La France libérée

La menace des Frères musulmans en Europe

Le Centre européen d'études sur le renseignement et le contre-terrorisme a mis en garde contre la menace croissante de l'organisation islamiste sur le continent

 L'organisation islamiste des Frères musulmans représente une menace au Royaume-Uni et en Europe, comme le rapporte le Centre européen pour le renseignement et le contre-terrorisme. Le directeur de l'institution, Jassim Mohamad, a insisté sur la nécessité d'une "vigilance et d'une attention constantes de la part des services de sécurité et de renseignement".  

ATALAYAR HERMANOS MUSULMANES

Anjem Choudary, à droite, un activiste social et politique musulman britannique et porte-parole du groupe islamiste Islam4UK 

s'exprime après les prières à la mosquée centrale de Londres à Regent's Park, Londres, vendredi 3 avril 2015.

Les Frères musulmans sont considérés comme une organisation terroriste par certaines nations, comme les États-Unis, l'Égypte et la Russie. Ils sont également liés à des groupes djihadistes, selon les analystes. Jassim Mohamad a mis en garde contre l'influence possible de l'entité au Royaume-Uni, soulignant l'augmentation notable des soupçons d'extrémisme dans le pays. Mohamad a mis en garde contre les activités menées dans les centres religieux ou les mosquées afin de "créer des sociétés parallèles et un isolement qui contredisent le système démocratique".

Cependant, le Centre européen a également souligné l'efficacité des mesures de sécurité au Royaume-Uni, qui ont contribué à la réduction de l'activité de cette organisation dans le pays. Londres a introduit la loi d'urgence, qui durcit les peines pour les terroristes et empêche leur libération anticipée. Le gouvernement britannique a également donné plus de pouvoirs au ministère de l’Intérieur, étendant les pouvoirs aux services de sécurité et de renseignement.

Le rapport du centre a également salué la création d'une "cyberforce". L'Internet est un outil essentiel dans le processus de recrutement et de radicalisation, de sorte que la protection des réseaux sociaux contre l'extrémisme est devenue un objectif majeur du Royaume-Uni. Londres envisage de mettre en œuvre une loi qui permettrait de poursuivre les crimes haineux, tels que le soutien à des groupes terroristes ou la publication de certains contenus audiovisuels.

Le radicalisme dans l'Union européenne

Le Royaume-Uni n'est pas le seul pays à connaître une montée du radicalisme. L'Union européenne a récemment adopté une loi visant à lutter contre la diffusion de contenus terroristes sur Internet. La France est l'un des pays membres qui a le plus souffert de cette menace. Dans le pays gaulois, on dénombre 269 victimes d'attentats liés au fondamentalisme islamique depuis 2012. Le dernier cas qui a choqué tout le pays s'est produit il y a six mois. Un enseignant, Samuel Paty, a été brutalement décapité par un jeune homme d'origine tchétchène. Le radical a assassiné le professeur pour avoir enseigné une image de Mahomet. 

À la suite de cet événement violent, la France a adopté une loi visant à lutter contre le "séparatisme islamiste", comme le président français Emmanuel Macron l'a défini. Par ailleurs, au début de l'année 2021, les autorités françaises ont fermé une douzaine de mosquées pour avoir encouragé le radicalisme. 

L'Allemagne, en plus d'avoir à faire face au radicalisme, a des liens historiques pertinents avec les Frères musulmans. En 1960, l'organisation s'est établie pour la première fois dans la ville de Munich, sous le contrôle de Said Ramadan, gendre du fondateur de l'organisation, Hassan al-Banna. Ramadan a créé dans la capitale de la Bavière le Centre islamique de Munich, qui a jeté les bases de l'extension de l'organisation sur le continent.

À l'heure actuelle, le mouvement n'est pas interdit en Allemagne et peut donc diffuser ses idées et son influence par le biais de ses centres. Cependant, les organisations liées aux Frères musulmans sont sous la surveillance de la sécurité nationale. 

L'Autriche est un autre pays qui prend des mesures contre la radicalisation croissante. En novembre dernier, la police autrichienne a mené l'opération Luxor, une série de raids qui ont abouti à 30 arrestations. Les autorités enquêtaient sur plusieurs associations soupçonnées d'appartenir et de soutenir les "organisations terroristes des Frères musulmans et du Hamas".

D'autre part, la Confrérie a reçu un coup dur en Turquie après qu'Ankara ait décidé de se rapprocher du gouvernement égyptien d'Abdel Fattah al-Sisi, un grand ennemi de l'organisation. L'organisation islamiste s'inquiète de cette décision d'Erdogan, qu'elle considère comme l'un de ses plus grands alliés. La Turquie a suspendu ses relations avec l'Égypte après le renversement du président Mohamed Morsi, membre de la confrérie. Toutefois, malgré le rapprochement avec l'Égypte, Ankara reste opposé à ce que les Frères musulmans soient considérés comme des "terroristes". Pour le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, il s'agit d'"un mouvement politique qui tente d'accéder au pouvoir par le biais d'élections".

Le gouvernement égyptien, le grand ennemi des Frères musulmans

Le Caire maintient une confrontation contre l'organisation, qu'il considère comme terroriste depuis 2013.  Depuis le renversement de Mohamed Morsi et son emprisonnement ultérieur, le président Al-Sisi s'est concentré sur la défaite de l'organisation. Début avril, un tribunal du pays a condamné Mahmoud Ezzar, le guide général par intérim des Frères musulmans, à la prison à vie. Ezzar a été accusé de superviser une série d'attentats à la bombe en Égypte en 2015 et 2019. Peu après cette arrestation, neuf islamistes ont été exécutés pour avoir attaqué un poste de police. Cette attaque a eu lieu pendant les troubles liés au coup d'État contre Morsi en 2013 et a entraîné la mort de 13 policiers

Margarita Arredondas.(Atalayar)

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