LE DANGER ÉLYSÉEN

Réflexion : le chef des armées (détenteur officiel de l’arme nucléaire) est-il responsable de ses actes ?

Après les événements de ces derniers jours, une réflexion revient sans cesse à l’esprit, suite à la réquisition de l’armée pour l’acte 19 des Gilets Jaunes : Que s’est-il passé dans la tête du président Macron pour prendre une telle décision ?

De mémoire, personne n’avait vu l’armée dans les rues de Paris à l’exception évidemment du défilé traditionnel du 14 juillet sur les Champs Élysées. Autrement, il faut remonter 79 ans en arrière en juin 1940 pour voir défiler des soldats dans la capitale ; mais en fait, il s’agissait alors des troupes allemandes venant occuper les quartiers parisiens emblématiques.

Ainsi, pour faire face aux éventuels débordements des manifestations, Emmanuel Macron agissant en qualité de président de la République, chef des Armées (article 15 de la Constitution), a voulu jouer au « petit soldat » qui donne des ordres sans y réfléchir avant, le tout dans une désinvolture propre à son personnage, autoritaire et inconséquent.

En choisissant de mobiliser les militaires de opération Sentinelle, il a voulu montrer sa domination et sa puissance, alors que cette décision n’avait aucun sens. Nous savons tous que l’armée est déployée uniquement pour protéger les lieux sensibles, soulageant ainsi les forces de l’ordre engagées sur le terrain. Il n’est jamais question que les soldats aillent au contact des manifestants. Mais c’est ici qu’il y a interrogation. Qu’aurait pu-t-il se passer si, de leur côté, les manifestants étaient allés au contact des militaires ? Et si les black-blocs étaient venus armés lourdement ? Les soldats sont entraînés uniquement à faire la guerre, et non pas à manier des armes non létales dont au demeurant, ils ne sont pas équipés. De même, ces soldats savent parfaitement qu’ils ne peuvent ouvrir le feu que dans certaines circonstances bien particulières.

Alors, en prenant une telle décision, Emmanuel Macron a-t-il mesuré la portée de son acte ? Dans l’énorme violence qu’a connu la journée du 16 mars, Paris aurait pu s’enflammer totalement à cause d’une audace imbécile prise par un homme irréfléchi dont l’acte est entièrement irresponsable. Macron a donc joué avec le feu. Et ce geste fait peur aujourd’hui : n’oublions pas que le président de la République détient l’arme nucléaire et ainsi à n’importe quel moment, il pourrait déclencher le « feu nucléaire » à partir de n’importe quel endroit du monde. C’est lui et seulement lui, qui détient les codes pour la mise à feu.

Dans un tel contexte, on peut se poser de très sérieuses questions : Macron est un homme supposé intelligent, mais qui agit par pulsion. Et chez lui, cette pulsion est difficilement contrôlable car elle devient obsessionnelle au niveau politique. En vérité, Macron est un gamin qui joue au soldat sans savoir la portée de ses actes. Mais le véritable problème réside dans le fait que Macron n’est pas un citoyen ordinaire. Il est président de la République alors qu’il n’en pas les capacités et l’envergure. Voici une cinquantaine d’années, De Gaulle étant au pouvoir, Paris se couvrit de barricades en quelques jours. Les journées de mai 68 revêtirent très rapidement un aspect insurrectionnel présentant des affrontements extrêmement violents entre manifestants et force de l’ordre, et certainement plus véhéments que ceux connus avec les Gilets Jaunes jusqu’à ce jour. Et malgré cette immense révolution de rue, le général de Gaulle n’envisagea à aucun moment de faire intervenir l’armée. Mais de Gaulle était … de Gaulle et Macron est bien loin d’avoir la stature du libérateur de la France.

Pierre Reynaud

EMMANUEL MACRON

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