MUNICIPALES 2020

►►► MUNICIPALES 2020 À MARSEILLE – LES ENJEUX POLITIQUES

 LA BOUILLABAISSE POLITIQUE ... À MARSEILLE

La cité phocéenne est connue dans le monde entier : tout d’abord, par sa très longue et formidable histoire, ensuite par la célèbre Canebière, lieu incontournable de la ville, par son réputé pastis évidemment, mais aussi par les personnages pittoresques de Marcel Pagnol que furent Marius, Fanny et César.

Si aujourd’hui, ces figures emblématiques du Vieux-Port ont disparu du paysage marseillais, une légende est restée bien vivante : c’est celle de la bouillabaisse qui reste le principal symbole de Marseille, une recette dont raffolent les touristes bien évidemment, mais surtout le bon peuple de cette ville très attaché aux traditions ancestrales.

Brièvement, rappelons ce qu’est ce plat typiquement marseillais. En fait, la bouillabaisse appartient à la cuisine de la Provence méditerranéenne, mais ses origines remontent à Marseille. Elle se compose d’une soupe de poissons que l’on mange avec des croûtons de pains aillés et largement tartinés de rouille, de poissons servis entiers ainsi que de pommes de terre.

Autrefois, ce ragoût était la soupe des pêcheurs, c’est-à-dire la soupe du pauvre, fabriquée à partir de poissons de roches, invendables ou invendus, restés au fond des paniers au retour de pêche dans les calanques marseillaises.

Actuellement, la bouillabaisse est réalisée avec des poissons cuits dans un court-bouillon d’eau ou de vin blanc, relevés d’ail, d’huile d’olive ou de safran. Les poissons dont la première qualité est la fraîcheur, sont la rascasse, le rouget barbet, la vive, le saint-pierre, la daurade, le merlan, la baudroie, le grondin ou appelé localement « la galinette ».

Ainsi, Marseille apprécie beaucoup la bouillabaisse qui est un superbe mélange de poissons les plus divers, ce qui donne à ce plat régional une saveur toute particulière.

Dans ce même esprit, les milieux politiques marseillais se sont inspirés, sans aucun doute, mais peut-être sans le vouloir, de cette recette culinaire où tous les assemblages sont permis, créant de cette façon, une véritable « cuisine politique et électorale » au sein même de la ville.

La cuisine électorale est bien connue à Marseille et elle a traversé de nombreuses décennies sous les mandats de Gaston Defferre comme sous ceux du maire actuel Jean-Claude Gaudin. On peut souligner d’ailleurs, le cas exceptionnel de cette ville qui n’a changé que trois fois de maire en un demi-siècle, ce qui démontre bien quelque part, l’effet de ces arrangements politiques entre partis, où les alliances (qui du reste, sont souvent des mésalliances) représentent parfaitement « la bouillabaisse politique » qui plane depuis longtemps sur le Vieux-Port.

À une époque, cette cuisine locale s’est largement développée quand la gauche dominait la ville et particulièrement sous le règne de Gaston Defferre qui domina la ville pendant 33 ans. Pendant cette longue période, les barons socialistes marseillais se sont partagés Marseille, ne laissant aucune place à l’opposition qui, impuissante, assistait aux innombrables combines politiques du pouvoir defferriste. Ces notables marseillais étaient de véritables clans familiaux qui contrôlaient les principaux quartiers de la ville. La plupart du temps, ils travaillaient ensemble pour conserver les territoires conquis, mais parfois, ils pouvaient aussi se transformer en « frères ennemis » quand éclataient des conflits d’intérêts.

Quand Defferre mourut subitement en 1986, les factions socialistes furent largement ébranlées et les divisions politiques s’accentuèrent rapidement. Son successeur, Robert Vigouroux, dissident socialiste ne restera que 6 ans à la tête de la ville et il renoncera à se représenter face aux sondages défavorables qui le mettent hors jeu.

C’est Jean-Claude Gaudin qui lui succédera en 1995, s’inspirant souvent des vieilles intrigues defferristes pour s’assurer une stabilité dans le fauteuil de maire. Gaudin est toujours bien présent aujourd’hui à la tête de Marseille, mais selon sa décision, il ne se représentera pas en 2020.

Dans ce contexte, la continuité de la bouillabaisse marseillaise est assurée, un flot de combines et de manœuvres s’étalant déjà en plein lumière, entre LR et LREM afin de préparer le nouvel avenir politique de la cité phocéenne.

Nous reviendrons bientôt sur ces « drôles d’affaires » dans les prochains épisodes relatant cette grande saga marseillaise.

Pierre Reynaud - Eric Laugier

MARSEILLE VIEUX PORT

JEAN-CLAUDE GAUDIN, UN MAIRE PAGNOLESQUE ...

En ce beau mois de juillet 2019, Marseille ne profite guère du soleil et du farniente qui font en été la réputation de la ville. En fait, bien au-delà du charme de son Vieux-Port, de l’animation estivale de la Canebière et de la bienveillance de la Bonne Mère, Marseille poursuit un objectif moins poétique et beaucoup plus terre à terre : celui de la politique et de toutes les combines qui s’y rattachent. Oui, Marseille ne faillit pas à la tradition, s’efforçant de conserver son titre de championne de France des tripotages politiciens.

En première ligne, Martine Vassal, présidente « Les Républicains » de la Métropole Aix-Marseille Provence et du conseil Départemental des Bouches-du-Rhône. Elle lance un appel régional pour ériger avec la République en Marche un « grand barrage républicain » face à Stéphane Ravier, candidat du Rassemblement National. À cet effet, elle a reçu le soutien de son mentor, le maire sortant Jean-Claude Gaudin qui fut en son temps, ne l’oublions pas, un partenaire très proche du Front National et de Jean-Marie Le Pen par pur électoralisme.

Mais au fait, qui est Martine Vassal ? Elle s’est fait un nom sur la place publique marseillaise, ses parents étant des amis de Gaudin. Aussi, celui-ci l’a propulsé sur la scène politique et de ce fait elle s’est constituée rapidement un véritable réseau politique local, allant de Renaud Muselier* à Dominique Tian**, en passant par Arlette Fructus*** et plusieurs cadres du syndicat Force Ouvrière.

Profitant des origines de sa mère, elle ramené à elle une grande majorité des arméniens de Marseille ce qui n’est pas négligeable compte tenu du nombre important de cette communauté dans la cité phocéenne.

Concrètement, Martine Vassal s’est fait connaître essentiellement comme la « tombeuse » de Jean-Noël Guérini, l’homme fort de Marseille dont le système politico mafieux a régné sur la ville pendant de longues décennies. Alors, Madame Vassal représente-t-elle un renouveau dans la politique, avec plus de droiture et beaucoup moins de compromissions ? Il serait facile de le croire, si son « parrain » n’était pas ledit Jean-Claude Gaudin, ancien sénateur et maire de Marseille depuis 24 ans. Et sur Gaudin, il y a de quoi dire, autant que sur Gaston Defferre qui régna de son côté trente trois années sur la cité phocéenne. Tour à tour, député, président de la région PACA, sénateur et ministre, il est une figure clef de la droite française dans le sud de la France.

Car autour de Jean-Claude Gaudin, c’est une atmosphère très spéciale qui plane sur l’Hôtel de Ville, un superbe bâtiment classé monument historique du XVII° siècle, édifié entre 1653 et 1673 par Gaspard Puget et Jean-Baptiste Méolans. L’ambiance de cette vaste mairie reste très secrète surtout du côté du bureau du maire dont l’accès se fait par un escalier étroit, abrupt et très discret. Si le maire ne l’emprunte plus en raison de son âge, préférant ainsi la facilité d’un ascenseur, il laisse toutefois l’usage de cet escalier à quelques intimes qui forment un cercle étroit dans le système « Gaudin ». En vérité, les quelques amis du maire, représentent une sorte de garde rapprochée qu’il choisit d’honorer en les conviant dans espace hermétique, quasiment secret aménagé au rez-de-chaussée de la mairie. Cet espace est constitué par une vaste salle à manger aux murs aveugles et « sans oreilles » où l’on déjeune et où l’on dîne autour d’une grande table servie par un maître d’hôtel et un cuisinier. C’est sans doute en ce lieu, que le maire prend d’importantes décisions après avoir consulté ses « intimes ».

Il faut dire que Jean-Claude Gaudin représente un monument dans la politique marseillaise, une sorte d’éléphant très puissant auquel personne n’a osé s’attaquer jusqu’ici. Pourtant, au fil des années, l’homme fort du Vieux-Port a été touché à plusieurs reprises par les « affaires » et même jusqu’à ces derniers temps. Cependant, Gaudin a eu un gros avantage sur beaucoup d’autres politiques. Il ne traîne pas derrière lui des casseroles financières pour enrichissement personnel, n’étant pas en apparence un homme d’argent. Il vit modestement et son domicile officiel n’est autre qu’une maison ordinaire héritée de ses parents dans le quartier de Mazargues.

Par contre, Jean-Claude Gaudin est très impliqué dans les réseaux marseillais que ce soit dans le domaine des affaires et des contrats d’ordre public ou privé. Il est au sommet d’une pyramide qui regroupe activités, business, finance, spéculation et dans ce contexte, il a toujours sa place réservée aux tables qui comptent das la vie marseillaise : francs-maçons, cercle des boulistes, milieux catholiques, sans oublier la communauté juive ou la communauté musulmane.

En clair, Gaudin c’est Marseille, ou Marseille c’est Gaudin. Marseillais dans l’âme, maire quelque peu pagnolesque, il a toujours de très bons mots et quand il est pris en difficulté par un journaliste plutôt tatillon, il s’en tire toujours par une belle pirouette.

Plus précisément, Jean-Claude Gaudin fait figure de parrain dans la ville de Marseille, mais un parrain sympathique à l’allure d’un grand-père jovial. Et même ses détracteurs lui trouvent un côté bien sympathique. Aussi, il a toujours tenu sa place dans la vie marseillaise et régionale, ce qui lui a permis d’être élu et réélu aux plus importantes fonctions politiques.

Pour des raisons personnelles, en rapport avec son âge et peut-être aussi pour des raisons de santé, le maire de Marseille a décidé de ne plus renouveler sa candidature. Mais en bon souverain qui a régné pendant longtemps sur la ville et sur la région, il souhaite avoir un bon successeur à son fauteuil de premier magistrat, un successeur qu’il aura choisi personnellement parmi ses proches amis. Bruno Gilles et Martine Vassal restent les dauphins pressentis. Mais à l’heure actuelle, il lui faut des alliances sérieuses pour former une majorité capable de conserver la mairie du Vieux-Port. À un certain moment, il aurait même penser se représenter dans le cas où son successeur rencontrerait des difficultés face à l’adversité politique. Mais, à ce moment-là, il n’avait pas imaginé qu’une catastrophe viendrait bouleverser soudain la situation du moment.

Le 5 novembre 2018 à 9 h 05, deux immeubles vétustes de la rue d’Aubagne à Marseille s’effondrent en quelques secondes, provoquant la mort de huit personnes. Rapidement, la municipalité est reconnue responsable du drame pour ne pas avoir tenu compte par le passé des avertissements relatifs aux risques d’écroulement des maisons détruites. Mis à mal par l’opposition et par de nombreux marseillais qui demandent sa démission, Jean-Claude Gaudin ne cède pas à la pression populaire, mais se retrouve en grande difficulté face aux quelques 8.000 manifestants qui crient leur grande colère devant ce drame social et humain.

La situation est grave et Gaudin est lâché par la plupart de ses amis. Sa popularité s’écroule au mauvais moment, juste à la veille de la campagne des prochaines élections municipales.

Que va-t-il se passer dans les semaines qui arrivent ? Jean-Claude Gaudin pourra-t-il faire oublier la catastrophe de la rue d’Aubagne alors que par ailleurs, d’autres quartiers marseillais sont aussi à l’abandon avec les risques que cela comporte ?

Nous en parlerons prochainement dans la suite de notre enquête.

Pierre Reynaud

* Renaud Muselier est président du Conseil régional PACA.

** Dominique Tian est premier adjoint au maire de Marseille.

*** Arlette Fructus est adjointe à la mairie de Marseille et assurent d’autres fonctions importantes.

JEAN-CLAUDE GAUDIN

GAUDIN : FIN DE RÈGNE

Maire de Marseille depuis 1995, Jean-Claude Gaudin a déclaré ne plus se représenter aux municipales de mars 2020. Fatigué en raison de son âge, mais aussi usé par la politique, il veut prendre du recul et ne plus avoir la lourde responsabilité de gérer la 2ème ville de France. En évidence, la politique l’intéresse toujours, mais, comme il le laisse entendre d’une manière ou d’une autre, tout devient de plus en plus compliqué de nos jours, surtout quand les amis d’une époque oublient les bienfaits du « maître » et pratiquent sans état d’âme la haute trahison.

Le monarque Gaudin, très courtisé encore voici quelques années, ressent aujourd’hui le goût amer d’une fin de règne où les « rapaces » attendent avec impatience le moment où ils pourront s’emparer de l’Hôtel de Ville.

Aussi, arrivé aux termes d’une longue carrière politique, Jean-Claude Gaudin se retourne sur un passé de nombreuses victoires, mais aussi de tumultes et de revers cinglants. Dans son bureau de la mairie, trône une photo de Gaston Defferre. Étrange à priori, mais Gaudin précise en s’esclaffant : « c’est parce que j’y suis aussi ».

En fait, le successeur de « Gaston » tient à sa place dans la légende de la ville, lui qui a su conquérir la première place avec obstination et habileté aux termes de grandes campagnes … au couteau !

Et Gaudin de répéter souvent :  « Ils me prenaient de haut, mes collègues de la droite, tous médecins, patrons ou avocats. Mais c’est moi qui suis assis dans le bureau. »

À l’heure d’aujourd’hui, après 24 années de règne, sans partage, il veut que l’histoire retienne les principales œuvres dont il est l’instigateur : la rénovation du front de mer, le nouveau Stade-Vélodrome, le parc des Calanques, la baisse du chômage, le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MUCEM), le Vieux-Port remis à neuf, et de très nombreuses restaurations qui touchent tous les secteurs de la ville. Jean-Claude Gaudin appuie largement sur son travail d’avoir voulu transformer l’image de Marseille, une image plutôt dégradée au cours des mandats de l’ancien maire, Gaston Defferre.

Incontestablement, la cité phocéenne s’est métamorphosée sous l’impulsion de Gaudin et à ce niveau, la réussite du maire ne peut être occultée. Mais tout à coup, ces belles années de progrès et prospérité à son actif, ont été secouées, voire détruites en partie par le drame de la vétusté de la rue d’Aubagne où huit personnes sont péri sous décombres. Et il n’a pas fallu longtemps pour raviver la scandale des écoles, et les vieux problèmes qui touchent la ville depuis longtemps : l’habitat social très inégal entre les quartiers nord et les quartiers sud, les transports en commun inadaptés, l’encombrement des rues envahies en permanence par les voitures, l’insuffisance des piscines municipales, l’insalubrité qui règne dans certains lieux, sans oublier les autres maux moins importants peut-être, mais nombreux, qui rongent la cité au détriment de la quiétude de ses populations.

Alors, que deviennent les Marseillais ? Oubliés répondent les opposants. Et ces derniers font tout leur possible pour déstabiliser le « vieux lion » qui reste sur la défensive. Car Jean-Claude Gaudin, bien que fatigué par tant de batailles, ne baisse jamais les bras. Il repart au front de plus belle avec ses attitudes et ses réactions qui ont toujours coloré sa personnalité. Tour à tour débonnaire, mordant, colérique, les mains croisées sur le ventre façon Raimu, chaleureux, attachant aussi, mais roublard, la blague qui fuse, les mains qui virevoltent, le doigt tendu, le poing asséné qui fait sauter les livres et les dossiers entassés sur le bureau, voici le personnage atypique de Jean-Claude Gaudin, théâtral à ses heures, marseillais, provençal, convivial, amical même, tout le contraire de « Gaston » son prédécesseur qui était plutôt froid et coupant.

Au moment du drame de la rue d’Aubagne, certains détracteurs ont demandé la démission du maire. Jean-Claude Gaudin ne s’est pas laissé impressionner par les multiples pressions qu’ils subissaient au fil des jours. Il a repris la main et rapidement, il a pu calmer la tempête. Dans tous les interviews, il n’a cessé d’apporter les justifications et les efforts entrepris pour sa ville, et quelque part, il a su convaincre pu, tout au moins, apaiser les esprits.

Sur le terrain, Jean-Claude Gaudin a réponse à tout. Il connaît parfaitement son bilan et il est capable de communiquer le moindre détail dans toutes les réalisations de la ville, jusqu’au prix d’un repas pris à la cantine. Il n’est jamais pris de court et si par hasard, il se trouve embarrassé par une question, il s’est la contourner sans pour autant se dérober.

Au niveau purement politique, il se défend de faire du clientélisme. Ce genre de méthode, il l’attribue plutôt à certains de ses opposants qui, selon lui, excellent en la matière. Il souligne vouloir privilégier la concertation avec qui que ce soit, sans distinction de parti politique, l’essentiel étant de trouver un juste équilibre pour la prospérité de la ville et de ses habitants.

Jean-Claude Gaudin aura marqué Marseille de son empreinte : une marque indélébile, car le système Gaudin est bien rôdé et huilé. À la fois, fin politique que ce soit au niveau national ou régional et maire populaire en raison de sa simplicité et de son franc-parler marseillais, il reste encore le symbole de la politique de proximité plus proche de l’esprit de clocher que de celui des grandes agglomérations. Mais Marseille n’est-il pas l’addition de 111 vrais villages avec leur placette et leur église ? En fait, quiconque qui arpente la cité phocéenne pourra constater qu’il se déplace de village en village, sans jamais entrer dans un centre ville.

Pierre Reynaud

JEAN CLAUDE GAUDIN

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LES ENJEUX PARISIENS

Élections municipales à Paris : Benjamin Griveaux talonné par les Verts dans un sondage Ifop

Le candidat de la majorité (LREM) Benjamin Griveaux, soutenu par Pierre-Yves Bournazel, obtiendrait 15% des voix aux élections municipales à Paris, d'après un sondage Ifop, publié dimanche 19 janvier. Les Verts de David Belliard, 14%, et le dissident LREM Cédric Villani, 13%. Benjamin Griveaux a perdu deux points au premier tour par rapport à un précédent sondage (15 contre 17), réalisé en décembre 2019.

Élections municipales à Paris : Villani réagit après l’annonce de son alliance avec le PRG-Le Centre Gauche

"Paris a besoin d’une démarche innovante qui dépasse les clivages partisans.

Depuis des mois, nous imaginons avec les Parisiennes et Parisiens le #NouveauParis. Avec le @PRG_75 nous nous retrouvons sur l’essentiel : un projet éco-progressiste nous rassemble", a twitté Cédric Villani, dimanche 19 janvier.

Élections municipales à Paris : les radicaux de gauche quittent Anne Hidalgo pour Cédric Villani

Le PRG-Le Centre Gauche a décidé de faire alliance avec le candidat dissident d’En Marche, Cédric Villani, pour les élections municipales à Paris en mars 2020. Les radicaux de gauche étaient mécontents de la place que la maire sortante Anne Hidalgo leur réservait sur ses listes. "Cédric Villani est le seul candidat qui porte l'espoir d'un renouvellement des pratiques démocratiques et des hommes. C'est un scientifique de renommée internationale, il n'est pas du sérail, il n'est pas dogmatique et il a une vraie vision sur Paris dans 20 ans", a estimé, dimanche 19 janvier, le patron de la fédération parisienne PRG-Le Centre Gauche Jean-Christophe Mikhailoff, dans une interview au Parisien.

"Anne Hidalgo a tellement d'éléphants socialistes, de communistes et de partisans de Benoît Hamon à recaser qu'il n'y avait pas de place pour nous", a-t-il ajouté.

Élections municipales à Paris : Rachida Dati se réjouit des résultats du sondage Ifop

La candidate LR à la mairie de Paris, Rachida Dati, s’est réjouie du sondage Ifop/JDD au micro du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, dimanche 19 janvier. Elle est placée en deuxième position (19%) derrière Anne Hidalgo, et quatre points devant Benjamin Griveaux. Certains "se posaient même la question d'examiner ma candidature" a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : "Les Parisiens ont compris que le vote utile ça pouvait être moi".

►►► MUNICIPALES A NANCY

►►► MUNICIPALES SONDAGES

Municipales 2020 : à un mois des résultats, que disent les sondages ?

Les élections municipales ont lieu dans un mois jour pour jour, le 15 mars 2020 pour le premier tour. Où en sont les sondages dans les principales villes du pays ? Les résultats des dernières enquêtes et les actus.

Sondages des municipales à Paris

Selon un sondage Odax effectué pour pour Le Figaro en janvier 2020, Anne Hidalgo fait la course en tête au premier tour (23%), devant Rachida Dati (20%) et Benjamin Griveaux (16%), qui s'est depuis retiré.

Suivent dans les intentions de vote l'écologiste Belliard (14,5%) et Cédric Villani (10%). Anne Hidalgo est donnée gagnante au second tour.

Sondages des municipales à Marseille

Selon un sondage effectué début novembre 2019 par Ifop, sur commande de LR, la droite est donnée en tête au premier tour.

Les intentions de vote sont les suivants : Martine Vassal (LR, DVD) : 30% ; Stéphane Ravier (FN) : 23% ; Sébastien Barles (EELV) : 14% ; Benoît Payan (PCF, LFI, PS) : 13% ; Saïd Ahamada (LREM) : 11% ; Samia Ghali (DVG) : 8%.

A noter que depuis la réalisation de ce sondage, Benoît Gilles a quitté LR - il briguait l'investiture - et compte se présenter aux municipales.

Cette hypothèse avait été testée par Ifop début novembre, dans le même sondage. Les intentions de vote étaient alors les suivantes au premier tour : Martine Vassal : 20% ; Stéphane Ravier : 20% ; Bruno Gilles : 13% ; EELV : 14% ; LFI : 14% LREM : 12% ; Divers gauche : 8%.

Sondages des municipales à Lyon

Selon un sondage Opinion Way effectué pour Lyon Mag et Jazz Radio à la mi-octobre, Gérard Collomb est donné nettement en tête du premier tour des élections métropolitaines, avec 30% des intentions de vote, devant EELV (21%), LR (18%), le FN (12%), et David Kimelfeld, actuel président de la métropole, crédité de 11 % des voix.

Selon un sondage Ipsos pour Le Progrès, France Bleu et France Info, les intentions de vote pour la métropole sont les suivantes au premier tour : Gérard Collomb (LREM) : 31% ; Bruno Bernard (EELV) : 19% ; David Kimelfeld (sortant) : 15% ; François Noël Buffet : 14% ; Andrea Kotarac (RN) : 11% ; Annie Guillemot (PS) : 6% ; LFI : 4%.

Sondages des municipales à Lille

Un sondage Ipsos Sopra-Steria a été publié par France Bleu, France Info et La Voix du Nord le 13 décembre.

Selon cette enquête, la maire sortante, Martine Aubry est nettement en tête dans les intentions de vote au premier tour (30%), devant EELV (18%) et LREM (15%). Ce sondage place à égalité à 11% des intentions de vote La France Insoumise, le Rassemblement national et Les Républicains.

Sondages des municipales à Montpellier

Une enquête Harris Interactive, effectuée du 26 novembre au 30 novembre, à la demande du député Patrick Vignal, a été publiée jeudi 16 janvier.

Voici les intentions de vote que ce sondage établit pour les municipales à Montpellier : Clothilde Ollier (EELV) 22 % (dont la candidature a été retirée par EELV, dimanche 19 janvier) ; le maire sortant Philippe Saurel 19 % ; liste "Nous Sommes", soutenue par la France Insoumise : 12% ; Olak Rokvam (RN) : 11% ; Mohed Altrad : 10 % ; Patrick Vignal (si investi par LREM) : 9 % ; Michaël Delafosse (PS) : 8% ; Alex Larue (LR) : 8 % ; Anne Brissaud (Nouveau centre) : 1%.

Sondages des municipales à Nice

Un sondage a été effectué par Ipsos pour France Bleu Azur et publié par France Bleu Azur.

Il testait l'hypothèse d'un retrait d'Eric Ciotti - ce qui est le cas désormais - et donnait alors les intentions de vote suivantes : Christian Estrosi (maire sortant LR) : 51% ; Philippe Vardon (RN) : 21% ; liste d'union des gauches (PS/EELV/PC/PRG) : 18% ; Cédric Roussel (LREM) : 6% ; liste La France Insoumise : 4%.

Sondages des municipales à Toulouse

Un sondage effectué par l'institut BVA en mai dernier donnait le maire sortant Jean-Luc Moudenc en tête du premier tour avec 36% des intentions de vote. Cette enquête a été réalisée bien avant que les rapprochements ne s'opèrent entre formations politiques et avant que les candidats soient déclarés.

Mais l'enquête pronostiquait 16% pour EELV, 12% pour le PS-PCF, 10% pour LFI, 8% pour le RN. A noter que Jean-Luc Moudenc est soutenu par LREM et investi officiellement par LR.

Sondages des municipales à Nantes

Une enquête a été effectuée par Ifop en juin 2019, commandée par le Parti socialiste.

Les intentions de vote pour l'élection municipale à Nantes étaient alors les suivantes : Johanna Rolland (maire sortante PS-PCF) : 33% ; Julie Laernoes (EELV): 23% ; Laurence Garnier (LR): 17% ; Sophie Errante (LREM-MoDem-UDI) : 14% ; Christian Bouchet (RN) : 8% ; Guy Croupy (LFI) : 6%.

Sondages des municipales à Perpignan

Un sondage Ifop, effectué entre le 30 décembre et le 3 janvier, a été publié mercredi 8 janvier par Sud Radio et La Semaine du Roussillon.

Cette enquête donne les intentions de vote suivantes au premier tour : Louis Aliot (RN) : 26% ; Jean-Marc Pujol (maire sortant) : 18% ; Agnès Langevine (PS et EELV) : 14,5% ; Romain Grau (LREM) : 14%.

Dans le cas où les quatre candidats se maintiennent au second tour des municipales, dans une quadrangulaire, alors c'est bien le candidat du Rassemblement national qui serait élu maire.

Les intentions de vote seraient en effet les suivantes : Louis Aliot : 29% ; Agnès Langevine : 27% ; Jean-Marc Pujol : 26% ; Romain Grau : 18%.

Bien entendu, les sondages ne sont qu’une vision superficielle d’un électorat à un moment donné. La situation peut changer à tout instant à la faveur d’un évènement particulier ou d’une tendance nouvelle des électeurs face à un contexte évolutif. Cependant, en globalité, les sondages révèlent souvent une vision générale de la popularité ou non d’un parti politique et de ses représentants.

Pierre Reynaud

MUNICIPALES 2020

►►► DATI DEVANCE HIDALGO

Elections municipales à Paris : Rachida Dati devance Anne Hidalgo pour la première fois, selon un nouveau sondage

La situation bouge à Paris : à moins d'un mois du premier tour des élections municipales, Madame Dati passe devant Madame Hidalgo ce qui ne paraissait pas possible voici encore quelques semaines. Donc, on peut s'attendre à de nouvelles surprises dans les jours qui suivent, l'élection parisienne laissant planer un vrai suspense. Par ailleurs, Madame Buzyn se démarque de son prédécesseur Benjamin Griveaux, avec des intentions de vote évaluées à 17 % selon le dernière sondage Odoxa.

Voici donc les résultats de ce sondage réalisé par Odoxa pour le compte du Figaro et de CGI

Après le renoncement de Benjamin Griveaux à Paris, la course pour les élections municipales à Paris a été relancée. Rachida Dati est maintenant à 25%. Anne Hidalgo est donc devancée et créditée de 23% des intentions de vote. Agnès Buzyn, qui "succède" à Benjamin Griveaux, obtient 17% des intentions de vote, selon une enquête Odoxa pour "Le Figaro" et CGI.

Et si Paris basculait à droite en mars prochain ? La campagne des élections municipales vient de connaître un tournant majeur après le séisme politico-médiatique et judiciaire de "l'affaire Griveaux". Le candidat de La République en marche a renoncé à sa candidature après la divulgation de vidéos à caractère sexuel, prétendument attribuées à l'ancien porte-parole du gouvernement. Agnès Buzyn a été désignée et lui succède donc pour mener la bataille du camp LREM à Paris. 

Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro et CGI, dévoilé ce mercredi 19 février, Rachida Dati arrive officiellement en tête dans la campagne des municipales à Paris. La maire du 7e arrondissement de Paris récolte 25% des intentions de vote au premier tour. Elle gagne cinq points de plus que lors du précédent sondage Odoxa, dévoilé le 23 janvier dernier.

La maire sortante, Anne Hidalgo perd donc officiellement la première position du classement. Anne Hidalgo se positionne deuxième dans ce nouveaux sondage avec 23% des intentions de vote. Ce score reste stable par rapport aux précédentes enquêtes d'Odoxa. 

La liste La République en marche menée par l'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, est troisième avec 17% des sondés. La liste Europe Ecologie-Les Verts conduite par David Belliard récolte 14% des intentions de vote des sondés. 

Le "grand perdant" de ce nouveau sondage est Cedric Villani avec un recul de trois points par rapport au 23 janvier. Il est en cinquième position et obtient 7% des voix. 

Cette enquête a été menée en ligne du 17 au 19 février, auprès de 809 personnes inscrites sur les listes électorales à Paris, et issues d’un échantillon représentatif de la population de la capitale, âgée d'au moins 18 ans.

RACHIDA DATI

►►► Municipales: ces bastions de droite ...

qui agitent le "péril rouge" pour se sauver !

Alors que des coalitions mêlant écolos et socialistes (voire Insoumis) bousculent plusieurs fiefs, des sortants misent sur la peur pour mobiliser.

POLITIQUE - L’expression avait fait tiquer plus d’un observateur du monde politique: en s’alliant avec la droite à Lyon, Gérard Collomb entendait faire “barrage aux écologistes”, comme on pourrait faire barrage à l’extrême droite. Mais plus que le péril brun, c’est le péril “rouge-vert” qui inquiète l’ancien ministre de l’Intérieur, maintenant allié avec Laurent Wauquiez.    

Jeudi 11 juin, l’ex-maire de Lyon ne reculait devant aucun argument pour mettre en garde les électeurs. “Ils veulent arrêter la fête des Lumières, car elle consomme trop d’énergie”, s’est alarmé Gérard Collomb, alors que le programme de Grégory Doucet et Bruno Bernard ne prévoit aucunement l’annulation de ces festivités. Autre chiffon agité du côté de la préfecture du Rhône, l’effondrement économique qui suivrait la victoire des écologistes. “Si nous ne maintenons pas le développement économique, le territoire va se paupériser. Nous ne le verrons pas le 1er janvier 2021, mais nous commencerons à le sentir dans deux ou trois ans”, a renchéri François-Noël Buffet, candidat LR à la Métropole de Lyon. 

“Le chaos, la violence”

À 313 kilomètres au sud, c’est la même musique qui se joue sur le Vieux-Port. Martine Vassal, candidate LR à la succession de Jean-Claude Gaudin, va encore plus loin dans la menace du “péril rouge” qu’incarne selon elle la liste du Printemps marseillais, menée par Michèle Rubirola. “L’extrême gauche, on sait ce que c’est”, prévenait fin mai l’héritière du maire sortant, estimant que la liste arrivée en pole position le 15 mars allait installer “le chaos, la violence, les collectifs qui cassent tout dans le centre-ville”. Pour illustrer ce danger, des tracts -un brin caricaturaux- circulent dans les rues du Marseille et des montages sont diffusés sur les réseaux sociaux, notamment par des têtes de listes. Au menu: des voitures en flammes, des vitrines cassés et le logo du Black bloc. Même ambiance à Toulouse, où le maire sortant LR Jean-Luc Moudenc utilise des termes similaires pour qualifier l’Archipel Citoyen, une liste d’union de la gauche menée par l’écologiste Antoine Maurice et qui pourrait faire basculer la ville rose. Pour l’édile (également investi par LREM), cette alliance n’est qu’un “assemblage anarchique incluant des professionnels du désordre et de la désobéissance aux lois de la République”. Comme dans la cité phocéenne, le maire de Toulouse promet une ville à feu et à sang en cas de victoire de la gauche. “Les Gilets jaunes sont aux portes du Capitole”, s’alarme-t-il. À Besançon, c’est en raison du “risque de voir l’extrême gauche remporter” la ville que deux candidats LREM ont appelé à voter contre leur propre liste au profit du candidat LR.

“Gratter le fond de l’électorat de droite”

Cet épouvantail agité par la droite est un classique de la politique moderne, qui remonte aux années 1920, quand le “camp national” entendait mobiliser contre le bolchévisme, puis contre le communisme dans les années 1930. L’image d’Épinal de cet héritage historique reste le célèbre bolchevique le couteau entre les dents. Si les codes graphiques ont changé, le ressort reste le même. L’idée, comme lors de l’élection de François Mitterrand en 1981, étant de promettre l’apocalypse en cas de victoire de la gauche unie. En l’occurrence, des “chars russes stationnés place de la Concorde” pour l’ancien président de la République.

Pour Philippe Moreau Chevrolet, spécialiste de la communication politique, cette stratégie adoptée à Lyon, Marseille ou encore Toulouse “sent la naphtaline” et n’est pas forcément adaptée à une élection locale. “C’est gratter le fond de l’électorat de droite, ce n’est pas très glorieux”, analyse-t-il, précisant que l’objectif de cette stratégie est de mobiliser les seniors, réservoir de voix traditionnel pour la droite. 

“Et comme ça concerne surtout des villes du sud, il y a peut-être aussi la volonté de mobiliser la ceinture pieds-noir: un électorat assez âgé encore marqué par l’anticommunisme”, poursuit ce connaisseur des stratégies électorales, qui doute sérieusement de la pertinence du procédé: “En politique, on n’arrive pas à se faire élire contre. Il faut du positif, encore plus dans des élections locales. En communiquant comme ça, ces candidats idéologisent l’enjeu, alors que pour des municipales, il faut au contraire montrer qu’on n’est pas idéologue et qu’on agit pour le bien des administrés”.  

Montage fallacieux  

Du côté des candidats visés, on a tendance à prendre ces attaques avec le sourire. “Ce n’est plus les chars de l’armée rouge, mais presque”, ironise Sébastien Barles, ex-tête de liste EELV aujourd’hui engagé sur la liste du Printemps marseillais. “On trouve ça odieux, mais quelque part c’est significatif. Ça montre qu’ils n’ont pas beaucoup d’idées et qu’ils se sentent menacés”, analyse l’écologiste. 

L’intéressé déplore toutefois les méthodes des adversaires. “J’ai été photographié alors que je marchais pacifiquement avec mon fils sur les épaules lors de la manifestation contre les violences policières. Et ce cliché, qui a d’ailleurs été utilisé sans l’autorisation de son auteur, s’est retrouvé dans un montage fallacieux dans lequel on apparaît entourés de blacks blocs. Et c’est Yves Moraine qui a partagé ça, candidat et maire sortant des 6e et 8e arrondissements”, regrette Sébastien Barles, qui ajoute: ”ça va quand même assez loin”. 

Dans le camp d’en face, on enfonce allègrement le clou. Depuis plusieurs jours, Martine Vassal accuse Michèle Rubirola d’être le cheval de Troie de Jean-Luc Mélenchon, au motif que des Insoumis sont présents sur des listes et que la suppléante du député des Bouches-du-Rhône est candidate dans le 1er secteur sous les couleurs du Printemps marseillais.

“Malgré toutes les dénégations du Printemps marseillais, Jean-Luc Mélenchon est bien à la manœuvre pour mettre la main sur notre ville”, martèle la candidate LR, qui réclame, à ce titre, un débat avec le leader de la France insoumise. Dans la ville, des affiches montrant Michèle Rubirola et Jean-Luc Mélenchon côte à côte sont placardées. Elles promettent des “salles de shoot payées avec vos impôts” et renvoient sur le site rubirolacestquoi.com caricaturant les propositions du Printemps marseillais. Une page enregistrée au nom de l’association “Les amis de Martine Vassal”.

Romain Herreros - journaliste politique 

MARSEILLE MUNICIPALES 2020

►►► AGNÈS BUZYN

“Qui peut dire si je ne serai pas morte ?” : Buzyn défaitiste face au coronavirus

L’ex-ministre de la Santé, candidate LREM aux municipales à Paris, envisage tout bonnement de plus être de ce monde pour le second tour

Le coronavirus a décidément plombé le moral d’Agnès Buzyn. Quelques jours après sa charge contre l’exécutif, qu’elle dit avoir prévenu fin janvier d’une potentielle crise sanitaire violente, Le Point rapporte dans ses Indiscrets que l’ancienne ministre de la Santé ne serait pas particulièrement optimiste quant à ses chances de pouvoir disputer le second tour des municipales, reporté à fin juin par l’exécutif.

« Il faut prendre des décisions fermes »

« S’il est reporté à dans six mois ou un an, qui peut dire si on sera vivants ou morts ? Si je ne serai pas morte ? », aurait déclaré la médecin. Elle aurait également poussé un autre coup de gueule contre l’exécutif, avant que celui-ci ne reporte le second tour, lundi 16 mars. « Si le gouvernement maintient le second tour, on déposera des listes, mais on ne fera pas campagne ! », aurait-elle menacé dans une lettre adressée à ses proches. Ou encore : « Il faut mettre fin à cette mascarade des élections et prendre des décisions fermes ».

AGNÈS BUZYN

Pour rappel, Agnès Buzyn a dénoncé, dans un article du Monde, en début de semaine, la « mascarade » du premier tour, maintenu par le gouvernement. Elle a aussi affirmé avoir prévenu Édouard Philippe dès « le 30 janvier que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir »

►►► Christophe Castaner et les « ardoises » forcalquiérennes

On s’y attendait depuis longtemps. Voilà des bruits qui courent depuis 2017 – 2018, mais c’était le silence total au niveau médiatique. Qui aurait pu mettre en cause Christophe Castaner alors qu’il était ministre de l’Intérieur ?

Dans la ville de Forcalquier, les commentaires vont bon train et cela dure depuis plusieurs années.

En effet, la petite sous-préfecture des Alpes de Haute-Provence a bien connu Castaner comme maire pendant plus de 16 ans, de 2001 à 2017. Par la suite, ce dernier conscient des problèmes qui l’attendaient suite à la mauvaise gestion de la ville, a préféré se retirer de ses fonctions de maire pour les déléguer à son premier adjoint, Gérard Avril qui, malgré lui peut-être, va être contraint de partager les responsabilités dans les enquêtes à venir. Il deviendra alors et très certainement malgré lui, le bouc-émissaire de dossiers judiciaires imminents.

Soyons clairs ! Castaner cherchera à faire porter le « chapeau » à Monsieur Avril, son ancien adjoint A ce sujet, nous savons que l’ancien ministre n’a aucun scrupule. C’est un homme froid et sans âme, capable des pires trahisons, aussi abject que ses quelques rares amis politiques, tel que le président de la République en fonction actuellement.

Mais revenons aux « affaires » concernant la commune de Forcalquier.

Au cœur des Alpes de Haute-Provence, dans l’environnement coloré mais rude du Pays de Giono, la petite ville de Forcalquier a connu un passé d’exception qui remonte au XIII ème siècle, au moment même où Raimond Béranger, comte de Provence, épousa Béatrice de Savoie dont il eut quatre filles toutes devenues reines : Marguerite, reine de France (épouse de Saint-Louis), Éléonore, reine d’Angleterre (épouse de Henri III), Sancie, reine de Germanie (épouse de Richard duc de Cornouailles), Béatrice, reine de Sicile (épouse de Charles d’Anjou)..

Si Forcalquier a eu ses heures de gloire, elle a vécu également des moments douloureux et tout spécialement lors de la Seconde guerre:mondiale. Aujourd’hui, elle reste une cité plutôt endormie malgré ses activités culturelles qui rassemblent chaque année de nombreux touristes et vacanciers.

L’élection de Christophe Castaner aux municipales de 2001

Parachuté en 2001, il est à l’époque un candidat inconnu qui va s’affronter à Pierre Delmar, maire sortant. Soutenus par les barons socialistes locaux, il emporte alors de justesse les élections municipales avec un écart minime, soit à peine 31 voix d’avance, un résultat contesté par l’opposition qui d’ailleurs n’aura pas gain de cause.

Au début, le nouvel élu jouit d’une popularité relativement importante, les habitants de Forcalquier considérant qu’il est un maire plutôt dynamique et rénovateur de la ville où il fait effectuer certaines améliorations et divers travaux.

Il est réélu en 2008, puis en 2014 avant de renoncer à ses fonctions de maire en 2017.

Mais peu à peu, il prend des distances avec la population et porte son intérêt totalement ailleurs, beaucoup plus attiré par le pouvoir central que par la gestion de la ville dont il est maire. Député des Alpes de Haute-Provence, vice-président du Conseil régional, il atteint ensuite les hautes sphères de l’État avec pour consécration sa nomination de ministre de l’Intérieur.

CHRISTOPHE CASTANER

Castaner et les affaires

Pendant longtemps, Christophe Castaner a régné en maître,tout d’abord à Forcalquier où en premier magistrat de la ville, il exerçait une forte autorité au sein même du conseil municipal. ; ensuite, au niveau du gouvernement où sa position en tant que ministre de l’Intérieur lui donnait incontestablement une puissance difficilement discutable, malgré quelques dures oppositions.

Mais, si vous vous rendiez à Forcalquier ou dans la région, les critiques allaient bon train surtout quand certains parlaient de certaines affaires dont l’une serait essentiellement liée à un dossier immobilier nébuleux. Jusqu’ici, ce dossier paraît rester dans un statu quo étrange, voire inquiétant, et nettement limité au simple potin de la rue.

En septembre 2017, des bruits sérieux courent sur la gestion calamiteuse de Christophe Castaner avec les deniers de la ville de Forcalquier. Ces rumeurs viennent se concrétiser quand le magazine Capital vient publier dans ses pages le 18 novembre 2017 le déficit qui plombe la petite sous-préfecture des Alpes de Haute-Provence. Les comptes de la ville sont dans le rouge et le bilan de l’ancien maire est pour le moins contrasté.

Assommée par une lourde dette qui atteignait encore 7,8 millions d’euros fin 2016 (soit 1.500 euros par habitant, deux fois plus que la moyenne des communes de même taille), la petite cité provençale s’est retrouvée alors avec des marges de manœuvre financières extrêmement réduites. Qu’il s’agisse de la commune ou du groupement de communes (également créé par Christophe Castaner) les capacités d’autofinancement étaient situées en-dessous de la médiane des municipalités de tailles équivalentes, selon les données même du ministère des finances.

Eric Laugier

Voir l’article de Capital :

La coûteuse gestion de Christophe Castaner, le nouveau chef de file de LREM, à Forcalquier

Mais Castaner gravit les échelons du pouvoir et bientôt, il devient intouchable

L’affaire tombe dans les oubliettes, d’autant plus que son très proche ami, Emmanuel Macron, se charge de faire étouffer l’affaire très rapidement. Et là s’arrêtent les actions entreprises par divers citoyens ou encore par l’Association Contribuables Associés.

Les dossiers ne ressortiront plus jusqu’à ces derniers jours, quand Monsieur Castaner ne retrouve son portefeuille au ministère de l’Intérieur.

Il faut préciser aussi, qu’entre temps, Christophe Castaner ne s’est plus représenté aux élections municipales, comme son ancien adjoint en la personne de Gérard Avril, le maire qui lui avait succédé. Et la ville de Forcalquier a été largement gagnée le 28 juin derier par la liste d’opposition de droite (LR) conduite par David Géhant, mettant ainsi un terme à dix neuf années de gestion confiée à l’ancien ministre de l’Intérieur et à ses colistiers.

Publication dans le journal Le Monde

Le 10 août, Le Monde publie dans ses pages, un article mentionnant le rapport de la Chambre régionale des comptes De Provence-Alpes-Côte d’Azur qui pointe la gestion douteuse des comptes publics de la ville de Forcalquier au cours du mandat de Christophe Castaner et de son successeur Gérard Avril.

Voir l’article du Monde ci-dessous :

Des irrégularités dans les comptes de la commune de Forcalquier, ex-fief de Christophe Castaner

Suite à ce scandale qui ne fait que commencer, d’autres médias ont repris l’affaire, tels que L’Express et Le Point pour ne citer que les principaux.

L’affaire de la mairie de Forcalquier ne semble être que le début d’une série de dossiers où Monsieur Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur devra s’expliquer et répondre devant la justice. De sales affaires qui viennent s’ajouter aux « casseroles » de l’Élysée et d’un certain Emmanuel Macron …

Affaire de la gestion de la ville de Forcalquier – conseil de lecture de l’article ci-après rédigé par le Cjfai. Texte intégral. (sources Cjfai)

LE TEXTE 

" Des irrégularités dans les comptes de la commune de Forcalquier, ex-fief de Christophe Castaner

La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur pointe, dans un rapport, la gestion douteuse des comptes publics de la commune du département des Alpes-de-Haute-Provence par l’ancien maire, Christophe Castaner, et son successeur, Gérard Avril.

Forcalquier est dans le rouge. Dans un rapport rendu public le 21 juillet, la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CRC PACA) épingle des « irrégularités » dans la gestion des comptes locaux de la commune des Alpes-de-Haute-Provence, entre 2014 et 2018. L’ancien ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, était le maire socialiste de cette ville de 5 000 habitants entre mars 2001 et juillet 2017. Son premier adjoint, Gérard Avril, lui a succédé lorsqu’il est entré au gouvernement en tant que porte-parole et secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement.

Le document de 42 pages met en évidence le « report systématique de congés non pris et des heures supplémentaires non récupérées ni monétisées » pour les agents municipaux de Forcalquier, et ce « d’année en d’année, sans limitation dans le temps ».

Résultat, fin 2017, la municipalité devait à ses quelque 85 agents « l’équivalent de 175 000 euros en congés non pris et reportés, et 92 000 euros en heures supplémentaires non récupérées ». Un certain nombre d’agents contractuels de la commune ont ainsi bénéficié en compensation d’un versement mensuel de leur indemnité de congés payés tout au long de leur contrat. Un système de rémunération contraire au droit du travail puisque cette indemnité est due uniquement en fin de contrat.

Entre 2015 et 2017, rien que pour les agents restés plus d’un an dans la commune, l’indemnité de congés payés « a été versée irrégulièrement à au moins dix agents pour un coût moyen de 13 000 euros par an, soit 40 000 euros sur la période ». La municipalité a justifié cette pratique en expliquant que cette indemnité était versée mensuellement car « les agents ne prenaient pas leurs congés ». La CRC PACA note également que, dans certains cas, des agents ont aussi pu bénéficier de « récupérations pour des heures supplémentaires non effectuées ».

« Erreurs et incohérences »

Face à ce constat, MM. Castaner et Avril ont indiqué, dans un courrier daté du 2 décembre 2019, avoir mis fin dès octobre 2019 à la pratique du « versement mensuel et systématique d’une indemnité compensatrice » en lieu et place de l’indemnité de congés payés, soit un mois et demi avant la réception du rapport de la CRC PACA. Les représentants municipaux soulignent avoir clarifié l’organisation des heures supplémentaires des agents et revu les régimes d’indemnité, notamment pour les agents contractuels.

Mais un autre point a éveillé l’attention de la CRC PACA dans la gestion des finances de la commune de Forcalquier. Elle note une série « d’erreurs et d’incohérences » dans l’octroi et l’exécution de certains marchés publics et dans les documents budgétaires. En 2014, l’entreprise retenue pour effectuer des travaux de voirie a présenté une offre à 219 800 euros, bien en deçà de la moyenne du marché, estimé à 300 000 euros. La municipalité a fini par débourser 973 600 euros, soit 4,5 fois plus que le montant initialement conclu avec l’entreprise qui s’était pourtant présentée comme la plus compétitive.

En réponse, la commune a indiqué vouloir « mettre davantage de rigueur dans ses procédures » et a prévu un « guide interne de la commande publique » pour une meilleure traçabilité des marchés à Forcalquier.

Une ville déjà très endettée

Toutes ces défaillances n’ont pas été sans conséquences. La ville, déjà très endettée, a vu ses finances se détériorer en 2018. Ses dépenses ont continué d’augmenter, bien que ses revenus n’aient cessé de baisser. Avec 6,1 millions d’euros de dettes fin 2018, Forcalquier est au-dessus de la moyenne nationale d’endettement des communes de sa taille.

Ce n’est pas la première fois que la gestion des finances de Forcalquier par Christophe Castaner et son successeur Gérard Avril est pointée du doigt. Durant leurs mandatures, des associations de riverains et des membres de l’opposition dénonçaient régulièrement la gestion douteuse des comptes publics de la commune.

Des griefs qui se sont matérialisés à travers l’élection du nouveau maire Les Républicains de Forcalquier, David Gehant. Il a remporté en juin les élections municipales, marquant la fin de dix-neuf ans de règne des socialistes. Christophe Castaner avait choisi de ne pas se représenter. "

Mariama Darame

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