LE PEUPLE IMPOPULAIRE

Quand le peuple devient impopulaire

Chaque jour, au fur et à mesure des événements qui constituent la vie de la Nation, on s’aperçoit que la fracture sociale ne fait que s’agrandir, opposant deux mondes bien différents : d’une part, les nantis auxquels viennent s’ajouter les classes moyennes supérieures et d’autre part, les populations pauvres composées notamment de modestes travailleurs, de petits retraités et de nécessiteux qui ne parviennent plus à vivre dans des conditions décentes.

Les nantis s’identifient parfaitement dans la politique conduite par le président Macron, car ils continuent à bénéficier d’avantages acquis depuis de longues années sous les gouvernements conduits successivement par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

De leur côté, les pauvres se rendent compte qu’ils ont été bernés au fil du temps par tous les politiques, de droite comme de gauche et de ce constat, leur colère monte jusqu’au plus haut sommet de l’État.

Les Gilets Jaunes sont les porte-paroles de cette classe populaire, toujours oubliée, souvent méprisée, et aujourd’hui décriée.

Eh oui, les pauvres sont décriés, malmenés, critiqués. Même certains médias n’hésitent pas à déclarer que ces gens qui se sont révoltés contre le pouvoir, n’ont plus de raisons valables dans leur revendication, le président Macron leur ayant consenti de sérieux avantages depuis le début de l’année. D’autant plus que le Grand Débat est le moyen d’apporter de vraies solutions au peuple frondeur, si l’on en croit l’équipe élyséenne et une majorité des députés de laREM.

Aussi, les honnêtes citoyens, bourgeois et bien-pensants estiment que les manifestations doivent s’arrêter immédiatement, pour le bien de la France et de la démocratie. Mais ces « honnêtes citoyens » oublient de préciser que l’arrêt des revendications leur est largement profitable, afin de ne plus être perturbés dans la qualité de leur vie, confortable, cossue et prospère.

Peu importe les souffrances des hommes et des femmes dans le besoin, des familles dans la misère, là où des enfants ne font qu’un repas sur deux à partir du 15 de chaque mois. Peu importe le malheur des autres, dans la mesure où l’on vit dans l’aisance, voire le luxe ou la richesse : vacances sous les Tropiques et aux sports d’hiver, voyages et séjours au bout du monde dans les plus grands palaces, voitures de prestige, etc … etc …

Où est donc passé le sens du partage et de la solidarité ? Y-a-t-il une once d’humanité dans un monde où l’une partie déteste l’autre ?

Le petit peuple, celui des laborieux, des exclus ou des parias, est devenu aujourd’hui un peuple déconsidéré, montré du doigt, c’est à-dire un peuple impopulaire.

Il n’en faut pas plus pour mettre à l’index le mouvement des Gilets Jaunes, surtout quand les élites du gouvernement Macron jettent le plus grand discrédit sur des citoyens méprisés et martyrisés.

À ce sujet, on peut citer les mots de Monsieur Griveaux, porte-parole du gouvernement qui n’y pas pas par quatre chemins : selon lui (il parle des Gilets Jaunes évidemment), des gens descendent dans les rues des villes françaises « avec un seul objectif : casser, piller, voler, brûler, violenter, pour ne pas dire tuer, des représentants de l’ordre public ».

Alors, soyons sérieux : s’il est vrai que lors des manifestations, il y a toujours eu, en tout temps, des fauteurs de trouble et des casseurs, il ne faut pas tout mélanger. Dans leur grand majorité, les Gilets jaunes manifestent dans le calme et le respect. Et s’il y a eu parfois des débordements, ces derniers proviennent principalement d’individus extérieurs qui ont profité des événements pour réaliser leurs méfaits.

C’est ainsi que par toutes sortes de manipulations et d’orchestrations les plus diverses, le pouvoir en place a pu édifier une énorme dévalorisation du mouvement des Gilets Jaunes, en lui attribuant tous les maux possibles afin de le rendre détestable à souhait.

Ainsi est né malgré lui, un peuple impopulaire qui accentue désormais la fracture sociale de la France. 

Eric MATTEI

LE PEUPLE IMPOPULAIRE

 

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