VIVRE AU QUOTIDIEN ?

Posez cette question aux élites. Et vous verrez leur réponse ...

Pour de nombreux citoyens et citoyennes, la vie au quotidien est un véritable casse-tête. Souvent, à partir du 15 du mois, le compte bancaire est vide ou presque, parfois même déjà à découvert. Et c'est à ce moment-là que se perpétue la galère journalière : payer ses factures, mettre du carburant dans la voiture, faire face aux dépenses imprévues et urgentes, faire un tout petit plaisir à ses enfants, et se priver, sans cesse de tout et encore de tout. 

Et pourtant, cette vie douloureuse qui empêche toute avancée et tout projet d'avenir, est liée à un travail souvent pénible, mais par contre peu rémunérateur. 

Dernièrement, j'ai rencontré sur un rond-point (Gilets Jaunes) une femme qui travaille dans une entreprise. Elle est divorcée, avec deux enfants à charge (14 et 10 ans). Pour améliorer son quotidien, elle parvient à faire quelques heures supplémentaires. Malgré cela, elle précise : "Mon travail permet de faire vivre ma famille 17 jours par moi. A partir du 18 ème, tout devient compliqué et certains jours, la situation peut être dramatique. Afin que mes enfants ne manquent de rien ou presque, je me prive même de manger correctement. Je ne parle pas du côté vêtements ou loisirs. Pour moi, cela n'existe pas. Je n'ose pas envisager ce que sera ma vie d'ici un an ou deux. Car, je ne sais même pas si je pourrai conserver mon emploi, l'entreprise rencontrant des difficultés actuellement."

Le cas ci-dessus est courant, très banal, hélas. Combien de personnes ou de familles se trouvent dans une telle situation !

Alors, pour connaître leurs idées sur la pauvreté en France, je suis allé rencontré plusieurs élus de la République : députés, sénateurs, maires, conseillers départementaux ou régionaux. Des échanges effectués avec ces politiques, j'ai constaté que les maires des moyennes et petites communes étaient plutôt conscients de la précarité de certains de leurs administrés. Quelques-uns m'on précisé qu'ils s'efforçaient de trouver des solutions afin que les citoyens les plus démunis puissent bénéficier de petits avantages à l'échelle de la commune.

Le dialogue était bien différent au niveau de certains députés ou sénateurs. D'ailleurs, quelques-uns n'ont pas voulu me répondre, notamment chez les députés de laREM et des Républicains. D'autres m'ont indiqué que seules la démocratie et les élections pourraient faire changer la situation. Donc, au lieu de "mettre le désordre" (selon ces députés), "il serait plus judicieux  pour les citoyens d'attendre les échéances électorales" (selon ces mêmes députés).  Et quand je leur indique qu'il y a urgence en raison de la précarité de nombreux travailleurs, la réponse est toujours la même : "C'est regrettable, mais il faut le temps au temps, car il est impossible de mettre en place immédiatement des mesures importantes et coûteuses."

En clair, on ne peut rien faire pour l'instant. Et certains élus ne m'ont pas caché que le Grand Débat était un moyen de soulever de nombreux problèmes politiques et sociétaux, sur lequel il faudrait discuter et débattre pour transformer à moyen terme le Pays et les institutions présentes. Ainsi, quant aux effets du Grand Débat, ils ne seront ni pour 2019 ni pour 2020.

 En conclusion : Si le Grand débat reste un acte utile pour réveiller l'esprit républicain et pour se projeter peut-être sur l'avenir de la Nation, il n'apportera rien à la vie quotidienne des Français et en particulier aux espoirs de ceux qui souffrent des inégalités et de l'injustice sociale. Le président Macron connaît très bien lui-même le résultat global du Grand Débat : pour lui, en organisant cette consultation nationale, il pense avoir trouvé le moyen de gagner du temps, en attendant que les revendications diminuent, s'estompent et disparaissent. Ce ne serait pas la première fois qu'un peuple au bord de la misère, abandonne ses actions, par lassitude et désespoir.

Circulez ! Il n'y a rien à voir ! Et la caravane passe ...

Pierre Reynaud

VIVRE AU QUOTIDIEN ?