L’ASPECT NAUSÉABOND DU SYSTÈME POLITIQUE FRANÇAIS

Le scandale de l’affaire de Rugy sera certainement le grand feuilleton de l’été.

Médiapart a fait un travail remarquable au niveau de l’assainissement du système politique en dénonçant les dérapages de l’ancien président de l’Assemblée Nationale alors qu’il était le locataire de l’Hôtel de Lassay.

Si François de Rugy a commis certaines fautes importantes au niveau de sa fonction, elles ne sont pas aussi graves que certains voudraient le laisser paraître. Cependant, elles dénotent la mentalité d’un grand nombre de politiques qui pensent que tout leur est permis, ce qui entraîne parfois d’énormes dérives dans l’utilisation des fonds publics.

Nous ne reviendrons pas sur le homard ou sur les grands crus qui pouvaient être servis à la table du président de l’Assemblée ou même sur l’abus des chauffeurs de ce dernier. D’ailleurs, il ne s’agit pas de s’attarder indéfiniment sur cette affaire et laisser pendant ce temps le champ libre à d’autres politiques qui se complaisent dans des irrégularités parfois plus graves que celles commises par Monsieur de Rugy.

En vérité, il faut stopper définitivement ces méthodes indignes d’une république qui se veut exemplaire et mettre un terme au grand train de vie de la plupart de nos élus.

Déjà, il faut réformer la présidence de la République. Que l’on conserve le Palais de l’Élysée comme haut-lieu de l’administration présidentielle et des réceptions officielles, cela est tout à fait normal. Par contre, par respect des institutions républicaines, le président ne doit plus demeurer dans cet endroit, l’État devant fournir au président à titre personnel, une résidence privée (appartement ou maison) plus modeste et donc plus conforme à l’esprit fondamental et naturel de la République.

Même situation en ce qui concerne l’Hôtel Matignon pour le premier Ministre, l’Hôtel de Lassay pour le président de l’Assemblée Nationale et le palais du Luxembourg pour le président du Sénat.

Ces trois sites doivent être utilisés uniquement pour le fonctionnement de chacune de ces institutions et pour les réceptions officielles qui s’y rattachent.

La République, c’est un espace de liberté, de justice et de partage. Il ne faut plus qu’elle soit assimilée au fonctionnement d’un système monarchique qui s’apparente au faste dont s’entouraient avant la Révolution française, le roi, les princes et les courtisans.

Bien évidemment, il ne faut tomber non plus dans une exagération inverse. Quand j’entends sur les plateaux des chaînes TV des intervenants qui souhaitent que les ministres circulent à bicyclette, je trouve cette alternative inutile et même ridicule. Il est logique qu’une personnalité politique importante ait à sa disposition une voiture et un chauffeur. Ainsi, à titre d’exemple, compte de son planning très chargé, un ministre doit pouvoir compter sur un transport rapide et adapté à la situation de chaque instant.

En conclusion, il est devenu important d’assainir un système politique abject qui n’a que trop duré.

Il faut comprendre que les classes sociales les plus défavorisées qui sont quasiment toujours dans « le rouge » le 15 du mois, n’acceptent plus la vie fastueuse de nombreux politiques. C’est ainsi qu’est né le mouvement des Gilets Jaunes, un groupement de citoyens qui n’ont plus confiance dans les élus et dans les élites du pouvoir.

Les représentants de la Nation ne sont plus dignes de la République. En s’octroyant des privilèges payés par les deniers publics, c’est-à-dire par le contribuable, ils participent à la destruction de la société et à sa division.

Avec une grande amertume, nous constatons aujourd’hui la devise de la République française a perdu tout son sens. L’injustice domine alors que croissent les passe-droits, les monopoles, les faveurs et les prérogatives.

Pour peu qu’une telle situation dure, on reviendra à l’époque d’un certain « Roi Soleil » où le peuple vivait dans une extrême pauvreté, alors que Versailles brillait de tous ses feux dans les réjouissances permanentes et dans la débauche de tous les plaisirs.

Pierre Reynaud

FRANÇOIS DE RUGY