Papy et mamie à la cuisine à Noël ?

L'image peut choquer mais elle illustre bien le dilemme des familles.

Les fêtes de fin d'année et tout particulièrement Noël sont traditionnement des époques de rassemblement familial où toutes les générations se retrouvent autour de grands repas, des grands-parents (et arrières grands-parents parfois) jusqu'aux plus jeunes générations.

Sur le moment, la proposition du professeur Rémi Salomon consistant à faire manger les grands-parents à part à Noël déclenche de vives réactions. Mais si elle reste saugrenue en apparence, elle alerte toutefois sur un risque réel et grave de la promiscuité des enfants avec leurs grands-pères et grands-mères, dans le cadre de la diffusion du Covid-19.

Et sur ce point, le professeur Salomon a parfaitement raison et j'ai du mal à comprendre pourquoi ses propos sont si mal accueillis. Bien entendu, la tournure du discours de Rémi Salomon laisse à désirer sur la forme. Mais n'a-t-il pas raison quand il conseille aux jeunes de rester à distance de leurs grands-parents.

Prenons un scénario traditionnel : parents, grands-parents, enfants, petits enfants se réunissent la veille et le jour de Noël personneslieu clos, à savoir dans une maison ou pire un appartement. La moyenne de personnes rassemblées se situe autour de 12 personnes environ, mais souvent on se retrouve entre 15 et 18 personnes, parfois plus, jusqu'à 25 ou 30 personnes, ce qui représente dans tous les cas de figure des clusters très importants qui multiplient les risques de la pandémie du Covid-19. Ce qui veut dire, en clair, plus d'hospitalisations et plus de morts. sans oublier non plus que pour combattre le Civid-19, il va falloir à nouveau reconfiner le pays; ce qui serait alors une immense catastrophe pour l'économie et le moral des Français qui ne pourraient plus supporter un 3 ème confinement.

Faut-il donc supprimer les festivités de Noël ? En partie, OUI ! Et sur ce point, le président Macron n'a pas été assez clair et précis. 

J'aurais aimé un chef de l'État qui mette en garde les Français en leur disant notamment que le Noël virtuel existe aujourd'hui grâce aux systèmes internet que nous connaissons tous. ce qui permet de se voir et de parler à distance le temps que l'on souhaite, des méthodes qui n'existaient pas autrefois. 

Les gens doivent être donc raisonnables : Il faudrait qu'il fasse une petite marche arrière et qu'ils se souviennent des problèmes causés antérieurement par les guerres et les situations de conflits. C'est ainsi, que pendant la Seconde guerre Mondiale, les populations ont été privées de Noël pendant au moins cinq ans. En plus, ces populations n'avaient pas les moyens d'acheter des denrées et des friandises de Noël en raison du rationnement alimentaire imposé par le pouvoir en place;

Aussi, ne soyons pas individualistes ! Ayons la volonté de prendre nos responsabilités et de ne pas nous comporter en gamins capricieux. Cette année,nous pouvons sacrifier ce Noël 2020 afin de pouvoir bénéficier en 2021 d'un grand Noël rassembleur et serein.

Et puis, soyons humains ! Ne vaut-il pas mieux limiter ses sorties et ses réunions à Noël afin que nos grands-parents puissent vivre ? Que penseriez-vous si votre grand père ou votre grand mère venaient à disparaître en janvier ou février prochains du Covid-19 ? Ou aussi, vos propres parents qui décèderaient pour avoir contracté le virus au moment des fêtes de fin d'année ? 

Alors, faisons appel à notre bon sens et notre sens humanitaire. Cette année, sacrifions Noël pour ne pas sacrifier nos familles sur l'autel du Covid-.19. Et nous verrons alors que nous pourrons profiter en 2021 d'un vrai Noël avec tous nos proches, parents et amis, dans la plus grande quiétude retrouvée.

PROPOSITION

Je n'ai pas de pouvoir dans le milieu politique et encore moins dans le monde médical ou scientifique. Mais toutefois, j"ai pensé à un possible report des fêtes familiales de Noël dès le mois de janvier 2021 aux alentours du week-end des 16 et 17 janvier (ou le week-end d'après) quand l'épidémie sera assez loin derrière nous.

Le gouvernement pourrait rendre possible un week-end de congés pour tout le monde où les familles pourraient se réunir sans contrainte autour d'une table pour fêter avec un peu de retard certes, les retrouvailles de Noël et ceci, avec beaucoup de joies et de plaisirs partagés.

Hugo Sernan

LE PROFESSEUR RÉMI SALOMON

L'article de Lucie Oriol

Dans le contexte qui a été évoqué ci-dessus, la journaliste Lucie Oriol a écrit un article intéressant sur les problèmes liés avec les prochaines fêtes de Noël. Voici son contenu littéralement transcrit ci-dessous.

À Noël, “on coupe la bûche en deux et papy et mamie mangent dans la cuisine”. Cette proposition pour les fêtes de fin d’année formulée ce mardi sur FranceInfo par Rémi Salomon, le président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, a déclenché de vives réactions, souvent ulcérées.

Sur les réseaux sociaux, certains estiment la remarque “indécente” quand d’autres y voient une forme “d’infantilisation”. “Et pourquoi pas dans les toilettes tant qu’on y est”, ajoutent plusieurs internautes. L’indignation soulevée renvoie d’ailleurs à celle qu’avait provoquée la petite phrase de Jean Castex peu avant la rentrée scolaire: ”Évitons que papy et mamie aillent chercher les enfants à l’école”.

Si cette nouvelle proposition choque, elle n’en porte pas moins les inquiétudes et les questionnements de nombreuses familles à l’approche des fêtes de Noël.

Alors qu’Emmanuel Macron doit préciser ce mardi soir les prochains aménagements du confinement, et que les courbes du coronavirus s’infléchissent en France et en Europe, l’organisation des festivités demeure un casse-tête: comment se retrouver après une année éprouvante sans mettre en danger ses proches et notamment ses aînés? Ces derniers subissant par ailleurs un isolement forcé depuis le printemps dernier. 

Comme le pointait le philosophe David Simard pour Le HuffPost, face à la situation sanitaire actuelle “se pose la question de la responsabilité. C’est quoi, être responsable ? Il s’agit du fait d’avoir à rendre compte des conséquences de ses choix et décisions”, souligne-t-il.

Sur le dilemme des retrouvailles, qui s’était d’ailleurs posé dans les mêmes termes au moment des vacances de la Toussaint, le gouvernement est attendu au tournant. Pour le moment, l’exécutif qui craint une reprise épidémique début 2021 répète depuis plusieurs semaines que les fêtes ne pourront pas se dérouler comme d’habitude, leur annulation aurait un coût politique sans précédent. Un coût psychologique aussi alors qu’un Français sur cinq est touché par un état dépressif.

Fin octobre Emmanuel Macron avait fixé le seuil à 5000 contaminations par jour avant d’envisager une sortie du confinement. La France y arrive péniblement mais la tendance reste fragile, souligne Rémi Salomon qui pointe le risque d’une troisième vague.  

L’Europe veut sauver le soldat Noël

Si de l’intervention de Rémi Salomon, c’est surtout cette petite phrase qui a été retenue, le professeur amorçait pourtant un début de solution. “Moi j’aurais proposé de fermer les collèges et lycées une semaine avant parce que c’est aussi un lieu où le virus circule. Cela permettrait d’aller voir papy et mamie à Noël avec toujours des précautions”, a-t-il notamment suggéré. 

Un casse-tête sur lequel planchent tous les gouvernements en Europe, chacun amorçant des solutions. Au Royaume-Uni, un comité scientifique indépendant a par exemple plaidé pour des festivités dehors et dans les rues, où les proches se retrouveraient verre à la main le temps d’une promenade en plein air. 

Les régions allemandes plaident, elles, pour une limitation à dix personnes issues de plusieurs foyers le nombre de participants aux fêtes de Noël et du Nouvel An pour éviter des infections au Covid-19. Cette restriction serait en vigueur du 23 décembre au 1er janvier, proposent les régions, qui conseillent une mise en quarantaine des participants avant et après ces fêtes.

L’Organisation mondiale de la Santé va plus loin et plaide pour un Noël en petit comité, sans grande réunion de famille. “C’est incroyablement difficile parce que, particulièrement pendant la période des fêtes, nous voulons vraiment être avec notre famille. Mais dans certains cas, ne pas avoir de réunion de famille est l’option la plus sûre”, a insisté Maria Van Kerkhove, chargée de la gestion de la pandémie à l’OMS.

 

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