MARION MARÉCHAL - VALÉRIE PÉCRESSE- Le face à face

Ce mercredi 23 mars, Valérie Pécresse s’est prêtée à l’exercice du « Face à Baba » sur le plateau de Cyril Hanouna. Après une présentation de son parcours et de sa vie personnelle, elle a affronté Marion Maréchal, cofondatrice de l’ISSEP et soutien d’Éric Zemmour sur le thème « Quelle droite pour quelle France ».

MARION MARÉCHAL - VALÉRIE PÉCRESSE

L’échange fut relativement paisible et respectueux, sans trop de hausse du ton. Les idées ont pu se confronter, mais sans que ce soit forcément à la gloire de Valérie Pécresse.

Première question de Marion Maréchal : « Est-ce que vous pouvez nous dire aujourd’hui que vous n’appellerez pas à voter pour Emmanuel Macron dans tous les cas de figure ? » Réponse : la question ne se pose pas, « parce que je vais le remplacer »… Bottage en touche.

C’est au tour de Valérie Pécresse de tenter de déstabiliser son adversaire en l’accusant, avec Éric Zemmour, de complicité avec Vladimir Poutine. Marion Maréchal rappelle que c’est Jacques Chirac, le modèle de Valérie Pécresse, qui a remis à Vladimir Poutine la Légion d’honneur, ce qui montre que le Poutine d’avant la guerre ne méritait sans doute pas d'être voué aux gémonies ; ce qu’a finalement concédé Valérie Pécresse.

Après avoir taxé, un peu facilement, Reconquête et le RN d'être d’extrême droite, la candidate LR a donné sa définition très personnelle de l'extrême droite : « On est d’extrême droite quand on considère qu’islam et islamisme, c’est la même chose. » Que n’avait-elle pas dit : elle pensait prendre son interlocutrice en défaut, mais c'est l’inverse qui se produisit. Marion Maréchal révéla avec talent ce qu’avait tenté de mettre au jour Éric Zemmour, deux semaines auparavant, sans y parvenir de façon convaincante : elle rappelle que Valérie Pécresse rendit visite plusieurs fois à des associations relevant de l’islam radical et proches des Frères musulmans comme l’Union des associations musulmanes du 93, qu’elle rencontra M’hammed Henniche, responsable de la mosquée de Pantin qui avait publié la vidéo mettant en cause Samuel Paty (il n'avait fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire), avant de conclure : « Manifestement, c’est vous qui faites [la confusion entre islam et islamisme] et qui faites preuve de compromission à leur égard. »

Devant la tentative de réponse par un « n’importe quoi », Marion Maréchal sort des photos de Valérie Pécresse aux côtés de M’hammed Henniche et aux cotés de fillettes voilées dans une école coranique, ce qui laisse la candidate sans voix : « Non mais d’abord, d’abord… Évidemment, c’est… tout ça est… une manip’ comme une autre (sic). » Avant de s'essayer à une comparaison acrobatique entre la rencontre avec M’hammed Henniche et la diplomatie avec Vladimir Poutine : « Quand on est président de la République, on parle à tous les Français et on les rencontre tous. » Puis elle ajoute qu’« à l’époque, les présidents de la République et les ministres de l’Intérieur, tout le monde venait dans ces associations », ce qui n’est « pas une excuse » pour Marion Maréchal.

Valérie Pécresse a ensuite tenté une attaque contre l’« extrême droite », comme son soutien Charles Consigny face à Marine Le Pen dans la même émission, le 16 mars. Quand Marion Maréchal lui fait remarquer que le programme « immigration zéro » d’Éric Zemmour reprend les mesures des états généraux sur l’immigration de 1990 au moment de la convention RPR/UDF, la candidate LR répond qu’elle reprend « tout ce que disait [son] mouvement gaulliste, le RPR, dont [Marion Maréchal ne peut] pas vraiment [se] prétendre l’héritière parce que, quand on réhabilite Pétain… » Et toc, comme ça, en passant, même si ça n’a aucun rapport, quand bien même ça serait vrai. Puis elle poursuit : « Vous avancez masquée, Madame Maréchal. Un peu Le Pen, un peu Maréchal. Un peu d’extrême droite, et de temps en temps pas vraiment. »

Le soutien d’Éric Zemmour n’a même pas réagi, pour lui poser une dernière question : « Est-ce que ça vous pose un problème que, demain, l’islam soit majoritaire en France ? Est-ce que c’est un débat d’extrême droite, ça ? »

La réponse vaut le détour : « C’est votre théorie complotiste de la peur et de la haine qui vous permet d’exister et d’essayer de fédérer, mais qui n’existe pas. Vos théories complotistes ne se réaliseront pas. » Au moins, c’est clair. Marion Maréchal a, semble-t-il, mieux réussi à mettre en défaut la candidate LR qu’Éric Zemmour deux semaines auparavant sur LCI.

Sources Boulevard Voltaire

 

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