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Un des fils de Gisèle Halimi refuse d'assister à l'hommage national à l'avocate, en raison de la contestation contre la réforme des retraites

Emmanuel Macron doit présider mercredi une cérémonie en l'honneur de la militante féministe décédée en 2020.

Le journaliste Serge Halimi, l'un des fils de Gisèle Halimi, décédée en 2020, ne participera pas à l'hommage national à l'avocate prévu mercredi. Cet événement survient en pleine mobilisation contre une réforme des retraites que la militante féministe aurait combattue, a-t-il annoncé dimanche 5 mars.

GISÈLE HALIMI

L'ancien directeur du Monde diplomatique, mensuel classé à gauche, dit avoir été "subitement informé" cette semaine par la présidence de la République, "en même temps que la presse", que cet hommage aurait lieu mercredi 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes. "La décision de l'Elysée intervient après plus de deux ans de tergiversations et alors que le pays est mobilisé contre une réforme des retraites extrêmement injuste dont les femmes qui occupent les métiers les plus difficiles seront les premières victimes", a souligné Serge Halimi dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Ma mère aurait défendu leur cause et manifesté à leurs côtés. Le 8 mars, ce sera la meilleure façon d'honorer sa mémoire et ses combats."

La Rédaction avec l'AFP

GISÈLE HALIMI

Serge Halimi rejoint ainsi la position exprimée par la présidente de l'association "Choisir la cause des femmes", fondée par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir en 1971. Organiser cet hommage national en pleine contestation contre la réforme des retraites relève d'une "instrumentalisation politique", a estimé Violaine Lucas, qui ne participera pas non plus à la cérémonie prévue au palais de justice de Paris.

Un autre fils de Gisèle Halimi "très satisfait"

A l'inverse, l'avocat Jean-Yves Halimi, frère de Serge, s'est dit "très satisfait" à l'annonce de cet hommage à la combattante acharnée pour le droit à l'avortement. "J'ai toujours pensé qu'elle le méritait", a-t-il souligné.

Avocate, femme politique et écrivaine, Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet 2020 à 93 ans, a fait de sa vie un combat pour le droit des femmes. Elle a notamment œuvré pour la dépénalisation de l'avortement, puis pour sa prise en charge par la Sécurité sociale. Elle a également dénoncé l'usage de la torture pendant la guerre d'Algérie par les militaires français, ce qui lui a alors valu une arrestation et une brève détention.

La Rédaction avec l'AFP

Date de dernière mise à jour : 06/03/2023

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