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La France libérée

MACRON : un président qui n'aime pas la France

Voici quatre années que le président Macron est à la tête de l'État français. Chaque citoyen a pu évaluer ce temps de "règne" où le "monarque" Macron a voulu s'imposer et surtout édicter sa politique d'un "nouveau monde" dont on perçoit aujourd'hui les multiples conséquences néfastes. Emmanuel Macron est un idéaliste qui rêve d'une grande Europe dans laquelle on effacerait le passé  - tout le passé -  pour construire un avenir tourné vers le capitalisme géant capable de dominer le Monde, à savoir d'enrichir les plus riches, et bien évidemment d'appauvrir les plus pauvres. C'est un idéalisme insensé, entièrement absurde, à la limite de la démence, ce mot n'ayant aucune exagération dans le contexte actuel. Jamais, au grand jamais, de mémoire d'homme, on n'a connu en France un président de la République capable de se comporter de la sorte, c'est-à-dire vouloir transformer la société de manière à supprimer les valeurs fondamentales de la démocratie et à effacer les grandes heures de l'Histoire de la Nation. Cette posture n'est pas bien éloignée de celle employée par certains chefs d'État d'extrême-droite comme d'extrême gauche qui n'ont pas hésité en leur temps de détruire les structures de leur pays pour y installer un ordre nouveau. Inutile de préciser que la situation politique française entre désormais dans une phase extrême de gravité et la présidence de Macron devient fort dangereuse pour l'avenir de la démocratie et de la France. A tout prix, il faut faire barrage à sa candidature, et le souhait si attendu d'une grande majorité des Français, serait qu'il ne se représente plus aux élections présidentielles de 2022. Mais cette perspective n'est-elle pas utopique ? 

EMMANUEL MACRON

Macron interrogé par la chaîne américaine CBS : “ Nous devons déconstruire notre propre histoire ”

 We have in a certain way to deconstruct our own history."
Propos édifiants de Macron sur CBS qui a expliqué que la France souffre de racisme, l'a lié à son passé colonial et a justifié un projet de "déconstruction de notre histoire" (!) 
pic.twitter.com/dYy3nEUB9n  
Jean Louis (@JL7508) April 18, 2021

MARGARET BRENNAN : OK, compris. M. le Président, la race est un sujet très chaud dans ce pays en ce moment. Et je veux vous interroger sur quelque chose que vous avez dit récemment. La France est une ancienne puissance coloniale, mais vous avez dit en comparant nos deux pays, “Je suis sûr d’une chose, nous ne sommes pas les États-Unis d’Amérique. Nous avons une préférence pour l’égalité qui est fondée – qui ne se trouve pas aux États-Unis. Nos valeurs ne sont pas tout à fait les mêmes. Nous avons un attachement à la social-démocratie, à plus d’égalité.” Qu’entendez-vous par là ?

PRÉSIDENT MACRON : Je pense que les Etats-Unis et l’Europe sont- sont confrontés à des défis communs, à des réseaux d’inégalités, à des discours de haine, etc. et à des tensions dans nos sociétés. Et la race arrive, je dirais en plus de cela, parce que nous n’avons pas réglé cette question. Et c’est une question qui existe dans notre société. Dans votre société, il y avait de la ségrégation et vous avez réussi à réagir précisément et à réorganiser votre société dans les années 60 avec une action positive et affirmative et des politiques nucléaires, afin de faire face à ce phénomène. Notre histoire est très différente parce que nous étions des États coloniaux et que nous sommes maintenant – nous sommes au centre et nous étions et nous sommes toujours des contrariétés de l’immigration avec beaucoup de gens venant des anciennes colonies et, par exemple, du continent africain. Et nous avons définitivement cette question de la race, qui est au cœur même de notre société, et qui crée de nombreuses tensions lorsque des personnes sont victimes de discrimination et lorsque des personnes poussent des discours racistes, du racisme ou des discours inacceptables. Ma conviction est que nous devons aborder cette question en commençant par la transparence et une évaluation équitable. C’est pourquoi j’ai lancé de nouvelles plateformes pour lutter contre la discrimination, le racisme, etc. Deuxièmement, un dialogue calme et ouvert pour comprendre comment cela s’est passé et, d’une certaine manière, pour déconstruire notre propre histoire. Mais sans aucune confusion, nos histoires sont très différentes. La façon dont nous nous sommes comportés dans le passé, la façon dont nous avons construit notre propre traumatisme sont très différentes, même si nous avons des phénomènes communs. Je pense donc que nous devons – nous devons essentiellement – aller aux racines mêmes de ce phénomène. Mais nous devons lancer de nouvelles politiques, concrètes et déterminées, pour nous débarrasser du racisme dans notre société. C’est essentiel. Mais troisièmement, nous devons reconstruire l’unité de nos sociétés. Et l’un des grands risques aujourd’hui est d’être inefficace dans la gestion de la discrimination et, d’une certaine manière, de pousser à la fragmentation de toutes les sociétés en encourageant, je dirais, une sorte de construction où une nation serait l’addition de différentes races ou l’addition de différentes minorités. Je ne le pense pas. Je pense qu’une nation est basée sur l’unité avec les différences, est basée sur l’unité des projets, et nous ne devrions jamais accepter la fragmentation de ce projet à travers toutes ces différences et spécificités. Donc ce dont nous avons besoin d’une certaine manière des deux côtés de l’Atlantique, c’est d’une politique de reconnaissance, de construire notre unité en étant plus efficace contre les inégalités, contre la discrimination, et en travaillant pour l’unité et en reconnaissant toutes les différences. C’est un défi énorme, mais c’est l’un des défis essentiels de notre génération.

Chaîne américaine CBS

Transcription: Français président Emmanuel Macron sur « Face à la Nation », 18 avril 2021 (textes et vidéo)

Voici une transcription d’une interview du président de la Français Emmanuel Macron diffusée dimanche 18 avril 2021 sur « Face à la Nation ».

MARGARET BRENNAN : Le bilan de la COVID en France vient d’atteindre 100 000 morts, et le pays en est actuellement à son troisième confinement national. Nous nous sommes entretenus Français plus tôt avec le président emmanuel Macron depuis le palais de l’Élysée à Paris et nous avons demandé quand ces restrictions seraient levées en France, et quand les Américains pourraient s’y rendre à nouveau.

PRÉSIDENT MACRON: Nous lèvera progressivement les restrictions du début du mois de mai, ce qui signifie que nous organiserons en été avec nos professionnels en France pour Français citoyens européens, mais aussi pour les citoyens américains. Nous travaillons donc dur pour proposer une solution très concrète, en particulier pour les citoyens américains qui sont vaccinés, donc avec un laissez-passer spécial, je dirais.

Margaret BRENNAN: Avez-vous réglé cela avec la Maison Blanche?

PRÉSIDENT MACRON: Oui, nous avons commencé à en discuter. Maintenant, nos ministres en charge sont en train de finaliser les discussions techniques. En termes de méthode, en effet, nous construisons un certificat européen pour faciliter les déplacements après ces restrictions entre les différents pays européens avec des tests et la vaccination. Et l’idée est en effet tout à fait d’offrir cela au citoyen américain quand ils ont décidé de vacciner ou avec un- un test PCR étant négatif. L’idée est donc en effet de toujours contrôler le virus, de maximiser la vaccination et de lever progressivement les restrictions.

MARGARET BRENNAN: Monsieur le Président, l’Union européenne a été lente. Comme vous le savez, cela a nui à votre pays dans le déploiement de ces vaccins. Étant donné que vous avez besoin de vaccins en ce moment, allez-vous acheter le vaccin spoutnik de la Russie pour combler le manque à gagner.

PRÉSIDENT MACRON: En raison du fait que nous avons accéléré la production en Europe, nous sommes définitivement en train de rattraper notre retard et nous serons dans la situation pour atteindre nos objectifs avec ce que nous avons maintenant. Il y a quelques États membres qui ont décidé d’avoir une discussion avec Spoutnik, mais nous avons très peu de principes simples. Premièrement, s’il n’y a pas de reconnaissance d’un vaccin par nos autorités sanitaires européennes, il n’y a aucun moyen d’utiliser ce vaccin sur notre sol. Et à ce stade, le vaccin russe n’est pas reconnu par nos autorités. Je ne pense donc pas que le vaccin russe d’aujourd’hui soit une solution à une accélération parce qu’il faudra du temps pour obtenir l’autorisation de l’agence européenne et qu’il faudra du temps pour produire sur notre continent un tel vaccin.

MARGARET BRENNAN : Quand donnerez-vous ces cinq pour cent des doses de vaccin que vous dites que des pays riches comme le vôtre devraient donner aux pays pauvres?

PRÉSIDENT MACRON: Si nous ne vaccinons pas dans ces pays, il n’y a aucun moyen de se débarrasser du virus. Parce que si nous quittons ce pays est contaminé par covid-19 en Amérique du Sud et latine, en Afrique, vous aurez de plus en plus de gens contaminés. Vous aurez de nouvelles variantes et elles reviendront dans nos pays. Je pense donc que cela ne suffit pas seulement pour se concentrer sur les pays riches. Ok, donc il y a un an, nous avons lancé cette initiative. Il s’agit de les aider à vacciner, et c’est pour les aider essentiellement aussi bien à améliorer précisément leur système de santé, parce que c’est aussi important que le diagnostic et les traitements de vaccination. Nous avons commencé à le faire. Maintenant, nous devons accélérer. Et c’est là que je crois que votre pays a un rôle énorme à jouer parce que vous pouvez fournir du financement. Et je tiens à remercier les États-Unis pour les quatre milliards engagés à COVAX, qui est le véhicule pour fournir des vaccins, mais aussi pour les doses que nous enverrons tout à fait. Et je pense que d’ici juin, nous devons envoyer un maximum de doses de vaccin, ce qui n’est qu’une infime partie de ce que nous obtenons pour nous, pour vacciner les travailleurs du système de santé en Afrique. C’est très limité, mais ces gars-là travaillent fort pour préserver le système de santé et c’est quelque chose que nous pouvons faire. Et même chose en Amérique latine.

PRÉSIDENT MACRON: Après l’été, nous accélérerons ces livraisons. Nous accélérerons cette solidarité. De plus, ce que nous devons fournir, c’est aussi du financement pour ces économies.

Margaret BRENNAN: Nous aurons plus de notre interview dans notre prochaine demi-heure, rester avec nous.

(Pause commerciale)

Margaret BRENNAN: Bienvenue à Face the Nation. Jeudi, c’est le Jour de la Terre et le président Biden organisera un sommet virtuel mondial pour discuter des défis climatiques auxquels nous sommes tous confrontés. CBS News se consacre cette semaine à un examen approfondi du changement climatique dans notre série Eye on Earth: Our Planet in Peril. Nous reprends notre entretien avec Français président Emmanuel Macron sur ce sujet.

MARGARET BRENNAN: Je veux vous poser des questions sur le climat. Le président Biden a ramené les États-Unis dans cet accord de Paris sur le changement climatique il y a trois mois, mais presque aucun des pays qui l’ont signé, y compris le vôtre, n’a atteint ses objectifs. Et maintenant, le président Biden va demander de nouvelles réductions des émissions. Qu’est-ce qui te fait penser que ce sera réalisable cette fois?

PRÉSIDENT MACRON: Oui, je pense que maintenant il est temps de livrer. Il est temps de se précipiter, et le président Biden a 100% raison de le faire. Mais je pense que la décision prise par votre président en général cette an née était super importante. Bienvenue. J’ai été extrêmement heureux parce que maintenant les États-Unis et le gouvernement fédéral ont décidé de se joindre à nouveau et de s’engager. Deuxièmement, en tant qu’Européens, nous avons augmenté nos objectifs pour 2030 et 2050 il y a quelques mois parce qu’en fait nous étions à la traîne par rapport à nos objectifs. Et maintenant, nous devons accélérer parce que nous vivons les premières conséquences de troubles climatiques.

PRÉSIDENT MACRON: C’est encore plus urgent qu’il y a cinq ans. Votre président a donc raison d’augmenter...

MARGARET BRENNAN: Mais n’avez-vous pas besoin de la Chine et de l’Inde ...

PRÉSIDENT MACRON: -- les cibles. Je pense...

MARGARET BRENNAN: --pour prendre de nouveaux engagements?

PRÉSIDENT MACRON: Oui, vous avez raison. Il nous faut deux choses. Nous devons accélérer l’innovation et la capacité d’offrir. Nous avons besoin que l’Inde et la Chine soient avec nous. L’Inde est très engagée et c’est un pays émergent. C’est une démocratie énorme avec beaucoup d’inégalités à gérer. Mais ils ont lancé avec nous cette initiative solaire il y a deux ans, il y a trois ans maintenant. Ils améliorent le système et ils se sont engagés à réduire en particulier les émissions de HFC car ils sont super-pollueurs, et encore pire que le CO2. La Chine est restée dans l’Accord de Paris. Ils ont augmenté les objectifs, mais ils sont toujours pour la neutralité carbone en 2060 et un pic en 2030. Chancelière Merkel, nous avons eu une discussion avec le président Xi et je pense que nous avons senti les engagements du président Xi sur le climat de travailler avec les États-Unis et avec l’Europe. D’abord pour accélérer son objectif de 2030 d’avoir le pic d’émission, et dans certaines villes et certaines régions pour faire mieux et plus vite.

Margaret BRENNAN : Les dirigeants comme vous n’ont pas besoin de parler clairement au public et de dire, écoutez, que cela doit se produire. Cela peut vous coûter votre emploi. Cela peut signifier que les prix montent. Mais c’est un prix que vous devez tous payer pour atteindre ces objectifs?

PRÉSIDENT MACRON: Écoutez, je pense évidemment que nous devrons changer beaucoup de choses dans notre économie. Nous devons augmenter le prix du carbone et nous devons aider cette transition à se faire pour les entrepreneurs et nos ménages. Si vous allez à eux, je veux dire, la Maison Blanche ou le Palais de l’Élysée pour dire, maintenant, les gars, vous devrez vous adapter, vous allez payer un prix beaucoup plus élevé et ainsi de suite, je peux vous dire- vous allez augmenter les inégalités sociales. J’ai fait une telle erreur, je dois le dire, et je peux- ici, je peux vous le dire en 2018 parce que nous sous-estimons l’impact sur les classes moyennes. Il faut donc accompagner les gens. Et nous devons accepter pendant quelques années d’investir des fonds publics dans ces transitions pour aider à l’innovation et à la diffusion de cette innovation. Vous devez accepter de changer les modèles d’affaires et le comportement des investisseurs pour financer des investissements verts et pour pénaliser ceux qui ne font pas ce mouvement. Et vous devez accepter d’accompagner vos ménages pour faire ces investissements et les rendre réalisables. Nous devons aider les classes moyennes et les pauvres à faire ce changement avec nous. Il s’agit d’un programme complet et inclusif. J’en suis sûr e maintenant. Et je peux vous dire avec beaucoup d’humilité, je suis encore plus sûr parce que j’ai fait des erreurs moi-même.

MARGARET BRENNAN : Monsieur le Président, il y a environ 31 000 soldats russes amassés à la frontière de l’Ukraine en ce moment. Que fera la France si Vladimir Poutine envahit ?

PRÉSIDENT MACRON: Je pense que la situation est inacceptable, la Russie, doit dégénérer. C’est clair. La situation actuelle et le niveau de tension à la frontière sont absolument contreproductifs et inacceptables. Nous voulons maintenant un processus politique pour traiter avec certaines régions ukrainiennes et pacifier - pour la stabilité et la paix pour l’Ukraine et le peuple ukrainien -

Margaret BRENNAN: Mais Vladimir Poutine a soufflé cela pendant des années. Et les sanctions ne l’ont pas arrêté. Ces efforts diplomatiques ne l’ont pas arrêté. Vous avez vous-même mentionné l’OTAN comme étant « en état de mort cérébrale ». Qu’est-ce qui va empêcher Vladimir Poutine d’envahir ?

PRÉSIDENT MACRON: Écoutez, je pense que ce qui s’est passé il y a quelques années lorsque l’Ukraine a été envahie, ce n’est pas un échec de la diplomatie, c’est un échec de notre crédibilité collective vis-à-vis de la Russie. Et je pense que quand nous mettons des lignes rouges, nous devons les faire re-respecté par notre peuple et- et les autres. Et je pense que nous devons être clairs et durs. C’était l’échec d’une approche naïve vis-à-vis de la Russie. Je suis certainement en faveur d’une discussion avec la Russie, avec une discussion ouverte, calme et respectueuse avec la Russie. Mais je pense que lorsque nous mettons des lignes rouges, nous devons être sûrs d’être crédibles et de faire respecter ces lignes rouges par les autres.

PRÉSIDENT MACRON: Maintenant, en Ukraine, si nous voulons être efficaces, nous devons accélérer l’agenda diplomatique et les États-Unis, l’Europe, nous devons tous être très clairs vis-à-vis de la Russie. Nous n’accepterons jamais de nouvelles opérations militaires sur le sol ukrainien et nous devons trouver le moyen d’être crédibles à cet égard.

MARGARET BRENNAN: Pensez-vous que ce que le président Biden a fait avec les sanctions aura une quelconque différence pour Vladimir Poutine cette fois? Est-ce que ça l’arrêtera ?

PRÉSIDENT MACRON: Je pense que nous avons besoin d’une approche claire, fondée sur deux piliers, un dialogue et moi-même, ainsi que sur la volonté de votre président de dialoguer. Et je suis sûr que le président Poutine peut être prêt à rouvrir le dialogue. Mais si nous voulons un meilleur système en termes de contrôle des armements, si nous voulons stabiliser un grand nombre de crises existantes dans le monde aujourd’hui, nous avons besoin d’un dialogue ouvert et franc avec la Russie. De l’autre côté, nous devons être clairs...

Margaret BRENNAN: Alors vous allez- allez-vous sanctionner la Russie s’il envahit?

PRÉSIDENT MACRON: -- quand- quand- quand nous ne sommes pas alignés. Et je pense qu’après un comportement inacceptable, en effet, nous devons sanctionner. C’est ce que nous avons fait après l’Ukraine ou après une série de crises qui se produisent. Et je pense que nous devons définir des lignes rouges claires avec la Russie.

PRÉSIDENT MACRON: C’est la seule façon d’être crédible. Je pense que les sanctions ne sont pas suffisantes en soi, en elles-mêmes, mais que les sanctions font partie du paquet.

MARGARET BRENNAN: Monsieur le Président, on me dit que nous sommes à court de temps, mais je tiens à vous remercier pour votre temps aujourd’hui.

PRÉSIDENT MACRON: Merci beaucoup. Non, j’ai été heureux d’avoir l’occasion de répondre à vos questions, et je veux juste passer un message très clair et simple.

MARGARET BRENNAN: Oui.

PRÉSIDENT MACRON: Je pense que nous sommes tous au milieu d’une crise terrible et de nombreuses craintes: COVID-19, changement climatique, et ainsi de suite, insécurité, inégalités, et ainsi de suite. Je crois que nos valeurs communes- je crois que notre foi inébranlable dans les démocraties ouvertes et libérales est la meilleure façon de relever ces défis. Nous devrons inventer un nouveau modèle. Nous devrons réglementer ce capitalisme. Nous devrons faire face aux inégalités. Nous devrons réinventer un nouveau récit et de nouvelles actions, de nouveaux investissements dans les technologies vertes, une nouvelle coopération pour la vaccination. Je pense que nous avons l’occasion de le faire ensemble et de construire et d’inventer notre avenir. Je crois fermement en ce programme positif et ambitieux ensemble, et j’espère que nous livrerons main dans la main ensemble, merci.

MARGARET BRENNAN: Nous veillerons à ce que M. le Président, merci.

Ce qui suit est une transcription de l’interview complète de Margaret Brennan avec Français président Emmanuel Macron

MARGARET BRENNAN: Nous nous rendrons maintenant à Paris, en France, pour un entretien spécial avec Français président Emmanuel Macron. Monsieur le Président, bienvenue à FACE THE NATION.

PRÉSIDENT EMMANUEL MACRON: Bienvenue. Heureux de vous voir et bienvenue à Paris,

MARGARET BRENNAN: Comment et quand allez-vous lever les restrictions COVID? Les Américains vaccinés pourront-ils se rendre en France cet été ?

PRÉSIDENT MACRON: Je l’espère, et je le pense. Ecoute, on rattrape et on vaccine de plus en plus de gens. Nous avons vacciné plus de 12 millions de personnes. Nous avons fait de Mai l’objectif de 20 à 20 millions, 30 millions mi-juin. Et à la fin de l’été, tous les adultes se verront offrir un vaccin, ce qui signifie que nous progressons et que nous allons progressivement lever les restrictions du début du mois de mai, ce qui signifie que nous organiserons en été avec nos professionnels en France pour Français citoyens européens, mais aussi pour les citoyens américains. Nous travaillons donc dur pour proposer une solution très concrète, en particulier pour les citoyens américains qui sont vaccinés, donc avec un laissez-passer spécial, je dirais.

Margaret BRENNAN: Avez-vous réglé cela avec la Maison Blanche?

PRÉSIDENT MACRON: Oui, nous avons commencé à en discuter. Maintenant, nos ministres en charge sont en train de finaliser les discussions techniques. En termes de méthode, en effet, nous construisons un certificat européen pour faciliter les déplacements après ces restrictions entre les différents pays européens avec des tests et la vaccination. Et l’idée est en effet tout à fait d’offrir cela au citoyen américain quand ils ont décidé de vacciner ou avec un- un test PCR étant négatif. Donc, l’idée est en effet de toujours contrôler le virus, de maximiser la vaccination et de lever progressivement les restrictions et de les avoir, je veux dire, le meilleur été possible avec la possibilité pour votre citoyen de venir à- dans notre pays, parce que c’est quelque chose que nous sommes très fiers.

MARGARET BRENNAN : Votre gouvernement a dit qu’il administrerait toujours environ 200 000 doses du vaccin Johnson & Johnson, même si les exportations sont actuellement interrompues en provenance des États-Unis. Pensez-vous que c’était une erreur pour les États-Unis d’arrêter ces exportations?

PRÉSIDENT MACRON: Écoutez, je pense que nous avons tous appris dès le début de cette crise. Je pense que les États-Unis ont fait un travail formidable en termes d’innovation et d’accélération juste pour obtenir ces nouveaux vaccins comme le type d’ARNm de vaccin et de produire très rapidement. Maintenant, comme je vous l’ai dit, nous rattrapons notre retard. Et certainement nous avons décidé- nous- nous avons décidé d’être beaucoup plus ouvert. Mais maintenant, pour moi, nous devons regarder vers l’avenir. Où en sommes-nous ? Les États-Unis et l’Europe, nous devons accélérer la vaccination. Nous voulons laisser le maximum de mesures possibles et contrôler la pandémie. Et nous voulons coopérer parce que quand vous regardez aujourd’hui les chiffres et les réalités, vous produisez beaucoup de vaccins. Mais pour produire ces vaccins, vous avez besoin de l’Européen pour certains ingrédients et- et ainsi de suite. Et en Europe, nous achetons de plus en plus de vaccins, mais nous produisons de plus en plus de vaccins. Et cette année, nous allons produire- nous aurons 2,5 milliards de doses en 2021, mais nous allons produire de plus en plus de doses. Et nous serons dans la situation d’être numéro un en termes de production et d’être partenaire avec les États-Unis. Je pense donc que pour moi maintenant, la question est de savoir comment nous pouvons faire équipe pour les mois et les années à venir, parce que nous aurons certainement besoin de vaccins pour la fin de 2021.

MARGARET BRENNAN : C’est exact.

PRÉSIDENT MACRON: Mais probablement nous aurons besoin de boosters et de vaccins supplémentaires parce que- afin de faire face aux variantes. Et nous devons faire équipe pour aider le reste du monde à se faire vacciner. Donc, pour moi maintenant, tout est une question d’accélération, plus de production en Europe et aux États-Unis et de partenariat pour notre peuple, mais aussi pour le reste du monde.

MARGARET BRENNAN: Mais, Monsieur le Président, l’Union européenne a été lente. Comme vous le savez, cela a nui à votre pays dans le déploiement de ces vaccins. Étant donné que vous avez besoin de vaccins en ce moment, allez-vous acheter le vaccin spoutnik de la Russie pour combler le manque à gagner?

PRÉSIDENT MACRON: Écoutez, je pense que maintenant, grâce à l’accélération des livraisons, en particulier- nous avons eu des doses supplémentaires provenant de Pfizer pour le deuxième trimestre, et en raison du fait que nous avons accéléré la production en Europe, nous sommes certainement rattraper et nous serons dans la situation pour atteindre nos objectifs avec ce que nous avons maintenant. Il y a quelques États membres qui ont décidé d’avoir une discussion avec Spoutnik, mais nous avons très peu de principes simples. Premièrement, s’il n’y a pas de reconnaissance d’un vaccin par nos autorités sanitaires européennes, il n’y a aucun moyen d’utiliser ce vaccin sur notre sol. Et à ce stade, le vaccin russe n’est pas reconnu par nos autorités. Nous avons une discussion, mais il faudra des semaines pour ne pas dire des mois. Deuxièmement, pour moi, il est logique d’abord de produire des vaccins basés sur nos recherches et d’être inventés et produits avec nos industries. Je vais donc donner la priorité à la vaccination et à la vaccination européennes avec nos partenaires. Je ne pense donc pas que le vaccin russe d’aujourd’hui soit une solution à une accélération parce qu’il faudra du temps pour obtenir l’autorisation de l’agence européenne et qu’il faudra du temps pour produire sur notre continent un tel vaccin. Et je pense qu’il est beaucoup plus efficace d’accélérer la production de Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Valneva, Sanofi, qui arrive dans quelques mois, et quelques autres, et CureVac. Je pense donc que nous devons nous concentrer sur ces premiers types de vaccin.

MARGARET BRENNAN : Quand donnerez-vous ces cinq pour cent des doses de vaccin que vous dites que des pays riches comme le vôtre devraient donner aux pays pauvres?

PRÉSIDENT MACRON: Regardez, il y a un an, nous avons commencé à avoir une telle initiative appelée ACT-A, qui est une initiative approuvée par le G20 pour une pleine solidarité vis-à-vis des pays pauvres pour des raisons très simples, pour des raisons morales et éthiques, mais aussi pour des raisons pragmatiques, parce que tous les pays pauvres sont blessés comme nous le sommes par cette pandémie. Mais leur économie est parfois détruite ou très traumatisée par les conséquences de la pandémie et parce que si nous ne vaccinons pas dans ces comtés, il n’y a aucun moyen de se débarrasser du virus. Parce que si nous quittons ce pays est contaminé par covid-19 en Amérique du Sud et latine, en Afrique, vous aurez de plus en plus de gens contaminés. Vous aurez de nouvelles variantes et elles reviendront dans nos pays. Je pense donc que cela ne suffit pas seulement pour se concentrer sur les pays riches. Ok, donc il y a un an, nous avons lancé cette initiative. Il s’agit de les aider à vacciner, et c’est pour les aider essentiellement aussi bien à améliorer précisément leur système de santé, parce que c’est aussi important que le diagnostic et les traitements de vaccination. Nous avons commencé à le faire. Maintenant, nous devons accélérer. Et c’est là que je crois que votre pays a un rôle énorme à jouer parce que vous pouvez fournir du financement. Et je tiens à remercier les États-Unis pour les quatre milliards engagés à COVAX, qui est le véhicule pour fournir des vaccins, mais aussi pour les doses que nous enverrons tout à fait. Et je pense que d’ici juin, nous devons envoyer un maximum de doses de vaccin, ce qui n’est qu’une infime partie de ce que nous obtenons pour nous, pour vacciner les travailleurs du système de santé en Afrique. C’est très limité, mais ces gars-là travaillent fort pour préserver le système de santé et c’est quelque chose que nous pouvons faire. Et même chose en Amérique latine.

MARGARET BRENNAN : D’accord.

PRÉSIDENT MACRON: Après l’été, nous accélérerons ces livraisons. Nous accélérerons cette solidarité. De plus, ce que nous devons fournir, c’est aussi du financement pour ces économies. Mais c’est essentiel, et je pense que c’est une autre façon dont le partenariat entre les États-Unis et l’Europe est absolument critique et c’est ainsi que nous pouvons fournir un projet aussi puissant pour le reste du monde.

MARGARET BRENNAN: Je veux vous poser des questions sur le climat. Le président Biden a ramené les États-Unis dans cet accord de Paris sur le changement climatique il y a trois mois, mais presque aucun des pays qui l’ont signé, y compris le vôtre, n’a atteint ses objectifs. Et maintenant, le président Biden va demander de nouvelles réductions des émissions. Qu’est-ce qui te fait penser que ce sera réalisable cette fois?

PRÉSIDENT MACRON: Oui, je pense que maintenant il est temps de livrer. Il est temps de se précipiter, et le président Biden a 100% raison de le faire. Tout d’abord, je tiens à dire qu’au cours des quatre années précédentes, vos citoyens, vos entrepreneurs, vos investisseurs, certains de vos États, je veux dire, étaient très attachés à l’Accord de Paris et à cette fin et ont réduit leurs émissions. Mais je pense que la décision prise par votre président en général cette an née était super importante. Bienvenue. J’ai été extrêmement heureux parce que maintenant les États-Unis et le gouvernement fédéral ont décidé de se joindre à nouveau et de s’engager. Deuxièmement, en tant qu’Européens, nous avons augmenté nos objectifs pour 2030 et 2050 il y a quelques mois parce qu’en fait nous étions à la traîne par rapport à nos objectifs. Et maintenant, nous devons accélérer parce que nous vivons les premières conséquences de troubles climatiques. Et je pense que ce n’est pas quelque chose que nous faisons juste pour la génération future, ce qui est extrêmement important. Mais c’est maintenant.

MARGARET BRENNAN : C’est exact.

PRÉSIDENT MACRON: C’est encore plus urgent qu’il y a cinq ans. Votre président a donc raison d’augmenter...

MARGARET BRENNAN: Mais n’avez-vous pas besoin de la Chine et de l’Inde ...

PRÉSIDENT MACRON: -- les cibles. Je pense...

MARGARET BRENNAN: -- pour prendre de nouveaux engagements?

PRÉSIDENT MACRON: Oui, vous avez raison. Il nous faut deux choses. Nous devons accélérer l’innovation et la capacité d’offrir. Et je crois fermement à une décision difficile d’arrêter les centrales au charbon, d’arrêter toutes les émissions de CO2 pour produire notre énergie. C’est pourquoi je crois aux énergies renouvelables nucléaires et à l’accélération de cette stratégie, nous devons maintenant moderniser notre façon de produire en termes de mobilité, je veux dire, nos voitures, nos maisons et ainsi de suite. Nous devons réduire les émissions de CO2. Il s’agit donc d’un programme d’innovation grâce aux technologies vertes. C’est un programme d’investissement. C’est exactement ce que nous avons fait avec le plan européen de relance et le plan Français de relance et ce que fait maintenant votre gouvernement fédéral. Donc, tout d’abord, si nous voulons réduire les objectifs, nous devons accélérer l’innovation et l’investissement et aussi faire participer tout le monde à ce projet. En plus de cela, vous avez raison, nous avons besoin que l’Inde et la Chine soient avec nous. L’Inde est très engagée et c’est un pays émergent. C’est une démocratie énorme avec beaucoup d’inégalités à gérer. Mais ils ont lancé avec nous cette initiative solaire il y a deux ans, il y a trois ans maintenant. Ils améliorent le système et ils se sont engagés à réduire en particulier les émissions de HFC car ils sont super pollueurs, et encore pire que le CO2. La Chine est restée dans l’Accord de Paris. Ils ont augmenté les objectifs, mais ils sont toujours pour la neutralité carbone en 2060 et un pic en 2030. Ce matin, avec la chancelière Merkel, nous avons eu une discussion avec le président Xi et je pense que nous avons senti les engagements du président Xi sur le climat de travailler avec les États-Unis et avec l’Europe pour que nous accélérions son objectif de 2030 d’avoir le pic d’émission, et dans certaines villes et certaines régions de faire mieux et plus vite. Deuxièmement, il a annoncé ce matin que sa décision d’adhérer était ce que nous avons appelé l’amendement de Kigali, qui signifie réduire les émissions de HFC pour ses pays, ce qui est vraiment important pour lutter contre...

Margaret BRENNAN: Mais ne pas- mais ne pas - les dirigeants comme vous n’ont pas besoin de simplement parler clairement au public et dire, regardez, cela doit se produire. Cela peut vous coûter votre emploi. Cela peut signifier que les prix montent. Mais c’est un prix que vous devez tous payer pour atteindre ces objectifs?

PRÉSIDENT MACRON: Écoutez, je pense évidemment que nous devrons changer beaucoup de choses dans notre économie. Et je pense que ce que nous devons faire, c’est un programme d’investissement et d’innovation, mais en fait, nous devons augmenter le prix du carbone et nous devons aider cette transition à se faire pour les entrepreneurs et nos ménages. Si vous allez les voir, je veux dire, la Maison Blanche ou le Palais de l’Élysée pour leur dire, maintenant, les gars, vous devrez vous adapter, vous paierez un prix beaucoup plus élevé et ainsi de suite, je peux vous dire que vous allez augmenter les inégalités sociales. J’ai fait une telle erreur, je dois le dire, et je peux- ici, je peux vous le dire en 2018 parce que nous sous-estimons l’impact sur les classes moyennes. Il faut donc accompagner les gens. Et ce programme est un agenda vert et social, est un programme vert et d’investissement. Et nous devons accepter pendant quelques années d’investir des fonds publics dans ces transitions pour aider à l’innovation et à la diffusion de cette innovation. Vous devez accepter de changer les modèles d’affaires et le comportement des investisseurs pour financer des investissements verts et pour pénaliser ceux qui ne font pas ce mouvement. Et vous devez accepter d’accompagner vos ménages pour faire ces investissements et les rendre réalisables. C’est quelque chose à vous dire, c’est une révolution, mais c’est une révolution si vous voulez que cela se produise. Nous devons aider les classes moyennes et les pauvres à faire ce changement avec nous. Il s’agit d’un programme complet et inclusif. J’en suis sûr e maintenant. Et je peux vous dire avec beaucoup d’humilité, je suis encore plus sûr parce que j’ai fait des erreurs moi-même.

MARGARET BRENNAN : Monsieur le Président, il y a environ 31 000 soldats russes amassés à la frontière de l’Ukraine en ce moment. Que fera la France si Vladimir Poutine envahit ?

PRÉSIDENT MACRON: Je pense que la situation est inacceptable, et la chancelière Merkel et moi-même nous sommes entretenus avec le président Poutine il y a quelques jours. J’ai reçu il y a quelques heures le président Zelensky, président de l’Ukraine, et nous avons également eu une discussion avec la chancelière Merkel. Et nous avons envoyé un message très clair tout à fait conforme à celui délivré par le président Biden. Russie, doit désescaliser. C’est clair. La situation actuelle et le niveau de tension à la frontière sont absolument contreproductifs et inacceptables. Et nous- nous sommes pleinement engagés dans ce que nous appelons le format Normandie, La Russie, l’Ukraine, l’Allemagne et la France à livrer - je veux dire, à la suite de l’accord de Minsk, c’est-à-dire, nous voulons maintenant un processus politique pour traiter avec certaines régions ukrainiennes et pacifier - pour la stabilité et la paix pour l’Ukraine et le peuple ukrainien -

Margaret BRENNAN: Mais Vladimir Poutine a soufflé cela pendant des années. Et les sanctions ne l’ont pas arrêté. Ces efforts diplomatiques ne l’ont pas arrêté. Vous avez vous-même mentionné l’OTAN comme étant « en état de mort cérébrale ». Qu’est-ce qui va empêcher Vladimir Poutine d’envahir ?

PRÉSIDENT MACRON: Écoutez, je pense que ce qui s’est passé il y a quelques années lorsque l’Ukraine a été envahie, ce n’est pas un échec de la diplomatie, c’est un échec de notre crédibilité collective vis-à-vis de la Russie. Et je pense que quand nous mettons des lignes rouges, nous devons les faire re-respecté par notre peuple et- et les autres. Et je pense que nous devons être clairs et durs. Et je pense que ce qui s’est passé en premier en Syrie a donné le sentiment au président Poutine que maintenant il faisait partie des rebelles et il a provoqué et essentiellement envahi l’Ukraine. Juste après, nous avons lancé précisément le processus de Minsk, qui a été le début d’un ordre du jour diplomatique. Et je ne peux pas dire que c’est un échec de la diplomatie. C’était l’échec d’une approche naïve vis-à-vis de la Russie. Je suis certainement en faveur d’une discussion avec la Russie, avec une discussion ouverte, calme et respectueuse avec la Russie. Mais je pense que lorsque nous mettons des lignes rouges, nous devons être sûrs d’être crédibles et de faire respecter ces lignes rouges par les auteurs. Et pour être clair, quand la Russie ne la respecte pas et ne rassure pas son partenaire, c’est ce qui s’est passé en Syrie en 2018. Et avec les États-Unis et le Royaume-Uni, nous intervenons dans une opération précisément l’utilisation d’armes chimiques par Assad. Maintenant...

MARGARET BRENNAN : Compris.

PRÉSIDENT MACRON: -- En Ukraine, si nous voulons être efficaces, nous devons accélérer l’agenda diplomatique et les États-Unis, l’Europe, nous devons tous être très clairs vis-à-vis de la Russie. Nous n’accepterons jamais de nouvelles opérations militaires sur le sol ukrainien et nous devons trouver le moyen d’être crédibles à cet égard.

MARGARET BRENNAN: Pensez-vous que ce que le président Biden a fait avec les sanctions aura une quelconque différence pour Vladimir Poutine cette fois? Est-ce que ça l’arrêtera ?

PRÉSIDENT MACRON: Je pense que nous avons besoin d’une approche claire, fondée sur deux piliers, un dialogue et moi-même, ainsi que sur la volonté de votre président de dialoguer. Et je suis sûr que le président Poutine peut être prêt à rouvrir le dialogue. Mais si nous voulons un meilleur système en termes de contrôle des armements, si nous voulons stabiliser un grand nombre de crises existantes dans le monde aujourd’hui, nous avons besoin d’un dialogue ouvert et franc avec la Russie. De l’autre côté, nous devons être clairs...

Margaret BRENNAN: Alors vous allez- allez-vous sanctionner la Russie s’il envahit?

PRÉSIDENT MACRON: -- quand- quand- quand nous ne sommes pas alignés. Et je pense qu’après un comportement inacceptable, en effet, nous devons sanctionner. C’est ce que nous avons fait après l’Ukraine ou après une série de crises qui se produisent. Et je pense que nous devons définir des lignes rouges claires avec la Russie.

MARGARET BRENNAN : D’accord.

PRÉSIDENT MACRON: C’est la seule façon d’être crédible. Je pense que les sanctions ne sont pas suffisantes en soi, en elles-mêmes, mais que les sanctions font partie du paquet. Je préfère un dialogue constructif, mais pour avoir un dialogue constructif et efficace, il faut de la crédibilité.

MARGARET BRENNAN : D’accord, compris. Monsieur le Président, la race est un sujet très brûlant dans ce pays en ce moment. Et je veux vous poser des questions sur quelque chose que vous avez dit récemment. La France est une ancienne puissance coloniale, mais vous avez dit en comparaison de nos deux pays: « Je suis sûr d’une chose, nous ne sommes pas les États-Unis d’Amérique. Nous avons une préférence pour l’égalité qui est fondée- qui ne se trouve pas aux États-Unis. Nos valeurs ne sont pas tout à fait les mêmes. Nous sommes attachés à la social-démocratie, à plus d’égalité. Qu’entendez-vous par là ?

PRÉSIDENT MACRON: Je pense que les États-Unis et l’Europe sont confrontés à des défis communs, à des éventails d’inégalités et de discours de haine, et ainsi de suite, et à des tensions dans nos sociétés. Et la race arrive, je dirais en plus de cela, parce que nous n’avons pas résoudre ce problème. Et c’est une question existante dans notre société. Dans votre société, vous avez eu la ségrégation et vous avez réussi à réagir et réorganiser précisément votre société dans les années 60 avec une action positive et positive et des politiques nucléaires, afin de faire face à ce phénomène. Notre histoire est très différente parce que nous étions des États coloniaux et nous sommes maintenant - nous - nous sommes au centre et nous étions et nous sommes toujours en infraction avec l’immigration avec beaucoup de gens venant d’anciennes colonies et, par exemple, continent africain. Et nous avons certainement cette question de la race, qui est au cœur même de notre société, et de créer beaucoup de tensions lorsque les gens- les gens sont essentiellement victimes de discrimination et quand les gens poussent la parole raciste, le racisme ou des discours inacceptables. Ma conviction est que nous devons aborder cette question par une première transparence et une évaluation équitable. C’est pourquoi j’ai lancé de nouvelles plateformes de lutte contre la discrimination, le racisme, et ainsi de suite. Deuxièmement, un dialogue calme et ouvert pour comprendre comment cela s’est passé et d’une certaine manière pour déconstruire notre propre histoire. Mais sans aucune confusion, nos histoires sont très différentes. La façon dont nous nous sommes comportés dans le passé, la façon dont nous avons construit notre propre traumatisme sont très différentes, même si nous avons des phénomènes communs. Je pense donc que nous devons, en gros, aller aux racines mêmes de ce phénomène. Mais nous devons lancer de nouvelles politiques concrètes et déterminées pour nous débarrasser du racisme dans notre société. C’est essentiel. Mais troisièmement, nous devons reconstruire l’unité de nos sociétés. Et l’un des grands risques aujourd’hui est d’être inefficace dans la lutte contre la discrimination et, d’une certaine manière, de pousser à la fragmentation de toutes les sociétés en encourageant, je dirais, une sorte de construction où une nation serait l’ajout de races différentes ou l’ajout de différentes minorités. Je ne pense pas. Je pense qu’une nation est basée sur l’unité avec les différences, est basée sur l’unité des projets, et nous ne devrions jamais accepter la fragmentation de ce projet à travers toutes ces différences et spécificités. Ce dont nous avons besoin d’une certaine manière des deux côtés de l’Atlantique, c’est d’une politique de reconnaissance, de construction de notre unité en étant plus efficaces contre les inégalités, contre la discrimination, et en travaillant pour l’unité et en reconnaissant toutes les différences. C’est un énorme défi, mais c’est l’un des défis essentiels de notre génération.

Margaret BRENNAN: Enfin, monsieur, vous avez dit après la prise d’assaut du Capitole des États-Unis en janvier que c’était un signe de l’incapacité de l’Occident à maîtriser les entreprises de médias sociaux. Vous avez parlé de prendre sur la grande technologie. Quel type de censure ou de réglementation réclamez-vous?

PRÉSIDENT MACRON: Je pense qu’une fois de plus, c’est pour moi l’un des programmes les plus importants que nous avons avec les États-Unis. Nous avons ce programme sur la santé, avec covid-19, sur le climat, sur les inégalités, et dans la lutte pour la démocratie en réglementant ces grandes entreprises de- de réseaux sociaux précis. pourquoi? Parce qu’aujourd’hui nos enfants, nos gens sont extrêmement influencés par ces réseaux sociaux et ce qui se passe sur ces plateformes. Et nous devons réglementer- pour mieux réglementer le contenu, en respectant la liberté d’expression, évidemment. Mais en étant maintenant- en arrêtant d’être naïf d’une certaine manière. Nous avons commencé à le faire pour lutter contre le terrorisme avec l’appel de Christchurch. Et j’espère que votre pays rejoindra la plate-forme que nous avons construite avec le premier ministre de la Nouvelle-Zélande et quelques autres dirigeants et avec certains de ces entrepreneurs pour se débarrasser de tout contenu terroriste en une heure. Nous l’avons fait en Europe, mais maintenant nous devons lutter contre l’antisémitisme, le racisme, les discours de haine sur les réseaux sociaux. C’est précisément en engageant ces plates-formes, mais c’est en les réglementant. Je pense donc que pour les mois et les années à venir,--

MARGARET BRENNAN: Mais qui les réglementerait ?

PRÉSIDENT MACRON: -- l’agenda européen des États-Unis. C’est un ordre du jour commun. Il faut les réguler en disant que quand on est dans la rue, il est interdit d’être raciste, d’être antisémite...

MARGARET BRENNAN : N’est-ce pas de la censure ?

PRÉSIDENT MACRON: Non, je ne dirais pas que c’est de la censure, parce que si vous êtes dans la rue avec moi, vous ne pouvez pas insulter quelqu’un comme ça. Votre loi, ma loi, pénalise un tel comportement. Vous ne pouvez pas cacher votre visage et certainement blesser quelqu’un. On ne peut pas pousser les gens à aller tuer d’autres personnes. C’est interdit quand on va dans la rue, dans l’espace public. Mais aujourd’hui, concrètement, ce n’est pas interdit sur les réseaux sociaux. Donc, ce que nous devons faire, c’est créer un nouvel ordre public sur les médias sociaux, parce que c’est l’espace public, parce que c’est l’endroit où nos enfants, nos jeunes, nos gens passent des heures par jour. Nous avons donc besoin de la même règle parce que sans ordre public sur cet espace, il n’y a plus de liberté. Donc, oui, vous avez besoin de réglementation, mais d’une réglementation commune aux États-Unis et en Europe. Et quand je dis qu’il faut les réglementer, il faut réglementer les contenus inacceptables. Vous devez les réglementer et de- pour donner le principe de responsabilité pour les éditeurs de ceux-ci- dans cette partie. Et il faut les taxer, parce que beaucoup de ces acteurs ne sont pas assez taxés et sont des concurrents avec le reste de l’économie et de l’économie réelle. C’est pourquoi je crois en un programme commun à l’OCDE pour une taxation commune des entreprises d’Internet et des médias sociaux. C’est absolument essentiel.

MARGARET BRENNAN: Très bien, Monsieur le Président, on me dit que nous sommes à court de temps, mais je tiens à vous remercier pour votre temps aujourd’hui.

PRÉSIDENT MACRON: Merci beaucoup. Non, j’ai été heureux d’avoir l’occasion de répondre à vos questions, et je veux juste passer un message très simple.

MARGARET BRENNAN: Oui.

PRÉSIDENT MACRON: Je pense que nous sommes tous au milieu d’une crise terrible et de nombreuses craintes: COVID-19, changement climatique, et ainsi de suite, insécurité, inégalités, et ainsi de suite. Je crois que nos valeurs communes- je crois que notre foi inébranlable dans les démocraties ouvertes et libérales est la meilleure façon de relever ces défis. Nous devrons inventer un nouveau modèle. Nous devrons réglementer ce capitalisme. Nous devrons faire face aux inégalités. Nous devrons réinventer un nouveau récit et de nouvelles actions, de nouveaux investissements dans les technologies vertes, une nouvelle coopération pour la vaccination. Je pense que nous avons l’occasion de le faire ensemble et de construire et d’inventer notre avenir. Je crois fermement en ce programme positif et ambitieux ensemble, et j’espère que nous livrerons main dans la main ensemble, merci.

MARGARET BRENNAN: Nous veillerons à ce que M. le Président, merci.

 

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