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ÉCHO DE CAMPAGNE : « Ne pas voter Mélenchon, c’est voter Macron »

Présidentielle 2022 : « Ne pas voter Mélenchon, c’est voter Macron »… Nos lecteurs sont partagés sur le « vote utile » à gauche;

Le candidat de La France insoumise appelle les électeurs de gauche à se ranger derrière lui. Un appel qui suscite le débat chez nos internautes

Jean-Luc Mélenchon semble aujourd’hui le mieux placé à gauche dans les sondages pour atteindre le second tour de la présidentielle.

Ces derniers jours, les Insoumis appellent les électeurs de gauche au « vote utile ».

Un appel qui divise comme le montre l’appel à témoignages lancé par 20 Minutes.

JEAN-LUC MÉLENCHON

Il se rêve en « tortue » d’une fable de La Fontaine. Jean-Luc Mélenchon espère bien griller ses concurrents in extremis et se qualifier au second tour de la présidentielle. En troisième ou quatrième position dans les sondages, le leader de la France insoumise ne cesse de marteler qu’il est le « vote utile » à gauche et appelle au rassemblement derrière sa candidature. Un argument audible à gauche, à quelques jours du premier tour ? Après avoir lancé un appel à nos lecteurs, nous avons reçu plus de 600 réponses. Et les avis sont partagés entre soutien pragmatique et refus de céder au vote utile dans la dernière ligne droite.

« Ne pas voter Mélenchon, c’est voter Macron »

Pour certains, l’argument du vote utile pèsera lourd dans leur choix du 10 avril prochain. « J’éprouve à la fois du rejet et de l’attirance pour le candidat Mélenchon. « La République c’est moi ! » a été le coup de trop […] Pour autant, je ne peux pas me résoudre à ce duel annoncé entre l’extrême droite et Macron. Je voterai une fois de plus sans conviction, mais pour le mieux placé à gauche », assure Julien. « Même si ce n’est pas le candidat parfait, les sondages montrent que parmi les candidats ayant une chance d’aller au second tour, il est le seul à porter une véritable écologie ainsi qu’un changement radical de cap sur le modèle social », abonde Baptiste.

Plusieurs internautes nous disent faire ainsi la distinction entre l’homme et le projet défendu. « Je n’ai jamais été fan de Jean-Luc Mélenchon, le trouvant trop caractériel. Je ne voterai pas pour la personne mais pour le programme le plus abouti à gauche et le plus à même d’arriver au second tour. Face à l’urgence démocratique, sociale et climatique, le vote utile est indéniable », confirme ainsi Jojo.

« Ne pas voter Mélenchon, c’est voter Macron », tranche Shérab. « L’heure n’est plus à faire joujou sur les sensibilités à gauche, tout se jouera au premier tour, les électeurs doivent imposer à Macron une véritable confrontation. » Plusieurs lecteurs, comme Jérôme, reprennent ainsi les arguments des Insoumis, en mettant la pression sur ses concurrents à gauche, Yannick Jadot, Fabien Roussel et Anne Hidalgo. « Je ne comprends pas du tout le sens des autres candidatures à gauche, à quoi servent-elles encore à part faire perdre la gauche au profit de Macron ? », interroge-t-il.

« Il n’a aucune chance de l’emporter »

Mais l’argument ne convainc pas tout le monde. « Ces appels au "vote utile" partent du principe que les sondages du premier tour sont bien plus fiables que ceux du second tour… puisque Mélenchon y est donné perdant à plate couture », réplique Jean-Baptiste, alors que le tribun est donné largement battu dans toutes les enquêtes d’opinion face à Emmanuel Macron. « Le vote Mélenchon n’est utile que s’il y a un espoir au deuxième tour. Étant donné l’impossibilité d’être rassembleur, il n’a aucune chance de l’emporter. Je préfère donc voter pour un candidat que j’apprécie réellement, un vote plus utile pour moi », ajoute Aurélie.

Sur le fond, le « non-alignement » du candidat insoumis sur la guerre en Ukraine et ses positions à l’international, comme la sortie de l’Otan, sont un réel obstacle pour de nombreuses personnes ayant répondu à notre appel. « Son attitude vis-à-vis de l’Ukraine a été rédhibitoire. Refuser d’armer les Ukrainiens est une erreur historique », assure ainsi Jean-Charles, partisan d’Anne Hidalgo. « J’ai des désaccords profonds avec sa vision de la politique internationale, notamment sa lecture des évènements en Ukraine mais aussi sur ses rapports à l’Union européenne », avance Mickael. « Le fait de centrer sur sa personne l’incarnation des idées de son mouvement me gêne aussi beaucoup, on a l’impression d’une personnification autoritaire », ajoute ce sympathisant d’EELV.

La personnalité du candidat est d’ailleurs l’un des principaux arguments cités par les réfractaires au vote utile. « J’ai voté à deux reprises pour lui, mais pas cette fois-ci, la violence, le mépris et l’arrogance dont il a fait preuve ces dernières années me rebute », relève Jean-Jacques, évoquant comme d’autres la perquisition houleuse au siège de LFI en 2018. D’autres personnes assument des divergences de fond, comme sur la sortie du nucléaire, dénoncent ses propos controversés sur les vaccins anti-Covid ou regrettent son « ambiguïté face à l’islam politique » comme Chiss ou Henri, qui reprennent ici les critiques récurrentes d'Anne Hidalgo et des socialistes. De son côté, Roger, soutien de Fabien Roussel, préfère ironiser sur cette stratégie des Insoumis : « Comme le disait monsieur Mélenchon en mars 2012, le vote utile est une camisole de force. »

 

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