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BIG PHARMA ou l’immense puissance des groupes pharmaceutiques qui dominent les États.

Le mardi 15 septembre, Arte diffusait sur sa chaîne, un documentaire français, réalisé par Luc Hermann et Claire Lasko., intitulé « Big Pharma, labos tout-puissants. »

Le documentaire est un excellent reportage qui dénonce les dérives de l’industrie pharmaceutique Il très accablant sur les pratiques des mastodontes de l’industrie des médicaments.

Alors, qui représente Big Pharma ? En fait, ce sont quelques titans mondiaux de la pharmacie, peu nombreux certes, mais qui pèsent lourd dans le monde des laboratoires et surtout dans le giron des gouvernements de la plupart des pays de notre planète.

Ils s’appellent Novartis, Roche, Pfizer, Johnson & Johnson, Sanofi. Novartis et Roche sont des établissements suisses, Pfizer, Johnson & et Johnson sont américains ; quant à Sanofi, il est français. Leurs chiffres d’affaires annuels oscillent, en 2019, entre 45 milliards et 70 milliards de dollars, soit des montants supérieurs aux PIB de nombreux États. De quoi, assurément, se sentir flotter très loin au-dessus des lois, sans risque d’opposition de la part des gouvernements en place. Et en particulier, dans le contexte inédit, d’une pandémie, dont l’issue semble reposer selon les dires des dirigeants politiques de nombreux pays, sur la mise sur le marché, par cette même industrie pharmaceutique, d’un vaccin fiable et accessible. À prouver bien évidemment !

Ceux qui suivent l’actualité du secteur connaissent la plupart des affaires évoquées dans le documentaire Big Pharma, labos tout-puissants, ci-dessus relaté. Comme celle de Daraprim, un médicament contre la toxoplasmose ert le paludisme dont le prix à bondi dfe 5.400 % au cours du mois de septembre 2015, sur la simple décision de Martin Shkreli, gestionnaire d’un fonds d’investissement spéculatif. Quel scandale ! Un homme sans aucun complexe, dépourvu de tout sentiment dont le cynisme est époustouflant. « Si je pouvais remonter le temps, j’aurai augmenté davantage le prix » déclare-t-il avec arrogance et mépris lors d’une audition publique alors qu’il est gravement accusé d’une affaire de fraude.

Dans le même esprit, on découvre également comment le groupe Novartis a réussi à faire imposer le « Lucentis » pour soigner la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), bien qu’il soit quarante fois plus cher que « l’’Avastin » produit par son concurrent (et partenaire Roche), suite à une longue « démonstration » sans grand intérêt, et particulièrement peu convaincante.

Effets secondaires dangereux

Le business pharmaceutique ne s’arrête pas là. Autre pathologie, autre pratique.

Le « Solvaldi » fabriqué par les laboratoires Gilead, rare médicament contre l’hépatite C a été vedu tout d’abord aux États-Unis, à 84.000 dollars (70.900 euros pour trois mois de traitement) , puis en Europe à 42,000 euros, avant q’un médicament générique de Mylan n’obtienne ensuite l’autorisation de mise sur le marché dans les pays en développement pour 80 euros seulement et ce, faut-il le préciser, grâce à l’arbitrage notamment de Marisol Touraine, ex-ministre de la Santé publique en France. Cette dernière est intervenue également, à propos du Kymriah (laboratoire Novartis), une thérapie génique prescrite en particulier chez les jeunes leucémiques et facturée à 320.000 euros.

Si le prix est un levier de la puissance des laboratoires, il n’est pas le seul. Ces derniers ont également besoin de « fidéliser » leurs malades-consommateurs.

L’un d’eux, Johnson & Johnson, est accusé aux États-Unis, à l’heure actuelle, d’encourager une surconsommation, potentiellement addictive, à un antidouleur à base d’opioïdes.

D’autres n’ont pas hésité à nier lamentablement les effets secondaires dangereux de leurs produits. Ce fut par exemple le cas des laboratoires Servier avec le « Médiator » retiré du marché plus de trente ans après sa mise en vente, ou encore de la « Dépakine » antiépileptique des laboratoires Sanofi prescrit anormalement à une époque à des femmes enceintes. Il a été constaté que ce médicament était responsable de troubles physiques et moteurs chez des milliers d’enfants. Ainsi, le reportage de la chaîne Arte a mis en lumière le drame subi par le fils de Marine Martin qui a témoigné clairement sur son long et douloureux combat.

Le documentaire de Luc Hermann et de Claire Lasko souligne sans détour que l’industrie pharmaceutique reste toute puissante sur l’ensemble de la planète. Elle paraît même intouchable, indestructible tant des moyens de pression sont élevés à tous les niveaux de la société et dans les sphères du pouvoir politique. Cependant, malgré cette force en apparence inattaquable, certains changements semblent s’amorcer : le gestionnaire Martin Shkreli a été condamné en mars 2018 à sept années de prison. Dans l’affaire de la Dépakine, le groupe pharmaceutique Sanofi a été mis en examen pour « homicides involontaires » en août 2020. Enfin, en septembre, l’Autorité de la concurrence a infligé une amende de 445 millions d’euros à Novartis, Roche et Genentech pour pratiques abusives dans le cadre du traitement de la DMLA.

Incontestablement, ce sont des avancées et des victoires sur la malhonnêteté de ces grands laboratoires pharmaceutiques qui sont contraints de modérer désormais leurs spéculations.

Ce qui n’empêche pas de reconnaître qu’il reste encore beaucoup à faire pour rétablir certains équilibres et que le chemin sera bien long pour assainir l’industrie du médicament.

Pierre Reynaud

BIG PHARMA

 

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