DÉPUTÉS ET SÉNATEURS : LES AVANTAGES CACHÉS

Quiconque sait que les députés touchent de belles indemnités et bénéficient de très nombreux avantages liés à la fonction. Inutile donc de revenir sur ces privilèges qui existent depuis longtemps et qui ne sont pas prêts de disparaître. Et même, si être député implique un certain nombre de charges (pas toujours respectées, leurs prérogatives font rêver toutefois un grand nombre de nos concitoyens.

Mais aujourd’hui, c’est tout autre chose qui va retenir nos attentions. En fait, il s’agit de la fortune personnelle que certains députés bâtissent au cours de leur vie grâce à leurs fonctions politiques.

Voici le cas d’un député qui a été élu puis réélu à ,deux reprises, ce qui représente au total trois mandats en cours. De loin, il n’est pas une exception et nombreux de ces collègues ont le même parcours dans le milieu de la politique, du commerce et de la finance.

Pour ne pas citer évidemment, son nom, nous l’appellerons Michel S. et nous ne donnerons pas le lieu de sa circonscription. Mais quoi qu’il en soit, chacun pourra reconnaître peut-être à travers lui, le député de sa région ou de son territoire, avec ses qualités et ses faiblesses, les défauts cependant, étant souvent plus importants que les mérites.

Revenons donc à Michel S., député de la circonscription de X … A l’origine, notre député était un adepte du cumul des mandats : député, maire, conseiller général et président du conseil général. Puis avec l’adoption des lois du 14 février 2014, le cumul d’un mandat de parlementaire et d’un mandat exécutif local n’a plus été possible, la législation interdisant cette cumulation pour les députés et les sénateurs depuis les élections de 2017. Cette même règle a été étendue aux députés européens depuis les élections européennes de 2019.

Donc, Michel L. a été contraint de réviser sa position politique et de ce fait, il a abandonné son fauteuil de maire à son premier adjoint.

Jusqu’ici, rien de bien original, notre député ayant été dans l’obligation, de respecter comme tant d’autres, la nouvelle législation.

Mais si désormais Michel L. est censé se consacrer entièrement à ses fonctions de député, que ce soit à l’Assemblée Nationale ou dans sa circonscription territoriale, la réalité est toute autre.

Dans les faits, son mandat de député reste une activité bien secondaire. Représenté par son assistant parlementaire en province, il est très peu visible dans sa circonscription, sauf à l’occasion de certaines cérémonies officielles où il se met en valeur au milieu des autorités présentes. Une situation qui ne semble pas attirer l’attention de ses concitoyens qui voient simplement en lui, un parlementaire très occupé au Palais Bourbon pour défendre avec ses collègues, les intérêts de la France et des Français. Il est évident que Michel L. passe la plupart de son temps à Paris ou ailleurs aussi, mais pas pour les raisons que l’on peut imaginer. En clair, il s’occupe de ses propres affaires et .. quelles affaires ! Sa position politique l’a conduit vers des cercles privés où il s’est fait de très nombreuses relations d’affaires. Aussi, au fil des années, grâce à ses fonctions électives, notre député s’est constitué un très important capital composé essentiellement d’actions dans de nombreuses sociétés, sans oublier les investissements fonciers dans plusieurs sociétés civiles immobilières dont les dirigeants ne sont autres que des prête-noms ou des membres de sa famille.

Bien évidemment, pour connaître le patrimoine de Michel L., il a fallu entreprendre une enquête approfondie, car sa situation financière n’est pas visible à l’œil nu. Et c’est après de longues recherches, que le pot-aux-roses a été découvert, laissant apparaître un homme politique plus préoccupé par ses aspirations personnelles que par celles liées à l’intérêt général.

Alors, Michel L. est-il une exception ? Certainement pas. Il n’est pas rare de voir des députés comme des sénateurs se constituer une fortune conséquente alors qu’à l’origine, ils ne possédaient rien ou pas grand-chose. À titre d’exemple, on peut citer aussi le cas d’un homme politique du sud de la France qui fit en son temps une ascension fulgurante sur le plan social. Simple ouvrier agricole dans sa jeunesse, puis cantonnier dans l’administration des Ponts-et-Chaussées, avant de devenir conducteur de travaux, il entame par la suite une carrière d’élu politique, tout d’abord comme simple conseiller municipal, puis comme maire, conseiller général, député, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, et enfin, sénateur dans ce même département.

Entre temps, il occupe également de hautes fonctions dans des établissements d’intérêt public dont il assure la présidence la plupart du temps.

À la fin de sa vie, cet homme parti de rien, issu d’une famille très modeste, avait amassé une fortune colossale édifiée uniquement par la voie politique, un « capital qu’il n’aurait pas échangé à l’époque contre un chèque de 20 millions de francs » (3 millions d’euros d’aujourd’hui), selon les dires de certains.

Quoi qu’il en soit, la politique profite généralement à ceux qui la pratiquent et surtout, à ceux qui savent la pratiquer utilement. Bien entendu, tous les politiciens ne font pas systématiquement fortune dans leurs fonctions d’élus, mais souvent, ils parviennent à se positionner de telle façon, qu’ils assurent largement leurs arrières comme celles de leurs enfants, de leur famille et de leurs amis.

Pour conclure, on peut constater que les hommes (ou les femmes) politiques font très souvent de leur fonction, un véritable job de rapport bien loin des intérêts de la mission que les citoyens leur avait confiée au début de leur mandat.

Pierre Reynaud

DÉPUTÉ CORROMPU ?