COMBINES MACRONIENNES

La bouillabaisse marseillaise ou ... les combines macronistes

Les Macron font le siège à Marseille. Lundi, Emmanuel Macron s’est rendu au Palais du Pharo pour clore le Sommet des deux rives réunissant plusieurs pays du pourtour méditerranéen. L’événement s’est terminé par un déjeuner organisé par la ville de Marseille avec divers représentants de plusieurs pays concernés, sans oublier un certain nombre de députés de LREM..

Cependant, le jour précédent, c’est-à-dire le dimanche, le président Macron avait donné un « dîner privé » en compagnie de personnalités locales venues des milieux économiques, sociaux et culturels de la cité phocéenne. Et quelques jours auparavant, comme par hasard, Brigitte Macron était venue à Marseille en éclaireur, pour rencontrer le maire Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal, candidate possible à la succession de ce dernier. Mais l’épouse du président s’est entretenue également avec plusieurs candidats pressentis ou déclarés pour conquérir la mairie marseillaise, ce qui a provoqué certaines crispations dans le milieu politique de la ville.

Bien entendu, Brigitte Macron s’est affichée ouvertement avec Jean-Philippe Agresti, potentiel candidat LREM à la mairie dans le secteur du député LREM Saïd Ahamada candidat déclaré à l’investiture, lequel n’avait été convié à ce déplacement !…

Déjeuner avec Jean-Claude Gaudin

En évidence, Brigitte Macron a choisi de déjeuner avec Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal. Sans hésiter, ces derniers ont appelé publiquement à une union avec le parti présidentiel. Mais la grande particularité, c’est le refus catégorique des militants LREM et par Saïd Ahamada à toute alliance, alors que la direction du parti ne l’écarte pas, bien au contraire …

Face aux polémiques déclenchées par l’attitude de Brigitte Macron, le chef du parti présidentiel, Stanislas Guérini a voulu mettre un terme aux bruits de couloir, notamment au micro de LCI où le patron de LREM a déclaré à propos des municipales que Madame Macron ne jouait aucun rôle particulier et que d’ailleurs, elle ne souhaitait pas en avoir à quelque titre que ce soit. Et d’ajouter :

À chaque fois qu’elle a fait des déplacements, c’est parce qu’elle avait pris des engagements, elle avait promis d’y venir. »

Ne soyons pas dupes ...

Brigitte Macron n’est pas venue à Marseille pour faire du tourisme. Elle s’est déplacée dans un but déterminé, notamment pour prendre la « température des lieux », mais aussi pour rencontrer Jean-Claude Gaudin qui représente certainement pour le président Macron, l’homme le mieux placé pour monter les meilleures combines politiques « à la marseillaise ». Car, si Gaudin ne se représente plus, il reste le grand maître de la ville, celui qui fait et défait le système en utilisant les combinaisons les plus machiavéliques qui puissent exister.

Gaudin, félin et félon

Jean-Claude Gaudin a toujours été l’homme des intrigues et des tours des passe-passe.

Socialiste à ses heures dans les années 65, il fait équipe avec Gaston Defferre avant de le trahir en 1973 en adhérant aux Républicains Indépendants et en participant l’année d’après à la campagne électorale de Valéry Giscard d’Estaing.

Par la suite, il est élu député à plusieurs reprises en ratissant les voix de tous les côtés et surtout en pratiquant les méthodes bien connues sur la place marseillaise du « clientélisme électoral ».

Mais l’opportunisme de Gaudin est phénoménal. Aujourd’hui et depuis bien longtemps, le maire de Marseille critique volontiers le Rassemblement National et n’hésite jamais à condamner ce parti. Mais Monsieur Gaudin a la mémoire courte : Il a oublié totalement qu’il avait fait grande alliance avec le Front National en 1986 quand il a voulu être élu président de la région PACA.

En 1988, le même Gaudin passe des accords électoraux avec le Front National en vue des élections municipales. Mais il est battu et considère que son échec est du à l’extrême droite. Aussi, sans état d’âme, aux élections législatives de 1993, Gaudin ira jusqu’à soutenir le communiste Guy Hermier face au candidat du Front National.

Alors, Gaudin ? Ne m’en parlez pas ! Il a toujours trempé dans les combines les plus viles et aussi dans toutes les « sauces » comme le citoyen marseillais le clame tout haut sur le Vieux Port à qui veut l’entendre.

C’est la raison pour laquelle, le couple Macron s’intéresse fort à la ville de Marseille pour placer ses pions et au final, pour faire main basse sur la ville grâce aux grosses trahisons du vieux Jean-Claude. Et sur ce point, Emmanuel Macron a parfaitement raison. Gaudin est vraiment l’homme qu’il lui faut, celui qui pourra éliminer tous les adversaires de LAREM, par tous les moyens possibles qu’ils soient légaux ou ... illégaux.

Marseille, ville stratégique

Pour le parti de la majorité, Marseille est un véritable enjeu au regard des élections municipales.

« La voix du président de la République sera prépondérante dans le choix de la stratégie et de l’incarnation de notre mouvement à Marseille », affirme Bertrand Mas-Fraissinet, référent du mouvement de LREM dans les Bouches du Rhône. Et il ajoute : « Je n’ai pas de doute qu’il s’implique dans la stratégie de cette grande ville. ».

Voilà donc où en est à jour la situation politique marseillaise dans lla projection des prochaines élections municipales de 2020.

Les combines ont commencé et elle continueront encore longtemps pendant des semaines et des mois. Au final, la bouillabaisse pourrait être bien pimentée et n’en serait alors que meilleure, à moins, qu’à force d’y ajouter trop d’espèces de poissons, elle devienne amère et incomestible.

Pierre Reynaud

MARSEILLE VIEUX PORT

 

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