LES SONDAGES SONT-ILS MANIPULÉS ?

Voici que les médias publient depuis quelque temps divers sondages qui indiquent que laREM serait en tête dans les élections européennes. À dire vrai, la situation est extrêmement bizarre, pour ne pas dire incroyable. En effet,  le président Macron est impopulaire et il veut faire appliquer une politique aussi impopulaire que lui. Et cette impopularité est constatée dans de très nombreux sondages. Par contre, il apparaît curieusement que laREM, formation politique du chef de l'État, reste toujours gagnant pour les prochaines élections européennes. Alors, que faut-il en déduire ?

1./ Les Français sont-ils vraiment inconstants au point de donner une majorité à laREM lors du scrutin du 26 mai prochain, alors qu'ils restent hostiles à la politique d'Emmanuel Macron ? 

2./ Ou alors, les sondages sont-ils simplement manipulés, truqués et donc entièrement bidonnés pour influencer les électeurs ? Voilà des questions que nous devons nous poser sérieusement.

À titre d’information, remontons à quelques années en arrière pour voir quelques exemples évidents qui peuvent démontrer que les sondages ne sont pas toujours exacts, surtout quand ces sondages ont été réalisés par des organismes appartenant à des groupes financiers proches du pouvoir.

En 2007, le Canard Enchaîné mettait en doute la sincérité de sondage de l’institut OpinionWay en raison des liens très proches de ses dirigeants avec la droite, rappelant que Monsieur Hugues Cazenave son président-fondateur avait été chargé de mission à l’époque auprès du cabinet ministériel de Gérard Longuet.

En 2009 à nouveau, le Canard Enchaîné réitère ses critiques et accuse l’institut de sondage de manipulation au sujet d’une enquête publiée par Le Figaro à quelques jours des élections européennes. De son côté, le journal Marianne met en évidence le nombre croissant de sondages effectués par OpinionWay pour Le Figaro, quotidien classé nettement à droite dans les périodiques.

Et ce n’est pas fini … Dans son livre, « Ma plus belle histoire, c’est vous », Ségolène Royal accuse clairement plusieurs instituts de sondage (IFOP, PISOS, CSA, et OpinionWay (pages 177 à 190) d’avoir été très dévoués envers Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle de 2007.

En évidence, on pourrait citer d’autres exemples, plus ou moins récents, mais tous édifiants.

Alors, faisons un point rapide mais précis sur les instituts de sondage actuels qui pratiquent en France, quasiment toujours au service du pouvoir central.

1. IFOP : Première entreprise de sondages d’opinion à avoir vu le jour en France (1938), cet institut de sondage a appartenu simultanément aux grandes figures du patronat français : Jean Riboud, président de Schlumberger, Laurence Parisot, riche héritière et à une époque patronne du Medef, puis aujourd’hui à la très fortunée Famille Dentressangle qui détient à elle seule 65 % du capital de l’Ifop. Sans oublier, le richissime Pierre Pigeon qui possède 35 % des actions de ce même institut.

2. IPSOS : Comme par hasard, cette entreprise de sondages appartient également au grand patronat français. Créée en 1975 par Didier Truchot, homme d’affaires très influent auprès de tous les gouvernements français, le capital de cet institut est détenu par Euronext, un groupe mondial d’entreprises de marchés financiers, très proche des milieux politiques de gauche comme de droite.

3. CSA : Cet institut de sondages d’opinion appartient principalement au groupe Havas et donc extrêmement proche du pouvoir présidentiel. Il faut savoir que ce groupe est dirigé par Vincent Bolloré et Yannick Bolloré, très liés avec Emmanuel Macron comme ils le sont encore avec Nicolas Sarkozy.

Inutile de faire un quelconque commentaire à ce niveau : le CSA n’ira jamais à l’encontre du chef de l’État ni de son gouvernement.

4. KANTAR TNS : anciennement TNS Sofres et Sofres est un organisme de sondage largement voué à Monsieur Macron. Publiant chaque année un ouvrage intitulé « ’État de l’opinion » aux éditions du Seuil on y retrouve notamment Olivier Duhamel, homme de tous les partis et donc opportuniste. Actuellement, quiconque pourra constater à travers les faits que Monsieur Duhamel est assez lié avec le chef de l’État.

Autre constatation : le fils de Brigitte Macron travaille pour Kantar, ce qui a suscité déjà des rejets de divers sondages, notamment avec Marine Le Pen.

5. HARRIS Interactive : Rien à signaler de bien précis au sujet de cet institut de sondages né en 1995, sauf que son capital est détenu par NASDAQ, un établissement dont la fonction principale se situe dans la bourse des valeurs.

Le grand capitalisme français étant lié en grande partie à ce géant de la Bourse, Harris Interactive a de bonnes raisons de soutenir le pouvoir en place et en l’occurrence la politique de Monsieur Macron.

Ainsi, peut-on se fier aux sondages ? D’abord, il existe toujours des marges d’erreur naturelles, celles qu’il n’est pas toujours possible d’évaluer. Mais le plus inquiétant reste dans les enquêtes d’opinion faussées qui ne représentent pas la réalité de la situation.

Après avoir combattu pendant plusieurs semaines face aux Gilets Jaunes, en utilisant tous les moyens dont ils disposaient, légaux ou parfois illégaux, le chef de l’État s’est trouvé dépourvu. Il a pensé alors que le Grand Débat pourrait le sauver en stoppant brusquement les mouvements populaires. Mais le Grand Débat n’a pas fonctionné selon ses souhaits.

Aussi, aujourd’hui, utilise-t-il des sondages trompeurs pour essayer de faire changer l’opinion publique. 

En clair, Monsieur Macron veut persévérer dans ses réformes destructrices, sans vouloir changer quoi que ce soit et il a toujours grand espoir d’anéantir définitivement les Gilets Jaunes et tous autres mouvements sociaux présents ou futurs.

Sans oublier non plus d'affaiblir tous les partis d'opposition, afin de tranformer laREM en parti national quasiment unique, avec un politique unique et totalement conforme à l'esprit du président. Autant dire que la pensée unique voulue par Macron ressemble étrangement à celle des dictateurs des anciens États soviétiques. 

Mais à ce jeu là, Monsieur Macron risque de transformer la France en un champ d'insurrection qui détruira entièrement la République. 

Pour le salut de la France et de la démocratie, ne serait-il pas nécessaire qu'il donne sa démission comme certains le souhaitent ? Voilà une question qui, désormais, ne manque pas d'intérêt !

Pierre Reynaud

MACRON ET CASTANER

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