LA PAUVRETÉ AU QUOTIDIEN (cliquez ici)

Depuis dix ans, le nombre de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France augmente.

Cette aggravation est l’un des phénomènes les plus marquants parmi les évolutions analysées par l’Observatoire des inégalités.

En considérant une définition restrictive, c’est-à-dire le seuil de pauvreté situé à la moitié du revenu médian (855 euros par mois), le nombre de personnes pauvres a augmenté de 600 000 en dix ans, de 4,4 millions à 5 millions.

Au cours de la même période, le taux de pauvreté est passé de 7,3 % à 8 % de l’ensemble de la population.

La décennie 2000, et plus encore la crise déclenchée en 2008, ont marqué un retournement historique de la tendance : la pauvreté ne diminue plus en France.

Si l’on se réfère au seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian (1 026 euros par mois) seuil le plus souvent utilisé dans le débat public –, alors, c’est avec près de 9 millions de personnes pauvres qu’il faut compter en France.

Ce chiffre a augmenté de 820 000 au cours des dix dernières années.

La pauvreté ne frappe pas au hasard

Contrairement à un discours commun selon lequel la dégradation serait généralisée à tous les milieux – la crise serait partout –, la pauvreté ne frappe pas au hasard.

Même si la peur de la pauvreté ou du chômage s’étend, une large partie de la population française est à l’abri. Nous consacrons une partie de ce rapport à décrire qui sont les pauvres.

On oublie en effet trop souvent de mettre un visage sur les catégories les plus démunies.

En première ligne, les plus jeunes sont les plus touchés par l’augmentation de la pauvreté.

Si l’expression « enfants pauvres » est trompeuse, plus d’un enfant sur dix vit sous le seuil de pauvreté du fait des bas revenus de ses parents.

On oublie plus encore les jeunes adultes de 20 à 29 ans, dont 11,8 % sont pauvres, souvent les peu diplômés en difficulté d’insertion professionnelle.

Chez les adultes, le taux de pauvreté des employés est 4,5 fois plus élevé que celui des cadres supérieurs.

Et le taux de pauvreté des non-diplômés est trois fois supérieur à celui des diplômés d’un bac + 2.

L’augmentation du chômage, l’extension des contrats précaires et du temps partiel subi, l’alternance entre périodes d’emploi et de chômage ont fait le lit de la pauvreté pour une minorité de la population, qui subit comme une double peine, à la fois la privation matérielle et les exigences de flexibilité des mieux installés.

PAUVRES EN FRANCE

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