PALACES PARISIENS : quel avenir ?

Les palaces de Paris sont très ébranlés par les effets de la pandémie de coronavirus. La plupart d’entre eux sont fermés depuis des mois et, le tourisme étant au point mort, les affaires resteront difficiles à la réouverture.

Capitale de la première destination touristique du monde, Paris ne manque pas d’hôtels pour tous les goûts et tous les portefeuilles, du simple hôtel au palace, où une seule nuit peut vous coûter jusqu’à 30 000 euros (35 000 dollars). Mais le coronavirus et le verrouillage qui s’ensuit ont été durs pour la Ville Lumière. Au moins 80% des clients des hôtels les plus luxueux venaient auparavant hors d’Europe, une voie désormais fermée pour cause de restrictions des voyages internationaux. En conséquence, la plupart des hôtels ultra-luxe sont entrés dans une hibernation de plusieurs mois, dont ils ne commenceront à sortir qu’à la fin août.

La capitale des palaces 

Paris compte 12 hôtels haut de gamme classés en palace, ce qui dépasse le simple statut de cinq étoiles. C’est une désignation accordée aux maisons par Atout France, l’agence chargée de promouvoir le pays comme destination touristique à l’étranger.

Les palaces portent des noms historiques tels que le Plaza Athénée, Le Bristol et l’Hôtel de Crillon. Seule la plus petite de la douzaine de chambres de luxe – La Réserve, avec ses 40 chambres – est ouverte depuis le 5 mai.

Ce bref monopole sur le segment hôtelier le plus exclusif a permis à La Réserve d’atteindre un taux d’occupation de près de 80 %, selon son directeur général Romain Meiran. Mais quand le reste du peloton reviendra, la vie sera plus dure pour tout le monde, dit-il.

« Ce que nous pouvons faire, c’est nous adapter à une situation difficile », dit Romain Meiran. Cela inclut de nouvelles initiatives telles que le service de livraison depuis son restaurant et des offres spéciales de dîner pour attirer les clients.

Le tourisme de luxe menacé par l’épidémie

Christophe Laure, président du groupe hôtelier UMIH Prestige, estime que les recettes vont chuter d’au moins 40 % cette année. Le tourisme est un secteur crucial pour la France, qui représente sept pour cent de son économie et plus de deux millions d’emplois. Il y a de l’espoir pour récupérer un peu d’activité plus tard cette année, avec les Internationaux de France de tennis à Roland-Garros qui commenceront le 21 septembre et la Semaine de la mode une semaine plus tard. Les délégations officielles des pays étrangers qui rencontrent le président à l’Élysée – à trois minutes de marche – devraient également faire leur retour, selon Luca Allegri, qui dirige l’hôtel Le Bristol palace.

Autre coup dur pour le tourisme en France, la Grande-Bretagne a annoncé le 13 août dernier des restrictions de voyage pour six destinations de vacances très prisées. À partir de 4 heures du matin le 15 août, toute personne arrivant de France, des Pays-Bas, de Monaco, de Malte, des Turks and Caicos et d’Aruba devra s’isoler pendant 14 jours, selon un tweet du ministre des transports Grant Shapps.

Allegri ne prend aucun risque au Bristol, avec ses balcons dégoulinants de géraniums. Chaque valise entrant dans les locaux passera par une passerelle de désinfection, il y aura un intervalle de 24 heures entre l’occupation d’une nouvelle chambre pour permettre un nettoyage en profondeur, et une infirmière sera sur place sept jours sur sept.

Lorsque les 600 employés et, espérons-le, certains clients reviendront le 1er septembre, les affaires seront probablement « très difficiles » déclare M. Allegri, même si l’hôtel n’augmentera pas les prix pour compenser les affaires perdues.

D’autres ont une vision encore plus sombre de leurs perspectives. Les 100 chambres et suites de l’hôtel Shangri-La, situé à proximité de la Tour Eiffel, sera fermé plus longtemps : la réouverture vient d’être reportée d’un mois, au 1er octobre.

HÔTEL LE CRILLON

Sources : South China Morning Post

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