Un 3 ème confinement est-il possible ?

Nous en avons pas fini avec le Covid-19. Depuis 9 mois, la crise sanitaire a connu des hauts et des bas, que ce soit en France, en Europe et plus généralement dans le Monde. Mais aujourd'hui, malgré les quelques espoirs qu'apportent le vaccin, la situation se dégrade avec les confinements à répétition, plus ou moins bien gérés par les gouvernements en place; En France, l'incertitude est bien présente et nombreux sont ceux qui ne voient pas le bout du tunnel. Notamment les commerçants tels que les cafetiers, les restaurateurs, les gérants de salle de spectacles, cinémas, théâtres, musées, centres culturels, sans oublier les salariés qui ne retrouveront pas leur emploi suite à la fermeture des entreprises où ils travaillaient. 

Alors, le gouvernement français essaie tant bien que mal d'éviter un reconfinement immédiat qui serait pourtant nécessaire pour éviter la catastrophe attendue aux mois de janvier et février prochains. Alors,le ministre de la Santé, Olivier Veran, a exclu l'idée d'un nouveau confinement en annonçant un couvre-feu à 18 heures dans les départements les plus touchés à compter du 2 janvier 2021. Cette décision a été d'ailleurs largement critiquée par certains médecins et de  nombreux élus locaux qui plaident largement pour un troisième confinement. 

Donc, il n'y aura aps pour l'instant un troisième confinement. Telle est la volonté d'Olivier Véran qui commet très certainement une nouvelle erreur dans la stratégie de gestion de la crise du Covid-19.

JANVIER 2021 : CONFINEMENT ?

.Le ministre veut privilégier  certaines restrictions de déplacement qui pourraient ainsi débuter des 18 heures, dans les départements les plus touchés par l'épidémie, et notamment ceux dont le taux d'incidence ne cesse d'augmenter. Plusieurs régions sont d'ores et déjà ciblés et sous haute-surveillance : le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté, l'Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d'Azur.  

Cet avancement du couvre-feu a été largement critiqué, au lendemain de l'annonce d'Olivier Véran. Le président de la région Grand Est Jean Rottner, a pris la parole auprès de franceinfo. "Pourquoi attendre le 2 et pourquoi ne pas le faire de suite ? Est-ce que ça ne risque pas de nous faire prendre un train de retard et donc de voir passer de nouveau cette épidémie et de courir derrière ?", a-t-il déploré. Il réclamait un "nouveau confinement, peut-être localisé" depuis plusieurs jours. Quant au professeur Philippe Juvin, chef des urgences à l'hôpital parisien Georges-Pompidou, il a déclaré sur le plateau de CNews ce mercredi qu'un reconfinement finirait par être mis en place. "Je pense qu'on ne va pas y couper puisque l'épidémie progresse", a-t-il estimé avant de poursuivre : "Plus on va attendre, plus [ce confinement] va être difficile."

Si la situation ne s'améliore pas dans les prochains jours, le gouvernement s'appuiera sur les indicateurs de l'épidémie pour décréter s'il y a lieu - ou non - d'appliquer ce couvre-feu deux heures plus tôt. Pour rappel, une "clause de revoyure" était déjà prévue pour le 7 janvier, date à laquelle les mesures en cours devaient être réévaluées quant à la réouverture des salles de spectacle et de cinéma notamment. "Il paraît difficilement concevable à ce stade de lever les contraintes", a fait savoir le ministre, qui espère que "l'effet Noël et Nouvel An" sera le plus faible possible. Selon lui, nous devrions y voir plus clair "d'ici janvier", afin de pouvoir envisager des aménagements, en matière de télétravail (un jour travaillé en présentiel par semaine) entre autres. Le couvre-feu actuel reste en vigueur pour les autres départements.

Pas de reconfinement entre Noël et le jour de l'an

Alors que d'aucuns craignaient un reconfinement entre Noël et la Saint-Sylvestre, voire le réclamaient à l'image du maire de Nancy Mathieu Klein, de la présidente du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle Valérie Beausert-Leick, ou de plusieurs élus locaux, cette option est donc "exclue" selon les mots d'Olivier Véran lui-même. Plus tôt dans la journée ce mardi, le président de la République avait réuni plusieurs membres du gouvernement, notamment son Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé, pour faire le point sur l'épidémie lors d'un Conseil de défense. Aucune décision n'a été annoncée à l'issue de ce rendez-vous.

Faute de reconfinement, certaines préfectures ont tout de même pris les devants en renforçant le couvre-feu par de nouvelles mesures locales. Dans le Rhône, la détention et la consommation d'alcool sont interdites sur la voie publique le 31 décembre jusqu'au lendemain à midi, ainsi que la vente d'alcool à emporter entre 17 heures le 31 et 6 heures le 1er janvier. Le maire de Nice Christian Estrosi a quant à lui appelé à vacciner "tout de suite" la population des Alpes-Maritimes. Il s'est aussi dit favorable à un couvre-feu dès 18 h.

Une aggravation de la situation sanitaire en cours

Lors de sa prise de parole sur France 2, Olivier Véran a mis l'accent sur le nombre de contaminations encore trop important, "15 000 par jour en moyenne", alors que le gouvernement s'était fixé l'objectif de 5 000 contaminations quotidiennes. Ces propos font écho à un nouvel avis du Conseil scientifique daté du 22 décembre 2020 et dévoilé lui aussi ce mardi 29 décembre. Y sont mentionnés une "évolution préoccupante des principaux indicateurs" du coronavirus, la "tendance à la hausse du nombre de cas incidents" et la "stagnation à un niveau élevé du nombre hebdomadaire de nouvelles hospitalisations et de nouvelles admissions en réanimation depuis la semaine 49" (semaine du 30 novembre au 6 décembre).

"Au total, la circulation du SARS-CoV-2 sur le territoire ne faiblit pas", concluent les experts chargés de conseiller le gouvernement. "Dans ce contexte, et alors que depuis le 15 décembre le dispositif de santé publique a été allégé avec un couvre-feu de 20h à 6h du matin, il est possible qu'un surcroît de contaminations intervienne en fin d'année, notamment à l'occasion des fêtes, propices à des rassemblements familiaux et amicaux", souligne le rapport. Le gouvernement et les experts ont aussi plusieurs fois indiqué que la mise en place de la campagne de vaccination lancée fin décembre n'aura pas d'effet immédiat sur l'épidémie.

Doit-on s'attendre à un 3e confinement en France en janvier 2021 ?

Le mois de janvier est donc bel et bien dans le viseur. Le Conseil scientifique juge in fine "probable qu'un tel surcroît de contaminations provoque à horizon de quelques semaines une reprise incontrôlée de l'épidémie, une forte augmentation des hospitalisations, des placements en réanimation et des décès". Il évoque en conséquence "de nouvelles mesures de restriction de circulation et de rassemblements de personnes plus strictes, selon trois options possibles", avec trois degrés d'anticipation. Dans chacun de ces trois scénarios, l'idée d'un reconfinement est évoquée. Si un "confinement strict de la population à partir du 28 décembre 2020" a bel et bien été suggéré mais n'a pas été décidé, les experts évoquent, à plus long terme, "des mesures de restriction accrues, pouvant aller jusqu'à un confinement prolongé".

Ce rapport vient confirmer ce que les autorités publiques ont déjà plusieurs fois fait savoir avant les fêtes, à savoir qu'elles s'attendaient à un rebond de l'épidémie de coronavirus pour le début de l'année 2021, en espérant qu'il puisse être contenu. "Ce rebond pourrait-il survenir à la mi-janvier ou plus tard ? La réponse est oui, le modèle n'a pas changé, le virus va continuer de circuler au fil de l'hiver", avait anticipé Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, dans un entretien accordé à nos confrères du Parisien le 16 décembre.

Le confinement fait débat au sein du gouvernement 

Le scénario d'une troisième vague si importante qu'elle nécessite de nouvelles mesures restrictives n'est donc pas exclu. L'exécutif s'est fixé comme objectif de tout faire pour l'éviter, mais tout dépendra de la situation sanitaire en début d'année 2021. Preuve que le gouvernement n'écarte aucune piste, le ministre de l'Economie et le Premier ministre ont fait savoir qu'ils ne pouvaient garantir que les bars et restaurants pourraient bien rouvrir le 20 janvier.

La question d'un troisième confinement est en tout cas très débattue, y compris dans l'exécutif. Signe des différentes approches qui peuvent avoir cours aujourd'hui au sein du gouvernement, le ministère de l'Économie serait pour sa part favorable à l'ouverture des commerces chaque dimanche du mois de janvier d'après les informations de franceinfo. Une mesure pas vraiment compatible avec un confinement. Le Conseil du commerce de France avait exprimé cette volonté auprès de plusieurs médias ce mardi 29 décembre, dans la matinée. "On souhaite pouvoir ouvrir sur l'ensemble du mois de janvier pour réaliser du chiffre d'affaires, pour refaire de la trésorerie", avait indiqué William Koeberlé, président du Conseil du commerce de France. Cette décision permettrait de rattraper le chiffre d'affaires perdu par les commerces dits "non essentiels", lors des fermetures durant le deuxième confinement.

Un maintien des gestes barrière pour éviter le reconfinement

L'espoir d'éviter le reconfinement en janvier semble donc encore présent, en tout cas en façade. Pour le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, présent sur l'antenne de BFM TV il y a quelques jours, "notre avenir et celui d'une troisième vague qui pourrait survenir en janvier, c'est nous qui le construirons ou pas dans les jours qui viennent". Invité le 21 décembre sur RTL, Gabriel Attal a lui aussi appelé les Français à "ne pas se mettre dans l'optique" d'un troisième confinement". "Si nous faisons attention", "nous pouvons (l')éviter", a-t-il ajouté. "Les efforts des Français payent [...]. On est aujourd'hui sur un plateau haut", mais "nous pouvons continuer à avancer avec les règles qui ont été fixées au 15 décembre", un couvre-feu. "Nous pouvons avancer avec cette stratégie explique-t'il.

L'exécutif a d'ailleurs mis en garde contre tout relâchement des gestes barrières durant les fêtes de fin d'année. Plusieurs épidémiologistes appellent par ailleurs à la responsabilité, le Conseil scientifique avait même recommandé quelques jours d'auto-confinement avant de se rassembler en famille pour Noël. De son côté, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé mercredi 16 décembre le port du masque lors des réunions familiales, mettant en garde contre un "risque élevé" de reprise de l'épidémie début 2021 en Europe.

 

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