LE MONDE DU FUTUR - Le plastique remplacé par des épluchures de pommes de terre

L’emballage PeelPack en épluchures de pommes de terre est la réponse compostable au plastique traditionnel.

PeelPack développe un emballage compostable pour fruits et légumes à partir de déchets de patates. Elle vise déjà Migros, Coop et Lidl.

Il fait régulièrement la une des journaux: le concombre bio sous film plastique. Si l’on en croit Slava Drigloff, cela devrait bientôt changer.

Avec sa start-up PeelPack, l’Allemand de 46 ans développe une alternative compostable aux emballages en plastique pour les fruits et légumes. La matière première? Des épluchures de pommes de terre.

« Quelque chose qui ait un réel impact »

«Le plastique est un bon matériau», dit Slava Drigloff. «Le seul problème, c’est qu’il n’est pas durable». Il sait de quoi il parle. Pendant sept ans, il a travaillé dans le secteur de l’emballage, en dernier lieu chez Ifco, l’entreprise qui fabrique ces caisses en plastique noir dans lesquelles Migros et Coop vendent fruits et légumes.

Avec son partenaire commercial, le biomédecin de la Haute école spécialisée bernoise Massimo Bagnani, Slava Drigloff veut mettre en place une chaîne de production locale avec PeelPack, non seulement en Suisse, mais aussi en Italie, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne.

«Avant de créer l’entreprise, je savais que je ne voulais pas que la durabilité soit un simple mot à la mode. Je voulais créer quelque chose qui ait un réel impact», explique Slava Drigloff.

Peu de recyclage du plastique

Le développement d’une solution alternative au plastique offre un potentiel en ce sens. La production de plastique repose presque exclusivement sur des matières premières fossiles comme le pétrole et le gaz, et génère plus de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Au niveau mondial, seuls 9% environ du plastique sont recyclés, le reste étant généralement incinéré ou mis en décharge.

Sous forme de microplastiques, ils se retrouvent dans les mers, les sols et le corps humain. Diverses études en ont détecté dans le cerveau, le sang et les testicules, même si leurs résultats font débat.

Pendant ce temps, la Suisse est considérée comme la championne du monde du recyclage. Presque tout le verre, le papier et l’aluminium y est recyclé. Mais le plastique fait exception: 85% des déchets plastiques sont encore incinérés.

Le vent politique en poupe

PeelPack existe depuis moins d’un an et a déjà obtenu le soutien financier de la Fondation suisse pour le climat et de Venture Kick. Le vent favorable vient aussi de la politique: l’UE devrait bientôt imposer légalement des alternatives plastiques à base de biomatériaux.

«Entre-temps, nous avons quitté le laboratoire et produisons désormais à l’échelle industrielle», note Slava Drigloff. Il vise les grands détaillants comme Migros, Coop et Lidl. Mais il faut d’abord convaincre les producteurs. En collaboration avec Tobi Früchte, Bösch Gemüsebau AG et d’autres acteurs majeurs de la production et de l’emballage en Suisse, PeelPack travaille à l’intégration de son substitut plastique Materra dans les processus d’emballage existants.

Miser sur la pression des clients

«Tout le monde veut changer les choses», affirme Slava Drigloff. Pourtant, les chaînes d’approvisionnement restent inertes. Le fondateur mise donc sur la pression des clients: si les consommateurs exigent des emballages compostables, les détaillants n’auront d’autre choix que de réagir.

Traduit de l’allemand par Olivia Beuchat

 

Date de dernière mise à jour : 26/04/2026

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