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La France libérée

Drôle d'exode que celui vécu depuis un an ...

La valise toujours d'actualité ... 80 ans après !

Quelle triste période ! Elle montre par l'absurde que rien n'a vraiment changé et qu'aux réflexes archaïques légitimes, répondent en écho, les propos les plus exécrables de notre humanité vacillante. Elle prouve une fois encore que le pouvoir est depuis toujours incapable de gérer une crise d'envergure dans une nation passant toujours par la case désastre pour espérer un changement de cap. Mais ceci est une autre étape, pour l'heure, nous n'en sommes qu'à l'Exode.

Si la valise fait un carton à l'annonce d'un confinement ciblé et régionalisé, il faut avouer que c'est désormais une affaire qui roule. Adieu vélos, charrettes, chevaux, et godillots, tout se fait de manière mécanique, y compris le port des bagages. Trains, autos et avions transportent leur contingent de malheureux, fuyant l'odieux confinement en masse tout en traînant leurs effets dans des coffres roulants.

Cette première étape est assez conforme aux épisodes analogues de l'histoire, seul le moyen de transport change ou évolue. Par contre, pour les désagréments, il y a de notables évolutions ; plus de bombardements sournois ou de mitraillages assassins d'avions ennemis en piquet, ce sont ceux qui sont à l'abri de la mesure qui font feu de tout bois et tiennent des propos hostiles, inamicaux et parfois haineux. Les langues de vipère s'en donnent à cœur joie, ne s'interrogeant jamais sur ce qu'ils feraient en pareil cas.

Les exilés du confinement ne sont pas les bienvenus. Les messages se multiplient, la haine fait son chemin, poursuivant la voie tracée par cette expression hideuse voulue par le pouvoir : « Distanciation Sociale ». Se préserver des autres est devenue la seule raison de survivre, alors pensez-bien qu'ils sont mal vus tous ces citadins qui veulent un peu de campagne pour supporter la nouvelle épreuve.

Bien sûr, les canailles qui nous gouvernent ont prévu le coup puisqu'ils leur ont laissé le temps de plier bagage et d'aller ailleurs pour ceux qui en avaient les moyens. Car tout ceci n'est en général qu'une question de niveau social, cette distanciation par l'argent qui convient si bien à la doctrine en place. Mais même-là, la nuance s'impose, il ne serait pas juste de mettre dans la même malle, ceux qui rejoignent leurs familles, leurs parents, le pays de leurs origines.

Qu'importe tout cela. Ceux qui observent de leurs fenêtres le nouvel afflux de voisins tirent à boulet rouge sur ces affreux qui en agissant ainsi vont les contaminer. Nulle empathie, nulle sympathie, nulle compréhension, la nouvelle façon de faire société est de se parer de l'autre, de s'en éloigner le plus possible, de ne prendre soin que de soi, comme l'a matraqué ce slogan ignominieux asséné sur les ondes par nos autorités parfois sanitaires mais jamais humaines.

Une fois encore, cette crise met en exergue le pire de ce que l'humain est capable de dire et de faire : insultes, mépris, délation, refus d'aider son prochain… La liste ne cesse de s'allonger tandis que c'est la course au chacun pour soi dans cette quête du vaccin miracle pour échapper à la sinistre perspective. Les privilèges, les passe-droits, les priorités se mettent en place, les ministres allant même jusqu'à revendiquer l'exemplarité pour user d'un droit de passage avant l'âge.

L'exode à laquelle nous assistons n'est pas celle des citadins des zones confinées mais la fuite en avant des valeurs qui jusque-là se maintenaient tant bien que mal dans un tissu social largement mis à mal par les lois du libéralisme. Pour le coup, les dernières barrières sautent et l'individualisme et pire encore le solipsisme gagnent la partie et pour très longtemps je le crains. La fraternité est abolie à jamais de notre si mensongère devise nationale.

Effarement vôtre.

L'EXODE DES POPULATIONS EN 1940

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