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L’État français va-t-il racheter Alstom ?

Alstom, sera-t-elle rachetée par la France ? L’entreprise vendue à Général Électric en 2014 pourrait revenir dans le giron national. Ce serait alors un coup très important pour le pouvoir exécutif fort critiqué pour ses abandons de souveraineté antérieurs.

 

Souvenez-vous, c’était en 2014. L’Américain General Electric rachetait – suite à un coup monté rocambolesque de l’État profond américain sur la base de l’extra-territorialité de son droit, de pressions et de menaces – la branche énergie d’Alstom. Les fameuses turbines Arabelle, essentielles à nos centrales nucléaires, passaient sous pavillon américain.

Selon des informations internes révélées par le Canard enchaîné le 14 octobre et passées relativement inaperçues, une opération de reconquête est en cours. Six ans après la vente polémique du fleuron national à General Electric, l'État français est à la manœuvre pour remettre la main sur ses turbines nucléaires, l'un des pans les plus stratégiques et symboliques de notre industrie. La discussion est en cours entre la Direction générale des entreprises de Bercy, l’Élysée et Matignon.

L’opération (chiffrée à environ 1 milliard d’euros) devrait, selon un participant français aux négociations, être conclue à la fin de l’année. Porté depuis plus d'un an par l’ex cadre d’Alstom Frédéric Pierucci - accusé de corruption par le gouvernement américain et écroué plusieurs années aux États-Unis -, le projet de reprise des activités nucléaires de GE par un consortium 100% tricolore (Sénevé Capital) vient en effet de profiter d’un coup d'accélérateur.

Le contexte est le suivant : General Electric est aujourd’hui en grande difficulté financière (en plus de faire l’objet d’une enquête de la SEC (ndlr : Securities and Exchange Commission, soit le gendarme de la Bourse américaine), ce qui la pousse à envisager la vente de ses parts de Geast, sa filiale nucléaire. C’est cette filiale qui fabrique les turbines Arabelle, véritable bijou de technologie qui équipe les centrales nucléaires les plus récentes. De surcroît, Geast s’occupe aussi de la maintenance de notre parc nucléaire, notamment nos 56 réacteurs français et de notre porte-avions « Charles-de-Gaulle ». Une position hautement stratégique puisque cela signifie qu’en se rendant maîtres d’une partie de la chaîne de production de nos bâtiments de marine, les États-Unis ont théoriquement les moyens de les rendre inopérants !

Mais quid du risque que Geast soit racheté par un acteur étranger ? C’est là que la France a une véritable carte à jouer. Pour vendre les parts de sa branche Geast, General Electric a besoin de l’accord de l’État français en vertu du « golden share », sorte de droit de veto obtenu au moment des négociations à la suite desquelles, en 2018, Alstom était définitivement sortie du capital des trois co-entreprises (nucléaire, énergie renouvelables et hydrauliques, et réseau électrique) créées avec GE en 2015. Cet « golden share » place la France en arbitre. Elle pourrait donc s’opposer à toute cession de parts à des fonds étrangers pour être sûre de récupérer le marché.

EDF pourrait se charger de l’opération de rachat mais tire pour le moment la langue sur le plan financier. Selon le Canard enchaîné, Framatome et la Caisse des dépôts seraient également dans les négociations.

ALSTOM


 

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