LA GUERRE EN UKRAINE: Et maintenant ?

La guerre en Ukraine est arrivée tout d'un coup, sans que les populations ne s'en inquiètent auparavant. Et pourtant, depuis bien longtemps, on aurait dû penser que la situation actuelle se produirait à un moment donné, d'une manière ou d'une autre. Si les peuples européens ne pensaient pas qu'une guerre pourrait éclater, les politiques et les dirigeants  de l'Europe étaient conscients que le drame pouvait arriver d'un moment à l'autre, d'autant plus que le conflit avait déjà commencé en 2014. Mais l'Union Européenne ne s'est pas préparée à la guerre qui vient de commencer et dont on ne pas prévoir la fin à l'heure d'aujourd'hui. Que va-t-il se passer dans les jours prochains ? Poutine ira-t-il jusqu'au bout de ses objectifs ? L'Ukraine pourra-t-delle résister longtemps ? Autant de questions dont on ne connait pas la réponse à l'heure actuelle ... A suivre dans les heures qui suivent.

CHARS RUSSES

L'analyse du Général Dubois

Depuis bien des années, j’ai du mal à comprendre l’hystérisation antiaméricaine que révèlent nombre de commentaires, surtout quand ils émanent de personnes qui globalement sont de mon bord politique. Les partis pris sans nuance résistent même au constat aveuglant des responsabilités russes dans le drame actuel qui se joue en Ukraine.

Sans doute une revue historique rapide des décennies récentes fait apparaître les responsabilités occidentales, américaines surtout, dans la lente détérioration d’une situation qu’un peu plus de considération pour les états d’âme russes aurait peut-être pu apaiser. Il n’aurait pas été risqué d’admettre clairement que l’ n’était pas un candidat à l’entrée dans l’OTAN. Au vu de ce qui se passe maintenant, on peut douter que cela aurait suffi à éviter le conflit, mais à tout le moins, cela aurait enlevé une excuse à Vladimir Poutine.

Par contre, je ne partage pas le sentiment que l’Occident a raté l’occasion, dès la chute du mur, d’arrimer la Russie. Les esprits n’y étaient pas préparés. Évidemment, il est facile, plus tard, de se dire qu’il est dommage que ce n’ait pas été tenté. Mais il faut se souvenir de l’ambiance de l’époque. On sortait de presque un demi-siècle où l’Occident, heureusement protégé par l’OTAN, craignait une invasion soviétique, donc russe, et où les États de l’Est européen étaient sous tutelle communiste, donc russe. Bien trop tôt pour faire confiance à un État qui, de toute son Histoire, n’avait jamais connu la démocratie. Les pays nouvellement libérés et craintifs ont souhaité adhérer à l’Alliance qui paraissait le seul protecteur crédible contre une menace trop fraîchement évanouie pour être oubliée ; et on peut les comprendre. Les accepter n’était pas non plus illégitime. Et ce n’est pas ce qui se passe maintenant qui peut le leur faire regretter.

Non, l’OTAN n’est pas en état de mort cérébrale, comme le disait il y a peu notre Président visionnaire. Que l’on considère cela comme un bien ou un mal, l’Alliance est au contraire relancée, et c’est M.  qui en est l’initiateur. On ne parlera plus de s’en retirer avant longtemps ; en tous cas pas avant qu’une alternative crédible existe, comme le simple bon sens y invitait depuis des années. C’est le prix que paye l’ pour avoir été incapable de constituer un système d’alliance fort, qui aurait pesé parmi les éléments d’appréciation de la situation élaborée par les Russes. Et là, en outre, nous avons été assez bêtes, M. Biden en premier, pour annoncer que bien entendu nous ne ferons rien.

On peut gloser longtemps sur les fautes, responsabilités, grandes ou petites, des uns et des autres qui jalonnent le processus de lente détérioration des relations qui a amené à la situation actuelle. Mais, même quand on a prôné, comme moi, une  compréhensive mais prudente de rapprochement avec la Russie, on ne peut pas exonérer le maître du Kremlin. Il se moque du monde lorsqu’il prétend que l’ était une menace pour son pays. Son langage vitupérant les « nazis et drogués » au pouvoir à Kiev, appelant à la révolte contre les autorités du pays, est un copier-coller des incantations habituelles des dictateurs passés et présents. L’apparatchik communiste réapparaîtrait-il sous le masque du dirigeant ferme mais éclairé ? Se serait-on trompé sur l’homme ?

Et maintenant ? Je ne pense pas que les Russes aillent au-delà et s’attaquent à des pays de l’OTAN dont la faiblesse militaire, irrémédiable à très court terme, pourrait leur valoir des succès initiaux flatteurs ; cependant, les conséquences à terme seraient incalculables, et ils n’ont pas la capacité économique de soutenir une lutte majeure dans la durée. Mais je me suis déjà trompé en pensant que seule la région est de l’Ukraine, après la Crimée, intéressait Moscou. Espérons !

L’Ukraine, quant à elle, est dès à présent vaincue. Elle n’est pas de taille. La « grande fermeté » des Occidentaux se traduit comme toujours par des discours et des mesures financières et économiques qui auront, peut-être, une certaine efficacité dans des mois, voire des années, donc bien trop tard pour jouer un rôle dans la « crise » actuelle ; avec des contrecoups sur nos sociétés. Entre-temps, le conflit aura été localisé ; c’est-à-dire que, comme toujours dans ces cas-là, la victime aura été abandonnée à son sort. Peut-être au moins nous, Français, nous déciderons-nous enfin à construire vite un outil de défense efficace.

En attendant, voilà une affaire qui vient à point nommé pour M. Macron. Prenant le relais du Covid qui s’essoufflait, elle va lui permettre d’effrayer les Français en noyant leurs soucis électoraux nationaux dans l’évocation de risques supérieurs. Que ceux qui croient que Tartarin est le chef qu’il faut dans la tourmente le suivent. Ce n’est pas mon cas.

Général (2s) Roland Dubois

 

 

 

 

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