Les poursuites (inutiles) contre Francis Lalanne : Nos libertés en grand danger !

Nous connaissons tous les frasques de Francis Lalanne qui, depuis des années, argumente sur les sujets les plus divers, se positionnant en rebelle des lois et des directives républicaines. Dans les faits, ses paroles se perdent dans l'espace public et personne ne tient compte de ses positions et de ses appels à la désobéissance et à la révolution.

Aussi, le discours de Lalanne ne devrait pas faire trembler le gouvernement en raison de son insignifiance dans l'espace démocratique. Inaudible sur le forum politique, il a essayé de s'afficher avec les Gilets Jaunes pour prétendre devenir le porte-parole de ce mouvement.

En évidence, le succès n'a pas été au rendez-vous et son très faible score aux élections européennes (0,53 %) le disqualifie désormais pour tout avenir dans le monde de la politique. Non pas que Francis Lalanne ne possède pas de grandes qualités : côté artistique et culturel, il fait partie d'une certaine élite que l'on ne peut pas contester. 

Mais la politique n'est pas son "truc" et ses "révoltes", bien qu'assez légitimes dans la plupart des cas, ne font pas recettes auprès des citoyens.

C'est ainsi qu'en janvier 2021, il appelle à la « mobilisation générale du peuple français contre la tyrannie » dans une tribune sur le site jugé complotiste par de nombreux médias FranceSoir.

Il y demande aux parlementaires et à défaut aux militaires de « mettre fin à l'exercice du mandat de l'actuel président de la République » Emmanuel Macron.

Il appelle à la désobéissance civique afin d'obtenir « la réouverture de tous les espaces culturels, commerciaux et autres espaces de spectacle ou commerce frappés par des mesures discriminatoires et liberticides ».

Les médias font remarquer que le fait de provoquer à la désobéissance des militaires est passible de poursuites. Et voilà la "mayonnaise" a pris du côté du gouvernement quand on sait que le parquet de Paris vient d'ouvrir une enquête contre le chanteur pour ""provocation à la commission d'atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation" après sa tribune précitée publiée dans le journal France Soir.

L’artiste risque donc cinq ans de prison et 45.000 euros d’amende. Alors pourquoi l'État républicain aurait-il peur de Monsieur Lalanne ? Revenons quelques instants sur la contenu de la tribune en question.

Le 22 janvier dernier, sur le site de France Soir, le chanteur militant a publié une tribune, baptisée "J'appelle", dans laquelle il exhortait "le peuple français" à "la mobilisation générale contre la tyrannie". "Pour ce faire, je demande aux plus grands responsables militaires français de procéder, au nom du peuple français, à la mise à pied des auteurs du Coups d'Etats. Donc par voie de conséquence, de mettre fin à l'exercice du mandat de l'actuel président de la République".

En clair, un appel à l'armée pour destituer Emmanuel Macron de ses fonctions pour le faire "comparaître devant un tribunal constitué en Haute Cour, pour qu'ils (avec les 'auteurs du coup d'Etat', selon ses mots, ndlr.) aient à répondre du chef de haute trahison. Une sortie qui, en plus d'avoir été publiée dans un journal réputé désormais pour diffuser diverses théories complotistes, n'était pas passée inaperçue.

Si Francis Lalanne est poursuivi, ce n'est pas pour le danger qu'il représente, car en vérité, il est plutôt inoffensif. C'est uniquement l'occasion pouir Macron et ses amis politiques d'affirmer une fois de plus la restriction de la liberté d'expression et de supprimer toutes contestations, même les plus minimes.

Donc une marche en continu vers le pouvoir oligarchique qui existe déjà, une anti-chambre vers la dictature.

Pierre Reynaud - ancien universitaire

A titre d'information, ci-dessous prenez le soin de lire un article écrit par Régis de Castelnau, avocat et écrivain.

« La procédure contre Francis Lalanne en dit long sur les méthodes que le gouvernement est prêt à utiliser, c’est inquiétant ! »

FRANCIS LALANNE

 

Le chanteur Francis Lalanne, une des figures des Gilets jaunes, est visé par une enquête pour « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation » suite à une tribune appelant à la mobilisation générale du peuple français contre la tyrannie parue sur le site France Soir.

L’artiste risque cinq ans de prison et 45.000 euros d’amende. La République a-t-elle peur de Francis Lalanne ?

Francis Lalanne est visé par une enquête pour atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Cette accusation est extrêmement grave puisque le chanteur risque cinq ans de prison et 45.000 euros d’amende. De mémoire, cela fait des décennies que nous n’avons plus entendu une telle mise en examen.

Nous n’avons plus entendu une telle mise en examen depuis le 22 avril 1961, avec le coup d’État des quatre généraux à Alger. Le texte incrimine un certain nombre de faits, dont celui d’appeler les forces armées à la rébellion. Il faut l’avoir fait dans le but de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.

C’est une condition impérative.

Francis Lalanne est un chanteur fantasque et fantaisiste qui, depuis vingt ou trente ans, dit tout le temps n’importe quoi. Il a choisi d’aller sur France-Soir pour faire un article disant que l’arrivée d’Emmanuel Macron était le fruit d’un coup d’État judiciaire, etc.

L’exercice de son pouvoir est effectivement illégal et irrégulier.

Cette affaire rappelle l’espèce de duel absurde qui avait eu lieu pendant le mandat de François Hollande entre Manuel Valls et l’humoriste controversé Dieudonné. On a l’impression que le pouvoir se ridiculise en allant chercher des clowns pour en faire des victimes politiques.

Dieudonné est un des meilleurs amuseurs, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est très politique. J’aurais tendance à dire que c’est en chantant et en disant des bêtises que le pauvre Francis Lalanne porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Toujours est-il que c’est tout de même inquiétant de se retrouver dans une situation où on a un État faible. Je ne parle pas seulement du terrorisme, mais il y a également le problème de l’insécurité, les quartiers perdus, etc.

Il sort la grosse artillerie dès lors qu’on s’oppose verbalement ou par écrit au pouvoir en place. Je trouve qu’il est très inquiétant d’avoir ces réflexes.

L’incrimination n’a jamais été utilisée sous sa forme actuelle. Lorsqu’on lit ce qu’avait écrit Francis Lalanne, on se dit que ce type n’est pas sérieux. Vous pensez bien que depuis qu’il l’a fait, personne, dans l’armée, n’a bougé.

Le fond du texte est assez grave. L’État n’est pas faible au point d’aller persécuter un chanteur…

Effectivement, on constate cette espèce de disproportion et le caractère complètement ridicule. Ce pouvoir a pris l’habitude de porter atteinte à la liberté d’expression. Francis Lalanne l’a exercé comme il fait d’habitude, c’est-à-dire en disant n’importe quoi. C’est un signal envoyé. Merci, les magistrats ! Quelle est cette façon, pour les magistrats du parquet, de lancer cette procédure pour intimider et pour porte atteinte à la liberté d’expression ? C’est devenu une habitude. Voilà ce qui m’ennuie, dans cette affaire. Cela pourrait être seulement ridicule, mais c’est plutôt inquiétant.

Quelle est cette République qui a peur de Francis Lalanne ?

Je crois qu’elle n’a pas peur de Francis Lalanne.

Elle a peur d’autre chose et elle est en train de se préparer dans une année préélectorale pour essayer de conserver le pouvoir.

Je pense que cela en dit long sur les méthodes qu’elle est prête à utiliser. On a eu l’amendement concernant le vote par anticipation.

Et maintenant, il y a tout un tas de petits signaux faibles ou forts qui montrent bien le caractère illibéral du pouvoir actuel installé à l’Élysée. Je pense qu’il faut être vigilant.

RÉGIS DE CASTELNAU

 

Régis de Castelnau

 

 

 

 

 

 

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