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Emmanuel Macron vu des États-Unis

Nous avons une vision très particulière de la France et de sa gestion, car nous sommes citoyens français et donc, peu objectifs. Certains critiquent sans cesse les actions de l'État, alors que d'autres lui apportent leur soutien. C'est la Nation qui se divise en deux, avec des opinions qui diffèrent fortement dans une société qui n'a plus de repères et surtout plus d'espoir dans l'avenir.  Alors n'est-il pas important de se projeter autrement et de se donner un recul pour mieux comprendre les initiatives gouvernermentales dans le cadre de la politique, de l'économie et aujourd'hui de la santé, suite à la crise sanitaire que nous affrontons à l'heure actuelle.

A la tête de l'État, le président Macron décide de tout, et bientôt sans consulter qui que ce soit, le Parlement n'étant là que pour ratifier les volontés du prince, sans autre forme de consultation. Mais cette manière d'administrer un pays comme la France ne peut durer longtemps. C'est tout le problème que rencontre Emmanuel Macron qui est condamné désormais à piloter à vue, reniant malgré lui le cap de réformes qu'il s'était fixé dans la campagne présidentielle de 2017.

Entre autres pays dans le Monde, voilà ce que pensent les Américains du président Macron (ou un grand nombre d'entre eux), à travers le journal FOREIGN AFFAIRS dans le reportage de Justin E.H. Smith, littéralement transcrit ci-dessous.

André de Girod

Le président français parvient en théorie à tenir un cap, mais s'affaisse sur le terrain (Le président français se tient sur le principe, mais trébuche dans la pratique) par  - FOREIGN AFFAIRS

Emmanuel Macron face à la violence islamiste, aux Gilets jaunes et à la COVID-19

La France a élu Emmanuel Macron président en 2017 comme une barrière symbolique contre la montée du populisme illibéral. Quatre ans plus tard, alors que le chaos fomenté par le président américain Donald Trump s’installe vers une sorte de crescendo aux États-Unis, les tensions intérieures en France menacent de définir le leadership et l’héritage de Macron.

La pandémie de coronavirus est en phase de résurgence, ce qui amène le gouvernement à instaurer un nouveau verrouillage strict qui se poursuivra au moins jusqu’au début de décembre; le mouvement des « gilets jaunes » (mouvement de protestation des gilets jaunes) mijote depuis fin 2018; et une crise qui a commencé en 2015, lorsque des terroristes islamistes ont attaqué Paris à deux reprises, n’a jamais disparu et est en fait revenue avec une nouvelle intensité ces derniers mois.

Ces problèmes exigent des réponses divergentes, et seul un leader exceptionnel pourrait les naviguer avec succès. Macron s’est le plus mal acquitté dans les domaines où le symbolisme sonne creux et où les solutions concrètes comptent le plus.

La crise du terrorisme et certaines dimensions de la pandémie soulignent toutefois l’importance du symbolisme, soutenu par des principes, face aux attaques nihilistes et à l’abandon sans principes par les alliés traditionnels.

Certaines des préoccupations intérieures de Macron sont comparables à celles auxquelles sont confrontés les autres dirigeants mondiaux : le populisme et le COVIDE-19 ont une portée mondiale et sont similaires dans toutes les localités.

Mais la lutte de la France contre la violence islamiste est à bien des égards particulière.

EMMANUEL MACRON VUE DES ÉTATS-UNIS

La réponse de Macron bénéficie d’un large soutien interne. Pourtant, les personnalités gouvernementales et médiatiques d’autres pays ont critiqué la France, estimant que l’engagement indéfectible du pays en faveur de la laïcité et de la liberté d’expression n’était pas en phase avec les sensibilités dominantes dans le monde entier. Sur la question de la violence islamiste, la France se retrouve, pour la plupart, seule.

TERRORISME STOCHASTIQUE

Un attentat terroriste à la basilique Notre-Dame de Nice, jeudi 29 octobre, a fait un trio de morts: un homme et deux femmes, les trois fidèles.

L’agresseur a décapité l’une des femmes, comme un autre tueur l’avait fait à sa victime moins de deux semaines plus tôt à Conflans-Sainte-Honorine. Après l’effusion de sang à Nice, des attentats moins réussis ont eu des répercussions dans tout le pays et au-delà : à Avignon, la police a tué un homme armé d’un couteau ; à Lyon, un autre homme a été arrêté avec une bombe de fortune; à Riyad, le consul général Français a été attaqué à l’aide d’un objet tranchant.

La cause distale de ces événements peut être retracée à 2015. En janvier, des militants islamistes ont massacré 12 caricaturistes et membres du personnel de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. 

Les tueurs cherchèrent à se venger de la publication par le journal de caricatures explicites du prophète Mahomet. Il est interdit à tous les musulmans de rendre des images du Prophète, mais jusqu’à l’âge de la circulation mondiale instantanée des images, il n’en était généralement pas question aux non-musulmans vivant dans des républiques laïques.

Le problème, ont noté les survivants de Charlie Hebdo dans la foulée, n’était pas le dessin de caricatures blasphématoires, mais leur projection dans le monde sur Internet, où ils circulent sans contexte, sans attache à leur public visé.

Une deuxième attaque survient plus tard la même année, le 13 novembre.

L’échelle était beaucoup plus grande, mais l’accent moins défini. Des kamikazes et des tireurs de masse ont frappé des cafés, des restaurants, l’extérieur d’un stade de football et la boîte de nuit du Bataclan, tuant 130 Parisiens simplement pour être parisiens.

Pour les tueurs, dans le vide sans contexte d’Internet, où se produit la radicalisation, la ville dans son ensemble était venue à se tenir symboliquement pour un seul magazine à faible diffusion publié en son sein.

Cette année, les terroristes ont concentré leur colère sur une leçon d’éducation civique qu’un enseignant du nom de Samuel Paty a enseignée dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine. Paty a montré à sa classe les caricatures de Charlie Hebdo, mais il a donné aux élèves la possibilité de quitter la salle de classe au lieu de les regarder.

Les « parents inquiets », qui trouvaient le contenu du cours et les méthodes déplaisants, se sont rendus sur Facebook, où ils ont dénoncé l’enseignant et dénoncé l’enseignant, et où le tueur, Abdoullakh Anzorov, 18 ans, les a trouvés.

M. Macron a répondu à l’attaque en précisant que la Français République ne dénoncerait pas formellement les caricatures.

Elle ne serait pas non plus influencée par son engagement absolu envers la doctrine de la laïcité, qui cherche entre autres à interdire le glissement des piétés religieuses dans les institutions laïques.

En réponse, le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé au boycott des produits Français et a déclaré que Macron avait besoin d’examiner sa santé mentale. Le Premier ministre du Pakistan, Imran Khan, a réprimandé le président Français pour avoir « encouragé l’affichage de caricatures blasphématoires » et pour « faire des musulmans ». Mahathir Mohamad, 95 ans, ancien Premier ministre de Malaisie, a qualifié Macron de « très primitif » et a déclaré que les musulmans « ont le droit... tuer des millions de Français personnes " en réponse aux injustices passées et présentes.

Cette déclaration a été retirée de Twitter et Facebook pour violation des conditions de service.

La manière dont les dirigeants du monde musulman se sont entassés sur Macron rappelle vivement le cycle de la violence nationaliste blanche aux États-Unis ces dernières années. Les dirigeants politiques et les personnalités des médias blanchissent et euphémisent des opinions extrémistes, jusqu’à ce qu’inévitablement, quelques personnes impressionnables qui n’ont pas grand-chose à perdre tirent sur une synagogue ou labourent une voiture lors d’une manifestation.

Appelez-le terrorisme stochastique, ordonné par les canaux publics de l’Internet plutôt que par des réseaux cachés, déniable même lorsque ses véritables causes sont aussi simples que le jour.

LE CONFINEMENT

L’histoire de l’attentat de Nice peut s’étendre jusqu’en 2015, mais il était néanmoins difficile de ne pas penser, ce jour-là de tous les jours, que l’assaillant était tout simplement sorti pour faire un petit meurtre de dernière minute, tout comme tous les autres en France faisaient nos achats de dernière minute et de socialisation avant le couvre-feu de 21 heures qui devait inaugurer le nouveau verrouillage pandémique national.

La veille au soir, M. Macron avait annoncé que le confinement durerait au moins jusqu’au 1er décembre, mais qu’il serait plus souple que le premier lockdown au printemps. Certaines entreprises resteraient ouvertes, tout comme toutes les écoles (mais pas les universités).

Les restaurants pourraient continuer à servir à emporter, et même les librairies pourraient être incluses sur la liste des opérations commerciales essentielles. Mais comme au printemps, les résidents seraient tenus de porter une attestation datée et signée chaque fois qu’ils quittaient leur maison, jurant aux raisons légitimes de leurs excursions, et personne ne serait autorisé à voyager plus d’un kilomètre de chez eux, sauf pour le travail essentiel.

Macron a exposé ces termes clairement et sur un ton rassurant. Il a terminé l’annonce, comme d’habitude, par les mots de ralliement « Vive la République. Vive la France. »

A peine une demi-journée plus tard, le président s’est rendu de manière inattendue à Nice, afin d’exprimer ses condoléances aux victimes du meurtre et de réaffirmer le refus indéfectible de la France de se plier à la violence.

J’ai entendu plusieurs personnes faire des remarques sur l’élision quasi parfaite des deux histoires et sur la difficulté de rappeler, déjà, pour laquelle des deux Macron a prononcé les paroles de ralliement de la République.

A Paris jeudi soir, les bars et restaurants étaient encore pleins quelques minutes avant neuf heures.

Dans mon quartier, sur le canal Saint-Martin, où les attentats terroristes ont eu lieu en novembre 2015, la culture fière et provocante de la terrasse était en pleine force, masque, défiant à la fois les conseils des experts en santé publique et les menaces des insurgés islamistes.

Si certaines personnes qui buvaient sur les terrasses avaient l’air anxieuses, on ne pouvait pas dire si c’était parce qu’un étranger qui s’approchait d’eux avait respiré dessus ou parce que ce même étranger semblait cacher un couteau.

L’anxiété peut également avoir reflété une prise de conscience croissante des temps difficiles à venir.

Les responsables locaux prédisent que les hôpitaux pourraient atteindre leur pleine capacité d’ici la mi-novembre au taux actuel d’infection, ce qui obligerait les médecins Français à prendre les décisions de triage habituellement limitées en temps de guerre. « Si nous ne mettons pas un frein soudain aux contaminations, nos hôpitaux seront remplis très rapidement », a annoncé M. Macron le 28 octobre, à la suite des projections de son ministre de la Santé, Olivier Véran. Il n’est pas non plus évident que le gouvernement, très loué pour le soutien économique libéral qu’il a accordé au printemps, puisse poursuivre indéfiniment ces dépenses.

Les signes de désespoir quotidien se multiplient à Paris et dans d’autres villes. En effet, la récente vague de violence islamiste, qui a toujours eu un élément de délinquance banale des jeunes en plus de ses composantes politiques et religieuses, peut même être en partie une conséquence sociale de COVID-19.

 LES AUTRES MAUVAISES NOUVELLES

La confluence de deux types de mauvaises nouvelles différentes met l’administration Macron dans une situation difficile et menace d’envoyer les électeurs vers des alternatives extrêmes lors des prochaines élections, en 2022.

Le mouvement des gilets jaunes, qui a fait irruption sur les lieux il y a deux ans pour protester contre les nouvelles taxes sur les carburants, continue de mijoter.

Les gilets jaunes sont dans leur essence un mouvement anti-inasterité, avec leurs plus grands centres de force dans les petites villes de province. Ils sont idéologiquement nébuleux et difficiles à placer sur un spectre gauche-droite.

Mais en ces temps d’aggravation de la crise, comme la combinaison de la pandémie et du terrorisme, un homme politique xénophobe, comme Marine Le Pen ou celui qui lui succède à la tête du Rassemblement National (Rassemblement national, successeur du Front national), pourrait facilement s’emparer de leur populisme anti-élite.

Mécontents Français citoyens, tout comme les jeunes immigrants attirés par l’islam politique, sont imprégnés d’un environnement de désinformation en ligne qui a le potentiel de les radicaliser.

Ces électeurs sont alors sensibles non seulement à la rhétorique anti-immigrés à l’ancienne du Rassemblement national, mais aussi à l’étrange soupe du mouvement antivaccination, du mouvement antimasque et de toute théorie du complot qui a également empoisonné la politique aux États-Unis.

Aucune personnalité Français ne correspond exactement à Alex Jones, mais peu de spectateurs seraient surpris d’entendre quelqu’un en marge d’un rassemblement de gilets jaunes s’inquiéter que les toxines environnementales deviennent des grenouilles gay.

Macron est dans une position particulièrement pauvre pour endiguer la vague de cette désinformation et prévenir les crises politiques qu’il annonce. Il a été élu il y a quatre ans, quelques mois seulement après Trump, comme une sorte d’héritier symbolique de l’ère du président américain Barack Obama : jeune, dynamique, rationnel et centriste. Un documentaire publié immédiatement après sa victoire présentait une scène climactique dans laquelle le 44e président américain appelle au haut-parleur pour féliciter son homologue Français.

Mais même en 2016, l’élection de Macron a eu l’air d’une mesure d’arrêt, simplement pour empêcher la victoire de Le Pen au dernier tour, plutôt qu’un vote de confiance pour l’establishment technocratique que Macron incarne. Le monde changeait — Trump l’avait prouvé autant — et la France n’était pas tout à fait prête à changer avec elle, du moins pas au niveau électoral.

 LA FRANCE SEULE

La persistance des gilets jaunes, bien plus que la pandémie ou le terrorisme, suggère un échec du leadership de la part de Macron.

Contrairement aux Etats-Unis, en France, l’augmentation des cas de COVIDE-19 est généralement accueillie comme un phénomène naturel, un virus faisant son truc, totalement indifférent à quel parti est au pouvoir.

Le terrorisme, en revanche, n’est pas présumé « ature »; c’est plutôt le genre de chose que la résolution claire et une politique saine peuvent empêcher. En 2017, le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, a proposé une nouvelle loi antiterroriste.

Depuis, les sondages d’opinion ont montré qu’une grande partie de la Français public est favorable à un renforcement des mesures contre les attaques islamistes et, en fait, à traiter ces attaques comme une affaire militaire plutôt que comme une simple affaire criminelle.

M. Macron a adopté une approche musclée en matière de surveillance et d’application de la loi, qui va souvent bien au-delà de ce que la Constitution américaine permettrait et qui met à l’épreuve les limites juridiques et éthiques de la police de communautés entières.

Ainsi, la plupart des électeurs qui apprécient l’état de droit craignent la perspective d’une administration du Rassemblement national qui serait prête à dépasser cette limite. Le gouvernement Macron surveille déjà les conversations des hommes musulmans dans les clubs de fitness, par exemple, comme celles où de nombreux immigrés tchétchènes, issus de la même communauté qu’Anzorov, s’entraînent pour devenir des combattants ultimes.

Le gouvernement Macron a qualifié le problème du terrorisme de militaire.

Après les attentats de Nice, M. Macron a annoncé « l’opération Sentinelle », qui passerait de 3.000 à 7.000 le nombre de militaires engagés dans la lutte antiterroriste nationale.

Le gouvernement Français parle aujourd’hui communément du terrorisme islamiste comme d’un « séparatisme » : un effort de la part des communautés en France pour faire sécession et établir leur propre souveraineté. Le langage a un attrait subjectif.

Aussi statistiquement improbable qu’une seule personne soit victime d’une attaque, la France se sent encore très bien comme un lieu assiégé. Les flashbacks que j’ai encore au 13 novembre 2015, sont des flashbacks de guerre.

Définir le problème comme un problème de séparatisme aide Macron à projeter la résolution et à apparaître comme un symbole d’unité Français et une incarnation des idéaux républicains. Pourtant, continuer à insister sur ces idéaux dans le monde d’aujourd’hui est un pari. Les dirigeants de nombreux pays musulmans ont clairement indiqué qu’ils ne méprisent pas seulement ces idéaux, mais qu’ils croient qu’il est dans leur droit de les combattre, même à l’intérieur des frontières de la France.

Le silence des autres pays occidentaux est particulièrement alarmant.

Pour la plupart, les alliés de la France ont trouvé dans les guerres de dessins animés un prétexte pratique pour montrer de la sympathie pour les personnes marginalisées, tout en ignorant entièrement l’engagement de principe à la liberté et à la tolérance qui contraint positivement la France à prendre la position qu’elle prend. D’autres pays occidentaux, bien sûr, partagent en grande partie les héritages historiques et les structures juridiques qui sous-tendent ces engagements, et jusqu’à récemment, ils n’auraient pas été en mesure de prétendre ne pas le savoir.

Mais à l’ère du populisme national introgation, la solidarité internationale sur les questions de principe semble désuète, et il est d’autant plus facile de l’éviter lorsqu’il s’agit d’offrir un vernis bon marché au multiculturalisme vertueux. C’est ainsi que la France se retrouve la plupart du temps seule.

Les politiques des alliés historiques de la France, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, ont dégénéré en diverses espèces d’illibéralisme. Il y a la forme populiste de droite qui détient actuellement le pouvoir dans ces lieux, et aussi la forme autoritaire de gauche qui domine de nombreuses institutions culturelles et achète dans le mensonge que lorsqu’une cellule terroriste avec des armes automatiques assassine un bureau plein d’humbles caricaturistes, ce sont ces dernières qui sont les oppresseurs. Ce mensonge est au moins aussi attrayant dans le monde anglophone aujourd’hui qu’en 2015.

Après les décapitations les plus récentes, les médias sociaux ont été bourdonnant de fausses équivalences et avec ce que le courageux journaliste turc allemand Deniz Yücel a appelé « le mensonge, merdique 'mais.' »

De plus en plus isolée dans un monde d’illibéraux et de leurs apologistes, la République Français continue, pour l’instant. Macron a souvent été trop impatient d’être considéré comme la personnification de la République.

Au début de son mandat, il semblait presque prêt à se déclarer le nouveau Napoléon et défendit publiquement le vieux fantasme de G. W. F. Hegel selon lequelle ce dont l’Europe avait le plus besoin était un leader qui incarne « l’Esprit absolu ».

Mais quand, fin 2020, le président Français passe à la télévision et dit : « Vive la République », on se réjouit en effet de l’entendre, et on se réjouit qu’il y ait quelqu’un en charge qui insiste encore là-dessus.

 

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