LA MORALITÉ EN 2019

L'Histoire est un éternel recommencement. Et chaque époque représente un type de société qui évolue en bien ou en mal, et bien souvent dans les deux.

Si l'on remonte au début du 20 ème siècle, c'est-à-dire entre 1900 et 1914, la France vivait dans un contexte de petite bourgeoisie rentière. A cette période, les principaux moraux encadraient l'existence de nos aînés sur deux fronts bien distincts : d'une part, la laïcité représentée par l'école publique et républicaine où se propageaient les véritables valeurs de l'humanité (respect du prochain, probité, solidarité, devoir) ; d'autre part, la religion largement égratignée certes par la loi de 1905 portant sur la séparation de l'église et de l'Etat, mais rivalisant cependant avec la République en enseignant dans la pratique les mêmes qualités humanistes, sauf que les orientations de vie étaient bien différentes de ceux que l'on appelait volontiers les « mécréants ».

A la fin de la Première Guerre Mondiale, le monde avait changé, en France comme ailleurs. Mais la plupart des principes moraux restait bien ancrée chez les citoyens qui conservaient volontiers une certaine idée de la famille et du couple, ainsi que des règles conduisant chaque individu tout au long de son existence.

La Seconde guerre Mondiale créa subitement une rupture dans la société. Rapidement, l'immoralité se développa au cours des périodes douloureuses de l'Occupation, se traduisant notamment dans les dénonciations des juifs et la collaboration avec l'Allemagne nazie, dans le développement du « marché noir » qui enrichissait les uns au détriment des autres, et dans la montée d'une violence qu'un pays égaré utilisait à des fins les plus sordides.

La période de la Libération, que ce soit en France ou ailleurs, ne mit jamais un terme aux violentes déchirures qu'avaient subi les peuples meurtris et révoltés par l'un des plus horribles conflits de l'Histoire de la planète.

C'est ainsi que de nombreux pays voulurent inventer un autre Monde, celui que l'on désigna souvent comme « un monde meilleur », qui au final est devenu aujourd'hui pire que le précédent.

Si à l'échelon des technologies nouvelles comme au niveau de la santé publique, les progrès du 20 ème siècle restent exceptionnels, il n'en est pas de même au registre de la moralité, un mot qui disparaîtra un jour du langage courant.

Il faut dire que les gouvernants et les médias sont les premiers responsables de l'immoralité qui sévit un peu partout sur la Terre. Et l'internet avec toutes les qualités qu'il peut apporter certes, représente aussi un fléau planétaire qui détruit peu à peu les bases mêmes d'une société équilibrée. Chaue jour, l'exemple est flagrant avec les réseaux sociaux qui véhiculent le vrai et le faux, la paix comme la violence, la compassion comme la haine.

Les nouvelles générations sont-elles éduquées pour appliquer des règles de conduite et des valeurs que toute communauté humaine doit prendre comme normes de mode de vie ?

A l'heure actuelle, la réponse est très claire. La jeunesse n'a plus le sens des morales que l'on pourrait espérer. Cependant, elle ne peut pas être considérée comme responsable de cette situation, leurs éducateurs fondamentaux ne remplissant plus leurs missions et leurs devoirs les plus élémentaires, que ce soit à l'école, à la maison ou ailleurs. Et même ceux qui nous gouvernent ou qui nous ont gouvernés sont aussi responsables de l'immoralité galopante, ayant délibérément laissé installer le désordre partout dans les villes comme dans les campagnes, une situation que l'on peut constater à chaque instant par l'insécurité, le délit et le crime qui dominent le monde.

Dans un tel contexte, en ce début de 21ème siècle, la société est en pleine dérive :

Dérive dans les rapports humains : comportement irrespectueux dans la famille (entre parents et enfants), au travail (entre collègues ou envers les supérieurs), dans la rue (entre citoyens de tous bords).

Dérive dans les comportements : ignorance de tout civisme, malhonnêté envers les autres, escroqueries en tous genres, vols fréquents, etc …

Dérive dans les mœurs : violences sexuelles, pédophilie, adultère fréquent, prostitution banalisée, divorces constants, circulation facile des drogues et des armes, etc …

Dérive dans le milieu politique : corruptions, détournements de fonds, abus de biens publics, etc …

Dérive dans le grand capitalisme : pillage des entreprises, exploitation des travailleurs, licenciements abusifs, délocalisations en cascades, etc …

Dérive dans le système administratif : favoritisme fiscal profitant à particuliers ou à certaines grandes entreprises, laxisme dans la justice, impunité des jeunes délinquants, etc …

Alors, évidemment, il n'est pas question de jouer aux puritains. Nous savons tous que le monde évolue et que ce changement est nécessaire pour avancer vers le progrès.

Mais toutefois, restons vigilants ! Une société ne peut vivre et survivre que s'il existe un chemin bien tracé avec des garde-fous qui définissent des repères très précis pour l'ensemble de ses membres. Faute de quoi, l'effondrement est inévitable.

A force de vouloir plus de libertés, parfois injustifiées, on s'enfonce dans un abîme qui engloutira toute l'humanité. Pourra-t-on encore tolérer longtemps la recrudescence des délits et de la criminalité, la réduction des peines de réclusion, l'impunité des personnalités politiques mises en cause dans des affaires publiques ou privées ou le démantèlement de l'économie ? Pendant des décennies, les politiques n'ont jamais rien fait pour redresser la barre. Aussi, au moment des élections présidentielles de 2017, il y a un espoir de changement avec Emmanuel Macron qui prétendait mettre en œuvre une transformation de la société avec également un renouveau politique qui effacerait "l'ancien monde" décadent et gangrené. Hélas, son "nouveau monde" s'est déjà révélé pire que l'ancien, et la moralité du pouvoir laisse plus qu'à désirer.

Avant de conclure, je ferai appel à votre mémoire. Souvenez-vous donc de l'Empire romain ! Pendant cinq siècles, par sa puissance et ses richesses, Rome domina une partie de l'Europe et de l'Orient. Puis, peu à peu, ce fut le déclin. Un déclin dû à un système financier qui fonctionnait mal au fil des temps : déclin des ressources et dépenses croissantes ruinant les contribuables ; persécutions fiscales, désertion des campagnes, corruptions étendues au sein des administrations puis dans l'ensemble des populations. C'était l'époque du « veau d'or » où la débauche outrangeante d'une société romaine en perdition venait s'ajouter aux scandales de la grande finance de l'époque.

N'y a-t-il pas une ressemblance évidente avec ce qui se passe aujourd'hui en Europe et en France ?

Les citoyens de la Rome antique avaient perdu alors toute moralité. Notre monde occidental se dirige sans aucune réflexion sur la même voie. Alors, il n'existe maintenant que deux seules alternatives :

-soit une prise de conscience commune se met en place pour un redressement radical de notre comportement.

-soit notre civilisation disparaîtra comme ce fut le cas de la société romaine, avec toutes les conséquences qui en résulteront alors.

Aujourd'hui, l'Islam enseigne un puritanisme ascendant. Grâce à l'attitude libertine que nous adoptons, il gagne maintenant de plus en plus de terrain et il espère bien dominer ainsi le monde dans les temps futurs.

Comme ce fut le cas pour l'empire romain qui s'engloutit à l'époque face à l'ascension de la chrétienté, notre Europe disparaîtra sous la puissante montée de l'Islam et de l'intégrisme.

Pierre Reynaud

EN 2019 C’EST QUOI LA MORALITÉ ?

Date de dernière mise à jour : 28/03/2019