LA RÉPRESSION MACRONISTE

Le Président Macron est-il allé trop loin en laissant carte blanche à son ministre de l'Intérieur pour réprimer les Gilets Jaunes ?

Il est clair qu'il  y a eu de graves abus de la part des forces de l'ordre pour mater les manifestants.  Mais ces forces de l'ordre ont reçu des consignes bien précises de leurs supérieurs, lesquels avaient eux-mêmes des directives de Monsieur Castaner.

Voici quelques exemples de cette violence policière devenue parfois inadmissible. 

Le samedi 1er décembre, alors que des manifestations ont lieu dans toute la France, Zineb Redouane, une femme de 80 ans, se trouve dans son appartement au quatrième étage du 12, rue des Feuillants, adjacente à la Canebière à Marseille.

Soudain, elle s’apprête à fermer ses volets et reçoit une bombe lacrymogène au visage, tirée lors d’incidents sur la Canebière après les manifestations.

Sa voisine Nadjia Takouche, recueille son témoignage alors que la vieille dame est transportée à l'hôpital de La Timone, puis à l'hôpital de la Conception, pour y être opérée. « Mais comment ils peuvent tirer au quatrième étage ? Les policiers m’ont bien visée. Ils ont tiré avec un pistolet, puis ils sont montés dans la voiture et sont partis. Peut-être qu’ils pensaient que j’avais le téléphone portable pour filmer », dit-elle avant de mourir quelques heures plus tard, au bloc opératoire de l’hôpital de la Conception, le dimanche 2 décembre.

Une enquête judiciaire a éré confiée par le procureur à l’IGPN, la police des polices, une de plus.

Quelques jours plus tard, des jeunes du lycée Simone-de-Beauvoir, à Garges-lès-Gonesse manifestent le 5 décembre 2018 contre Parcoursup devant leur Lycée.

L’un d’entre eux, Issam, un élève de Terminale de 17 ans, est touché par un tir tendu de flash-ball et s’effondre devant son professeur Mathieu Barraquier, il a la joue déchiquetée.

Le même jour, Oumar, 16 ans, a été grièvement blessé par un tir de lanceur de balles de défense (LBD), à la porte du lycée Jacques-Monod à Saint-Jean-de-Braye, près d’Orléans.

Le lendemain 6 décembre, l’arrestation de 151 jeunes de Mantes-la-Jolie choque. Sur des images qui tournent en boucle sur Internet, ont voit les lycéens alignés, agenouillés à même le sol, les mains sur la tête ou menottées à l’aide de Rilsan (des bracelets en plastique), sous la surveillance d’agents armés. On entend distinctement un policier commenter la scène : « Voilà une classe qui se tient sage. »

Le même jour, 6 décembre, quelques 130 ex-lycéens engagés dans les mouvements en 1968, 1977, 1986, 1990, 1994, 2000, 2005 ou 2013 sous les différents gouvernements du Général De Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard D’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande tirent le signal d’alarme. « Une étape a été franchie » dans la répression, s’inquiètent-ils.

Deux jours plus tard, Fiorina, une étudiante de 20 ans originaire d’Amiens, et Thomas, 20 ans aussi, un étudiant nîmois sont grièvement blessés au visage par des balles en caoutchouc sur les Champs-Élysées.

Le Front de Mères, premier syndicat de parents des quartiers populaires, publie dans la foulée une ,tribune dans laquelle les parents dénoncent « l’infâme répression policière digne d'une dictature » que subissent leurs enfants.

Le Front de Mères affirme être « solidaire des revendications légitimes de nos enfants, qui refusent qu'on restreigne “réforme” après “réforme” leurs champs des possibles et leurs perspectives d'avenir, (...) solidaires de leurs revendications contre Parcoursup, la “réforme” du bac, la suppression de 2 600 postes depuis septembre, et les discriminations dans le système scolaire. »

Il exige que soit respecté « le droit de nos enfants à manifester et à s'exprimer » et soutient les plaintes déposées par les avocats de lycéen.nes victimes de violences policières. Enfin, le Front de Mères appelle à protéger ses enfants en s’interposant tels des boucliers face à la police, car : « Un pays où l'on terrorise les enfants se dirige vers la dictature et le fascisme. »

Lors du rassemblement à Bordeaux ce 8 décembre, Antoine, 26 ans, a été amputé de sa main droite après l’explosion d’une grenade qu’il essayait de renvoyer sur « les forces de l’ordre ».

32 autres manifestants seront blessés.

Antoine a vraisemblablement été mutilé par une grenade explosive de type GLI-F4, une arme composée de 25 grammes de TNT et d’une charge lacrymogène, qui tutoie les 165 décibels lorsqu’elle explose, soit plus qu’un avion au décollage et que seul la France utilise en Europe dans ses opérations de « maintien de l’ordre ». 

Je n'en veux pas forcement aux flics, explique Antoine, mais à ce système qui a laissé des gens s'armer d'une telle façon face à d'autres gens qui ne sont pas du tout prêts à affronter ça. » 

Pourtant, dès le 30 novembre, un collectif d’avocats de personnes blessées par ce type de munitions adressait une lettre ouverte au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, dans laquelle ils l’appelaient à cesser l’usage de cette grenade en vue de la nouvelle mobilisation prévue le 1er décembre. 

« Alors que depuis 2016, tant le Défenseur des droits que l’Association chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT) tirent le signal d’alarme quant au recours à ces armes à feu, l’État persiste à recourir massivement à ces grenades explosives au risque assumé de mutiler voire de tuer », dénonçaient-ils dans leur lettre.

Pour l’heure, la seule réponse de la part de Matignon apportée à cette lettre, demeure la répression aveugle d’un gouvernement aux abois.

Le collectif prévoit d’introduire des recours devant le tribunal administratif.

«Dans un rapport conjoint daté de 2014, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale, ainsi que celle de la police nationale, indiquent que ces grenades sont susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement», rappelle Raphaël Kempf, un des avocats du collectif.

« Que ce soit sur la zone à défendre de Bure (Meuse) ou à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), cette grenade a déjà fait beaucoup de blessés… » dénonce Aïnoha Pascual, l’avocate de Gabriel, un autre manifestant qui a eu la moitié de la main arrachée le 24 novembre.

La France est un pays de libertés. Il ne faut plus voir de tels spectacles, surtout dans une situation de manifestations qui ne présentait aucun danger réel.

RÉPRESSION POLICIÈRE

 

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