FRANCIS ARINZE : un grand homme de bon sens

En 2005, Francis Arinze était l’une des voix majeures du Conclave et fut un possible « papabile ». Il a toujours partagé les valeurs conservatrices de Jean-Paul II qui l’avait nommé cardinal lors du consistoire du 25 mai 1985, avec le titre de « cardinal-diacre de San Giovanni della Pigna ».

Élevé ensuite au grand de cardinal-prêtre le 29 janvier 1996, puis de cardinal-évêque de Velletri-Segni le 25 avril 2005, il fut à un moment donné, le successeur plausible à Jean-Paul II, ce qui aurait fait de lui, le premier pape noir et le quatrième pape africain.

Dernièrement, Francis Arinze a fustigé fortement les interventions en rafale du Pape Bergoglio et de sa cohorte curiale qui s’occupent tous les jours de politique, encourageant l’immigration clandestine au lieu de prêcher la diffusion de l’Évangile.

Les paroles du cardinal Arinze sont claires :

« Les Européens doivent arrêter d’encourage le départ de jeunes africains. L’Afrique a besoin d’eux.

Les pays d’Europe et d’Amérique peuvent parfois aider au mieux, non pas en encourageant les jeunes à venir en Europe comme s’ils considéraient l’Europe un paradis – un endroit où l’argent pousse sur les arbres – mais en épaulant les pays d’où ils viennent. »

Paroles saintes prononcées lors d’une interview publiée par le « Catholic Herald » la semaine dernière, au cours de laquelle le cardinal nigérian a affirmé :

« Il est préférable que les jeunes restent dans leur pays et travaillent à son développement, mais ce n’est pas toujours possible. Les chefs de gouvernement africains devraient être inquiets du niveau élevé d’émigration et examiner leur conscience, afin de déterminer la raison pour laquelle autant de personnes quittent leur pays.

Chaque gouvernement doit établir le nombre de personnes qu’il peut accueillir : non seulement leur entrée dans le pays, mais aussi les possibilités de logement, de travail, leur famille, leur insertion culturelle.

Ce n’est pas une théorie, mais un fait. Où est l’avenir des jeunes africains : travail, vie familiale, culture, religion ? Il faut réfléchir à tout cela. Les accueillir sans leur offrir des perspectives d’avenir n’est pas la solution. Ce sont donc des aspects que nous devons prendre en considération, quand nous prononçons la parole « migrant ».

A l’intervention du cardinal Arinze s’ajoute également l’histoire du migrant chanteur, qui avec sa chanson « N’émigrez pas » essaye de convaincre les Africains à ne pas partir.

Abdul Embalo, 27 ans, chanteur gambien, avait aussi entrepris le voyage de l’espoir mais, déçu, il décida de rentrer au pays. Aujourd’hui, il écrit des chansons pour dissuader l’émigration des jeunes africains avec l’aide de l’Association « Mani Tese » (Mains tendues) de Turin.

Interviewé par Il Corriera della Sera, il a déclaré :

« Nous devons réfléchir et comprendre que ce n’est pas notre souhait de perdre la vie dans un jeu, nous devons regarder notre Afrique. J’ai aussi eu ce rêve, qui a fait de moi un immigré clandestin …, mais si j’avais su, jamais je ne serais parti. Je me suis demandé si c’était vraiment mon destin de fuir la police, de cuisiner dans la même chambre où je dors, de ne pas pouvoir me doucher, ni prendre un repas. Eh bien ! non cher frère, l’immigration clandestine, n’est pas la solution.

Ces paroles sont exprimées par une personne du peuple migrant, ce peuple que le Pape François et ses compagnons encouragent à débarquer dans les ports italiens. Ce Gambien essaye par ses chansons au rythme de la musique pop de convaincre les Africains à rester en Afrique, car l’immigration n’est pas la solution.

Les déclarations du cardinal Arinze font écho à celles de son confrère le cardinal guinéen Robert Sarah, qui en octobre 2017, lors d’une conférence en Pologne sur le thème « Europa Christi » déclara :

« Chaque nation a le droit de faire la distinction entre réfugiés et migrants économiques.

L’Europe a renoncé à ses racines chrétiennes et aujourd’hui, elle se trouve immergée dans une apostasie silencieuse.

Chaque nation a le droit de distinguer entre réfugiés et migrants économiques qui ne partagent pas la culture de cette nation.

Si chaque migrant est un être humain qui doit être respecté, la situation devient plus compliquée quand les migrants sont originaires d’une autre culture ou ont une religion différente. »

Et d’ajouter :

« La responsabilité toutefois est aussi celle des nations européennes qui ont déstabilisés les pays d’où les migrants sont partis. »

Il critiqua particulièrement :

[…] l’idéologie de l’individualisme libéral qui promeut une combinaison destinée à éroder les frontières naturelles de chaque patrie et culture, poussant vers un monde post-national et unidimensionnel où les seules choses qui comptent sont la consommation et la production.

L’Europe, avait rappelé le cardinal, vit une crise de civilisation sans précédent, débutée avec le « Dieu est mort et nous l’avons tué » de Friedrich Nietzsche.

L’Europe est plongée dans une crise « causée » entre autres par des idéologies athées, qui l’ont conduite vers le nihilisme. »

« Après la chute de l’URSS, il semblait qu’une nouvelle ère positive allait commencer pour l’Europe. Au lieu de cela, l’UE a décidé de ne plus se tourner vers les racines chrétiennes du continent, mais de construire ses institutions sur des abstractions comme le libre-échange, l’égalité des individus et les droits humains individuels. Et cela fut une erreur, car toutes les lois devraient être basées sur le concept de la dignité humaine, qui ne peut venir que de Dieu. L’Europe, construite sur la foi en Christ, a coupé les liens avec ses racines chrétiennes et vit aujourd’hui une période d’apostasie silencieuse. »

Le bon sens et la sagesse – vertus précieuses, devenues aujourd’hui si rares au sein de diverses églises dites chrétiennes – qui émanent des déclarations de Mrg Francis Arinze et de Mgr Robert Sarah, apportent un vent de fraîcheur et d’espoir.

Les cardinaux Francis Arinze et Robert Sarah s’opposent nettement au pape argentin. Ils ne partagent pas sa vision démentielle d’une Europe multi-culturelle, multi-ethnique et multi-religieuse, ni sa façon d’intervenir constamment dans la politique d’un pays souverain.

Encourager l’immigration africaine n’est pas de l’altruisme, mais de l’égoïsme. Priver l’Afrique de ses forces vives dans le seul objectif de détruire l’Europe chrétienne devrait être considéré comme un projet criminel et non une œuvre caritative.

Sources :

  • Il Cardinale nigeriano Francis Arinze attacca Papa Bergoglio surll’immigrazione. (Il Giornale)

  • Il Cardinale Sarah : ogni nazione ha il diritto di distinguere tra i rifugiati e migranti economici. (Il Foglio)

CARDINAL FRANCIS ARINZE