GILETS JAUNES EUROPE

Candidatures des Gilets Jaunes aux européennes : une fausse bonne idée.

Pour tout citoyen ou toute citoyenne, il est toujours facile de dire : « Je suis candidat ou candidate à telle ou telle élection. »

En fait, vouloir être candidat, c’est légitime quand on veut faire passer une idée ou quand on souhaite faire avancer la démocratie. En théorie, c’est à la portée de quiconque, sauf que, dans la pratique, les choses sont beaucoup plus compliquées.

A maintes reprises, on a pu constater lors des présidentielles, que certains se présentaient aux élections, souvent pour propulser des idées nouvelles, mais aussi parfois tout simplement pour faire parler d’eux. Et encore, faut-il constater in fine que la plupart des candidats potentiels ne parvient pas à obtenir les 500 signatures, ce qui provoque dès le départ, une sérieuse sélection.

Pour ma part, je considère qu’être candidat pour provoquer seulement un effet d’annonce, ne sert à rien, sauf peut-être même à se discréditer si d’une part, on ne peut atteindre son statut officiel de candidat faute de moyens, et si d’autre part, on essuie un échec cuisant comme cela arrive fréquemment.

Aussi, aujourd’hui, je ne pense pas que la candidature de Gilets Jaunes aux élections européennes soit une bonne idée.

Pourquoi ?

Dans les faits, une élection, quelle qu’elle soit, ne peut être un acte bâclé. En effet, une candidature demande une préparation assez longue, minutieusement concertée au cours de multiples rencontres et de débats avec les électeurs.

1. Monter une liste

Spécifiquement aux élections européennes, il faut constituer ici des listes avec 79 candidats susceptibles de représenter convenablement une grande partie des populations. Et quand il s’agit de trouver 79 candidats, ce n’est pas facile du tout, quand on sait que la constitution d’une simple liste municipale est souvent ardue à établir, alors que le nombre de candidats reste relativement limité.

2. Financement

Ensuite, une fois la liste mise en place, il faut trouver les financements. Et c’est là le plus souvent, que le bât blesse. Surtout quand il s’agit d’organiser une campagne nationale cohérente et efficace.

En dehors du coût du papier, de l’impression des bulletins de vote, des affiches officielles, des circulaires et des frais d’affichage qui seront remboursés à condition toutefois d’obtenir au moins 3 % des suffrages exprimés, il faut pouvoir assurer en parallèle les opérations de campagne qui sont nombreuses : déplacements, locations de salles, locations de matériels audio-visuels, tracts, brochures, flyers, supports de communication, etc …Et j’en passe !

Il faut donc beaucoup d’argent. Et il va rester désormais aux candidats la délicate charge de dénicher les moyens financiers nécessaires, tout en restant dans la stricte légalité en vertu des règles officielles existantes.

3. Dons

Bien évidemment, les campagnes électorales sont largement financées par les dons des particuliers limités toutefois à 4.600 euros par donateur. Par contre, les dons et les avantages en nature des entreprises sont absolument interdits.

Quant au financement participatif (ou crowdfunding), il est également interdit au risque de voir l’invalidation du scrutin.

Alors, comment financer convenablement une campagne européenne ? En vérité, là aussi, il faut du temps, d’autant plus que les donateurs ne sont pas aussi nombreux qu’on pourrait le croire.

En conclusion, et jusqu'à preuve du contraire, je pense qu’il est trop tôt pour les Gilets Jaunes de se lancer dans l’aventure électorale. Certes, il faut qu’ils continuent leur lutte et leur présence sur le terrain, mais ils doivent rester raisonnables dans leurs souhaits et leurs ambitions, au risque de déraper et de se déconsidérer.

Par contre, d’ores et déjà, je conseillerai aux Gilets Jaunes et à tous ceux qui les soutiennent de se préparer dès maintenant aux élections municipales de 2020. C’est certainement à ce moment-là qu’ils pourront trouver toute leur puissance et leur victoire.

Pierre Reynaud

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