Accusée de racisme, d’homophobie et d’humiliation par ses ex-collaborateurs, la députée Laetitia Avia doit-elle démissionner ?

Laetitia Avia vient d'être déboutée en grande partie par le Conseil constitutionnel de sa proposition de loi contre la haine sur internet. C’est une bonne décision des membres de ce conseil, en raison des effets pervers que cette loi serait susceptible d’entraîner si elle avait été adoptée.

Mais si Madame Avia a ses raisons pour mettre en avant une telle loi, la députée de Paris a été reconnue à maintes reprises pour avoir tenu des propos racistes, particulièrement humiliants, et aussi homophobes. Là-dessus, Médiapart avait fait une enquête probante qui a révélé très exactement le comportement indélicat de Madame Avia.

Et quand on procède à d’autres enquêtes en parallèle, on s’aperçoit vite que ladite dame tient d’une manière très régulière des propos désobligeants vis-à-vis des personnes qui la côtoient ou qu’elle désigne, ces propos étant extrêmement irrespectueux et insultants, ce qui est indigne de la part d’une élue de la République.

Dans de telles conditions, Madame Avia devrait démissionner de ses fonctions de députée, car il est intolérable qu’elle conserver ce poste au moment même où les problèmes de racisme et d’homophobie font l’objet de nombreux débats au sein de la société.

A ce sujet, une enquête de Médiapart a dénoncé clairement le harcèlement, le racisme et l'homophobie de la députée de Paris, Laetitia Avia. Celle-ci a annoncé qu'elle va porter plainte pour diffamation.

Alors que la députée de Paris (LREM), Laetitia Avia, a présenté le mercredi 13 mai 2020 en dernière lecture à l’Assemblée nationale sa proposition de loi de lutte contre la haine sur Internet, elle s'est vue attaquée par d’ex-collaborateurs qui l’accusent dans une enquête de Médiapart d’avoir tenu des propos humiliants, racistes et homophobes.

« Ça sent le chinois », « On a voté l’amendement des PD », « pute », les témoignages recueillis par le site donnent une image peu reluisante de celle qui a été élue député de la 8ème circonscription de Paris en 2017.

L’enquête de Médiapart pointe également du doigt des pratiques managériales illégales et dénonce un harcèlement moral.

Les témoignages dénonce “un système qui vous broie”, avec des horaires de travail allant “de 7h à 1h du matin. Même le week-end.” “Elle avait l’habitude de critiquer notre travail ou de nous réprimander devant nos collègues, c’était très humiliant et cela maintenait une concurrence malsaine entre nous”, explique l’un des collaborateurs. 

« Elle était capable de piquer de grosses colères ou de nous infantiliser en permanence, mais pouvait devenir tout à fait adorable ou s’excuser quand elle allait trop loin. Psychologiquement, c’est très dur à gérer et ça maintenait une emprise », lâche un autre auprès du média en ligne. »

Laetitia Avia a rapidement réagi sur Twitter : 

« Des bouts de messages privés ont été tronqués, détournés et décontextualisés. C’est de la manipulation honteuse, animée par un seul objectif : me nuire et porter atteinte à mon combat politique. »

Et ajoute concernant ses collaborateurs : « Certains sont partis, aucun ne s’est jamais plaint de harcèlement. Presque tous m’ont sollicitée après leur départ, pour me demander des conseils, des recommandations, ou simplement me donner de leurs nouvelles – bien loin du tableau mensonger dépeint par l’article de Médiapart.  »

L’avocate de formation annonce son intention de déposer plainte pour diffamation contre le site dont elle dénonce l’acharnement. 

D’autres polémiques 

Ce n’est pas la première fois que Laetitia Avia se retrouve au coeur d’une polémique. En 2017, elle avait été accusée d’avoir un mordu un chauffeur de taxi.

Plus récemment, selon Libération, la députée aurait insisté pour que son attachée parlementaire, malade et  confinée dans sa maison secondaire dans le Gard, revienne dans la capitale. La déontologue de l’Assemblée nationale avait même été saisie. 

Laetitia Avia avait réagi sur Twitter :  « Jamais je n’ai forcé une collaboratrice à rentrer à Paris, ni d’ailleurs à venir travailler physiquement, le télétravail étant la règle dans mon équipe depuis plusieurs semaines.  (…) J’ai simplement proposé de rapatrier cette collaboratrice car je souhaitais qu’elle soit proche d’un hôpital compte tenu de sa situation médicale ».

LAETITIA AVIA

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