L’INDÉCISION CITOYENNE

La France est remplie de paradoxes. Ce n’est pas la première fois que cette situation est constatée. Si l’on remonte à plusieurs décennies en arrière, on s’apercevra facilement que les Français sont souvent dans l’indécision, dans le doute permanent et particulièrement dans l’indétermination, ce qui entraîne depuis longtemps un désordre à répétition néfaste aux équilibres politiques et sociaux.

Aujourd’hui, si notre nation s’est dégradée, ce n’est pas uniquement la faute aux politiques. Certes, ils portent de lourdes responsabilités et on ne peut pas les dédouaner des problèmes que subissent nos populations.

Mais dans les faits, les citoyens font aussi de graves erreurs, notamment dans leur démarche d’électeurs au moment des diverses échéances électorales. Et à ce niveau, les exemples sont précis et très clairs. Remontons en 2012 peu avant les élections présidentielles.

Le président Sarkozy qui venait d’accomplir un mandat de cinq ans, était candidat à sa propre succession face à François Hollande, candidat de la gauche. Si on raisonne avec une certaine objectivité, quiconque pourra constater que Nicolas Sarkozy avait mené une politique pas aussi mauvaise que certains ont voulu le dire, même si elle comportait des erreurs ou des lacunes relativement importantes.

Les Français dans une majorité estimant être mal considérés et délaissés par le système Sarkozy ont préféré alors désigner le candidat Hollande pour assurer la gouvernance du Pays. Le président élu n’a pas réussi à mener à bien le changement proposé, et le résultat final fut très décevant. Le quinquennat de l’ancien député de Corrèze restera incontestablement un énorme échec pour l’avenir de la France.

Après le désastre Hollande, l’électorat français se tourna rapidement vers Emmanuel Macron, un jeune candidat issu du gouvernement socialiste conduit par Manuel Valls. Alors que Macron, ministre de l’Économie pendant deux ans sous le règne « hollandais » avait échoué dans sa politique économique, ce qui ne l’a pas empêché de remporter les élections présidentielles, alors même que son programme de réformes était imprécis, voire indéfinissable.

Aujourd’hui, depuis le 14 mai 2017, Emmanuel Macron est aux commandes. Rapidement, la politique du nouveau président a déclenché de nombreux mécontentements et de vives réactions comme celles engendrées par le mouvement des Gilets Jaunes.

Aujourd’hui, ce sont des grèves incessantes qui se déclenchent dans toutes les catégories professionnelles, handicapant au quotidien la vie des Français, sans pour autant que ces débrayages récurrents apportent une amélioration aux problèmes concernés.

Que faut-il donc penser de la situation actuelle ?

À mon sens, les Français font de nouveau fausse route et cette erreur risque de se retourner contre eux, une fois de plus. Pourtant, deux solutions existent et le citoyen doit longuement réfléchir pour lui-même comme pour l’avenir de la Nation et des jeunes générations.

La première solution est celle de l’acquiescement du pouvoir en place. Ainsi, il faut laisser gouverner tranquillement le président Macron et permettre à la majorité présidentielle de réaliser dans la sérénité les réformes engagées au cours du quinquennat.

La seconde solution est celle d’une opposition forte et déterminée, si les citoyens considèrent que la politique conduite par le gouvernement est dangereuse pour les acquis sociaux et les valeurs républicaines. Dans ce cas, il sera impératif et très urgent de mettre en place un blocage national pour presser l’État à changer sa politique pernicieuse. Faute de quoi, le peuple français devra se mobiliser le plus largement possible pour forcer le pouvoir à provoquer des élections législatives anticipées dans le but de promouvoir des politiques nouvelles adaptées à l’intérêt de la Nation.

Mais en fait, il existe bien au final une troisième solution. C’est celle que nous vivons actuellement. En vérité, il y a une opposition bien réelle à Emmanuel Macron, mais c’est plutôt une opposition « d’opérette » qui n’a aucun effet positif sur les avancées sociales et sur la politique économique. Les samedis sont toujours « animés » par les Gilets jaunes avec les violences régulières de certains individus radicaux. Les manifestations fleurissent, le désordre se développe un peu plus chaque jour, alors que les agressions sont toujours plus nombreuses. Sans oublier les attentats qui menacent à chaque instant la sécurité de notre Pays.

En attendant, la France n’avance plus et s’enlise à vue d’œil. La Nation est dans l’impasse et son éclatement n’a jamais été aussi apparent. La France divisée en deux s’engouffre dans une guerre civile qui pourrait avoir des conséquences irréversibles. Et ce n’est pas dans un tel contexte si explosif que la République pourra survivre.

Pierre Reynaud

L’INDÉCISION FRANÇAISE

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