a verbalisé qui que ce soit. Tout le monde se moque de l'État qui n'a plus d'autorité et plus aucun moyen de faire respecter l'ordre républicain! La peur du gendarme est une vieille lune qui a rejoint celle des dragons et du diable ! De la même manière qu'une jeune fille porte un voile musulman en présence de Macron, ce qui est formellement interdit par la loi, et que rien ne se passe, le mépris affiché des décisions du chef de l'État témoignent de la déliquescence dans lequel se trouve le pays et dans quel mépris est tenue la parole de cet homme.

Les libéraux et leurs cervelles soixante-huitardes voulaient des monades et des consommateurs en lieu et place de citoyens et de républicains ? ils les ont... Ils souhaitaient jouir sans entraves ? ils jouissent sans entraves... Ils affirmaient qu'il était interdit d'interdire ? ils se croient résistants en se faisant la bise... Ils croient toujours que CRS=SS ? Ils n'auront pas même vu la queue d'un policier municipal à vélo ou en mobylette, sinon en roller, pour leur rappeler que Jupiter dans son Olympe a décidé qu'il fallait éternuer dans son coude.

Olympien comme le comédien d'un club de théâtre dans un lycée, Emmanuel Macron a dit: "Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de profession, notre État-providence, ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe." Et puis ceci : "Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché." Quel talent ! Quel menteur ! Quel bouffon ! Mais quel mauvais comédien...
Cet homme qui a mis sa courte vie au service du Veau d'Or fait semblant aujourd’hui de découvrir que piétiner l'intérêt général, conchier le bien public, compisser la santé dans les hôpitaux quand elle était pilotée par les comptables, ce n'étaient peut-être pas exactement les bons choix! Qui croira cet hypocrite dont toute la politique depuis qu'il est au pouvoir consiste à détruire le système de santé (et de retraite) français? C’est la quintessence du projet politique libéral mené sans discontinuer par les présidents de la V° République depuis la mort du général de Gaulle.
Quiconque écoute les personnels de santé depuis des mois (ils sont en grève depuis un an...) sait qu'en temps normal, avec cette politique libérale, ils sont débordés et impuissants tant l'hôpital public est malade sinon mourant. Qui pourra croire que la France est en état de recevoir un afflux massif de malades du coronavirus alors que la congestion était déjà là avant l'épidémie ?
Ce qui est dit par quelques spécialistes de la santé c'est, je vais l'exprimer de façon brutale, que lors du pic à venir, phase 4, nommons-là comme ça, il faudra, faute de places pour tous, trier les arrivants et laisser les vieux à leur sort, donc à la mort... Voilà où mène le libéralisme initié par Pompidou & Giscard, augmenté par Mitterrand en 1983, accéléré par le traité de Maastricht en 1992 et tous ceux qui, droite et gauche confondue, communient dans cette idéologie, puis par Macron qui, depuis son accession à l’Élysée, a voulu activer ce mouvement à marche forcée.      
Voici une autre leçon donnée par cette crise, en dehors d'apprendre l'impéritie du chef de l'État: les caisses sont vides quand il s'agit d'augmenter le SMIC ou le salaire des plus modestes; elles le sont quand ces mêmes personnes doivent être soignées (on ne compte plus ceux qui ont renoncé à s'occuper de leurs dents, de leur ouïe, de leur vue  à cause de leur pauvreté ; elles le sont quand il faut se soucier des paysans dont l'un d'entre eux se suicide chaque jour ; elles le sont quand il faut construire des écoles ou des universités, doter les hôpitaux de matériel performant, humaniser les prisons, recruter des fonctionnaires, financer la recherche scientifique dont nous aurions bien besoin aujourd’hui, laisser ouvertes des écoles de campagne, maintenir en vie les lignes de chemins de fer en dehors des grandes villes et des grands axes; elles le sont quand il faudrait se donner les moyens de récupérer la multitude de territoires perdus de la République), elles le sont si souvent quand il faudrait construire une République digne de ce nom.
Mais il y a de l'argent pour faire face à cette crise économique qui s'annonce... Tous ces gens mis au chômage technique par cet état de siège seront payés -par les assurances chômage. C'est bien sûr très bien, mais il y avait donc de l'argent... Plus un café, plus un restaurant, plus un lycée, plus une école, plus un commerce, sauf liste donnée, plus un cinéma, plus une salle de spectacle ne sont ouverts, mais Macron nous assure que "l’État prendra en charge l’indemnisation des salariés contraints de rester chez eux". Mais alors, bonne nouvelle, l'État existe encore ? Il peut fonctionner ? Il sait faire autre chose que prélever les impôts et recouvrer les amendes ? Il sait faire autre chose qu'envoyer sa police et son armée tabasser les gilets-jaunes ? Il sait faire autre chose que de subventionner des médias publics pour diffuser massivement l'idéologie maastrichtienne ? Il sait faire autre chose que de libérer les élus délinquants renvoyés chez eux ?  Vraiment ?

Ce virus fait donc dire des bêtises à Macron: on pourrait donc être solidaires et fraternels en France ? On pourrait estimer que le consommateur hédoniste n'est pas l'horizon indépassable de notre modernité et qu'on peut aussi être un citoyen responsable ? On pourrait trouver de l'argent public pour financer des solidarités nationales au-delà des habituels bénéficiaires ? Il y a là matière à révolution: il est bien certain qu'Emmanuel Macron est le dernier homme pour la réaliser.
Après le virus, il faudra y songer.

En attendant, l'Allemagne ferme ses frontières avec trois pays, dont la France ! Maastricht tousse, crache et menace l'embolie.

Michel Onfray

MICHEL ONFRAY

●●● LA COLÈRE DES POLICIERS

CORONAVIRUS : la révolte des policiers

Masques interdits, désorganisation totale, risques de contagion...

Les policiers révoltés par la gestion de la crise du coronavirus par Charlotte d'Ornellas  (Valeurs Actuelles).

Depuis mardi midi, les policiers sont chargés de faire respecter le confinement imposé aux Français. En première ligne, ils sont interdits de porter les masques de protections et déplorent le manque d’équipement, d’organisation, d’instructions et de considération. 

« Si on était vraiment en guerre, on prendrait une branlée en quelques jours ». C’est par ces mots crus qu’un commissaire entame la description de la mise en place du dispositif de confinement à l’échelle de la police nationale. Depuis mardi midi, les Français ont le devoir de rester chez eux, sauf exceptions que certains policiers jugent déjà trop nombreuses et difficiles à discerner. « Une personne âgée qui marche, un jeune qui fait de la moto ou un troisième qui fait des tractions dans la rue… tous ont l’excuse du sport, c’est sans fin », décrit l’un d’entre eux après deux jours de contrôles. Concrètement, ils ne savent pas comment fixer la limite, ni même comment gérer ces amendes qu’ils sont désormais chargés de distribuer. D’habitude, tout se fait électroniquement, mais le logiciel n’a pas été mis à jour avec cette infraction. Résultat, ils remplissent des PV blancs « au doigt mouillé ». « C’est dramatique, on a aucune instruction, aucun matériel, rien. On se démerde », décrit l’un d’eux. A Paris, c’est même la mairie qui s’est étonnée de l’hésitation dont faisait preuve la préfecture de police. Mardi, le confinement commençait à midi. Le « plan de continuité de l’activité » est arrivé à 14h30, et le PV de verbalisation à 20 heures… Pas moyen de verbaliser avant ! Mardi soir, les autorités ont compris que la sensibilisation n’avait pas fonctionné, ils ont passé l’amende de catégorie 1 à 4, et les policiers ont commencé à faire leur travail. 

Ils regrettent que le Président n’ait pas eu un mot pour eux, qui sont pourtant en première ligne pour faire respecter cette mesure essentielle à la régulation du travail médical. Ils peinent surtout à excuser le manque de cap. Amers, la plupart ne s’en étonnent même plus. Ils ont l’habitude de continuer leur mission sans reconnaissance. Mais cette fois-ci, tous réclament un minimum de matériel afin de mener la guerre. Car eux aussi ont un problème de masques. Concrètement, ils n’en ont pas alors que leur contact avec la population est évidemment pluri-quotidien. Sans compter les mauvaises interprétations des directions départementales, qui semblent très concrètement adapter la théorie à la réalité plutôt que de dire la vérité. C’est un mail de celle des Yvelines qui a mis le feu aux poudres. Les masques sont rares, et leur usage extrêmement limité par la direction générale. Dans un mail de la direction départementale de la sécurité publique des Yvelines, cela devient :  « je confirme les déclarations du chef d’état-major qui viennent de m’être rappelées par la direction centrale : il est absolument proscrit de porter le masque sur la voie publique ou à l’accueil du public ». Dans la bouche des policiers, il devient « interdit de se protéger ». « Le virus est dangereux pour le monde entier sauf pour les flics français ? », interroge légitimement l’un d’entre eux. Pour le moment, aucune réponse. Pendant ce temps-là, 100.000 masques vont être distribués en prison, difficile de comprendre. 

Les dizaines de vidéos qui circulent déjà montrent en effet des scènes d’émeutes, de disputes ou d’affrontements avec les forces de l’ordre dans certaines banlieues de l’immigration qui ont pris l’habitude de se faire une mauvaise presse.

Et pourtant, ces masques seraient précieux sur le terrain. Depuis mardi midi, l’immense majorité des Français a compris la consigne, limite drastiquement ses déplacements et se munit de l’attestation nécessaire pour sortir. Mais il reste une petite partie de la population qui s’en fiche éperdument. « Je ne vous fais pas un dessin, ce sont toujours les mêmes populations qui nous posent problème », se lasse un policier de la banlieue parisienne. Un policier parisien raconte un échange avec des jeunes qui refusaient de rentrer chez eux : « c’est Allah qui décide quand je meurs, pas le virus. » Les dizaines de vidéos qui circulent déjà montrent en effet des scènes d’émeutes, de disputes ou d’affrontements avec les forces de l’ordre dans certaines banlieues de l’immigration qui ont pris l’habitude de se faire une mauvaise presse. Lors de ses contrôles, ce policier raconte des scènes hallucinantes : « des jeunes continuent à sortir fumer leur chicha dehors, à plusieurs. Quand on arrive, ils font semblant d’éternuer, de tousser et nous crachent dessus. Sans gants et sans masques, vous croyez qu’on peut contraindre ces gens là ? » Sans se mettre en danger, non. 

Le problème des masques seraient pourtant pour certains « l’arbre qui cache la forêt ».

Leur véritable inquiétude vient de l’absence totale d’organisation de leur travail et des risques de contagion qui vont avec. Dès le week-end dernier, tous les policiers ont reçu l’ordre de suspendre tous les dossiers en cours. Un membre parisien de la Brigade anti-criminalité (BAC) explique : « on ne fait plus que les violences aux personnes et les pillages que génèrent cette situation ». Finis les vols, les cambriolages ou les stupéfiants. A titre d’exemple, un arrondissement parisien qui enregistre 20 à 25 gardes-à-vues par jour en temps normal était à zéro hier. Résultat ? « On se fait chier », lance-t-il sans détour. S’ils restent mobilisés, c’est parce qu’ils craignent une explosion de cambriolages alors que beaucoup d’appartements sont désertés, ainsi que des pillages de pharmacies ou de supermarchés qui encaissent en ce moment beaucoup d’argent.

Mais plus grave que l’ennui, le risque de contagion : les policiers sont encore tous présents dans les services, malgré le confinement de quelques uns qui présentent les symptômes du virus. « Le soir, on retrouve nos femmes, nos enfants, le risque c’est l’explosion de malades dans les prochaines semaines », résume-t-il. Aucun roulement n’est aujourd’hui organisé. 

Le niveau de désorganisation est hallucinant

Là encore, les ordres et contre-ordres sont légions. C’est dans un commissariat de la grande couronne que l’exemple est donné : « le niveau de désorganisation est hallucinant, entame un policier. Lundi soir, on nous demande de faire une rotation entre le chef de service et l’adjoint pour préserver les cadres d’une possible contamination en même temps. Mardi matin, on le met en place, et mardi soir, on reçoit un ordre contraire nous demandant d’être tous présents. Nos commissariats ont quasiment 100% de leurs effectifs, sans protection, alors que les missions ne le nécessitent plus du tout ». Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? 

Sans compter les commandes de la hiérarchie, que certains peinent très largement à comprendre. Ce mercredi matin, certains commissariats ont du envoyer leur adresse, leur numéro de téléphone et leurs horaires d’ouverture. N’est-ce pas déjà su ? Pour quoi faire ? Aucune réponse. 

C’est géré comme si ça allait durer trois jours. Si dans un mois, tous les policiers sont contaminés, il ne faudra pas s’étonner.

Mardi matin, jour de confinement, on leur demandait de faire remonter le nombre de procurations faites pour le premier tour des municipales, comparés à celles de 2017, et de 2014. « Comme si c’était le sujet du jour… », s’agace l’un d’eux. 

Tous comprennent qu’une telle mesure d’exception, prise très rapidement, soit difficile à mettre en place. Ce qu’ils ne pardonnent plus, c’est le manque de vision. « C’est géré comme si ça allait durer trois jours. Si dans un mois, tous les policiers sont contaminés, il ne faudra pas s’étonner. Ce serait une catastrophe, mais il serait trop tard », conclut un commissaire. 

POLICE NATIONALE

 

Date de dernière mise à jour : 17/09/2021

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