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MACRONMANIA : Encore un Conseil de défense, pour l’énergie cette fois

Emmanuel Macron vient d'annoncer la création d'un Conseil de défense pour l'énergie : il le présidera vendredi en compagnie, entre autres, d'Élisabeth Borne, d'Agnès Pannier-Runacher et de Bruno Le Maire. BFM TV, qui relaie l'information, rappelle que le Conseil de défense était initialement destiné aux sujets... de défense. Belle lapalissade qui n'est pas si absurde qu'il y paraît.

En 2017, Emmanuel Macron, chez qui tout est posture, et qui considérait l'armée comme l'un de ses nombreux jouets, avait remonté les Champs-Élysées en command-car, peu avant de pousser le général de Villiers à la démission. Une anecdote - racontée par Philippe de Villiers aux deux journalistes auteurs de l'ouvrage Le Traître et le Néant (Fayard) - montre à quel point le président de la République n'a rien compris de la notion de service. Il avait fait venir Villiers à la Lanterne pour lui proposer de rester un peu plus longtemps. En échange, il lui promettait un gros poste, avec du fric, à son départ de l'institution militaire. Ce boniment de VRP avait achevé d'écœurer le CEMA de l'époque. Il faut dire qu'on n'était, alors, pas « en guerre ».

EMMANUEL MACRON

Cette « guerre » sans vrais massacres, dont rêvent les politiciens faiblards, allait arriveR avec le Covid-19 : l'occasion était belle pour faire naître un régime coercitif, un régime de guerre pour dire le vrai, avec ses collabos (les vieux, les contrôleurs de la SNCF, les macronistes, les hypocondriaques), ses résistants (les méchants complotistes), ses enfants traumatisés, son économie à genoux... tout y était. Il ne manquait plus qu'un Conseil de défense : chose faite dès 2020 ! Sauf que, cette fois, les généraux étaient des médecins, dirigeant une armée de « soignants » devenus héros.

Il y eut un grand nombre de Conseils de défense, pendant cette période d'horrible pandémie. Il y en eut même sur l'écologie, puisque « notre maison brûle et que nous regardons ailleurs », on connaît ça très bien. Al Gore, ancien vice-président américain devenu activiste écologiste, annonçait déjà, en 2009, qu'il y avait « 75 % de chances que la calotte polaire ait disparu pendant les mois d'été, d'ici 5 à 7 ans ». Il fallait bien un Conseil de défense pour acheter des serpillières.

Hélas, les meilleures choses ont une fin. Le 23 février 2022, le Covid fauchait encore des vies par milliers. Le 24, Vladimir Poutine, vivante incarnation du mal, envahissait l'Ukraine, vivante incarnation du bien, mettant ainsi un terme aux masques, aux restrictions et au « quoi qu'il en coûte ». Sauf que, cette fois, on avait une guerre. Une vraie. Ni une, ni deux, la France a pris des mesures : se couper le gaz et l'électricité dès l'hiver 2022 afin d'asphyxier l'économie russe. Habile. Ne pouvant se battre contre la Russie, ne voulant pas risquer de désobéir aux États-Unis, la France se déclara donc la guerre à elle-même.

Voilà donc qu'on nous annonce un Conseil de défense sur l'énergie. Les précédents Conseils, du temps du Covid, nous ont laissés un goût amer : il faut désormais entendre le mot défense, non comme on dit « défense de la patrie », mais plutôt comme on dit « défense de fumer ». Un Conseil où on nous défend de faire des choses, faute de pouvoir nous défendre tout court. J'espère que vous avez pris des pulls et mis du butane à la cave : quelque chose me dit que « nous sommes en guerre ».

Arnaud Florac

Date de dernière mise à jour : 31/08/2022

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