LA GRANDE PEUR QUI RECOMMENCE ... EN 2020

La France a connu dans son passé des périodes très difficiles où régnait un climat d’inquiétude, de crainte et parfois même de terreur. Ce fut le cas notamment au moment de la Révolution, au cours de l’été 1789 où s’installa une grande peur sur tout le territoire. Cet affolement est resté l’une des grandes rumeurs de l’Histoire. Une rumeur d’une telle intensité qu’elle en a même changé le cours. Ce fut trois semaines d’effrois, de fureurs, de paniques et d’épouvantes au cours desquels des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se sont persuadés qu’ils allaient mourir bientôt. Dans les villages, on a sonné le tocsin, on s’est caché, on a prié, et grand nombre de personnes ennemies se sont réconciliées. Ces trois semaines de peur s’étendent entre la mi-juillet et le début du mois d’août 1789. Et tout commence avec la nouvelle du 14 juillet, la venue du roi Louis XVI à Paris où il reçoit la cocarde tricolore, et particulièrement le retour du ministre d’État au pouvoir. Malgré l’absence de moyens de communication modernes, ces nouvelles importantes sont connues très vite dans tout le royaume. C’est alors qu’une rumeur parcourt tout le pays dans les villes certes, mais surtout dans les campagnes. Il paraîtrait que des bandes de brigands et que des troupes étrangères arriveraient d’un moment à l’autre pour rétablir la monarchie absolue, effaçant ainsi les avancées favorables au bien du peuple. En clair ce sont bien des ennemis de la Nation qui veulent détruire le Tiers-État (assemblée populaire où ne siègent ni la noblesse ni le clergé).

Cette rumeur agite fortement les populations qui tremblent face à des bruits qui courent dans tout le pays : incendies des villages, armées formées de traîtres, espagnols et savoyards qui attaquent la France. Mais cette peur irrationnelle a des conséquences bien réelles. Elle entraîne le pillage de châteaux, d’abbayes ou de prieurés par des paysans apeurés.

Il va donc falloir tout faire pour établir l’ordre public et l’Assemblée nationale va prendre les dispositions nécessaires pour calmer les esprits.

Plus tard, au moment de la Seconde Guerre Mondiale, une nouvelle grande peur viendra atteindre la France, comme d’autres pays également. Mais cette fois, cet effroi sera bien réel et ne sera pas basé simplement sur de simples rumeurs : bien qu’elle ne touche pas l’ensemble des populations, cette grande peur s’abattra sur les populations juives pourchassées par le régime nazi et l’État de Vichy.

Aujourd’hui, en 2020, la grande peur revient avec le Covid-19. Pour quelles raisons exactement ? En fait, ce virus, bien que mal connu,ne semble pas aussi dangereux que certains veulent bien nous le décrire. Dans la réalité et jusqu’à ce jour, il n’a pas fait plus de victimes qu’une grippe saisonnière et beaucoup moins que le cancer qui tue chaque année entre 70.000 et 80.000 malades. Et personne n’en parle ! Alors, pourquoi tant de panique ?

En vérité, c’est le gouvernement qui a fait peur à tout le monde, et les citoyens ont emboîté le pas facilement. La peur est bien présente et le président Macron et toute son équipe continuent à semer une grosse anxiété parmi les populations : décompte macabre du professeur Salomon qui affiche chaque jour le nombre de morts dans les hôpitaux et les Ephad ; catastrophe sanitaire incontrôlable en l’absence d’un vaccin pour lequel il faudra attendre encore bien longtemps, alors que, par ailleurs, la chloroquine a démontré son efficacité selon les expériences du professeur Didier Raoult ; fermeture de tous les lieux publics, jardins, parcs, plages et autres espaces de plein air … etc., etc …

Au-delà des mesures sanitaires souvent injustifiées, la grosse peur se diffuse dans la gestion administrative de la crise du Covid-19, et notamment dans les entreprises comme dans les écoles : en cas de problème et surtout en cas de décès lié au coronavirus, qui portera la responsabilité de l’incident ou du malheur ? Le chef d’entreprise, le directeur d’école, le maire de la commune ? Chaque responsable légal a terriblement peur de se retrouver dans une impasse qui pourra le conduire devant les tribunaux en cas de plainte. La crainte d’un incident banal ou d’un décès se transforme en grande peur légitime.

Après la crise des Gilets Jaunes et les manifestations qui ont suivi la réforme des retraites, le président Macron a décidé d’instaurer le régime de la peur dans tout le pays, un moyen efficace de reprendre le contrôle sur les citoyens devenus un peu trop récalcitrants à son goût. Et si jamais la situation ne revenait à la « normale » selon les aspirations gouvernementales, la peur du moment pourrait se transformer rapidement alors en grande peur nationale.

Pierre Reynaud

LA GRANDE PEUR

 

 

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Commentaires (1)

Olivier Hammam
  • 1. Olivier Hammam (site web) | 06/05/2020
Les responsables ont peur de leur responsabilité? Tant mieux. Pourvu que ça dure...

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