ALIMENTATION : la santé est dans l'assiette

Manger pour vivre ? Bien sûr ! Mais bien manger pour bien vivre ? Entre contraintes de choix et mauvaises habitudes, difficile, parfois, d’obéir à ce deuxième impératif… Aujourd’hui, cependant, la demande pour des produits alimentaires sains ne cesse d’augmenter, sur fond de prise de conscience des consommateurs et de vigilance de la part de certaines organisations. Et l’offre doit s’adapter. (Cet article est issu de T La Revue de La Tribune - N°8 "Du champ à l'assiette - Mieux produire pour bien manger", actuellement en kiosque).

FRUITS ET LÉGUMES

 

L'information a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Au printemps 2021, Nestlé, leader mondial de l'agroalimentaire, reconnaissait, dans un document interne auquel le Financial Times avait eu accès, que seuls 37 % de ses produits - pâtes ou pizzas surgelées Buitoni, yaourts et desserts La Laitière, Chocapic, Nesquik... - remplissaient les « critères reconnus de santé » utilisés par les experts internationaux indépendants. Autrement dit, près de 60 % des produits testés par la multinationale d'origine suisse sont mauvais pour la santé... Trop sucrés, trop salés, trop gras et ultra-transformés. Ainsi, 96 % des boissons aromatisées du groupe et 99 % de ses glaces se situaient en deçà des critères, l'eau et les produits laitiers faisant un peu mieux. Pis, le commentaire indiquait même que certaines catégories de boissons et d'aliments ne seraient jamais bonnes pour la santé, quelle que soit la « rénovation » des ingrédients...

Comment en est-on arrivé là ? Sans remonter à la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui a donné naissance, dans une Europe dévastée, à des politiques de production agricole intensive pour nourrir les populations, « depuis plusieurs décennies, nos habitudes alimentaires ont été modifiées par l'accroissement de la richesse et l'industrialisation », remarque Emmanuelle Kesse-Guyot, de l'équipe de recherche mixte (Inserm/Inrae/Cnam/Université Sorbonne Paris Nord) en epidémiologie nutritionnelle (EREN). Et alors qu'auparavant, le régime alimentaire était principalement végétal, il est devenu de plus en plus carné. Mais aussi de plus en plus sucré, de plus en plus salé, de plus en plus gras. Pour plusieurs raisons. D'abord, parce que, de l'avis des nutritionnistes, les humains « aiment ça », mais aussi, et peut-être surtout, parce que les industriels de l'agroalimentaire sont d'autant plus ravis de satisfaire leurs goûts que certains ingrédients servent leurs intérêts. En effet, ajoutés aux produits, ils permettent notamment de faire des économies sur les denrées de base, plus chères... Pourtant, ils présentent de graves dangers.

Les liens entre (mauvaise) alimentation et (mauvaise) santé ont été étudiés depuis des décennies et ne laissent aucun doute. À titre d'exemple, dans son rapport de 2016 établissant des recommandations sur l'apport en sucres, l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) soulignait que « l'excès de sucre peut entraîner surpoids, obésité et maladies qui y sont associées, comme le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et certains cancers ». Et alors que « l'organisme a davantage de difficultés à gérer des sucres sous forme liquide, par exemple », souligne Emmanuelle Kesse-Guyot, l'agence alertait sur les sodas, nectars et autres jus de fruits et sur de nombreux autres produits. A suivre ...

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