L’ÉNIGME NOTRE-DAME

Voici bientôt 3 semaines, le 15 avril 2019 aux alentours de 19 heures, que la cathédrale Notre-Dame s’est enflammée subitement, comme une torche, sous les yeux effarés des parisiens et des nombreux touristes présents à ce moment-là.

Dans les minutes qui suivent, le président Macron et son gouvernement interviennent pour préciser, avant toute enquête, que l’incendie n’est qu’un malheureux accident survenu sur le site.

Immédiatement, dans la foulée, le soir-même, Macron lance une vaste opération de souscription à laquelle répondent présents, tout de suite, Messieurs Bernard Arnault, François Pinault et la famille Bettencourt. Du jamais vu de la part de milliardaires qui régissent à un simple claquement de doigts, pareils à des valets soumis à un maître tout puissant.

Mais revenons à la tragédie qui est venue frapper l’un des plus vieux monuments de Paris et des plus prestigieux, un édifice historique unique au monde, appartenant depuis des siècles à la mémoire collective et à la religion.

Dès l’instant où est survenu le terrible incendie, des voix sont venues commenter l’évènement et notamment des spécialistes de l’architecture, des arts et de la sécurité. Ainsi, Benjamin Mouton, ancien architecte en chef de Notre-Dame de Paris a contredit immédiatement la version officielle de l’accident involontaire. Dans son analyse, Monsieur Mouton a déclaré que le feu a démarré dans un endroit où aucune rénovation n’était en cours. De même, il s’est étonné comment la charpente en chêne âgée de plus de 800 ans, avait pu brûler aussi rapidement. D’autant plus que l’installation électrique était très récente et que les procédés modernes de détection de fumée avaient été correctement installés. En clair, la cathédrale bénéficiait d’un dispositif particulièrement sophistiqué en matière de sécurité, sans oublier la surveillance accrue des services d’incendie et des pompiers en veille jour et nuit.

Alors, que faut-il déduire d’une telle situation ?

En ma qualité d’historien et de membre du mouvement « Patrimoine et Mémoire » dont je suis l’un des co-fondateurs, je me suis penché sur l’énigme que j’appelle « le mystère Notre-Dame » avant de recueillir plusieurs points de vue aux termes de la dernière réunion de l’association.

En effet, le bureau administratif et culturel de Patrimoine et Mémoire se réunit le 1er de chaque mois et lors de cette réunion du mois de mai, nous abordé ensemble divers sujets qui concernent la protection du patrimoine et, vers la fin de la séance, nous avons consacré un temps pour discuter autour de l’incendie de Notre-Dame de Paris. Une discussion qui est parfaitement utile pour notre comité, en raison des problèmes de sécurité que nous rencontrons dans le cadre de la sauvegarde des édifices dont Patrimoine et Mémoire assure la restauration et la conservation.

Pour mieux situer le fonctionnement de notre association et sa démarche, je vous précise ici que le conseil d’administration de Patrimoine et Mémoire est constitué de 14 membres dont 9 portent des spécialités en matière d’art, d’architecture et de sécurité : une urbaniste, une architecte DPLG, un architecte du patrimoine, un architecte des monuments historiques à la retraite, un ébéniste-restaurateur (meubles anciens), un restaurateur d’art, un antiquaire, un lieutenant-colonel de pompiers, un adjudant-chef de pompiers.

Aux termes de la réunion, et après de nombreux échanges et discussions, chacun apportant son avis et en particulier les spécialistes de l’architecture et de la sécurité, nous avons pu dégager certaines conclusions générales qui sont propres à tous les biens et monuments historiques et donc également, à la cathédrale de Notre-Dame de Paris.

1°) Charpente en chêne : vieille de 800 ans, une telle charpente ne peut brûler si rapidement. En fait, dans un premier temps, elle va commencer à se consumer lentement et il faudra longtemps afin qu’elle s’enflamme, sauf si les braises sont attisées par le vent. Mais ce jour-là, à Paris, il n’y avait de vent ou de passage d’air pouvant multiplier les effets d’un feu.

2°) Les dispositifs de surveillance : Disposant des meilleures revues en la matière, Patrimoine et Mémoire peut apporter des informations sérieuses en matière de sécurité. En effet, ces documents techniques que quiconque peu se procurer assez facilement, apportent toutes les informations les plus précises sur la protection des monuments. Et l’une de ces revues notamment s’est intéressée tout spécialement à Notre-Dame de Paris, en décrivant point par point, tous les dispositifs de sécurité en matière d’incendie et de surveillance. Et là, on s’aperçoit vite que la cathédrale bénéficie d’un système anti-incendie de très haut de gamme, peut-être même unique en France, protégeant le monument de tout problème, donc quasiment infaillible ! Sauf évidemment, si on y met le feu !!!

3°) Installation électrique : d’après les documents que nous avons pu consulter, Notre-Dame de Paris est équipée d’une installation électrique parfaite et très récente.

4°) Les travaux sur le site : Au moment de l’incendie, des travaux étaient en cours. Effectués par l’entreprise lorraine Le Bras, il a été prouvé que cette dernière n’avait aucune responsabilité dans l’incendie, ayant parfaitement respecté les règles de sécurité.

5°) Conclusions (provisoires) : En toute objectivité, il est impossible d’affirmer aujourd’hui que Notre-Dame de Paris a été victime d’un incendie qui serait simplement accidentel.

En fait, dans l’état actuel des choses, il semble bien à l’heure actuelle, que cet incendie aurait été provoqué par une intervention volontaire, autrement dit un acte criminel.

C’est la théorie qui semble la plus probable dans le contexte actuel et c’est celle que notre association Patrimoine et Mémoire a retenu à l’heure d’aujourd’hui. Il serait temps que les enquêteurs ne se contentent plus des déclarations spontanées et bâclées du gouvernement, mais s’orientent désormais vers d’autres hypothèses.

S’il s’avérait que l’incendie est de nature criminelle, il faudrait rechercher bien évidemment le ou les responsables de cet déplorable incendie qui a failli entraîner la disparition définitive d’un très grand monument, symbole de la mémoire française, de la religion catholique et de la ville de Paris.

Dans un tel cas, il va de soi que le ou les responsables de ce crime, acteurs directs ou commanditaires, simples citoyens ou notables, devront être très sévèrement punis. En espérant évidemment que l’enquête puisse arriver à son terme et qu’elle ne fasse pas l’objet de pressions et de censures.

Eric Laugier

L’ÉNIGME NOTRE-DAME

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