Pour HENRI GUAINO, « On n’aurait jamais dû pratiquer la porte ouverte avec l’OTAN »

Invité sur Europe 1, mardi 17 mai, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a livré ses analyses sur la fonction de Premier ministre, mais aussi la crise ukrainienne, craignant qu’une adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN fasse redoubler de violence le conflit.

HENRI GUAINO

Invité sur Europe 1, Henri Guaino a d’abord tenu à rappeler le fonctionnement des institutions et les rôles du président de la République ainsi que du Premier ministre : « La Vème République est un régime parlementaire, cela veut dire que si la majorité est de la même couleur que le président, il peut mener sa politique, sinon il y a un partage des rôles ; les cohabitations ont par ailleurs été une respiration. »

En partant de cette définition simple, il a critiqué « le quinquennat [qui] a fait coïncider les deux mandats et a changé la nature du poste de Premier ministre et cela a changé la conception que le président de la République a de sa fonction. » L’ancien conseiller en a fait appel au général de Gaulle afin d’étayer son propos : « Le général de Gaulle disait qu’il y avait ce qui relevait du gouvernement – le quotidien – mais aussi du président, ce qui ne l’empêchait pas d’être interventionniste. Idem pour Pompidou, Giscard ou Mitterrand. »

Henri Guaino, comme de nombreux politiques d’opposition, a dit regretter que la fonction de Premier ministre soit dévaluée au profit du président de la République , surtout sous Macron : « Le Premier ministre a une énorme tâche car c’est lui qui est au cœur du pouvoir administratif et du dialogue avec les parlementaires. Mais aujourd’hui, on a un président qui gère tout et n’a plus de protection. Or, il doit rester un acteur à part dans la vie politique. »

Pour lui, le fait que le président gère tout est une erreur : « Il est en première ligne, mais vulnérable. Or, il doit être celui qui unit et incarne la stabilité de la nation. Quand Chirac sur le CPE désavoue son propre gouvernement sur ce sujet, c’est le rôle du président […] Je crois au volontarisme politique mais il y a des circonstances où on doit faire autrement. On peut mettre entre parenthèse la retraite à 65 ans ou d’autres mesures sociales. »

Il a aussi ajouté qu’ « une société qui se divise et n’arrive plus à s’unir est une société qui se réunifiera par la violence » et émis le souhait de « mettre entre parenthèse ce qui fâche et qui n’est pas urgent pour se concentrer sur ce que l’on peut faire ensemble. »

Edouard Roux

Date de dernière mise à jour : 18/05/2022

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Commentaires

  • mairie.dossud
    • 1. mairie.dossud Le 27/05/2022
    Voilà un président de la République qu'il aurait fallu avoir !
  • Arlatan
    • 2. Arlatan Le 24/05/2022
    Bravo Monsieur Guaino bravo !

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