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150 ème anniversaire de la fondation de la III° République

III° RÉPUBLIQUE

Nous n’allons pas refaire ici un cours d’histoire. Pour cela, il y a eu assez d’ouvrages et d’essais pour décrire tout le parcours de cette grande période de la France que personne ne peut ignorer et surtout que personne ne doit ignorer en vertu du devoir de mémoire.

La III ème République est née très exactement le dimanche le 4 septembre de l’année 1870. Ce régime républicain va perdurer jusqu’en juillet 1940, soit pendant près de 70 ans. Il sera le premier à s’imposer dans la durée depuis la Révolution de 1789.

Mais revenons aux divers événements qui ont conduit La Nation française vers la République.

Les origines de cette future République proviennent de la guerre franco-allemande de 1870-1871 qui fut le fait le plus marquant de la politique européenne dans la seconde moitié du XIX° siècle.

Ce fut à la fois la dernière des guerres entreprises par la Prusse pour unifier l'Allemagne à son profit et la dernière des guerres entreprises par Napoléon III pour s'assurer l'hégémonie de l'Europe et consolider sa dynastie.

Elle eut pour résultat tout d’abord, la constitution d'un nouvel empire d'Allemagne héréditaire dans la famille des rois de Prusse, par la suite, la chute de Napoléon III, puis l'annexion à l'Allemagne de l'Alsace-Lorraine arrachée à la France contre la volonté de ses habitants, et au final l'établissement en Europe de la prépondérance militaire de l'Allemagne.

Les belligérants et les faits de guerre

La guerre, voulue par le Bismarck, Chancelier de la Confédération de l’Allemagne du Nord, fut déclarée le 15 juillet 1870 par Napoléon III. Tandis que les jours suivants le premier obtenait sans peine l'alliance militaire des États du Sud (à savoir la Bavière, Bade, Wurtemberg), le second se voyait refuser celle de l'Autriche, qui ne voulait rien risquer, et de l'Italie, qui mettait son concours au prix de l'acquisition de Rome. La lutte qui s'engageait allait donc réunir toute l'Allemagne contre la France isolée. Quelle était la proportion de leurs forces respectives ?

Le foudroyant éclat des succès remportés par le vainqueur lui a fait longtemps attribuer, même par le vaincu, toutes les supériorités : non seulement celles du nombre, de l'armement et de la stratégie, mais encore celles de l'esprit public, du sentiment du devoir, de la science et des institutions politiques. Le recul du temps et l'expérience d'une autre guerre ont réduit à leur juste valeur ces explications trop simplistes.

Si les Français furent écrasés par le nombre à Wissembourg, à Froeschviller, à Saint-Privat et à Sedan, ils combattirent à égalité à Spickeren, et avec des forces supérieures à Borny, à Rezonville et pendant toute la seconde partie de la guerre. 

Lors de l'armistice final, ils se trouvaient même avoir mobilisé plus d'hommes que leurs adversaires (1.814.000 contre 1.452.000), mais trop tard pour en faire des soldats exercés, et sans les avoir employés au moment opportun et aux points décisifs.

Les défaites de la France ne s'expliquent pas non plus par son infériorité morale ou même militaire: elle ne le cédait pas à la Prusse en patriotisme, et entre leurs deux armées il n'y avait que la différence de deux systèmes - armée de métier ou nation armée - présentant chacun leurs avantages et leurs inconvénients.

Elle a été battue pour avoir commis, surtout au début, quelques erreurs stratégiques irréparables, tenant elles-mêmes à de graves insuffisances de commandement et d'organisation.

L'empereur Napoléon III avait cru devoir à son nom et à son titre de prendre le commandement suprême de l'armée, comme pendant la campagne d'Italie. Il n'y était préparé ni par ses goûts, ni par ses capacités, et ne devait porter dans la conduite de la guerre que l'indécision de son caractère et la funeste influence de préoccupations politiques.

Parmi ses collaborateurs, les maréchaux (Leboeuf, Bazaine, Canrobert, Mac-Mahon) n'étaient que de bons divisionnaires, sans autre science militaire qu'un empirisme formé dans les expéditions d'Algérie; aux plus savants, comme Frossard, on pouvait reprocher d'être surtout des théoriciens.

Au-dessous d'eux enfin, les officiers d'état-major avaient peu à peu oublié l'étude et la préparation de la guerre, objet principal de leur mission, dans l'automatisme d'occupations purement bureaucratiques.

En Prusse également, le souverain était le chef suprême de l'armée en campagne; mais il s'entraînait depuis sa jeunesse à remplir cette tâche, considérée dans sa maison comme la plus essentielle des fonctions royales, et il pouvait en toute confiance en laisser la charge à son chef d'état-major, le fameux général de Moltke.

Sans être ni un stratège génial, ni un émule de Napoléon, auquel l'ont comparé de maladroits panégyristes, ce dernier avait sur ses adversaires l'avantage d'une pensée nette, d'une volonté inflexible, et surtout d'une doctrine de la grande guerre, contestable sans doute, mais cohérente, longuement méditée, consacrée par les succès de 1866, entretenue par un grand état-major pénétré des idées de son chef.

A tous les degrés de la hiérarchie militaire régnaient enfin, avec un sentiment très développé de la discipline, un esprit d'initiative qui inspirait à des sous-ordres l'audace d'offensives heureuses et un esprit de solidarité qui leur assurait l'appui immédiat de leurs voisins.

D'après des témoignages autorisés, ces précieuses qualités ont aussi efficacement contribué aux succès du début que les savantes combinaisons de Moltke.

En 1870, déjà, c'était le talent de l'organisation qui représentait le mérite le plus incontesté des Allemands. Ils lui devaient le groupement permanent de leurs troupes en formations de guerre, la discipline de feu de leur infanterie, l'aptitude de leur cavalerie aux missions de reconnaissance, l'excellence de leur matériel d'artillerie, la prévoyance et la ponctualité qui présidaient au fonctionnement de tous les services de l'arrière. 

Mais tout autre était le spectacle présenté par l'armée française.

Les régiments, dispersés sur toute l'étendue du territoire, n'y étaient assemblés qu'à la mobilisation en brigades et en divisions sous les chefs chargés de les conduire au feu; les fantassins, trop lourdement chargés, avaient un excellent fusil, le chassepot, sans être assez familiarisés avec la tactique de combat qu'en eût exigé l'adoption; la cavalerie ne savait qu'exécuter de brillantes charges en masse; l'artillerie ne pouvait suppléer par le dévouement de son personnel et l'efficacité de ses nouvelles mitrailleuses à l'infériorité de ses vieux canons se chargeant par la bouche.

Enfin les services de transport, de santé et de ravitaillement se ressentaient d'un désordre auquel nulle faculté d'improvisation ne pouvait remédier.

Le déroulement de la guerre

Le 30 juin 1870, le député Emile Ollivier dit au Corps législatif : 

« A aucune époque le maintien de la paix en Europe n'a paru plus assuré. » 

Et le 7 juillet, Hammond, secrétaire permanent au Foreign Office : 

« Jamais le ciel de l'Europe ne m'a paru plus pur de nuages. »

Le 15 juillet, c'était la guerre.

Cette guerre, qui dura jusqu'au 28 janvier 1871, peut être divisée en trois périodes :

Du 15 juillet au 4 septembre. 

Les 250.000 hommes et les sept corps qui formaient l'armée française furent disséminés tout le long de la frontière, de Belfort à Thionville; ils devaient être facilement rompus, en raison de leur infériorité de nombre et de position, par leurs adversaires, forts de 400.000 hommes et groupés en trois armées.

L'armée du prince royal de Prusse prit tout de suite l'offensive en Alsace, surprit et écrasa à Wissembourg (4 août) une division isolée ; elle battit à Froeschwiller (6 août) l'armée du maréchal Mac-Mahon, qui se replia sur Châlons.

En Lorraine, le général Steinmetz rejetait sur Metz le corps de Frossard (6 août), et forçait rapidement les 3°, 4°, 6° corps, avec la garde, à se concentrer dans cette ville, sous le commandement du maréchal Bazaine.

Steinmetz essaya vainement de les entamer (14 août, bataille de Borny); mais l'armée de Frédéric-Charles franchit la Moselle à Pont-à-Mousson, remonta ensuite vers le nord et réussit, après deux jours de combats sanglants et acharnés (bataille de Gravelotte, 16 août, et de Saint-Privat, 18 août), à occuper la route de Verdun et à bloquer les Français dans Metz.

Mac-Mahon, établi au camp de Châlons, où il fut rejoint par l'empereur Napoléon III, reçut du nouveau ministre de la guerre, comte de Palikao, l'ordre d'aller délivrer Bazaine par le nord, et de prendre les Prussiens entre deux feux.

Il exécuta avec lenteur et mollesse ce plan audacieux, et se vit bientôt pris en flanc et poursuivi par les armées des princes royaux de Prusse et de Saxe, en marche sur Paris.

Le 30 août, le 5° corps (Failly) était surpris et battu au passage de la Meuse à Beaumont.

Le 31 août, Mac-Mahon, débordé, se voyait forcé de rétrograder sur Sedan.

Le 1er septembre, il livrait une bataille qui se termina par l'investissement complet de ses troupes. Le 2 septembre, l'empereur dut capituler et livrer 86.000 hommes aux Allemands.

Le maréchal Bazaine, qui avait vainement essayé de percer, le 31 août, les lignes prussiennes (combats de Noisseville et de Servigny), se renferma dans une inaction, peut-être volontaire, jusqu'au jour (27 octobre) où il capitula avec les 173.000 hommes qu'il commandait.

Les armées régulières de la France étaient anéanties, et les Allemands marchèrent sur Paris.

Du 4 septembre au 5 décembre. 

Le gouvernement de la Défense nationale, constitué le 4 septembre, essaya de continuer la lutte avec des ressources improvisées.

Paris, Vinoy, Ducrot et Trochu défendirent la ville avec une armé, de mobiles et de gardes nationaux; ils ne purent empêcher l'investissement.

Le 30 novembre et le 2 décembre, ils tentèrent une sortie dans la direction de Villiers et de Champigny pour donner la main aux armées de province, mais ils furent repoussés.

A Tours, où il s'était retiré, le nouveau ministre de la guerre, Gambetta, donna à la défense nationale une vigoureuse impulsion; avec la formation d’une armée de la Loire. Après avoir évacué Orléans (11 octobre), il reprit la ville à la suite de la victoire de Coulmiers (9 novembre), s'y fortifia et se prépara à délivrer Paris dans les premiers jours de décembre; luttant à droite, à Beaune-la-Rolande (28 novembre); au centre, à Villepion (1er décembre), à Loigny (2 décembre), mais au final, l’armée fut partout repoussée et perdit même Orléans (5 décembre).

Du 5 décembre 1870 au 28 janvier 1871. 

La lutte eut désormais pour but, non plus la délivrance de Paris, mais la défense du territoire L'armée de la Loire fut divisée en deux armées :

la première fut confiée à Chanzy, qui disputa, pendant deux mois, le terrain aux Allemands, d'Orléans jusqu'à Laval (bataille de Beaugency [7-11 décembre], de Vendôme [11-15 décembre], du Mans [11 janvier 1871).

La seconde passa sous le commandement de Bourbaki, et reçut la mission de tenter une diversion dans l'Est.

Après un premier succès à Villersexel (7 janvier), elle ne put délivrer Belfort (batailles d'Héricourt, 15-17 janvier), se vit enveloppée, rejetée sur la frontière de la Suisse  (3 février), et forcée de se réfugier dans ce pays.

Au Nord, le général Faidherbe remportait une victoire à Bapaume (3 janvier), mais échouait à Saint-Quentin (19 janvier). Toutes les places fortes avaient capitulé, sauf Belfort et Bitche.

A Paris, la sortie de Buzenval (19 janvier) ne fut pas heureuse, et les progrès de la famine forcèrent le gouvernement de la Défense nationale à conclure un armistice (28 janvier).

La guerre était terminée. 

 4 SEPTEMBRE 1870 : LA RÉPUBLIQUE EST DE RETOUR

Les dernières heures du second Empire

Le 2 septembre 1870 à Sedan, l'empereur des Français Napoléon III capitula avec 39 généraux, 70 000 à 100 000 soldats, 419 à 650 canons, 6 000 à 10 000 chevaux, 553 pièces de campagne et de siège et 66 000 fusils.

L'organisation de l'armée impériale française était anéantie, le gros des unités de l'armée régulière était alors hors de combat.

Ce même 2 septembre, les Prussiens reçoivent la capitulation d'une armée française enfermée à Sedan, dans les Ardennes.

Ils font 83 000 prisonniers y compris l'empereur des Français. Napoléon III  qui envoie alors un simple télégramme à l'impératrice Eugénie : « Grand désastre, l’armée est défaite et captive, moi-même je suis prisonnier ».

C'est la quatrième fois dans l'Histoire de France qu'un souverain est capturé sur un champ de bataille. Ce désastre signe l'échec de la guerre engagée à la légère par les Français six semaines plus tôt.

Lorsque la nouvelle de la capture de Napoléon III suite à la défaite de Sedan arrive à Paris, un certain désespoir s’abat sur les milieux gouvernementaux.

Ainsi, dans la nuit du 3 au 4 septembre, le comte de Palikao convoque le Corps législatif.

Mais les parlementaires sont dérangés au matin par des groupes d’ouvriers qui les interpellent au cri de « déchéance ! ».

Divers attroupements se forment. Les leaders républicains Gambetta et Favre entraînent à leur suite la foule ainsi formée vers l’Hôtel de Ville, où la république est proclamée, en même temps qu’un gouvernement de la défense nationale, constitué de fait et non de droit.

La ruine de l’ordre ancien est patente, et l’impératrice fait ses valises pour gagner au plus vite l’Angleterre.

Logiquement, la fin de l’Empire se traduit par l’intronisation des opposants à Napoléon III, au premier rang desquels ceux qui seront les piliers de la « République des Jules », soit Grévy, Ferry et bien sûr Simon.

S’y joignent aussi Adolphe Crémieux et Gambetta.

L’urgence créant l’opportunité de s’emparer des affaires, c’est Jules Ferry qui lance cette idée d’un gouvernement formé de députés républicains parisiens.

Cette option a le mérite d’avoir l’assentiment d’une population parisienne fort remuante, que ces démocrates ont d’emblée le souci de canaliser.

Le général Trochu, gouverneur militaire de la capitale de tendance conservatrice, se voit aussitôt confier la présidence du gouvernement provisoire, dont il a soin d’exclure les tenants d’idées trop avancées.

Lorsque la République est proclamée le 4 septembre 1870, la guerre déclenchée par Napoléon III contre la Prusse n'est pas terminée. Le nouveau régime s'installe donc dans la tourmente. Comment la IIIe République s'impose-t-elle ?

I. Premier objectif : Rétablir la paix
Le 2 septembre 1870, l'empereur Napoléon III, capturé par les Prussiens, capitule à Sedan.
Deux jours plus tard, à Paris, des républicains modérés proclament la République et forment un gouvernement de défense nationale.
Gambetta, qui appartient à ce gouvernement, s'échappe de la capitale assiégée par les Prussiens, pour lever des armées en province et briser l'encerclement.
Malgré quelques victoires, l'armistice est signé le 28 janvier. Quelques jours auparavant, le 18 janvier 1871, le roi Guillaume Ier de Prusse a proclamé la naissance du IIe Reich allemand.

Bismarck ne veut signer la paix qu'avec un gouvernement légitime et représentatif. 

Alors, une Assemblée nationale est élue le 8 février 1871, présidée par Jules Ferry.

Adolphe Thiers devient, provisoirement, chef du pouvoir exécutif.

Le peuple de Paris supporte mal l'entrée des Prussiens dans la capitale et se méfie de ce nouveau gouvernement qui multiplie les maladresses, essayant de désarmer la garde nationale. Une insurrection spontanée a lieu le 18 mars : c'est la Commune.

 Installé à Versailles, le gouvernement de Thiers dirige une forte répression, avec le soutien allemand, contre la révolte parisienne dont il craint les revendications sociales.

Parallèlement, il poursuit les négociations de paix.

Le 10 mai 1871, le traité de Francfort est signé. L'Allemagne annexe l'Alsace et le nord de la Lorraine.

Des troupes d'occupation sont maintenues en France jusqu'au paiement d'une lourde indemnité de guerre.

La Commune de Paris est écrasée lors de la « semaine sanglante » (du 21 au 28 mai 1871) : le bilan probable fait état de 20 000 morts et de plus de 40 000 arrestations…

II. La menace royaliste
Les élections de février 1871 donnent aux monarchistes une large majorité à l'Assemblée. Ce vote s'explique par le fait que les candidats monarchistes sont favorables à une paix immédiate avec les Allemands alors que les républicains entendent poursuivre la guerre.

Malgré cette position enviable, les monarchistes ne parviennent pas à s'entendre.

 Deux candidats se disputent le trône. Les légitimistes soutiennent le comte de Chambord, petit-fils de Charles X, partisan d'une monarchie absolue. Les orléanistes encouragent le comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, prêt à accepter une monarchie constitutionnelle.

Léon Gambetta et les républicains profitent de cette mésentente pour persuader la France rurale, majoritaire au suffrage universel, que l'instauration d'une République modérée, fidèle aux principes de 1789 et respectueuse de la propriété privée, constitue l'avenir du pays.

Depuis août 1871, Adolphe Thiers est président de la République.

Dirigeant autoritaire, il permet à la France de se relever rapidement de la défaite.

D'abord orléaniste, il se rallie ensuite aux républicains et, en novembre 1872, demande aux députés de donner une forme définitive au régime.

III. La victoire de la République

Les monarchistes font chuter Thiers et élisent un royaliste, le maréchal Mac-Mahon.

Celui-ci est chargé de geler les institutions dans l'attente d'une restauration monarchique. Légitimistes et orléanistes se réconcilient en août 1873.

Le comte de Chambord doit occuper le trône ; le comte de Paris lui succédera. Mais le premier exige impérativement la restauration du drapeau blanc, ce que ne peut accepter le peuple français. Finalement, la République s'impose.

En 1875, trois lois constitutionnelles sont votées.

La IIIe République est établie : c'est un régime parlementaire bicaméral (composé de deux chambres). La Chambre des députés est élue au suffrage universel tous les quatre ans. Le Sénat, une concession faite aux monarchistes, a un rôle modérateur (un quart de ses membres est nommé à vie).

Enfin, le président de la République, élu pour sept ans par les deux chambres réunies en congrès, dispose du pouvoir exécutif et de l'initiative des lois.

Les républicains progressent et obtiennent la majorité aux élections de 1876. Mac-Mahon dissout la Chambre en 1877 mais les républicains renforcent leur position.

Incapable d'imposer un gouvernement conservateur « d'Ordre moral », le président démissionne en 1879. Il est remplacé par le républicain Jules Grévy. Dès lors, le président du Conseil, chef du gouvernement, devient le véritable tenant du pouvoir exécutif sous la IIIe République.

En 1880, le régime est durablement installé. Les « communards » sont amnistiés, le 14 juillet devient fête nationale et la Marseillaise l'hymne officiel.

Organisation

 Le président est élu au suffrage universel indirect. Seuls les hommes de plus de 21 ans ont le droit de voter. Ils élisent les députés au suffrage direct pour un mandat de 4 ans, et les sénateurs au suffrage indirect pour un mandat de 9 ans. Les députés et les sénateurs (pouvoir législatif) élisent le président de la République pour un mandat de 7 ans.

Le président peut dissoudre la Chambre des Députés. Un véritable organigramme suivant décrit le système d'élection.

Le pouvoir de nomination du Président du conseil par le président de la République est tout théorique (après 1877).

En fait, c'est l'Assemblée nationale et le Sénat qui désignent le président du Conseil et les ministres, qui doivent alors disposer d'une majorité dans les deux assemblées pour obtenir l'investiture. Quand il n'a plus de majorité, le gouvernement tombe.

Les acquis de la Troisième République

La Troisième République a permis de montrer une expérience durable de la démocratie en France.

Association loi 1901

Selon l'article premier de la loi du 1er juillet 1901 : « L'association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d'une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices.

La loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association encadre le fonctionnement de toutes les associations ayant leur siège en France ou exerçant en France une activité permanente (sauf celles d’Alsace et de Moselle dépendant du code civil local). Toutes les associations répondant à ce critère sont des associations loi 1901 et doivent donc respecter cette loi (et son décret d’application du 16 août 1901).

Loi de 1905

Suite aux élections législatives de 1902, Émile Combes, du parti radical, et Jean Jaurès, du Parti socialiste, formèrent le bloc des gauches.

Combes mena une politique anticléricale.

En 1905, il proposa une loi demandant la séparation de l'Église et de l'État. C'est la fameuse « Loi de 1905 qui provoque toujours des débats et créé encore des polémiques à l’heure actuelle.

Les scandales

La III° République n’a pas été exempte de scandales qui, du reste, ont nettement marqué cette période.

L’affaire Boulanger

Le général Boulanger est ministre de la guerre en 1886.

Il est remercié en 1887, puis mis à la retraite en 1888. Il devient le point de ralliement de tous les mécontents : les radicaux et socialistes, les nationalistes, les monarchistes et les bonapartistes.

Il est élu plusieurs fois député en province en 1888 puis à Paris en 1889.

Menacé de passer en Haute Cour de Justice pour « atteinte à la sûreté de l'État », il s'enfuit à l'étranger en avril 1889 en Belgique.

La pression anarchiste

La pression des anarchistes montre le climat d'instabilité à la fin du xixe siècle.

Le 22 juin 1892, Ravachol est guillotiné pour avoir fait exploser les domiciles de deux juristes parisiens en mars. Il crie « Vive l'anarchie » avant que sa tête tombe.

Commence alors une vague d'attentats.

Le 24 juin 1894, le président de la République Sadi Carnot est assassiné par l'anarchiste Sante Geronimo Caserio.

Des lois sont votées en décembre 1893 pour répondre à ces attentats.

Ces lois sont appelées « lois scélérates » par les anarchistes.

Elles condamnent toute apologie d'un crime, toute participation à un attentat, et toute personne ayant usé de propagande anarchiste. Les condamnés risquent le bagne.

Le scandale de Panama

La construction du canal de Panamá débuta en 1881 mais s'avéra plus coûteuse que prévue. L'entrepreneur dut déposer le bilan en 1889.

En 1892, Édouard Drumont, un journaliste ouvertement antisémite, dénonce l'affaire et met en cause plusieurs financiers juifs qui ont soutenu le projet.

Ce regain d'antisémitisme en France sera l'un des déclencheurs de l'affaire Dreyfus, trois ans plus tard.

L’Affaire Dreyfus

L'affaire Dreyfus est une grave crise sous la Troisième République française.

Elle reflète l'antisémitisme qui existait en Europe à la fin du 19ème siècle.

La colonisation française

Pendant la Troisième république, la France se constitue un vaste empire colonial, le second en étendue après l'empire britannique.

À partir de régions acquises dès la Monarchie de juillet et le Second Empire, la France colonise une partie de l'Afrique de l'ouest, de l'Afrique équatoriale, Madagascar.

Elle s'empare également de l'Indochine.

L'essor colonial est fortement encouragé; dès 1880, par certains républicains tels Léon Gambetta et Jules Ferry.

Cependant il y des oppositions, les royalistes et les républicains les plus à gauche ne veulent pas détourner l'attention des Français de la nécessaire reconquête de l'Alsace-Lorraine perdue en 1871.

Relations internationales de la France avant la Première Guerre mondiale

La France qui a dû abandonner l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne en 1871 est isolée en Europe par l'action diplomatique de Bismarck qui veut éviter une guerre de revanche.

Mais à partir des années 1890, son rapprochement avec l'empire russe comme également avec le Royaume-Uni permet la création de la Triple Entente dirigée contre l'Allemagne.

La France pendant la Première Guerre mondiale

Dès la déclaration de la guerre, le 2 août 1914, les partis politiques font taire leur divisions et organisent l'Union sacrée. Les partis participent au gouvernement.

Ce n'est qu'avec la lassitude devant l'impossibilité de triompher rapidement de l'adversaire allemand que les tensions politiques réapparaissent.

Certains socialistes français tentent de renouer les liens avec leurs anciens amis des partis socialistes allemand, autrichien ou russe.

En 1917, les socialistes quittent le gouvernement.

Celui-ci, regroupant la droite et le centre droit, va désormais être dirigé par Georges Clémenceau dont la politique est entièrement tournée vers la guerre et la victoire.

Le Bloc National (1919-1924)

La guerre terminée la vie politique reprend.

Les socialistes de la SFIO sont divisés, sur l'attitude à avoir vis à vis de la révolution russe qui vient d'avoir lieu, et sur la prise du pouvoir par les Bolcheviks.

Cette division socialiste empêche qu'ils s'allient avec les radicaux comme ils le faisaient avant la guerre.

Par contre les nombreux partis de droite s'unissent sous la direction d'Alexandre Millerand, ils forment le Bloc National qui va largement gagner les élections de novembre 1919 à la chambre des députés.

Le Bloc national va mener une politique favorable aux catholiques mais répressive vis à vis des syndicalistes.

Mais il doit faire face au financement du gigantesque effort de reconstruction après les dégâts de la guerre dans les département du Nord et de l'est de la France.

Pour cela la France compte sur les réparations dues par l'Allemagne.

Mais celle-ci ne peut ni ne veut payer. L'occupation de la Ruhr en 1923 par l'armée française crée une crise économique gigantesque en Allemagne.

Sous la pression des Américains et des Britanniques, la France devra accepter de négocier la dette allemande.

Aux élections de 1924, les français déçus des partis de droite portent au pouvoir le Cartel des gauches.

Le cartel des Gauches (1924-1926)

Le cartel des gauches est une coalition électorale, constituée dans une cinquantaine de départements, pour les élections législatives de 1924 entre les radicaux indépendants, le Parti radical et radical-socialiste, le Parti républicain-socialiste auquel se joignirent des socialistes indépendants, et la SFIO.

Les radicaux emmenés par Édouard Herriot dominèrent la coalition victorieuse aux élections législatives de 1924

Année 1940

Hitler arrive au pouvoir en 1933.

Il annexe l'Autriche à l'Allemagne en violant le traité de Versailles.

La France ne réagit pas à temps.

Elle souhaite éviter une nouvelle guerre : en septembre 1938,

Edouard Daladier, chef du gouvernement français, laisse volontairement Hitler occuper les Sudètes.

Les Allemands occupent ensuite la Pologne le 1er septembre ; la France et l'Angleterre déclarent la guerre.

Commence alors la Seconde Guerre mondiale.

Selon les autorités françaises, la ligne Maginot devrait protéger la France.

Mais les erreurs se répètent dans l'Histoire.

Le 15 mai 1940, les Allemands contournent la ligne.

Le nord de la France est rapidement occupé.

Le gouvernement démissionne en juin.

Le maréchal Pétain signe l'Armistice.

La France est en partie occupée.

La Troisième République disparaît et la France n'est plus une République pendant les quatre années d'occupation que dure le gouvernement collaborationniste de Pétain appelé État Français, connu sous le nom de Régime de Vichy.

Les présidents de la III° République

Adolphe Thiers (du 31 août 1871 au 24 mai 1873)

Patrice de Mac Mahon (du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879)

Jules Grévy (du 30 janvier 1879 au 2 décembre 1887)

Sadi Carnot (du 3 décembre 1887 au 25 juin 1894)

Casimir Périer (du 27 juin 1894 au 16 janvier 1895)

Félix Faure (du 17 janvier 1895 au 16 février 1899)

Émile Loubet (du 18 février 1899 au 18 février 1906)

Armand Fallières (du 18 février 1906 au 18 février 1913)

Raymond Poincaré (du 18 février 1913 au 18 février 1920)

Paul Deschanel (du 18 février 1920 au 21 septembre 1920)

Alexandre Millerand (du 23 septembre 1920 au 11 juin 1924)

Gaston Doumergue (du 13 juin 1924 au 13 juin 1931)

Paul Doumer (du 13 juin 1931 au 7 mai 1932)

Albert Lebrun (du 10 mai 1932 au 11 juillet 1940).

État des lieux

Malgré ses défauts et ses erreurs, la III° République reste le véritable pilier de la démocratie française et sans elle, la France sociale n’aurait pas vraiment existé. Ce système républicain est celui qui représente le mieux la citoyenneté et l’avenir d’une société en perpétuel mouvement pour plus de justice et de fraternité. C’est elle qui est à la base de nos grandes lois sociales et en particulier de l’école publique, gratuite et donc ouverte à tous. Malheureusement, à l’heure d’aujourd’hui, la III° République est considérée comme une époque ringarde et rares sont les politiques qui s’y réfèrent vraiment. Terrassée par la défaite de 1940, elle disparaît pendant quelques années engloutie par le régime de Vichy.

Viendra ensuite la IV° République dont la durée fut assez brève entre 1946 et 1958. Étouffée par les crises multiples et la guerre d’Algérie, elle fut un échec démocratique.

Quant à la Vème République d’aujourd’hui, a-t-elle encore un orientation politique populaire et sociale ? A dire vrai, certainement pas. Après De Gaulle et Pompidou, elle a subi au fil du temps de graves dommages et à depuis plusieurs années, elle ressemble plus à un régime monarchique qu’à un système républicain.

En 2012, François Hollande a sonné le glas de la République.

En 2020, Emmanuel Macron achève l’esprit démocratique de la Nation et fait ressentir clairement la fin de la Vème République. Après le glas, suivent les obsèques. Une situation irréversible.   

Clara Mendez

III° RÉPUBLIQUE

 

 

 

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