Christophe Castaner et les « ardoises » forcalquiérennes

On s’y attendait depuis longtemps. Voilà des bruits qui courent depuis 2017 – 2018, mais c’était le silence total au niveau médiatique. Qui aurait pu mettre en cause Christophe Castaner alors qu’il était ministre de l’Intérieur ? Dans la ville de Forcalquier, les commentaires vont bon train et cela dure depuis plusieurs années.

En effet, la petite sous-préfecture des Alpes de Haute-Provence a bien connu Castaner comme maire pendant plus de 16 ans, de 2001 à 2017. Par la suite, ce dernier conscient des problèmes qui l’attendaient suite à la mauvaise gestion de la ville, a préféré se retirer de ses fonctions de maire pour les déléguer à son premier adjoint, Gérard Avril qui, malgré lui peut-être, va être contraint de partager les responsabilités dans les enquêtes à venir. Il deviendra alors et très certainement malgré lui, le bouc-émissaire de dossiers judiciaires imminents.

Soyons clairs ! Castaner cherchera à faire porter le « chapeau » à Monsieur Avril, son ancien adjoint A ce sujet, nous savons que l’ancien ministre n’a aucun scrupule. C’est un homme froid et sans âme, capable des pires trahisons, aussi abject que ses quelques rares amis politiques, tel que le président de la République en fonction actuellement.

Mais revenons aux « affaires » concernant la commune de Forcalquier.

Au cœur des Alpes de Haute-Provence, dans l’environnement coloré mais rude du Pays de Giono, la petite ville de Forcalquier a connu un passé d’exception qui remonte au XIII ème siècle, au moment même où Raimond Béranger, comte de Provence, épousa Béatrice de Savoie dont il eut quatre filles toutes devenues reines : Marguerite, reine de France (épouse de Saint-Louis), Éléonore, reine d’Angleterre (épouse de Henri III), Sancie, reine de Germanie (épouse de Richard duc de Cornouailles), Béatrice, reine de Sicile (épouse de Charles d’Anjou)..

Si Forcalquier a eu ses heures de gloire, elle a vécu également des moments douloureux et tout spécialement lors de la Seconde guerre:mondiale. Aujourd’hui, elle reste une cité plutôt endormie malgré ses activités culturelles qui rassemblent chaque année de nombreux touristes et vacanciers.

L’élection de Christophe Castaner aux municipales de 2001

Parachuté en 2001, il est à l’époque un candidat inconnu qui va s’affronter à Pierre Delmar, maire sortant. Soutenus par les barons socialistes locaux, il emporte alors de justesse les élections municipales avec un écart minime, soit à peine 31 voix d’avance, un résultat contesté par l’opposition qui d’ailleurs n’aura pas gain de cause.

Au début, le nouvel élu jouit d’une popularité relativement importante, les habitants de Forcalquier considérant qu’il est un maire plutôt dynamique et rénovateur de la ville où il fait effectuer certaines améliorations et divers travaux.

Il est réélu en 2008, puis en 2014 avant de renoncer à ses fonctions de maire en 2017.

Mais peu à peu, il prend des distances avec la population et porte son intérêt totalement ailleurs, beaucoup plus attiré par le pouvoir central que par la gestion de la ville dont il est maire. Député des Alpes de Haute-Provence, vice-président du Conseil régional, il atteint ensuite les hautes sphères de l’État avec pour consécration sa nomination de ministre de l’Intérieur.

CHRISTOPHE CASTANER

Castaner et les affaires

Pendant longtemps, Christophe Castaner a régné en maître,tout d’abord à Forcalquier où en premier magistrat de la ville, il exerçait une forte autorité au sein même du conseil municipal. ; ensuite, au niveau du gouvernement où sa position en tant que ministre de l’Intérieur lui donnait incontestablement une puissance difficilement discutable, malgré quelques dures oppositions.

Mais, si vous vous rendiez à Forcalquier ou dans la région, les critiques allaient bon train surtout quand certains parlaient de certaines affaires dont l’une serait essentiellement liée à un dossier immobilier nébuleux. Jusqu’ici, ce dossier paraît rester dans un statu quo étrange, voire inquiétant, et nettement limité au simple potin de la rue.

En septembre 2017, des bruits sérieux courent sur la gestion calamiteuse de Christophe Castaner avec les deniers de la ville de Forcalquier. Ces rumeurs viennent se concrétiser quand le magazine Capital vient publier dans ses pages le 18 novembre 2017 le déficit qui plombe la petite sous-préfecture des Alpes de Haute-Provence. Les comptes de la ville sont dans le rouge et le bilan de l’ancien maire est pour le moins contrasté.

Assommée par une lourde dette qui atteignait encore 7,8 millions d’euros fin 2016 (soit 1.500 euros par habitant, deux fois plus que la moyenne des communes de même taille), la petite cité provençale s’est retrouvée alors avec des marges de manœuvre financières extrêmement réduites. Qu’il s’agisse de la commune ou du groupement de communes (également créé par Christophe Castaner) les capacités d’autofinancement étaient situées en-dessous de la médiane des municipalités de tailles équivalentes, selon les données même du ministère des finances.

Eric Laugier

Voir l’article de Capital :

La coûteuse gestion de Christophe Castaner, le nouveau chef de file de LREM, à Forcalquier

Mais Castaner gravit les échelons du pouvoir et bientôt, il devient intouchable

L’affaire tombe dans les oubliettes, d’autant plus que son très proche ami, Emmanuel Macron, se charge de faire étouffer l’affaire très rapidement. Et là s’arrêtent les actions entreprises par divers citoyens ou encore par l’Association Contribuables Associés.

Les dossiers ne ressortiront plus jusqu’à ces derniers jours, quand Monsieur Castaner ne retrouve son portefeuille au ministère de l’Intérieur.

Il faut préciser aussi, qu’entre temps, Christophe Castaner ne s’est plus représenté aux élections municipales, comme son ancien adjoint en la personne de Gérard Avril, le maire qui lui avait succédé. Et la ville de Forcalquier a été largement gagnée le 28 juin derier par la liste d’opposition de droite (LR) conduite par David Géhant, mettant ainsi un terme à dix neuf années de gestion confiée à l’ancien ministre de l’Intérieur et à ses colistiers.

Publication dans le journal Le Monde

Le 10 août, Le Monde publie dans ses pages, un article mentionnant le rapport de la Chambre régionale des comptes De Provence-Alpes-Côte d’Azur qui pointe la gestion douteuse des comptes publics de la ville de Forcalquier au cours du mandat de Christophe Castaner et de son successeur Gérard Avril.

Voir l’article du Monde ci-dessous :

Des irrégularités dans les comptes de la commune de Forcalquier, ex-fief de Christophe Castaner

Suite à ce scandale qui ne fait que commencer, d’autres médias ont repris l’affaire, tels que L’Express et Le Point pour ne citer que les principaux.

L’affaire de la mairie de Forcalquier ne semble être que le début d’une série de dossiers où Monsieur Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur devra s’expliquer et répondre devant la justice. De sales affaires qui viennent s’ajouter aux « casseroles » de l’Élysée et d’un certain Emmanuel Macron

Affaire de la gestion de la ville de Forcalquier – conseil de lecture de l’article ci-après rédigé par le Cjfai. Texte intégral. (sources Cjfai)

LE TEXTE 

" Des irrégularités dans les comptes de la commune de Forcalquier, ex-fief de Christophe Castaner

La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur pointe, dans un rapport, la gestion douteuse des comptes publics de la commune du département des Alpes-de-Haute-Provence par l’ancien maire, Christophe Castaner, et son successeur, Gérard Avril.

Forcalquier est dans le rouge. Dans un rapport rendu public le 21 juillet, la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CRC PACA) épingle des « irrégularités » dans la gestion des comptes locaux de la commune des Alpes-de-Haute-Provence, entre 2014 et 2018. L’ancien ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, était le maire socialiste de cette ville de 5 000 habitants entre mars 2001 et juillet 2017. Son premier adjoint, Gérard Avril, lui a succédé lorsqu’il est entré au gouvernement en tant que porte-parole et secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement.

Le document de 42 pages met en évidence le « report systématique de congés non pris et des heures supplémentaires non récupérées ni monétisées » pour les agents municipaux de Forcalquier, et ce « d’année en d’année, sans limitation dans le temps ».

Résultat, fin 2017, la municipalité devait à ses quelque 85 agents « l’équivalent de 175 000 euros en congés non pris et reportés, et 92 000 euros en heures supplémentaires non récupérées ». Un certain nombre d’agents contractuels de la commune ont ainsi bénéficié en compensation d’un versement mensuel de leur indemnité de congés payés tout au long de leur contrat. Un système de rémunération contraire au droit du travail puisque cette indemnité est due uniquement en fin de contrat.

Entre 2015 et 2017, rien que pour les agents restés plus d’un an dans la commune, l’indemnité de congés payés « a été versée irrégulièrement à au moins dix agents pour un coût moyen de 13 000 euros par an, soit 40 000 euros sur la période ». La municipalité a justifié cette pratique en expliquant que cette indemnité était versée mensuellement car « les agents ne prenaient pas leurs congés ». La CRC PACA note également que, dans certains cas, des agents ont aussi pu bénéficier de « récupérations pour des heures supplémentaires non effectuées ».

« Erreurs et incohérences »

Face à ce constat, MM. Castaner et Avril ont indiqué, dans un courrier daté du 2 décembre 2019, avoir mis fin dès octobre 2019 à la pratique du « versement mensuel et systématique d’une indemnité compensatrice » en lieu et place de l’indemnité de congés payés, soit un mois et demi avant la réception du rapport de la CRC PACA. Les représentants municipaux soulignent avoir clarifié l’organisation des heures supplémentaires des agents et revu les régimes d’indemnité, notamment pour les agents contractuels.

Mais un autre point a éveillé l’attention de la CRC PACA dans la gestion des finances de la commune de Forcalquier. Elle note une série « d’erreurs et d’incohérences » dans l’octroi et l’exécution de certains marchés publics et dans les documents budgétaires. En 2014, l’entreprise retenue pour effectuer des travaux de voirie a présenté une offre à 219 800 euros, bien en deçà de la moyenne du marché, estimé à 300 000 euros. La municipalité a fini par débourser 973 600 euros, soit 4,5 fois plus que le montant initialement conclu avec l’entreprise qui s’était pourtant présentée comme la plus compétitive.

En réponse, la commune a indiqué vouloir « mettre davantage de rigueur dans ses procédures » et a prévu un « guide interne de la commande publique » pour une meilleure traçabilité des marchés à Forcalquier.

Une ville déjà très endettée

Toutes ces défaillances n’ont pas été sans conséquences. La ville, déjà très endettée, a vu ses finances se détériorer en 2018. Ses dépenses ont continué d’augmenter, bien que ses revenus n’aient cessé de baisser. Avec 6,1 millions d’euros de dettes fin 2018, Forcalquier est au-dessus de la moyenne nationale d’endettement des communes de sa taille.

Ce n’est pas la première fois que la gestion des finances de Forcalquier par Christophe Castaner et son successeur Gérard Avril est pointée du doigt. Durant leurs mandatures, des associations de riverains et des membres de l’opposition dénonçaient régulièrement la gestion douteuse des comptes publics de la commune.

Des griefs qui se sont matérialisés à travers l’élection du nouveau maire Les Républicains de Forcalquier, David Gehant. Il a remporté en juin les élections municipales, marquant la fin de dix-neuf ans de règne des socialistes. Christophe Castaner avait choisi de ne pas se représenter. "

Mariama Darame


 

 

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