LA FRANCE AU POINT MORT

Les élections européennes ont marqué un arrêt important dans la politique française. On s’attendait après ce scrutin de la part du gouvernement à une orientation de politique différente, si l’on tient compte surtout du demi-échec d’Emmanuel Macron face au Rassemblement National.

Aujourd’hui, tout semble rentré dans l’ordre après le chaos des six mois de manifestations organisées par les Gilets Jaunes. Alors qu’au début de l’année encore, on s’attendait à un grand changement social avant l’été, aujourd’hui, on est dans le statu quo ou plutôt dans une défaite populaire qui a permis au chef de l’État, de reprendre la main.

Pourtant, il fut un temps où le président Macron accumulait les soucis et les problèmes.

Tout d’abord, ce fut l’affaire Benalla qui paraissait mettre en péril le locataire de l’Élysée et nombreux de ses amis.

Puis, les Gilets Jaunes remplirent les rues de Paris et la plupart des ronds-points de France. Le pays semblait être au bord dans une situation insurrectionnelle, si bien que de nombreux observateurs politiques firent des rapprochements avec 1789, comparant les Gilets Jaunes aux Sans-Culottes de la Révolution.

Ensuite, après trois mois de consultations et d’échanges, le Grand Débat n’apporta aucune véritable solution à la crise que subissait la Nation.

Enfin, les élections européennes pouvaient laisser envisager un tournant dans la vie politique du pays si la majorité présidentielle ne parvenait à faire un score honorable face aux Républicains dont les sondages prédisaient une remontée spectaculaire. En fait, ce fut la débâcle pour le parti de Laurent Wauquier dont les voix allèrent en grande partie chez La République en Marche.

À l’heure d’aujourd’hui, une page du quinquennat Macron semble tournée définitivement.

L’acte II du gouvernement est en place et rien ne changera vraiment. Macron poursuit sa politique sans aucune modification notable et, dans ce contexte, il ne devrait plus s’inquiéter, le peuple français ayant choisi la renonciation à toute forme de contestation.

Le samedi, quelques poignées de Gilets Jaunes demeurés irréductibles, continuent de manifester dans le vide, sans espoir de gagner, mais simplement pour ne pas s’avouer vaincus. Un comportement à la Don Quichotte voulant se battre contre les moulins à vent.

Quant à l’affaire Benalla, elle est terminée, bouclée et très certainement enterrée. Et ce n’est pas la justice qui démontrera le contraire au moment du procès … s’il a lieu au final !

Au fond, Macron a bien joué depuis le début.

Avec la complicité et l’appui de certains grands médias, le président est toujours parvenu à nager dans la tempête, malgré les oppositions d’une France devenue atone, sombrant aujourd’hui dans le découragement.

Voici quelques jours, j’ai pu rencontrer plusieurs ex-Gilets Jaunes de la première heure. Après de grands espoirs, leur combat est terminé, et ils ne cachent pas leur désespérance et leur tristesse.

Leur certitude est très claire : ils ne se lanceront plus dans l’aventure du 17 novembre qui fut un échec cuisant pour tous et celles qui voulaient changer la société.

Si les perdants sont très nombreux, les gagnants sont toujours bien présents et plus optimistes que jamais. Ils sont politiques ou patrons de la grande finance. Leur avenir est assuré, même bien conforté suite à la déroute d’un peuple épuisé et désarmé.

Les vacances arrivent bientôt et on oublie tout, en rêvant déjà de la mer ou d’un prochain voyage.

Cependant, il y a ceux qui vont partir vers de nouveaux horizons pendant que les autres resteront comme chaque année, dans leur HLM à méditer inlassablement sur les méfaits de l’injustice sociale.

Pierre Reynaud

LA FRANCE AU POINT MORT

 

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