
Mairie de Boisseuil Haute Vienne
Philippe Janicot, maire sortant de Boisseuil, en Haute-Vienne, a été réélu au premier tour des élections municipales 2026. L'édile s'était présenté malgré une mise en examen pour viols, en décembre dernier. Des faits, pour lesquels il est présumé innocent, contestés par le principal intéressé. Réactions à Boisseuil, au lendemain du premier tour.
Contrairement à ce qui est écrit sur un panneau informatif, à l’entrée de la mairie, ni le maire de Boisseuil, ni aucun de ses colistiers n’ont souhaité recevoir notre équipe de tournage. Une omerta qui en dit long au lendemain de la victoire de Philippe Janicot à Boisseuil.
Il y a peut-être eu des consignes, je ne sais pas. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de personnes qui veulent en parler. C'est un peu dur de porter un jugement là-dessus.
Un habitant de Boisseuil
Empêtré dans une affaire de viols, pour laquelle il est toujours présumé innocent, le maire sortant mis en examen s’offre un deuxième mandat. Il a été réélu dès le premier tour, ce dimanche, recueillant 885 voix (51,6%) contre 830 voix (48,4%) pour son adversaire. Seulement 55 voix d’avance sur Amandine Coiraud qui menait une liste Divers Gauche et citoyenne. Réélu de justesse, Philippe Janicot conserve la confiance d’une majorité de ses administrés.
Il a fait des bonnes choses pour la ville. Je suis contente. C'est personnel ces histoires et puis, il n'a pas été jugé donc on ne sait pas.
Une habitante de Boisseuil
Une chose est sûre, pour Amandine Coiraud, la défaite est amère : "On a réussi à élire un maire qui n'est pas là, qui n'est pas sur le territoire, explique l'opposante. Sa liste me rétorque que la liste va gérer mais, dans ces cas-là, pourquoi l'avoir mis en tête de liste ? Il va toucher des indemnités alors qu'il est à 200 kilomètres. Il ne va pas être là pour suivre les chantiers. C'est une situation globale pour moi incompréhensible."
La mesure d’éloignement devrait durer le temps que la justice décide ou non de lever le contrôle judiciaire de Philippe Janicot.
Une tribune pour dénoncer les violences sexistes ou sexuelles des candidats
À une semaine du premier tour des élections municipales, 200 femmes engagées dans la vie politique ou associative avaient signé une tribune appelant à ne donner "aucune voix aux agresseurs". Le texte ne visait personne "ad hominem", il visait à dénoncer le sexisme en politique et les candidatures de personnes mises en cause ou condamnées pour des violences sexistes et sexuelles.
Dans le milieu politique, ces violences sont inacceptables, j'ai envie de dire encore plus qu'ailleurs. Les élus doivent faire preuve d'exemplarité sur ce sujet.
Gulsen Yildirim (PS) - Vice présidente du conseil départemental de la Haute-Vienne
Le Cahier Quotidien